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Une histoire à découvrir

Calendrier de l'Avent (2)

9 décembre : Cadeaux

Nous étions une grande famille, nous nous réunissions tous les ans chez moi pour la fête de Noël. Nous dînions, le père Noël passait, nous nous rendions ensuite à la messe de minuit, puis nous mettions les enfants au lit.

Il ne restait plus que les moins jeunes, disons ceux qui avaient atteint leur majorité sexuelle (pour être politiquement correct). Le père Noël passait alors une deuxième fois.

Cette année-là, Pierre, qui était venu avec son petit ami Paul, reçut simplement quelques boîtes de préservatifs extra-larges.

Jean, qui était encore puceau, reçut un Fleshlight avec le mode d’emploi.

Jeanne et François reçurent un gode-ceinture muni d'un harnais très souple de couleur noire avec une imitation cuir.

Daniel reçut un anéros avec un vibrateur en acier inoxydable amovible.

Jacqueline reçut un rosebud de 900 grammes avec un diamètre de 5 cm.

Julie reçut un vibromasseur serti de cristaux Swarovski avec traîne en fourrure.

Enfin, Patrick reçut un appareil d’électrostimulation, avec toute une panoplie d’électrodes.

La tradition familiale voulait que tous essaient immédiatement leurs nouveaux jouets. Les jeunes qui participaient pour la première fois à ce deuxième Noël étaient un peu intimidés au début, mais ils firent rapidement comme leurs aînés.

10 décembre : Vœux

D’habitude, j’envoyais mes vœux en écrivant à la main des cartes avec de belles images de Noël, je les mettais ensuite dans une enveloppe, j’ajoutais l’adresse, collais un timbre et postais le tout. C’était assez fastidieux.

Cette année, je n’ai pas le temps, je dois écrire des récits pour la Ficothèque Ardente. J’ai téléchargé un logiciel qui fait tout cela automatiquement. Il lit mon carnet d’adresses, y ajoute un texte au hasard, ma signature et une photo du dossier que j’ai indiqué. L’envoi des courriels ne prend que quelques minutes.

J’ai tout de suite eu des réactions. Mon ami Pierre m’a écrit : « Bravo pour ton coming out, nous avions toujours pensé que tu étais homo. » Je ne souvenais pas lui en avoir parlé. Ma tante Adèle : « Mon cher neveu, quelle abomination, ne te souviens-tu pas des paroles du Seigneur qui condamnent les actes contre nature. » Suivaient deux pages entières dans le même ton. Mon frère Jean : « Cher Daniel, tu dois avoir un virus sur ton PC. Je te conseille le nouvel anti-virus Mr-Proper. » Etc.

J’ai alors regardé ma boîte d’envoi. Je m’étais trompé de dossier, j’avais indiqué ma collection d’images érotiques.

11 décembre : Rouge

Le travail était épuisant, monotone, douze heures par jour, toujours les mêmes gestes dans l’usine froide et sombre. Je venais de débuter et je me demandais comment je tiendrais encore des dizaines d’années. Heureusement, j’avais fait la connaissance d’un camarade qui m’avait aidé et réconforté.

Il m’avait offert de partager sa chambre, et nous avions découvert que nous n’étions pas comme les autres. Les ouvriers n’étaient pas tendres avec nous et faisaient des remarques désagréables.

Après quelques jours, alors que nous venions de nous étreindre et que nous étions couchés sur le lit, en train de fumer, mon camarade me dit :

— Les temps vont changer, nous allons prendre le pouvoir. Les patrons devront rendre des comptes.

J’eus très peur, mon camarade était donc un de ces dangereux révolutionnaires, en plus d’être un inverti ? Devrais-je le quitter immédiatement ? Il sut trouver les mots pour me rassurer :

— Bientôt nous pourrons aussi baiser librement entre hommes, plus personne ne se moquera de nous.

— En es-tu sûr ?

— C'est une nouvelle ère, révolutionnaire.

— En es-tu vraiment sûr ?

— Un monde nouveau, tu comprends, rien ne sera plus jamais comme avant.

C'est la fin de l'histoire, le rouge après le noir.

NDA Les textes en italique sont tirés de la chanson Rouge de Jean-Jacques Goldman.

