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Camps de vacances (1)

13 mars 2015 - Prologue - Damien

J'avais reçu le courriel suivant :

Plus envie de passer tes vacances avec papa-maman au camping de Palavas-les-Flots ? Plus envie de colo avec des bébés ? Aimes-tu l’aventure avec des hommes, des vrais ? La discipline ? La vie au grand air ? L’amitié virile ? Ce camp de vacances est pour toi, si tu as entre 16 et 18 ans. Écris-nous pour avoir des détails.

Suivaient des dates, trois semaines pendant les vacances d’été, un lieu et une adresse de contact. J'avais tout d'abord pensé que c'était un pourriel et j'avais voulu le supprimer. Je le relus plusieurs fois et je réalisai qu'il m'était bien destiné. J'envisageais de m'engager dans l'armée et j'avais laissé mon adresse sur plusieurs sites militaires. Ce devait être un stage d'initiation. Je demandai des précisions. Je reçus très rapidement deux documents : l’un présentait le séjour comme une colonie de vacances conventionnelle, c’était le bulletin d’inscription à faire signer par les parents. L’autre était à mon usage exclusif, il était plus clair :

Ne crois pas un mot de ce que tu liras sur l’autre document. Nous te promettons des émotions, des frissons, de la peur, de l’amitié, du sang et des larmes, et même du sexe. Si tu ne supportes pas la dureté du séjour, tu pourras quitter le camp en tout temps (sans obtenir de remboursement pour la durée restante).

C'était intéressant, il prévoyaient même du sexe. Le camp était-t-il aussi ouvert aux filles ? Ou voulaient-ils inviter des prostituées, comme au temps des bordels militaires de campagne ? Ou ce n’étaient que des mensonges, juste une astuce de marketing. Le prix du séjour n’était pas très élevé, mes parents furent tout de suite d’accord, ils avaient prévu eux de partir sur un autre continent et ne voulaient pas me laisser seul à la maison. Ils remplirent le bulletin d’inscription et l’envoyèrent avec un chèque.

Je reçus la confirmation quelques jours plus tard :

Nous sommes heureux de t’informer que nous avons assez d’inscriptions et que le camp pourra se dérouler comme prévu. Nous t’attendons le dimanche 5 juillet 2015 de 15 à 22 heures. Tu trouveras en annexe les coordonnées du bâtiment et des informations pratiques. Nous te demandons de nous retourner le questionnaire ci-joint afin de faciliter le déroulement du séjour. Ces données seront traitées de manière strictement confidentielles.

J’ouvris le questionnaire et le remplis. Je ne vais rien vous cacher, non presque rien. Pas de données personnelles qui permettraient de m’identifier. Voici le fac-similé de mes réponses :

Prénom : Damien

Nom : X

Date de naissance : 17 janvier 1999

Adresse : Paris

Numéro de portable : X

À aviser en cas d’urgence : X

Questionnaire pour le médecin du camp :

Taille : 185 cm

Poids : 75 kg

Cheveux : roux

Forme physique (peu entraîné, normal, grand sportif) : grand sportif

Habitudes alimentaires spéciales : aucune

Maladies, remèdes, allergies : rien

Opérations, graves maladies : aucune

Autres remarques concernant la santé : rien

Jusque-là les questions étaient habituelles, à part la couleur des cheveux. Celles qui suivaient l’étaient beaucoup moins. J’hésitai, que signifiait tout ceci ? Devais-je tout annuler et renoncer ? Ce n’était plus possible, mes parents avaient déjà payé. Je me dis que le médecin ferait seulement de la prévention contre les MST et qu’il distribuerait des préservatifs. Je rajoutai 2 cm à la longueur de ma bite.

Orientation sexuelle : hétérosexuel

Expériences sexuelles : aucune

Fréquence de masturbation : au moins une fois pas jour

As-tu déjà eu des éjaculations ? : oui

Taille du pénis au repos : 10 cm

Taille du pénis en érection : 16 cm

Es-tu circoncis ? : non

Autres particularités du sexe ? aucune

14 mars 2015 - Prologue - Loïc

Je n’avais plus envie de passer mes vacances avec papa-maman au camping de Palavas-les-Flots. Que faire d’autre ? Sillonner l’Europe avec un sac à dos ? Je n’avais pas de copains avec lesquels tenter cette aventure, j’étais plutôt du genre solitaire. Partir en colo ? Je n’y étais jamais allé, j’étais peut-être trop vieux. J’avais quand même choisi cette dernière solution et j’avais fait quelques recherches sur Internet. J’en avais trouvé une qui acceptait les ados jusqu’à 18 ans. Elle proposait deux type d’activités : d’une part des ateliers culturels comme du théâtre, de la musique ou de la peinture et d’autre part des activités de plein air et du sport.

