Une histoire à découvrir
Calendrier de l'Avent (15)
David, si tu lis ce message, dis-moi ce que tu es devenu. Le seul souvenir que j’aie de toi est cette petite bobine de film Super 8. Je l’ai retrouvée récemment en vidant l’appartement de mes parents.
Te rappelles-tu ? Nous nous étions rencontrés pendant les vacances d’été, à la montagne. Nous logions dans le même immeuble. Nous étions devenus les meilleurs amis du monde. J’avais emprunté la caméra de mon père et nous étions partis un matin, seuls, notre pique-nique dans les sacs à dos, pour faire une longue marche.
Le temps était magnifique, nous nous sommes arrêtés près d’un petit lac peu avant midi. Tu n’as pas hésité, tu t’es déshabillé et tu t’es baigné. Je n’ai pas osé, l’eau était trop froide. Je n’ai d’abord vu que tes fesses, j’attendais que tu ressortes de l’eau pour te filmer. Tu as bien sûr mis la main devant ton zizi. Puis tu as osé, tu me l’as montré, je filmais toujours, tu souriais, tu en étais fier, même s’il était petit, l’eau froide…
J’ai les larmes aux yeux en revoyant ce petit film, tu as été mon premier amour, même si je te ne l’ai jamais dit.
Tu t’es assis sur une pierre recouverte de mousse, tu voulais te sécher la peau avant de te rhabiller. Tes cheveux et tes poils blonds brillaient au soleil, ta main s’est dirigée vers ton pénis, je n’ai pas osé continuer à filmer. Tu m’as demandé :
— Alors, c’est déjà fini le cinéma ?
— Je ne veux pas faire un film interdit aux moins de 18 ans, ma petite sœur voudra le regarder. Elle va déjà être surprise de te voir à poil.
— Elle n’a jamais vu ton zizi ? Tu te fais des branlettes ?
J’ai hésité à te répondre, tu avais déjà débuté tes caresses.
— Oui, t’ai-je avoué en rougissant.
— Montre-le moi.
Je l’ai sorti de ma braguette.
— Il est bizarre, m’as-tu dit.
— Bizarre ?
— Oui, le bout est découvert.
— J’ai été circoncis.
Je me suis assis à côté de toi sur la pierre recouverte de mousse. Nous nous sommes masturbés, assez rapidement car nous étions jeunes, et, il faut le dire, j’avais peur qu’un promeneur nous surprenne.
Tu t’es rhabillé, nous avons mangé nos sandwiches et continué notre excursion. Nous n’avons plus reparlé de ceci jusqu’à la fin des vacances, je n’ai même pas pensé à te demander ton adresse.
— Je vous dois combien pour cette consultation ? demandai-je au thérapeute.
— Rien, vous étiez mon premier patient.
— Merci, avez-vous d’autres personnes ce soir ? Nous pourrions faire plus ample connaissance.
— Non, je suis libre, il faudra que je me fasse une clientèle.
— Je vous offre le dîner : mon beau-frère est traiteur japonais, il livre à domicile. Des sushis, ça vous va ?
— Parfait.
Je passai la commande avec mon portable. Clément ouvrit une bouteille de vin blanc pour l’apéritif. Nous décidâmes de nous tutoyer. Je lui demandai pourquoi il avait choisi cette profession, il m’expliqua :
— J’étais danseur et j’ai dû me reconvertir. J’ai suivi une formation de masseur. Je vais travailler à mi-temps dans un institut « sérieux ». J’offrirai les massages érotiques sous un pseudonyme.
— Et la lithothérapie ?
— Si ça peut soulager quelqu’un, pourquoi pas ?
Le livreur arriva et nous dégustâmes les sushis. Après le dîner, Clément me demanda :
— Tu veux expérimenter le massage tantrique ?
— Je ne sais pas si je vais de nouveau pouvoir bander. Et je n’ai pas pris ma carte de crédit.
— Ça ne fait rien, dans le vrai tantrisme on n’éjacule pas, au contraire, on devrait se retenir. Et pour toi ce sera gratuit. Pour toujours.
Pas un seul nuage ce jour-là. La montgolfière était prête, rouge et jaune devant les collines vertes. L’aérostier nous salua, mon ami et moi, et nous fit monter dans la nacelle. Il actionna le brûleur et nous décollâmes. Ce fut le silence qui me surprit, et une légère brise rafraîchissante. J’eus envie de la sentir sur ma peau, je demandai au pilote :
— Puis-je enlever mon tee-shirt ? Cela ne vous dérange pas ?
— Pas du tout, vous pouvez même vous envoyer en l’air si vous voulez.
Nous rîmes de bon cœur, nous nous mîmes à torse nu, je fis la bise à mon ami.
— On voit bien que vous êtes amoureux, dit l’aérostier. Vous fêtez quelque chose ?
— Nos fiançailles, nous allons nous marier.
