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Une histoire à découvrir

Calendrier de l'Avent (1)

NDA C'est un jeu de la « Ficothèque Ardente », un drabble de 200 mots chaque jour jusqu’à Noël sur un thème donné.

1er décembre : Famille

J’avais presque dix-huit ans et toujours pas de petite amie. Ma mère commençait à s’inquiéter, pas moi. À la fin du mois de novembre, ma mère me demanda si tout allait bien, si je n’avais pas de souci d’ordre sexuel, je lui répondis que je consacrais trop de temps à mes études. Ma mère me dit de me détendre plus souvent. Elle avait une idée, elle voulait m’offrir un calendrier de l’avent virtuel. Elle m’enverrait chaque jour une photo sur mon smartphone, j’ouvrirais le message comme une fenêtre.

Je reçus ma première photo le 1er décembre. Ma mère avait choisi une belle jeune fille légèrement habillée, les jours suivants, elles étaient de plus en plus dénudées. Mais je n’étais pas vraiment motivé, au grand regret de ma mère qui me demandait chaque jour si j’avais eu le temps de me détendre.

Le 24 décembre, je reçus la dernière photo. J’étais content que ce petit jeu arrête, je fus très surpris en ouvrant le message. Ma mère m’avait envoyé un homme cette fois. Il était nu et en érection. J’eus un déclic dans ma tête. Ma mère m’avait enfin compris. Ce fut le plus beau cadeau de Noël de ma vie.

2 décembre : Bougies

La nuit de Noël, nous ne pouvions pas réveillonner avec nos familles, nous devions travailler le lendemain. Nous étions saisonniers dans une station de ski, employés aux téléskis. Nous avions décidé de passer la soirée ensemble. Je louais un petit studio, Steve seulement une chambre, nous étions donc chez moi mais c’est Steve qui avait préparé le repas. Excellent.

Nous regardions distraitement la télé après le dîner. L’heure était plus propice aux confidences, nous racontions nos vies respectives, quand soudain ce fut la panne. La lumière s’éteignit, y compris le petit sapin avec ses lampes LED. Un peu de panique au début, mais ce n’était pas la première fois, les arbres chargés de neige cassaient souvent les câbles d’alimentation.

J’avais des bougies dans une armoire, je les cherchai à tâtons. Ensuite il fallut encore trouver les allumettes, je ne me rappelais plus où elles étaient. Je finis par tout avoir et j’allumai une bougie. Je me retournai vers Steve, il était nu, il avait un début d’érection. Je me demandai ce qui lui arrivait, j’allais le lui demander lorsque j’eus un déclic dans ma tête. Steve m’avait enfin compris. Ce fut le plus beau cadeau de Noël de ma vie.

3 décembre : Marché

Vous êtes tous déjà allés vous promener dans un marché de Noël, ou vous avez vu des photos. Les petites maisonnettes en bois, les lumières, le froid glacial, le vin chaud épicé.

Vous avez tous déjà acheté quelques bibelots qui perdent leur éclat le lendemain de Noël et prennent la poussière ensuite.

J’allais chaque année au marché de Noël, mais je n’achetais jamais rien. Je vivais seul et je ne savais pas à qui offrir un cadeau.

Cette année-là, je vis un nouveau vendeur, il avait des petits cubes en verre contenant une sculpture colorée. J’eus l’impression que c’était un pénis, mais l’artisan avait certainement voulu représenter autre chose. On n’offrait pas cela à Noël.

J’achetai un de ces petits cubes, ils étaient très chers, j’essayai de marchander, mais le vendeur resta inflexible.

Le soir de Noël, j’étais seul chez moi et un peu triste. Je songeais à tous ces gens en train de réveillonner en famille, les enfants qui ouvraient leurs paquets.

Je repensai alors à mon cadeau, le petit cube en verre. Je le déballai. Je sentis alors instantanément une chaleur au bas de mon ventre, réveillant mon pénis trop longtemps endormi.

C’est ça la magie de Noël.

4 décembre : Huîtres

Un nouveau traiteur japonais venait de s’installer dans mon quartier, il livrait à domicile. Ce soir-là, j’avais invité mon ami, mais je n’avais pas envie de faire la cuisine, je fis donc une commande par internet. La spécialité de ce traiteur était les sushis d’huîtres.

Le livreur est arrivé une demi-heure plus tard, il était très mignon, nous l’aurions bien invité, mais il devait avoir beaucoup de travail.

Nous mangeâmes les sushis présentés dans les coquilles, avec des baguettes, ils étaient excellents, mais il n’y avait pas beaucoup, mon ami avait encore faim après le repas. Il me demanda :

— Qu’as-tu pour le dessert ?

Je n’avais rien. Mon ami me dit alors :

— Tu m’invites et tu ne me nourris pas ? C’est honteux, tiens, pour te punir je vais te manger.

— Me manger ?

— Te manger tout cru, oui. Enlève tes jeans.

— Tu veux que je me déshabille ?

— Je ne vais pas manger tes habits.

J’enlevai mes pantalons, puis mon caleçon. Mon ami me fit asseoir dans un fauteuil. Je me demandais quel nouveau jeu érotique il avait trouvé.

Il se mit à genoux devant moi et se saisit délicatement d’un de mes testicules avec les baguettes.

NDA Cette idée est inspirée du film Un autre homme, de Lionel Baier (2009). Il a tourné cette scène avec un homme et une femme, alors que je l’imagine entre deux hommes.