La colo durait trois semaines au mois de juillet. Je demandai un bulletin d’inscription. J’eus un peu de peine à convaincre mes parents. J’étais fils unique et c’était la première fois qu’ils allaient être seuls en vacances. Le prix avantageux finit par les convaincre. Ils remplirent le bulletin d’inscription et l’envoyèrent avec un chèque.

Je reçus la confirmation quelques jours plus tard :

Nous sommes heureux de vous informer que nous avons assez d’inscriptions et que la colonie de vacances pourra se dérouler comme prévu. Nous vous attendons le dimanche 5 juillet 2015 de 15 à 22 heures. Un minibus viendra vous chercher à la gare à l’arrivée de chaque train. Vous trouverez en annexe les coordonnées du bâtiment et des informations pratiques. Nous vous demandons de nous retourner le questionnaire ci-joint afin de faciliter le déroulement du séjour. Ces données seront traitées de manière strictement confidentielles.

J’ouvris le questionnaire et le remplis. Je ne vais rien vous cacher, non presque rien. Pas de données personnelles qui permettraient de m’identifier. Voici le fac-similé de mes réponses :

Prénom : Loïc

Nom : X

Date de naissance : 22 mars 1999

Adresse : Chessy

Numéro de portable : X

À aviser en cas d’urgence : X

Atelier culturel : théâtre

Questionnaire pour le médecin de la colonie :

Taille : 175 cm

Poids : 70 kg

Forme physique (peu entraîné, normal, grand sportif) : peu entraîné

Habitudes alimentaires spéciales : aucune

Maladies, remèdes, allergies : rhume des foins

Opérations, graves maladies : circoncision

Autres remarques concernant la santé : rien

J’hésitai pour l’avant-dernière question. Devais-je mentionner que j’avais été circoncis ? Je le fis quand même, ça allait m’éviter éventuellement un examen intime par le médecin, il était indiqué que nous aurions une visite médicale au début du séjour. J’étais très pudique. J’espérais que le contact avec d’autres ados et les cours de théâtre allaient m’aider à vaincre ma timidité.

5 juillet 2015 - L'arrivée - Damien

Je me fis un peu de souci les semaines précédant mon séjour. Je quittai la maison le dimanche matin avec un sac. Il n’y avait pas d’instructions concernant les effets personnels à prendre. Le voyage dura cinq heures, trois heures de TGV puis deux de TER. Le camp était à dix kilomètres de la gare, personne ne m’attendait. Je vis deux autres jeunes hommes qui étaient aussi descendus du train. Nous fîmes connaissance, ils allaient au même endroit. Je cherchai la position sur mon iPhone et nous fîmes le chemin à pied. Il ne faisait heureusement pas trop chaud.

Nous arrivâmes à l’endroit indiqué vers 17 heures. Le camp était entouré d’une barrière haute de deux mètres avec des barbelés. Le portail était ouvert. Je vis une ancienne pancarte indiquant que c’était un camp militaire. Un homme nous accueillit. Il avait l’air sympathique, il devait avoir une vingtaine d'années, était habillé d’un tee-shirt rouge et de jeans. Il nous toucha la main en nous disant :

— Bonjour Messieurs, bienvenue. Vous avez fait bon voyage ? Vous êtes dans un ancien camp de l’armée qui n’est plus utilisé et qui a été revendu à un privé. C’est ici que vous passerez vos vacances, si je puis m’exprimer ainsi.

Il nous conduisit dans le bâtiment le plus proche, celui-ci était en béton, n’avait qu’un seul étage, un toit plat. Il paraissait assez délabré. L’homme nous rassura :

— Ne vous fiez pas aux apparences, tout l’intérieur a été refait à neuf.

Nous entrâmes dans le bâtiment et suivîmes un couloir jusqu’au bout, puis pénétrâmes dans une chambrée. Elle avait douze lits, six de chaque côté, avec une petite armoire contiguë. Quelques camarades étaient déjà couchés, la plupart pianotaient sur leur smartphone. L’homme nous demanda de chercher notre lit et de poser nos affaires, notre nom était écrit sur une étiquette collée contre le mur. Il nous fit ensuite découvrir le reste du bâtiment : les lavabos et les douches collectives, les toilettes, la cantine. Il n’y avait rien d’autre. Je retournai dans la chambre, mis mes habits dans l’armoire et me couchai aussi. Personne ne disait rien.