12 décembre : Crèche

1 Or, en ce temps-là, parut un décret de François pour autoriser l’adoption par les couples homosexuels.

2 Joseph, qui était pacsé avec Pierre-Marie, décida d’adopter un garçon.

3 Ils se rendirent chez un pauvre paysan qui ne voulait pas garder son enfant, car l’UE avait supprimé les subventions.

4 Ils montèrent de la ville de Paris en Île-de-France à la ville qui s’appelle La Chapelle-Aux-Bois dans les Vosges.

5 Le pauvre paysan souffrait de dysfonction érectile, sa femme prétendait n’avoir jamais eu d’amant. Le paysan trouvait cela suspect et était content de se débarrasser de l’enfant.

6 Joseph et Pierre-Marie demandèrent au paysan s’ils pouvaient passer la nuit chez lui, le personnel hôtelier faisait la grève pour protester contre les mesures d’austérité.

7 Ils recueillirent le bébé, l’emmaillotèrent et le déposèrent dans une crèche. Ils se couchèrent sur la paille, comme les touristes en été.

8 Ils désiraient se réchauffer, ils se demandèrent s’ils osaient le faire devant l’enfant.

9 L’enfant dormait, ignorant encore le destin exceptionnel qui l’attendait. Il ne pourrait pas voir ses nouveaux parents.

10 Il n’y avait qu’un bœuf et un âne dans l’étable, le paysan n’avait plus d’autre bétail.

11 Alors Joseph connut Pierre-Marie.

NDA Ce récit est la suite de celui du 1er décembre : Famille

13 décembre : Tradition

J’habitais un village où la tradition était encore bien présente. Tout le monde se retrouvait dans la petite église pour la messe de minuit. Je n’écoutais pas le curé, je repensais à la dernière photo reçue ce matin. Mon ami d’enfance Cyril était assis plus en avant, lui regardait discrètement son smartphone, il en avait reçu un nouveau pour Noël, le même modèle que le mien.

À la fin de la messe, les habitants du village restaient vers l’église pour boire du vin chaud. Cyril vint tout de suite vers moi et me dit :

— Regarde mon nouvel iPhone, j’aurais une question, comment fait-on pour mettre les photos en mémoire ?

Je lui montrai sur le mien, Cyril vit toutes les photos que ma mère m’avait envoyées. Il me demanda :

— C’est quoi ça.

Je lui expliquai.

— Je vois bien que ce sont des femmes nues, mais la dernière ?

Il me proposa de nous éloigner de l’église. Nous prîmes un petit chemin qui menait vers une forêt. Les arbres étaient couverts de neige, le ciel était dégagé et la pleine lune rendait ce moment féérique, avec la petite église éclairée par le sapin couvert de lampes multicolores.

Cyril m’embrassa.

NDA Exceptionnellement un troisième chapitre de cette histoire.

L’après-midi du 25 décembre, j’avais invité Cyril pour lui montrer ma nouvelle console de jeux, nous étions les deux dans ma chambre.

Après avoir joué un moment, je lui demandai :

— Qu’est-ce qu’il t’a pris hier soir après la messe ?

— De quoi parles-tu ?

— Tu m’as embrassé.

— C’était un simple signe d’amitié, la nuit de Noël, la paix entre les hommes de bonne volonté, etc.

— Mais sur la bouche.

— Je t’ai embrassé sur la bouche ?

Cyril me prit alors dans ses bras et m’embrassa à nouveau.

— Tu n’aimes pas ? me demanda-t-il.

— Non, c’est autre chose, je suis tellement étonné.

— De quoi ?

— Que tu sois… comme moi.

— Je t’ai toujours aimé plus qu’un simple camarade. Mais je n’ai jamais osé te le dire. Maintenant, tu as l’autorisation de ta mère, c’est différent, ajouta-t-il en souriant.

Il m’embrassa encore une fois.

— Alors, on continue notre partie de jeu vidéo ? me demanda Cyril.

— Non, on joue à autre chose.

— Que me proposes-tu ?

— Le strip poker.

Je n’eus pas beaucoup de chance et je me retrouvais bientôt en boxer. Je perdis encore une fois. Bien sûr mon camarade m’avait déjà vu nu, mais, cette fois, c’était différent.

