Toutes les histoires

Une histoire à découvrir

Cam

Je n'aime pas trop les plans cam, c'est un truc pour petits jeunes en manque de branlette. Moi, à 48 ans, je préfère de loin les plans réels, je suis donc inscrit sur plusieurs sites de rencontre gay, et je m'offre régulièrement une soirée avec un top ou un bottom selon mes envies ou la personnalité du partenaire, qui peut avoir de 25 ans à 70, pourvu que le courant passe entre nous et qu'une sympathie voie le jour. Ce sont mes limites, j'ai horreur du plan « on se vide les couilles, salut, on se téléphone ». C'est ce qui me permet d'être entouré de copains et d'amis de longue date, et quand on se voit, soit on en fait profiter notre corps, soit on parle de tout et de rien.

Et voilà que ce soir je surfe à l'aise, entre les sites de vidéos gay et le catalogue en ligne de Meo. Je suis passablement excité, ma main gauche dans le boxer, la droite sur la souris, quand s'ouvre une fenêtre d'ajout de contact sur MSN, un certain ced59600, tiens, un mec de Maubeuge, et comme j'habite à Boussois, 6 km au maximum, je me dis pourquoi pas.

« Cam ? » est le premier message qu'il m'envoie, ça commence mal, j'ai horreur quand les gens ne saluent pas, et ma réponse est invariable dans ce cas-là.

« Bonsoir ... »

« Bonsoir, excuse-moi ».

« Pas grave, alors raconte ! ».

« J'ai envie de me branler, toi pas ? ».

« Ben si, comme tout le monde »

« t'as envie qu'on le fasse à deux »

« je n'aime pas trop la cam, je trouve ça impersonnel »

« je te comprends, moi non plus, mais comme j'ai rien d'autre »

« rien d'autre ? »

« ben non, je t'expliquerai, mais là, dans dix minutes, je dois filer, alors tu veux bien ? »

« Pas ce soir, mais tu peux mettre ta cam, je te regarderai avec plaisir, et peut-être que demain, je mettrai la mienne ».

Cinq secondes plus tard, j'ai une vue en gros plan sur son bassin : un sexe magnifique, long et fin totalement épilé comme je les aime, et ses doigts fins commencent leur travail, il y a tant de sensualité dans ses mouvements que je baisse mon boxer et commence à me branler, on jute à peu près en même temps. Je reprends le clavier.

« Ben dis donc, tu m'as bien excité, j'en ai plein les doigts »

« Content que ça t'ait plu, mais déçu que je n'aie rien vu »

« Demain, je mettrai ma cam si tu veux »

« Ça marche, je serai sur MSN vers 20 h »

« ok, bonne nuit »

« bye ».

Comme j'avais capturé sa séance de branle sur mon disque dur, je la passe ... et la repasse plusieurs fois, il est vraiment bien foutu le mec et je bande de nouveau.

19h30, mon pc est allumé et je lance MSN, il est déjà là.

« Bonsoir, c'est Cédric »

« Bonsoir, Cédric, moi, c'est Dorian »

« J'adore ton prénom »

« Le tien n'est pas mal non plus »

« Merci, tu me montres ce soir ?

« Je te l'ai promis, on met la cam tous les deux ? »

« Dorian, t'es vachement bien foutu, j'adore quand il n'y a pas de poils »

« Merci, toi aussi, je t'avais enregistré, et j'ai regardé quatre fois »

« Je peux t'enregistrer aussi ? »

« Tu fais comme tu veux »

J'avais déjà commencé à me caresser et lui aussi. On prend tout notre temps, les deux mains sur les sexes, je remarque qu'on se touche un peu de la même façon et qu'on cherche tous les deux à profiter le plus longtemps possible du désir qui monte ; après plus d'une demi-heure, je vois qu'il a envie de s'activer, moi aussi d'ailleurs, et en moins de trois minutes, on éjacule tous les deux, gardant les mains où elles sont, il étale son sperme sur son ventre, je fais de même, puis une main quitte son sexe, la webcam remonte vers son visage et il se met les doigts en bouche, je l'imite, et chacun voit le visage de l'autre. Il me paraît bien jeune, je le lui dis.

