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Camps de vacances (11)

15 juillet 2015 - Dixième jour - Loïc

Pendant le petit déjeuner, je dis à Damien que je n’irai pas au camp sportif. Il me répondit :

— Tu m’abandonnes.

— C’est Jeremy qui m’a demandé de rester. C’est pour répéter ma scène.

— Je comprends. Tant pis. Je dormirai seul sous ma tente.

Je n’osai pas lui dire qu’il n’avait qu’à inviter Céline. Cela n’avait peut-être pas si bien marché entre les deux, je m’étais fait des idées. Il avait l’air sincèrement déçu, ça me redonna espoir. Je ne pouvais cependant plus reculer, j’avais promis à Jeremy de l’accompagner. Celui-ci vint me chercher dans ma chambre après le départ de mes camarades. Il avait un sac avec lui. Il me dit :

— Écoute, j’aimerais aussi dîner en ville ce soir, pour changer de la tambouille de la colo. Tu es d’accord ?

— Bien sûr.

— Il y a un problème, je ne veux pas prendre de risques pour la rentrée si je bois un verre de trop. Nous dormirons aussi sur place, dans des chambres séparées pour éviter tout malentendu entre nous.

— Le directeur est d’accord ?

— Je ne lui dirai pas à l’avance. Je téléphonerai ce soir en inventant une excuse quelconque.

— Alors c’est bon.

— Prends ta trousse de toilette et un caleçon de rechange, tu peux les mettre dans mon sac.

— Je pensais que nous ne dormions pas dans la même chambre.

— Je te les redonnerai, ne t’en fais pas. Je pourrais quand même venir te border et te raconter un conte de fées pour t’endormir.

— Et voir si je me suis bien brossé les dents et nettoyé le zizi avant d’aller au lit pendant que tu y es.

— Bon, tu es circoncis, je ne pourrais pas te décalotter pour contrôler. Mais si tu y tiens, pourquoi pas ?

Nous partîmes. Il y avait environ deux heures de route jusqu’à la ville. Pendant le trajet, je demandai à Jeremy :

— Pourrais-tu me dire quels costumes nous allons acheter et me rappeler ton concept ?

— Volontiers. Tu sais que nous allons jouer la semaine prochaine dans la salle du village. Il y aura surtout les gens de la région et peut-être quelques parents.

— Les miens veulent venir me voir. Ils sont fous, deux fois 300 bornes depuis leur camping.

— Ils s’ennuient de toi, tu ne devras pas les décevoir. Je continue. L’entrée sera payante, un prix symbolique. J’ai seulement 150 € pour les costumes. Heureusement, la commune offre la location de la salle. Le maire en profitera pour faire un discours en pensant déjà aux prochaines élections. J’ai eu une idée que j’ai piquée à une autre production : vous arriverez sur la scène au début tous habillés de la même chose, un jeans et le tee-shirt de la colo. Et tous en sous-vêtements blancs.

— Pourquoi blanc ?

— Le symbole de la pureté et de l’innocence. Et vous allez vous déshabiller sur la scène et vous changer, entrer dans votre rôle de comédien en mettant d’autres sous-vêtements, les plus originaux possibles. Certains auront encore un costume spécial, comme toi qui joue la fée.

— Pourquoi est-ce un homme qui tient ce rôle ?

— Il n’y avait pas de femmes qui jouaient dans le théâtre élisabéthain, tous les rôles étaient tenus par des hommes, ce qui faisait dire aux puritains que les théâtres étaient des lieux de débauche pour les homosexuels. Shakespeare aurait aussi été attiré par les hommes. Je laisserai le choix à chacun d’entre vous. Vous pourrez soit vous déshabiller entièrement, soit mettre simplement le sous-vêtement coloré sur le blanc. Et vous pourrez tourner le dos au public, ne montrer que vos fesses, ou jouer de face. Il n’y aura que très peu de lumière.

— Ce sera amusant. Je ne sais pas si j’oserai me mettre à poil avec mes parents dans la salle.

— Je te rappelle qu’il t’ont déjà vu nu, au moins une fois le jour de ta naissance.

— Mais plus depuis que… qu’elle a grossi.

— Il seront fiers de toi, j’imagine le dialogue sur le chemin du retour : « Tu a vu le zizi de Loïc mon chéri, pour une fois on ne peut pas dire tel père, tel fils. » « Ouais, chérie, il ferait mieux de se trouver une petite amie, avec un engin pareil. » « Tu sais, notre petit bébé se masturbe, j’ai déjà vu des taches sur ses draps. ».

J’éclatai de rire et je dis à Jeremy :

— Tu es doué pour l’improvisation. Mais tu te trompes, le zizi de mon père n’est pas mal non plus. On devra aussi se branler sur la scène ?

— Je ne veux quand même pas provoquer un scandale. De toute façon vous serez tous libres, vous pourrez décider au dernier moment de vous déshabiller entièrement ou pas.