5 décembre : Flèche

C'était le temps des cathédrales, en mil quatre cent quatre-vingt-deux, le prêtre Claude Frollo venait de jouir entre les fesses de Phoebus de Châteaupers. Ils étaient dans la flèche de Notre-Dame de Paris, nus, leurs sexes encore gorgés de sang, dans une chambre secrète connue des seuls initiés. Quasimodo les observait caché derrière une gargouille, se masturbant, imaginant faire la même chose avec son Esmeralda. Les deux amants n'ignoraient pas la présence du voyeur, mais cela pimentait leur liaison.

Le prêtre dit à Phoebus :

— Content, tu as aimé ?

— Oui, mon père, comme toujours. Mais j'ai quelque chose à vous confesser.

— Mon fils, tu sais bien que ce n'est pas nécessaire à chaque fois, je t'ai déjà absous.

— C'est autre chose mon père, je ne pourrai plus venir vous trouver.

— Pourquoi mon fils ? N'ai-je pas toujours été bon avec toi ?

— Je suis amoureux. D'une femme.

— Toi, amoureux d'une femme ? Tu es bi ?

— Oui mon père.

— Et comment s'appelle-t-elle ?

— Esmeralda.

Le monde s'écroulait pour Claude Frollo et pour Quasimodo.

Je n’ai que 200 mots, vous lirez le reste dans le roman de Victor Hugo.

Phoebus de Châteaupers aussi fit une fin tragique, il se maria.

NDA La dernière phrase est une citation de Victor Hugo. Le début est évidemment inspiré de la comédie musicale de Luc Plamondon et Richard Cocciante.

6 décembre : Télévision

Les seniors se rappellent peut-être « La caméra invisible », où l’on filmait des gens à leur insu dans des situations insolites. Une chaîne commerciale a ressorti récemment ce format, en imaginant une version plus proche de la téléréalité. J’ai été piégé.

Je me promenais dans la rue lorsqu’une dame m’a demandé si je voulais participer à une enquête pour une marque de préservatifs. J’ai accepté et répondu à une série de questions sur ma vie sexuelle et la taille de mon sexe.

Plus étonnant, on m’a prié de monter dans une camionnette, afin qu’une « infirmière » mesure elle-même. Les gens mentaient souvent. J’étais très gêné, mais j’ai baissé mon slip et subi stoïquement la mesure. L’infirmière a étiré mon pénis pour simuler une érection.

Ensuite, on m’a tout révélé, fait signer un contrat où j’acceptais la diffusion des images, qui montreraient seulement mon visage ou seraient floutées.

J’attendais avec impatience la diffusion de l’émission, mais toujours rien après quelques mois. J’ai envoyé un courriel à la chaîne, on m’a répondu qu’ils n’avaient jamais tourné cette émission.

J’ai fini par découvrir la vérité, un site pornographique propose ces vidéos sur Internet, et bien sûr, rien n’a été censuré.

7 décembre : Surprise

NDA Dans l’épisode V de Star Wars, Luke Skywalker se rend sur le système Dagobah où réside un ancien maître Jedi, du nom de Yoda. Là, il poursuit son apprentissage Jedi. Que la force soit avec vous.

La première journée de mon entraînement était bientôt terminée, s’il y avait vraiment des jours et des nuits dans cet endroit où nous ne voyions même pas le ciel. J’étais épuisé et je me réjouissais de dormir après avoir pris un repas frugal. Mais mon maître Jedi Yoda n’était pas de cet avis. Il me dit :

— Luke, j’ai encore une surprise pour toi.

— Quelle surprise ?

— Tu ne le sais pas encore, mais la force peut aussi être utilisée d’une autre manière, pas seulement pour des combats.

— Que voulez-vous dire ?

— N’as-tu pas parfois des envies, des attirances, des désirs à assouvir.

— Vous parlez par énigmes, Maître. Pensez-vous au sexe ?

— Tu es perspicace, Luke.

— Mais en ces temps troublés je n’ai pas le temps de penser à ça.

— Il le faut Luke, cela détend. Et la force peut aider.

— Mais je n’oserais pas ici, en votre présence.

— N’aie pas peur, déshabille-toi.

Je n’osai pas désobéir à Yoda. Je me retrouvais nu. Mais j’étais fatigué, et n’avais aucune envie. J’hésitais, troublé par la présence du maître Jedi.

Yoda m’expliqua alors une technique Jedi. Je sentis mon sexe durcir et j’eus rapidement un orgasme inouï. La force était avec moi.

8 décembre : Champagne

Au crépuscule de ma vie, je dois vous confesser un péché de jeunesse.

La nuit de la Noël de 1670, dom Pérignon me demanda de descendre avec lui à la cave de l'abbaye bénédictine d’Hautvillers, où je venais d’être admis comme novice. Il verrouilla la porte, m’expliquant qu’il faisait des recherches vinicoles qui pourraient intéresser des concurrents.

— Cette nuit est exceptionnelle, me dit-il, nous allons ouvrir la première bouteille d’un vin pétillant issu d’un assemblage de divers cépages. Regarde, le bouchon est entouré d’une ficelle de chanvre.

Il déboucha la bouteille, le bouchon fut projeté au plafond. Nous dégustâmes le vin pétillant, excellent. Dom Pérignon me demanda ensuite :

— As-tu déjà commis le pêché de chair ?

— Non, enfin oui, mais seul, pas avec une femme.

— Et avec un homme ?

Je ne répondis pas, un frisson me parcourut.

— Tu n’as pas encore fait tes vœux de chasteté, profitons-en.

— Et le salut de votre âme ?

— Avec les ventes du vin, nous pourrons agrandir l’abbaye. Le Seigneur en tiendra compte.

Je le suivis dom Pérignon dans sa cellule, il ôta mon habit.

Par la suite, je repris les fonctions de dom Pérignon, la vinification et l’accueil des jeunes novices.

À suivre…