« T'inquiète, j'ai 18 ans, et toi, t'en as 48 d'après ton profil sur Gaychose.

« Oui, et ça ne te gêne pas de faire ça avec un vieux ? »

« Pas du tout, je préfère »

« Pourquoi ? »

« Avec les mecs de mon âge, ça va trop vite, ils se vident, puis coupent la cam, sans même dire au revoir »

« Tu sais, il y en a aussi qui ne disent pas bonjour »

« Arrête, Dorian, je me suis excusé, non ? »

« Mais oui, je te chambrais »

« On parle d'autre chose ? »

« Tu as un petit copain ? »

« Non, j'aimerais bien »

« Qu'est-ce qui t'en empêche ? »

« Tu sais, là où j'habite, c'est pas facile, et puis ... »

« Et puis quoi ? »

« Je suis un grand timide »

« On ne dirait pas à la cam »

« Justement, à la cam, ça va, mais IRL [1], c'est pas pareil. »

« Tu as déjà eu des expériences ? »

...

« Sérieux, tu n'as jamais fait des trucs avec des mecs ? »

« Non, et j'en ai marre »

« Cédric, il faut que tu apprennes à te lancer, sinon tu vas te branler seul toute ta vie »

« Je sais, mais les mecs qui me plaisent sont hétéros, même mon meilleur pote, et pourtant, si tu savais comme j'ai envie de lui »

« Tu es sûr qu'il est hétéro pur jus ? »

« Sûr et certain »

« Dommage »

« Comme tu dis », je vois que son regard est triste.

« Cédric, tu ne vas pas chialer devant moi, quand même »

« Excuse-moi, Dorian, mais j'ai pas le moral »

« Si je pouvais t'aider, je le ferais, mais là »

« J'ai envie de ... de te rencontrer, Dorian, en plus on n'habite pas loin, d'après ce que j'ai lu sur Gaychose »

« Cédric, n'y pense pas, j'ai 30 ans de plus que toi »

« Et alors ? Moi, ça me dérange pas »

« Moi, ça me gêne, quoique j'avoue que j'aimerais bien boire un verre avec toi »

« Rien qu'un verre ? »

« Pas si vite, camarade, je ne suis pas du style à sauter sur un gars s'il ne me plaît pas »

« Et j'te plais pas ? »

« Je n'ai pas dit ça »

« On se voit quand ? »

« Ben dis donc, tu es un rapide, toi »

« Excuse-moi, Dorian »

« Ne t'excuse pas, à 18 ans, j'étais comme toi ».

« Alors ? »

« Tu as un moyen de locomotion ? »

« Oui, j'ai un scooter »

« Tu pourrais venir demain samedi, en début d'après-midi »

« Bien sûr », et je vois un large sourire sur l'écran auquel je réponds.

« J'habite Rue Armand Beugnies, au xxx, près de Rocq. »

« Je n'aurai pas besoin de mon scooter, j'habite rue Victor Hugo à Marpent »

« C'est la meilleure, ça, on est presque voisins »

« Et ta villa, c'est pas celle aux volets verts ? »

« Tu la connais ? »

« Je passe tous les jours devant pour aller à Maubeuge, c'est une fameuse baraque ! Il paraît qu'il y a tout : piscine intérieure, jacuzzi et salle de muscu. »

« Comment tu sais ça, toi ? »

« Dans les petits villages, tout se sait »

« Tu n'as pas tort ? Tu fais de la muscu aussi ? »

« Parfois, mais je dois me taper Maubeuge, et je n'aime pas trop rouler en scoot la nuit »

« On en fera demain, si tu veux »

« T'es vraiment sympa, je peux venir à 14h ? »

« Parfait, je t'attends, Cédric »

« A demain, Dorian, bisou »

« Bisou, Cédric »

Après deux branlettes, il me fait la bise, il est marrant le petit mec, et bien qu'il soit beaucoup beaucoup trop jeune pour avoir du sexe avec lui, j'ai envie de le connaître.

