Une histoire à découvrir
Calendrier de l'Avent (5)
8 décembre 2014 : Mousse
J’habitais au bord de la mer et je voulais devenir marin. À ma majorité, mon père se rendit dans une taverne du port afin de me trouver un engagement. Il se réjouissait de me voir quitter la maison, une bouche de moins à nourrir. Il revint tard, passablement ivre.
— C’est bon, me dit-il.
— Et quand dois-je partir ?
— Demain à l’aube.
Je ne dormis pas de la nuit, je préparai une petite malle avec quelques habits, fis mes adieux à ma famille et me rendis au port. Je trouvai facilement le bateau. Il avait l’air délabré. Un marin me fit monter et me conduisit dans la cabine du capitaine, un homme âgé aux longs cheveux gris.
— Ah, bonjour mon jeune ami.
— Bonjour Monsieur.
— Je vais tout de suite te mettre au courant, au début tu ne seras pas sur le pont, tu resteras dans ma cabine pour me servir. Et tu passeras les nuits également avec moi. Dans mon lit.
J’eus soudain très peur. Le capitaine le remarqua.
— N’aie pas peur, je serai très doux.
— Et je resterai longtemps avec vous avant de devenir mousse ?
— Quelques siècles, mais je ne me suis pas présenté, on m’appelle le « Hollandais Volant ».
9 décembre 2014 : Ange
Ne croyez pas que la vie au Paradis est passionnante, toujours faire le bien, jamais de pensées obscènes. J’en avais marre, je décidai de tenter ma chance ailleurs. Je pris l’ascenseur de 17h46 et je descendis sur la Terre. Je ratai la correspondance et je dus attendre une heure. Je me demandai si je ne devrais pas rester sur la Terre pour annoncer une Bonne Nouvelle quelconque, mais finalement je renonçai.
Je continuai donc avec l’ascenseur de 19h33 et j’arrivai aux portes de l’Enfer. Le Cerbère me reçut froidement.
— Que voulez-vous ?
— Je viens demander asile.
— Vous êtes persécuté au Paradis ?
— Non, je m’ennuie.
— Et vous croyez que c’est mieux ici ? Bon, remplissez ce formulaire.
Je n’avais pas de nom, je mis mon numéro, le 1291. Le Cerbère contrôla, fit la moue :
— Vous n’avez pas mis le sexe.
— Je ne le connais pas.
— Si vous ne coopérez pas, on vous renverra. On va examiner votre demande, allez passer quelques années au Purgatoire en attendant. Au suivant.
J’étais désappointé. J’avais espéré être reçu plus chaleureusement.
Les jours s’écoulent lentement, je n’ai toujours pas de réponse. En attendant j’écris des récits érotiques sur Gai-Éros, ne serait-ce pas pas ma véritable vocation ?
10 décembre 2014 : Lutins
Nous avions plusieurs lutins dans notre foyer. Mes préférés étaient Puck et Pock, ils passaient tous les soirs dans ma chambre avant que je m’endorme, je leur avais toujours confié mes peines et mes secrets, ce que je n’osais pas dire à mes parents. Mais ce jour-là, je n’avais pas envie qu’ils restent, ils le remarquèrent et s’en inquiétèrent. Puck me demanda :
— Qu’est qu’il y a ? Tu ne nous aimes plus ?
— Ce n’est pas ça, mais je suis grand maintenant.
— Et alors, on est aussi là pour les adultes, reprit Pock.
— Oui mais… J’ai encore quelque chose à faire avant de dormir.
Puck chuchota à l’oreille de Pock.
— Je pense que tu as découvert comment on s’amuse avec son zizi, me dit Puck.
— Décidément, on ne peut rien vous cacher, en effet, laissez-moi.
— Tu ne vas pas nous licencier comme ça, renchérit Pock.
— On aimerait quand même voir si tu es un homme.
Avant que je puisse réagir, Puck retira soudainement ma couette. Pock baissa la culotte de mon pyjama. Puck prit mon pénis et décalotta le gland, tandis que Pock me tâtait les testicules. On ne peut pas lutter contre des êtres surnaturels. Je me laissai faire.