NDA Ce récit est la suite de celui du 11 décembre : Rouge

14 décembre : Rubans

Cela faisait plusieurs mois que je vivais avec mon révolutionnaire, il s’appelait Claude. Nous travaillions dans une usine qui fabriquait des rubans, sise à Saint-Étienne.

Un soir, dans notre chambre, Claude sortit un mètre de ruban rouge de sa poche. Je m’inquiétai :

— Tu es fou, tu l’as volé ?

— Oui.

— Pourquoi as-tu fait cela ?

— Je vais couper ce ruban et le distribuer à nos camarades. Ce sera notre signe de ralliement. Lors de la grande grève.

Claude coupa 10 cm du ruban et essaya de le nouer pour former un signe. Il était un exalté. Si on l’avait identifié comme meneur, on l’aurait licencié ou même emprisonné. Je ne l’aurais pas supporté, il était ma seule raison de vivre.

Mais je savais comment freiner ses ardeurs révolutionnaires. Je pris le ruban, le coupai par la moitié et lui attachai les mains dans le dos, lui disant de ne plus bouger. Je baissai ensuite son pantalon et nouai le reste du ruban autour de son pénis et de ses testicules, l’empêchant de bander.

— C’est ta révolution ou moi. Choisis !

— J’ai compris. Libère-moi !

Je coupai les rubans, Claude les brûla dans le poêle. Je pris son membre dans ma bouche.

NDA Je précise que, contrairement aux apparences, le narrateur est majeur. On peut croire au Père Noël à tout âge.

15 décembre : Petit soulier

J’étais seul la nuit de Noël et j’avais pas mal bu pour oublier ma solitude. Je décidai alors de répondre à une question que je me posais depuis très longtemps : le Père Noël existait-il vraiment ?

Je mis mon petit soulier vers la cheminée, je m’assis dans un fauteuil et je repris un verre, bien décidé à passer la nuit éveillé.

Je m’endormis quand même, mais je fus réveillé par un bruit. Un nuage de suie avait envahi la pièce, c’était l’heure, le Père Noël arrivait. Il se dégagea de la cheminée et me salua. Je fus étonné, je m’attendais à voir un très vieux monsieur, mais ce Père Noël était jeune et sexy.

— Salut mon petit, me dit-il. Je passe te voir, mais je n’ai pas reçu ta lettre. Que désires-tu ?

Je fus pris au dépourvu et je me mis à réfléchir. J’avais assez d’argent et je pouvais m’offrir tous les gadgets à la mode. Ce qu’il me manquait vraiment, c’était de l’amitié, quelqu’un pour rompre ma solitude.

— J’aimerais un amant, répondis-je. Avez-vous cela dans votre hotte ?

— Non, mais j’en ai assez de faire ma tournée.

Le Père Noël ôta sa barbe, et le reste aussi.

16 décembre : Décoration

Un grand magasin avait l’habitude de décorer l’une de ses vitrines de manière très originale avant Noël. Cette année-là, ils avaient choisi des mannequins vivants. J’ai donc répondu à l’annonce, j’étais étudiant, c’était assez bien payé et cela me permettrait d’offrir des cadeaux de Noël à mes proches. Cela ne durait qu’un jour.

Le 16 décembre, j’avais rendez-vous le matin. Nous n’étions que trois hommes jeunes. Le décorateur nous expliqua le thème de la journée :

— C’est de la lingerie masculine. Vous aurez cinq minutes de pause chaque heure, vous devrez vous changer pour montrer d’autres modèles. Mais cela ne prendra pas trop de temps aujourd’hui. Pas de questions ?

Je réalisai alors que je serai presque nu. J’étais tombé sur le mauvais jour. Les deux autres hommes avaient aussi l’air embarrassé. Le décorateur vida un carton de sous-vêtements, il y avait de toutes les formes, toutes les couleurs. Il nous dit d’en prendre un au hasard. Je tombai sur un string rouge, ça commençait bien. Mes compagnons d’infortune avaient un boxer blanc et un caleçon mauve. Nous entrâmes dans la vitrine. Nous eûmes encore une surprise, il y avait des micros et nous entendions tous les commentaires des passants.

À suivre...