A 13h45, il est là, je lui ouvre, mais là, je suis refroidi, il paraît plus jeune qu'à la cam, question d'éclairage sans doute, et à ce sujet, j'en ai un gros, de doute.

— Cédric, tu es sûr que tu as 18 ans ? Pas de réponse, mais un visage qui s'empourpre.

Il plonge la main dans sa veste et me sort sa carte d'identité, prêt à pleurer. Il a tout juste 16 ans, Il voit que je ne suis pas content.

— Si tu ne veux pas de moi, je repars, pas de problème »

— Non, reste, mais je n'aime pas qu'on se fiche de moi.

— Excuse-moi, Dorian, mais si je t'avais dit la vérité, tu ne m'aurais pas invité chez toi.

— Tu as raison, allez, ne reste pas là, on va discuter à l'intérieur.

Cédric saute à mon cou et me fait la bise avant de retirer sa veste. Il est à peine moins grand que moi et a un corps splendide, fin et élancé mais pas maigre, en plus d'avoir un visage d'ange. En le regardant habillé d'un t-shirt blanc et d'un pantalon serrant de même couleur, je sens quelques modifications au niveau de mon entrejambe, il le voit, mais fait semblant de rien, et je l'emmène au salon.

— Cédric, si tu veux qu'on devienne copains, ne me mens plus jamais, j'ai une sainte horreur de ça.

— Pardonne-moi, je te promets de ne plus jamais le faire.

— Je préfère ça. Alors, tu es au Lycée à Maubeuge ?

— Oui, à Pierre Forest.

— J'y suis allé, mais il y a bien longtemps.

— C'est ouf, ça !

— Et tu veux faire quoi dans la vie ?

— Maintenance d'ordinateurs, programmation, je ne sais pas encore exactement.

— Moi, je bosse pour Infocompx, une boîte étrangère d'informatique.

— Ouah ! Décidément, on a des tas de points communs.

— Oui, Cédric, mais je te calme tout de suite, ne compte pas avoir le sexe en commun, je te trouve sympa, mais les gamins, ce n'est pas mon truc.

— Je n'en suis plus un, je sperme depuis quatre ans.

— Le verbe « spermer » n'est pas dans le dictionnaire, je te rappelle.

— Je sais, mais la plupart des jeunes disent ça.

— Ce n'est pas une raison.

— D'accord, je bannis ce mot de mon vocabulaire, et puis, ma queue est plus longue que la tienne !

— Oui, mais beaucoup moins épaisse.

— On compare ? Me dit-il en se levant prêt à se déculotter.

— Calme-toi, j'aurai bien l'occasion de la voir sous la douche.

— On va se doucher ?

— Si on s'entraîne un peu, on va transpirer.

— On va la voir, ta salle de muscu ?

Je le laisse deux minutes, le temps de me changer pour une tenue plus adéquate, et quand je le retrouve au salon, il est déjà prêt, un short moulant laissant apparaître les formes de ce qu'il doit cacher.

— Cédric, tu n'as pas trouvé le même en transparent ?

— J'ai cherché, mais pas trouvé, tu aurais voulu ?

— Arrête de déconner, on y va.

On s'entraîne pendant plus d'une heure, on retire rapidement les t-shirt, les corps ruissellent sous les efforts fournis, son corps magnifique me fait bander à mort, impossible de le cacher, sa tige longue et dure est à deux doigts de sortir de son short, mais on continue. Il repère la douche, le long du mur du fond.

— Elle est chouette, ta douche, elle a pas de porte.

— Elle est intégrée au carrelage et ouverte, et comme la plupart de mes copains sont gays et/ou naturistes, ça n'a jamais posé de problème.