Nous arrivâmes peu avant midi vers la grande ville, capitale de la région. Nous nous arrêtâmes dans un McDo de la banlieue pour manger un hamburger. J’insistai pour payer, Jeremy allait avoir bien d’autres frais avec le dîner et la nuit. Nous nous rendîmes à l’hôtel, un palace. Je dis à Jeremy :

— Nous dormons vraiment là ? C’est un hôtel cinq étoiles.

— Et alors. Tu n’aimes pas ?

— Ce n’est pas ça, tout ton salaire de la colo va y passer. Ce n’est pas vraiment nécessaire de prendre deux chambres, je peux dormir avec toi.

— Merci, pour être tout à fait honnête, je n’en ai réservé qu’une. Je ne te violerai pas. J’ai une carte de réduction dans cette chaîne d’hôtels, carte qui me donne droit à un statut de VIP et un petit rabais, même un verre gratuit au bar. Loïc, ce jour est très spécial pour moi, j’ai mon anniversaire.

— Ton anniversaire, aujourd’hui ?

— Ce n’est pas moi qui ai décidé de naître en juillet. On n’a qu’une fois 20 ans.

Nous sortîmes de l’auto dans le garage souterrain et montâmes à la réception. Jeremy se rendit au guichet réservé au membres du club, il était signalé par un tapis rouge. Il présenta sa carte et le réceptionniste chercha la réservation sur son ordinateur, puis lui dit :

— Je vous présente toutes mes félicitations pour votre anniversaire.

— Merci beaucoup.

— C’est moi qui vous remercie de passer cette fête ici. Je suis heureux de vous informer que vous bénéficiez d’un upgrade comme c’est votre anniversaire, vous aurez la suite royale, avec deux chambres.

Un concierge vint prendre le sac de Jeremy et nous accompagna au dernier étage.

— Tu vois, me dit Jeremy, une suite. Nous aurons quand même des chambres séparées. La morale est sauve.

Le concierge nous ouvrit la porte et nous entrâmes dans la suite. Elle avait une grande salle de séjour, un balcon avec une magnifique vue sur la ville et deux chambres avec salles de bain décorées de marbre noir. La température était agréable grâce à un bonne climatisation, pas trop froide.

— Magnifique, dis-je. On reste ici jusqu’à la fin de la colo ?

— Et notre spectacle ?

Je feuilletai la brochure décrivant les services de l’hôtel. Je demandai à Jeremy :

— Tu as vu ? Il y a même un spa.

— Je le savais, j’ai pris l’initiative de réserver des massages à 18 heures. Tu en as déjà eu un ?

— Non, jamais.

— Ce ne sont pas des massages érotiques, ce sera éventuellement une femme qui le fera. J’espère que ça te plaira quand même.

— Bien sûr, mais quelque chose me dérange. Tu vas dépenser une fortune, je ne peux pas participer.

— Tu penses que je fais tout ça pour te séduire ?

— Un peu.

— Je vais te dire pourquoi je le fais. Je sais bien que tu es amoureux de Damien et que tu n’as pas perdu espoir de le conquérir. Je ne désire pas le remplacer. Je veux seulement passer une belle journée avec toi pour mon anniversaire, sans arrière-pensées. J’aurais pu offrir un grand repas à la rentrée, ça m’aurait coûté encore plus cher. J’ai vécu deux ans en couple, nous nous sommes quittés il y un mois. Je n’ai plus envie de faire la fête avec notre ancien cercle d’amis pour le moment. Nous sommes deux solitaires qui ont un coup de blues.

— Je te comprends.

— Je ne vais quand même pas jouer la vierge effarouchée si tu désires un peu de tendresse, je te laisse fixer les limites et je te promets de les respecter.

Je réfléchis un instant. J’étais partagé entre l’envie d’avoir une première expérience avec Jeremy, mais j’aurais préféré être dépucelé par Damien. Je trouvai un compromis. Je dis :

— J’ai trouvé ma limite : je ne désire pas de pénétration.

— Cela me convient tout à fait. Au moins tout est clair entre nous. Le travail pour commencer, nous allons faire les courses.

Nous nous rendîmes à pied dans un grand magasin situé à 15 minutes de l'hôtel, tout d'abord au rayon femmes. Je devais choisir ma robe de fée. J'en trouvai une en solde, elle était blanche avec de gros pois rouges. Je l'essayai dans une cabine, provoquant l'étonnement, pour ne pas dire plus, des autres clientes. Jeremy regarda aussi si elle m'allait bien. Nous achetâmes ensuite des petites culottes blanches pour les filles qui n'en avaient pas. Jeremy avait pris la liste des mensurations de tous les participants à l'atelier. La vendeuse, très professionnelle, ne fit pas de commentaires ; son regard en disait long sur l'opinion qu'elle avait de nous. Nous montâmes d'un étage, au rayon des dessous masculins. Nous prîmes aussi des slips blancs pour les garçons qui n'en avaient pas, presque tous, puis toutes sortes de caleçons, boxers et slips en choisissant les couleurs les plus délirantes. Je trouvai un boxer blanc à pois rouges assorti à ma robe. Les filles devaient aussi porter des sous-vêtements masculins, afin de montrer qu'elles étaient des hommes qui jouaient des rôles féminins. Toute une symbolique obscure pour les spectateurs qui n'étaient pas habitués aux mises en scène modernes. Jeremy acheta encore quelques autres habits.