11 décembre 2014 : Couronne
Après avoir pris quelques photos de David avec mon smartphone, je me demandai ce qu’il allait se passer. La première nuit ensemble, nous nous étions rapidement masturbés, chacun de notre côté, puis nous avions dormi. Cette fois je pressentais que ce serait différent. Tout d’abord, il y avait quelque chose qui m’intriguait et que je voulais éclaircir.
Je m’assis sur le bord de mon lit et je dis à David :
— Viens vers moi, je veux comparer tes attributs sexuels à ceux de la statue.
— Tes désirs sont des ordres.
En fait je voulais examiner le gland circoncis de mon ami de près. Il avait des petits boutons blancs. Je lui demandai :
— Qu’est ce que c’est, une infection ?
— Non, on appelle ça une couronne perlée du gland.
— Tu es sûr que ce n’est pas contagieux ?
— Non, tu peux toucher, me répondit-il en riant.
Je pris le pénis de David dans ma main et je fis pivoter le gland pour voir tout le tour de la couronne. David s’impatienta :
— Tu as bientôt fini ? Tu veux devenir médecin ?
— Oui, j’arrête. Mais c’est vraiment étonnant.
— Tu trouves ça beau ?
Je n’osai pas répondre. Je changeai de sujet :
— On fait quoi avant de dormir ?
12 décembre 2014 : Secret
Lorsque j’étais jeune et beau, je travaillais pour une agence d’escort gay et j’ai appris un secret d’état. Je peux vous en parler maintenant, car le personnage est depuis longtemps retiré et oublié. Mon chef m’appela et me recommanda une fois de plus une discrétion absolue. Il me donna l’heure du rendez-vous et l’adresse, ainsi que le tarif à appliquer, le plus élevé, celui réservé aux VIP.
Je cherchai l’adresse : il s’agissait du palais présidentiel. Je m’y rendis, c’était l’entrée de service. Le concierge me mena directement aux appartements du président. Je fus surpris car il avait la réputation d’aimer les femmes et sa vie sentimentale s’étalait à la une de tous les magazines. Je ne lui en aurait pas parlé s’il n’avait abordé le sujet lui-même :
— Voyez-vous, j’en ai par-dessus le tête des femmes, elle ne m’apportent que des ennuis. J’ai envie d’hommes maintenant, et je compte sur vous pour m’initier.
— C’est mon travail.
— Et pas un mot à Closer !
— Je serai muet comme une tombe.
— Je vais essayer de draguer mon nouveau conseiller, un jeunot sorti de l’ENA.
— Vous préférez être passif ou actif ?
— Actif, bien sûr. Un président ne subit jamais les évènements.
13 décembre 2014 : Magasin
Il y avait du monde au magasin aujourd’hui et je faisais la queue depuis 20 minutes. Il paraît que dans d’autres pays il existe des supermarchés où l’on peut se servir soi-même, mais ce n’est pas encore prévu chez nous dans le plan quinquennal. Mon tour arriva.
— Bonjour, qu’avez-vous à vendre aujourd’hui ?
— Pas grand chose, comme d’habitude.
— Avez-vous reçu le papier toilette ?
— Non, pas encore. J’ai quelque chose qui pourrait intéresser votre femme.
— Je suis célibataire, dites-moi quand même, on ne sait jamais.
— Nous avons reçu par erreur 500 poupées gonflables.
— Cela ne m’intéresse pas, je préfère les hommes.
— Ce sont justement des hommes, regardez.
Elle alla chercher un gros carton, le posa sur le comptoir et l’ouvrit, sous l’oeil narquois des autres clients. L’industrie soviétique avait fait un effort et l’homme était très réaliste. La vendeuse m’expliqua :
— Les organes sexuels sont interchangeables, il y en a dix livrés avec. Vous aurez toutes les tailles, des grosses couilles, des petites.
— Et combien coûte cet objet ?
— Seulement deux roubles.