— Je suis impatient de l'essayer, surtout qu'on peut s'y mettre à plusieurs.

— Calme-toi, Cédric.

— Bon, ok, me répond-il en faisant la moue, mais on va quand même la prendre ensemble, on s'est déjà vus nus.

— D'accord, on la prendra ensemble et tu pourras te branler, je vois que tu en as besoin.

— Toi aussi, je pense.

— On se branlera sous la douche comme on l'a fait devant la cam.

— Chacun de son côté ?

— Cédric, s'il te plaît !

— S'cuse[2].

Dix minutes plus tard, on est sous l'eau, face à face, et on se branle, j'ai envie de prendre sa queue entre mes doigts, mais je m'abstiens. Quand il voit que je vais venir, il s'agenouille pour me mettre en bouche, je le repousse, et mon sperme inonde son visage, il se lèche autour des lèvres et avale ce que sa langue trouve. Je le redresse, pas content du tout, je prends son visage entre mes mains et lui nettoie le visage avec ma langue. Il voit ma colère et pleure en se collant à moi.

— Pourquoi tu veux pas ?

— Parce qu'à 16 ans, un mec, c'est fragile, et je ne veux pas te faire du mal ou de la peine.

— C'est peut-être toi qui es fragile, tu as souffert quand t'avais 16 ans ?

Le salaud, il marque un point, j'en ai bavé à cet âge-là, entre l'homophobie au lycée et mon meilleur pote qui avait accepté de faire l'amour avec moi mais qui avait chanté à tue-tête dans tout le bahut que je l'avais forcé, ne négligeant aucun détail. En y repensant, mes yeux se mouillent et Cédric le voit, il se remet tout contre moi.

— Pardon, Dorian, j'aurais pas dû dire ça.

— Ce n'est rien, tu ne pouvais pas savoir.

On reste comme ça bien dix minutes, et c'est ce gamin qui me console en me caressant le dos, ses lèvres couvrent mon torse de doux baisers pour me calmer. Je me reprends, effleure ses lèvres des miennes, puis je prépare deux sorties de bain qu'on enfile pour retourner au salon. Assis dans le canapé, une bière à la main, on se tient la main, doigts enchevêtrés. Le silence est lourd, je ne vois pas comment le rompre.

— Dorian, mes parents sont partis pour tout le week-end.

— Autrement dit, tu me demandes si tu peux dormir ici, c'est ça ?

— ...

— A une condition, tu dors dans le canapé, ça te va ?

— Ouais, Cool ! Du moment que je suis avec toi.

Et Cédric vient se coller à moi, je passe mon bras sur son épaule, il est bien, je suis bien.

— Dorian, je ne suis pas fâché que tu ne veuilles pas, j'espère seulement qu'un jour ...

— Je te souhaite une patience infinie.

— Salaud ! Me crie-t-il en rigolant.

Et il se jette sur moi pour me chatouiller, je me défends d'abord, je l'attaque ensuite, les nœuds des peignoirs finissent par lâcher à cause de notre lutte amicale, on s'arrête et on se regarde gravement, il enlève le sien, je retire le mien, je vais chercher deux autres canettes et on se remet l'un contre l'autre.

— Dorian, je peux te caresser ?

— Caresser, oui, mais rien de plus !

Sa main est sur mon torse, elle est douce et il caresse bien pour un gars qui n'a jamais touché un autre homme, je ne peux que lui rendre ses caresses. Mes mains glissent sur sa peau, il apprécie mes gestes. Sa main descend petit à petit sur mon ventre, il lève les yeux vers moi, je hoche la tête, en chuchotant « caresses uniquement », il acquiesce, et sa main commence à flatter ma queue doucement, je vois qu'il a compris mes limites, j'écarte un peu les cuisses et descends moi aussi caresser son sexe. Je n'ai jamais caressé une queue aussi longtemps sans la faire jouir, je me sens bien avec ce petit mec, bêtement bien, stupidement bien, mais adorablement bien.