À 19 heures, l’homme au tee-shirt rouge vint nous chercher. Il nous dit que le dîner était servi. Il n’y avait que des crudités car tous n’étaient pas encore arrivés. Et que de l’eau à boire. J’avais encore une bouteille de Coca qui restait de mon voyage, j’allai la chercher.

Après ce repas frugal, il n’y avait rien à faire, pas de télé, rien d’autre que le smartphone, pour ceux qui en avaient un. Une fois les douze lits occupés, l’homme nous souhaita une bonne nuit et s’en alla. Nous étions seuls, je remarquai cependant des caméras de surveillance au plafond. Nous étions un peu désemparés, d’autant plus que tout le monde s’était rendu compte de quelque chose d’absolument incroyable : nous avions tous les cheveux roux, tous !

Vers 22 heures, quelqu’un proposa de se coucher, le journée du lendemain allait certainement être plus animée. Mon voisin de gauche se déshabilla, laissant son boxer noir, prit une serviette qui se trouvait dans l’armoire et se dirigea vers la douche. Il revint rapidement et se plaignit : il n’y avait pas d’eau chaude. J’allai seulement me brosser les dents. Je me déshabillai en me demandant dans quelle tenue j’allais dormir. J’avais pris un pyjama. Je fis comme les autres, je laissai seulement mon boxer blanc. J’eus de la peine à m’endormir.

5 juillet 2015 - L’arrivée - Loïc

Je me fis un peu de souci les semaines précédant mon séjour. Je quittai la maison le dimanche matin avec un sac. Il n’y avait pas d’instructions concernant les effets personnels à prendre, à part des habits pour le sport. Ils avaient indiqué que nous pourrions les faire laver. Le voyage dura six heures, une heure de RER, trois heures de TGV puis deux de TER. Une dizaine de garçons et de filles étaient aussi descendus du train. Le minibus nous attendait. Je remarquai tout de suite un autre jeune homme qui devait avoir le même âge que moi. Il avait aussi les cheveux roux.

Nous arrivâmes à la colo vers 17 heures. Le bâtiment avait trois étages, il était situé à la lisière d’une forêt, entouré d’un vaste parc. Quatre moniteurs nous accueillirent, ils avaient tous des tee-shirts rouges et des jeans. J’allai vers celui qui avait un écriteau indiquant « Garçons 16-18 ans », il y avait aussi « Filles 16-18 ans », « Garçons 12-15 ans » et « Filles 12-15 ans ». Mon moniteur avait l’air sympathique, il devait avoir une vingtaine d’années. Il nous toucha la main en nous disant :

— Bonjour Messieurs, bienvenue. Vous avez fait bon voyage ? Je m’appelle Pierre, nous nous tutoyons tous ici.

Je me présentai, l’autre rouquin fit de même. Il s’appelait Damien. Nous n’étions que les deux de cet âge. Nous entrâmes dans le bâtiment et montâmes au deuxième étage. Pierre nous indiqua notre chambre, elle avait six lits, trois de chaque côté, avec une grande armoire contiguë. Damien choisit le premier à droite en entrant, je pris le suivant. Nous posâmes nos affaires dessus. Nous étions les premiers. Le moniteur nous montra ensuite les toilettes et les cabines des douches, fermées par une porte. Nous redescendîmes au rez-de-chaussée pour découvrir le réfectoire, la salle de séjour et une salle de sport.

À 19 heures, le dîner fut servi. Il n’y avait que des crudités car tous n’étaient pas encore arrivés. Et que de l’eau à boire. Nous pouvions acheter d’autres boissons. J’avais encore une bouteille de Coca qui restait de mon voyage, j’allai la chercher.

Après ce repas frugal, nous ne savions pas que faire, nous n’avions pas encore trouvé nos marques. Je remontai dans la chambre et me couchai sur mon lit, passant le reste de la soirée avec mon smartphone. Les trois autres camarades étaient aussi arrivés.

Vers 22 heures, quelqu’un proposa de se coucher, le journée du lendemain allait certainement être plus animée. Mon voisin de droite se déshabilla, laissant son boxer noir, prit une serviette qui se trouvait dans l’armoire et se dirigea vers les douches. J’allai seulement me brosser les dents. Je me déshabillai en me demandant dans quelle tenue j’allais dormir. J’avais pris un pyjama. Je fis comme les autres, je laissai seulement mon caleçon. J’eus de la peine à m’endormir.