Il ne faut jamais laisser passer une occasion, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve, j’en pris directement trois. Pour le papier toilette, j’ai la Pravda.
14 décembre 2014 : Paillettes
Je suivais une formation de laborantin, métier plutôt féminin puisque nous n’étions que deux garçons dans la classe. Le professeur nous annonça le sujet du cours :
— Nous parlerons de la congélation du sperme dans des paillettes. J’aurais besoin de deux volontaires. Steve et Thierry, venez vers moi.
Le professeur nous tendit deux tubes à essai en nous disant :
— Nous vous attendons dans une demi heure.
Steve sortit, je le suivis. Une fois dans le couloir, il me dit :
— On va aux toilettes pour remplir le tube ?
— Qu’est-ce qu’il veut, de l’urine ?
— Tu n’es pas bien réveillé ce matin, il veut du sperme.
Là, mon cerveau sortit des brumes et je réfléchis à toute vitesse.
— Non, répondis-je, les WC c’est crade. Allons au local où l’on fait les prélèvements.
— Oui, ce sera mieux.
Nous nous rendîmes dans le local.
— Tu commences ? me demanda Steve.
— Je ne sais pas si j’ose.
— Alors les deux ensemble.
Nous baissâmes nos pantalons et remplîmes le tube avec notre semence. Steve me dit ensuite :
— Tu es content ? Tu m’as vu bander, petit vicieux. Tu es transparent.
— Tu aurais pu refuser.
— Je voulais quand même voir si la tienne est plus grande que la mienne.
15 décembre 2014 : Traîneau
Je travaille dans une entreprise internationale de livraison de colis exprès. Pas très original, me direz-vous, sauf que j’habite en Laponie.
J’avais eu une une semaine harassante avant Noël. Le 24, vers 16 heures, une camionnette arriva. Elle contenait un seul colis adressé au Père Noël. Je pensai à une plaisanterie et j’allai vers mon chef. Il me répondit que je devais absolument livrer ce colis, malgré les 50 km de motoneige, c’était très important.
Le colis était très allongé, j’eus du mal à l’arrimer. Je mis en route mon GPS et je partis, j’atteignis mon destinataire sans encombre. Vous l’avez deviné, c’était bien le Père Noël qui s’impatientait, un patin de son traîneau s’était cassé et le colis contenait la pièce de rechange. Son assistant, un troll, fit rapidement la réparation, les rennes étaient déjà attachés, le traîneau s’envola.
Ce doit être un récit érotique, me direz-vous. J’y viens. Une tempête de neige s’était levée et je ne pouvais plus rentrer. L’assistant me proposa de rester pour passer la nuit de Noël en sa compagnie. Je n’avais pas le choix. Je peux donc vous révéler en exclusivité que le sexe d’un troll en érection mesure 53 cm.
16 décembre 2014 : Folie
Un psychiatre célèbre désire tester une nouvelle thérapie pour les malades atteints de folie : il s’agit de leur apporter du réconfort en leur proposant une relation intime dans le cadre de leur séjour en hôpital. J’ai été engagé pour les patients gays, je ne sais pas pourquoi ils m’ont choisi plutôt qu’un autre.
Une infirmière m’a conduit dans la chambre de mon premier patient. Il est prévu que je reste une heure. L’homme est jeune, une vingtaine d’années environ. Il est assis sur le bord de son lit, en survêtement. Je le salue, me présente et m’assieds à côté de lui. Je lui demande :
— Vous savez pourquoi je viens ?
— Oui, le médecin me l’a dit. Pour baiser, enfin il ne l’a présenté comme ça.
— Je ne sais pas si nous irons jusque là. Je vais vous apporter un peu de tendresse.
— Vous êtes fou d’avoir accepté ce travail.
Je reste soudain bloqué, je ne m’étais pas imaginé que ce serait si difficile. L’homme prend les devants en me disant :
— Avant de tomber malade, je me prostituais. Je sais comment me comporter avec un timide comme vous. Que désirez-vous faire ? Je ne vous ferai pas payer compte tenu des circonstances.