C'est son GSM qui nous arrache à ce bien-être commun, j'en profite pour aller pisser un coup. Quand je reviens, il me dit que c'étaient ses parents qui prenaient de ses nouvelles.

— Je leur ai dit que j'étais chez un ami et que j'y dormirais.

— Ils n'ont pas demandé quel ami ?

— Si, mais je leur ai dit que c'était un nouveau copain, ma mère semblait ennuyée, mais s'est radoucie quand je lui ai dit que c'était tout près de la maison et que je n'avais pas pris mon scoot.

— Ils ont l'air de te laisser assez libre.

— Tu sais, je suis pas du style à déconner non plus, et tant que je bosse bien au lycée, ils me laissent faire ce que je veux.

— Ils savent, pour les garçons ?

— Non, c'est trop tôt, et puis, pourquoi les inquiéter avec ça, surtout que je n'ai pas de petit copain, ... quoique ... ».

— Ne recommence pas, Cédric, j'ai trois fois ton âge.

— M'en fous, dit-il en rigolant, et il recommence à me chatouiller.

Cette fois, ses mains baladeuses n'évitent pas mon entrejambe, mais ça reste bon enfant, je le laisse faire et le lui rends bien. Je commence à avoir la dalle et je lui propose une lasagne, il saute de joie, c'est son plat préféré. On dîne, toujours à poil car la température le permet, on parle de tout, on se lance des vannes, je sens qu'on a à peu près le même genre d'humour, j'apprécie. Je ne sais si c'est lui qui est particulièrement mature, ou si c'est moi qui ne le suis pas assez, mais l'énorme différence d'âge semble avoir de moins en moins d'importance à mes yeux, je ne suis cependant pas décidé à répondre à ses attentes sexuelles. Je lui propose un film à la télé, il me répond qu'il n'a pas encore vu la piscine et me demande si l'eau est bonne, je lui prends la main et l'entraîne vers la pièce où se trouvent jacuzzi et piscine, il s'émerveille en voyant qu'une grande baie vitrée peut s'ouvrir sur la terrasse et le jardin, et on plonge pour faire quelque petites longueurs, ce n'est pas une piscine olympique, non plus.

— Putain ! C'est trop cool, chez toi.

— Tu es vraiment obligé de dire putain ?

— Pardon, Dorian.

Et il vient se faire pardonner en se collant à moi, je l'enserre de mes bras, ses mains sont sur mon dos, nos queues dures se touchent, je sens qu'il a envie de les frotter l'une contre l'autre, mais il se retient, j'apprécie qu'il me respecte.

— Cédric, tu peux bouger ton ventre si tu en as trop envie, il me sourit, dépose un furtif baiser sur mes lèvres.

Ses mouvements sont à peine perceptibles et très lents, tout comme moi il apprécie l'avant-orgasme, ce long moment où on prend son temps pour sentir monter inexorablement l'excitation. Nos cris de jouissance emplissent la pièce quand les filets de nos deux spermes se mettent à nager dans l'eau claire, on reste l'un contre l'autre, sans même bander, c'est le froid qui nous fait sortir. Il dépose ses lèvres sur les miennes en me disant « merci, Dorian » avec un large sourire qui me fait fondre.

On se remet devant la télé, mais on ne la regarde pas, sa jambe est posée sur la mienne, sa queue dans ma main est aussi flaccide que la mienne entre ses doigts. Il me dit qu'il est fatigué et voudrait dormir, je mets des draps propres sur le canapé et lui apporte un oreiller tandis qu'il va pisser, puis il se couche et je reste près de lui en lui caressant les cheveux jusqu'à ce qu'il s'endorme.

De mon côté, impossible de trouver le sommeil, son visage, sa gentillesse m'obsèdent, je me sens vouloir vivre avec lui des choses que je n'ai plus connues depuis la mort de Pierre, mon petit copain, il y a dix ans, mais je chasse ces pensées de ma tête. Après deux heures, je me lève pour boire un verre, je regarde Cédric, paisiblement endormi, je ne peux détacher mes yeux de son visage et je m'assieds en tailleur sur le sol pour le regarder rêver.