— Félicitations, je suis gay moi aussi, je vous envie, je n’ai jamais eu de relation stable. Je tournerai le dos, allez-y, faites-vous plaisir.
J’hésitai, mon ami était déjà en train d’enlever son jean et son boxer. Je l’imitai. Il se pencha pour regarder le paysage. Je vis son petit cul que je convoitais et qu’il me refusait encore, j’enfonçai mon membre dressé entre ses fesses. Il sursauta, mais ne dit rien.
Le lendemain, un gendarme vint me trouver à l’hôpital pour éclaircir les circonstances de l’accident. Je ne pus pas lui dire grand-chose, ayant tout oublié.
Le surlendemain, les médecins estimèrent que je pouvais rentrer chez moi. Je demandai à l’infirmier Cédric :
— Je n’ai plus mon smartphone, pourriez-vous m’indiquer à quelle heure part le bus ?
— J’habite dans la même vallée que vous, je vous prends avec moi en voiture si vous le désirez.
— Merci, ce n’est pas de refus, je me sens encore faible.
Nous quittâmes l’hôpital vers 13 heures. Il faisait encore froid, la route était toujours glacée dans la forêt où j’avais dérapé. J’eus peur et je dis à Cédric :
— Ralentissez, je n’aimerais pas que vous fassiez la même chose que moi.
— Ne vous inquiétez pas.
— Nous arrivons près de la maison abandonnée, pourriez-vous vous arrêter un instant ?
Je sortis pour voir les traces, le gendarme m’avait dit que j’avais embouti un coin de la maison. Un homme qui n’avait pas mis de manteau sortit de la maison, il avait juste un tee-shirt et des pantalons blancs. Il ressemblait étrangement à l’infirmier.
— Venez vous réchauffer à l’intérieur, nous dit-il. Je vous offre le déjeuner.
Le prince convoqua la fée au palais et lui dit, courroucé :
— J’en ai assez d’amuser la galerie avec ces jeunes pucelles en chaleur à chaque bal, c’est que je suis gay moi.
— Je ne le savais pas, Majesté.
— Et la dernière qui a disparu à minuit en laissant sa pantoufle de vair. Je vais encore devoir visiter toutes les chaumières du royaume en espérant que je ne la retrouve pas.
— J’ai une idée, Majesté.
— Je vous paye assez cher pour ça, dites-moi.
— Je vais transformer la pantoufle de vair en godillot et Cendrillon en jeune puceau.
— Ça me va. Quelle longueur aura-t-elle ?
— De quoi parlez-vous, Majesté ? De sa chaussure ?
— De sa bite, évidemment. Puisque vous la transformez, autant mettre un modèle XXL. Et de grosses couilles.
— J’en tiendrai compte, Majesté.
Le prince dut annoncer à son peuple qu’il n’avait pas retrouvé la jeune fille, la seule personne dont le pied entrait dans la chaussure était un bel éphèbe. Le peuple se désola en lisant les magazines people, il se consola rapidement avec une baisse des impôts.
Le prince légalisa le mariage homosexuel, il se maria avec Cendrillon transformé, ils vécurent heureux et n’eurent pas beaucoup d’enfants.
— Tu es aussi… homosexuel ? me demanda Jean-Philippe.
— Eh oui, alors, tu voudrais profiter de ce moment avec moi ?
Mon compagnon avait soudain l’air troublé.
— C’est inattendu, je ne sais pas si je suis prêt.
— On va le faire tout en douceur, et la porte n’est pas fermée à clef, tu peux retourner dans ta chambre n’importe quand.
Je prenais mes précautions, avec toutes ces histoires de harcèlement sexuel qui ressortaient des années plus tard.
— Commençons par un petit défilé de mode, continuai-je, essaie tes sous-vêtements.
Jean-Philippe acquiesça, il alla se déshabiller à la salle de bain et ressortit vêtu d’un boxer rouge qui mettait bien en valeur ses attributs.
— Tu as un corps magnifique, lui dis-je.
Il retourna se changer, le deuxième boxer était blanc, presque transparent, je devinais déjà son gland humide. Je sortis des décorations de Noël que j’avais achetées l’après-midi et lui passai une guirlande derrière la nuque puis l’enroulai autour de son corps. Je lui baissai son boxer et fixai encore une boule sur son membre dressé, juste sous la couronne du gland.
— Tu fais quoi ? me demanda-t-il.
— Tu es mon cadeau de Noël, quelques jours à l’avance.
Je m’approche de mon sapin de Noël vivant et lui caresse le buste, jouant avec la guirlande pour le chatouiller. J’entoure son pénis avec, la passe autour de ses couilles et serre. Je prends ensuite son gland décalotté dans ma bouche…
Et tout s’évanouit, je me retrouve devant l’écran de mon ordinateur, comme toi, chère lectrice, cher lecteur, tu es devant le tien. Tous les personnages que j’ai créés pour ce calendrier de l’Avent n’étaient que des simulacres.