Toutes les histoires

Une histoire à découvrir

Ca cartoone!

Un beau jour, sur Internet, que je faisais défiler non pas des dessins, des images 3D, proposés par de valeureux sites gays, je suis tombé sur une vignette, en noir et blanc, au crayonné prometteur… J’ai cliqué et j'ai reçu une rafale de dix images. Plein les yeux.

J'ai aimé aussitôt ces brutes au regard heureux et ces doux jeunes garçons au regard conquis... Des steppes de Russie à la Prairie américaine, des ruines de Berlin aux palais d’Istanboul, de Brest à Londres, ça se ménageait pas, ça mijaurait pas, ça mégotait pas: on se rencontrait, on se paluchait, on se gloutonait, on s'enfilait.

J'en téléchargeais tant que j’en trouvais - toute la nuit - à fond la souris... Et tout le jour suivant. j’essayais de remettre bout à bout ces séquences et de reconstituer les histoires.

Ah si j'avais le même coup de crayon moi-aussi! Comme j'aimerais dessiner les scènes sur lesquelles j'aime fantasmer… donner une réalité au « cinéma » que je me fais le soir, le matin...

Je pensai alors à Gaël qui avait, à la sortie du lycée, tenté sa chance -un temps - dans la bédé. Je lui mailai quelques liens web, sans explications. Il me répondit emballé, par le fond et la forme. Je lui envoyai aussitôt la suite de ma collection déjà conséquente. J’y ajoutai:

— Et si tu reprenais tes crayons?

— Je ne suis pas capable de construire un scénario, m’internéta-t-il peu après. Mais j’ai repéré l’auteur de ces bédés: C’est un nommé Julius. Tu devrais essayer de remonter vers les originaux...

J’’insistai:

— Et si je te fournissais les histoires?

Il ne répondit pas de la journée. Le soir dans mon lit, je laissai vagabonder mon imagination. Et le lendemain:

— Tiens je t'en ai préparé une.

Et je joignis un premier fichier .rtf.

Far West. La Prairie. Les Rocheuses à l’horizon. Après Fort Laramie, vers l’Ouest on pénètre dans un monde qui ne dispose pas de cartes et les Tuniques bleues ont pris comme éclaireur un Sioux, qui chevauche en tête de la colonne. Il est seulement vêtu de deux coupons d'étoffe qui pendent devant et derrière, retenus sur les hanches par un mince cordon. Chaque fois qu’il enjambe son mustang, les soldats ne peuvent s’empêcher de loucher sur son entrejambe et le lourd paquet qui s'y balance... À l’instar de se frères de sang, il persiste à monter ans selle et sans étriers. Au trot ses fesses nues retombent sur le dos de son cheval avec des bruits de fessée. Le capitaine Lancaster qui chevauche à ses côtés ne peut plus chasser de sa pensée l’image de ce derrière martyrisé.

Du haut de la falaise le Capitaine contemple avec son éclaireur le canyon. Il glisse sa main sous le pagne, derrière. Il hasarde « Ne devrais-je pas par faire nos étapes moins longues, pour ménager nos bêtes… et nos corps aussi? » L’Indien qui entend la langue des Blancs mais ne la pratique pas semble goûter les précautions de son recruteur puis, conquis par des soins si experts il se retourne sur lui-même pour faire profiter son devant de la main du Capitaine...

Deux soldats qui ont posé leur casquette à côté de leurs genoux sont maintenant coiffés des deux pans d'étoffe, l'un à l'avant qui a embouché le Peau-Rouge, l'autre à l'arrière qui lui mouille la raie. le Sioux, les yeux clos murmure des incantations dont on ne saurait dire s'ils sont de louange au Grand Manitou ou d'appel à déterrer la Hache de Guerre.