Je le vois soudain s'agiter en criant « non, ne me laisse pas, non, Dorian », je me doute qu'il cauchemarde, je lui caresse la joue pour le calmer, il ouvre les yeux et me dit simplement « Dorian ? ».

Je n'en peux plus, je me lève, baisse lentement le drap et approche ma bouche de son sexe, il est mou, mais ne le reste pas longtemps, il emplit bien vite ma bouche et j'essaie de lui offrir la plus belle fellation qui soit, il n'arrête pas de gémir, avec un seul mot à la bouche « Dorian, Dorian, ... ». Je l'amène à l'extase et il répand en moi d'interminables giclées de sperme que j'avale lentement pour en apprécier toute la saveur. Il attire ma bouche vers la sienne et nos langues s'enchevêtrent dans un impensable ballet, puis il prend ma queue en bouche, je lui dis qu'il ne doit pas se sentir obligé de me rendre la pareille, mais il n'en a cure, il me suce comme un dieu. Ce n'est peut-être pas la meilleure pipe que j'ai connue, mais elle est dans le top 5. Il me vide carrément, et je m'effondre sur lui, on s'embrasse encore et encore.

Je me relève, le prends par la main et l'entraîne vers mon lit, il se colle, le dos contre mon ventre, ma main est sur son torse, et on s'endort, heureux tous les deux.

Quand le matin j'ouvre les yeux, je le vois qui me regarde, son visage est souriant, heureux, je l'attire vers moi, collant son corps au mien, et je l'embrasse tendrement, mais profondément. Mais le petit besoin du matin devient impérieux, on se lève, précédés par notre gland décalotté, direction les toilettes, puis on prend une douche dans la salle de bain, on se lave mutuellement, entrecoupant nos gestes de baisers profonds. On prend le petit-déjeuner dans la cuisine, face à face, je dépose ma main sur la sienne.

— Cédric, es-tu sûr que tu veux faire ta première fois avec moi ?

— Dorian, si je n'en avais pas follement envie, je serais reparti hier.

— Je suis con.

— Non, tu es tout juste vieux.

Je sors de table, fonce sur lui et le chatouille à fond, il me supplie d'arrêter, me disant que si je continue, il va pisser sur place. Je le prends dans mes bras et le dépose sur mon lit, et nous faisons l'amour, aucun des deux ne souffre de l'intromission que chacun veut douce, le plaisir est immédiatement au rendez-vous, nous nous arrêtons, épuisés, plus d'une heure plus tard. Nous nous regardons, tout en nous caressant calmement.

— Cédric, je crois que je ...

— Moi aussi, Dorian, je t'aime.

— Comment allons-nous faire ?

— Pour nous revoir ?

— Oui, pour tes parents.

— Tu ne crois pas que ma passion pour l'informatique va nécessiter de nombreux week-ends ici ?

— Penses-tu que tes parents vont gober ça ?

— S'ils ne le croient pas, je leur dirai tout.

— Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, tu es encore mineur.

— Oui, mais majeur sexuel, donc, je fais ce que je veux de mes fesses.

— Il n'empêche que si tes parents le prennent mal, ce sera plus compliqué : soustraction d'un mineur à l'autorité parentale, et bonjour les ennuis.

— Il faut vraiment se poser tant de questions aujourd'hui ? Je viens de découvrir le bonheur avec toi, et tu me parles de malheurs qui pourraient survenir.

— Pardon, Cédric, tu as raison, viens, embrasse-moi encore, ta bouche me manque.

— Et j'espère que le reste aussi, ajoute-t-il en rigolant. Je plonge sur sa queue et lui sur la mienne, et on arrive encore à jouir, ça faisait longtemps que je n'avais plus joui autant en un aussi court laps de temps.