Nous passâmes ensuite par hasard devant le musée d'art. Il y avait une exposition consacrée à la nudité masculine. Nous avions le temps et nous profitâmes d'entrer. Je découvris que les artistes avaient depuis toujours peint des situations particulièrement érotiques entre hommes. J'achetai le dernier livre de Dominique Fernandez, Amants d'Apollon, à la boutique du musée afin de faire quelques recherches ultérieurement. J'en pris un deuxième exemplaire pour Jeremy, comme cadeau d'anniversaire. Il fut ému de ce geste.

Nous rentrâmes à l'hôtel vers 16h30. Une bouteille de champagne nous attendait dans un seau à glace.

— Encore une folie, dis-je à Jeremy.

— Ce n'est pas moi.

La bouteille était accompagnée d'une carte de félicitations du directeur de l'hôtel.

— Il a pressenti que je serai un bon client pour sa chaîne d'hôtels.

— Pourquoi un bon client ?

— Je passerai une bonne partie de ma vie à l'hôtel pour les tournées et le reste au Pôle emploi. C'est la dure vie des intermittents du spectacle. J'ai dû mettre ma future profession lors de la demande de la carte. Allons nous rafraîchir avant d'aller au spa.

Je pris une douche et ne remis que mon caleçon. J'allai frapper à la porte de la chambre de Jeremy en disant :

— J'aurais une question. On va au spa dans quelle tenue ? Je n'ai pas pris de slip de bain.

— Entre, me répondit-il.

Il était assis sur son lit, appuyé sur ses avant-bras. Il avait mis seulement un boxer rouge avec des décorations noires.

— J'essaye le lit, me dit-il, il est assez confortable. Tu m'as demandé comment on va au spa ? Nu sous le peignoir.

— Est-ce autorisé ?

— Je ne sais pas, dans certains hôtels pas. Je m'en fiche, je ferai semblant de ne pas comprendre si on m'interpelle. On ne s'habille pas pour aller au sauna. On gardera une serviette en dehors des cabines.

— Tu es déjà allé dans un sauna gay ?

— Juste par curiosité, je n'aime pas tellement l'ambiance.

— Et pour le massage ?

— On te demandera certainement de mettre un horrible string jetable, essaie de refuser, cela marche parfois. Mais n'insiste pas, ce sont des prescriptions de la direction.

— Et, euh, le masseur ou la masseuse te voient nu ?

— Cela dépend, tu auras de toute façon une serviette sur le sexe et les fesses pendant le massage. Parfois il y a aussi un massage des fesses. Ce n'est pas une zone taboue.

Nous enfilâmes nos peignoirs, bûmes une première coupe de champagne, puis descendîmes au sous-sol. Nous ouvrîmes la porte avec la carte de la chambre et entrâmes dans le spa. Nous étions seuls, un écriteau à la réception à côté d’un téléphone indiquait le numéro à appeler pour les réservations. Nous fîmes le tour des locaux.

— Par quoi commençons-nous ? demandai-je à Jeremy.

— Par la piscine si ça te convient.

Nous prîmes une serviette et Jeremy me pria de la laisser près du bord du bassin pour me couvrir si quelqu’un venait. Le murs étaient recouverts de petites briques noires et l’eau éclairée en bleu. Nous enclenchâmes le bain à remous et restèrent un bon moment. J’aimais bien la sensation de l’eau tourbillonnante sur mes testicules. Personne ne nous dérangea. Il y avait deux cabines de sauna, Jeremy me recommanda la moins chaude. Nous nous couchâmes nus après avoir recouvert le bois avec la serviette. C’était un peu gênant de me retrouver exposé ainsi, couché sur le dos. Je ne m’étais jamais imaginé me retrouver dans cette situation en allant dans une colonie de vacances. Un homme entra et j’eus un frisson. Il ne me regarda même pas. Il était âgé. Je jetai quand même un coup d’œil sur son sexe. Nous terminâmes par un bain de vapeur et nous nous reposâmes ensuite en buvant du thé. À 18 heures, nous retournâmes à l’entrée. Un homme et une femme nous attendaient, celle-ci nous demanda :

— Bonjour Messieurs, vous venez pour le massage ?

— Bonjour Madame, répondit Jeremy. C’est exact.

— Je pensais que vous étiez un couple, j’ai préparé les tables dans la même pièce. Cela ne vous dérange pas ?

— Pas moi, et toi Loïc ?

— Non, ça ira. pas de souci.

— Bien, suivez-moi.

Mon cœur se mit à battre un peu plus fort. J’étais inquiet et excité à la fois de me retrouver sous les mains d’une personne que je ne connaissais pas. Nous entrâmes dans la pièce. La lumière était tamisée, les murs dans des tons beiges et bruns. Le masseur demanda :

— Avez-vous une préférence ? Qui désire se faire masser par un homme plutôt que par une femme ?

— Je prends madame, dit Jeremy. Je pense que Loïc préfère un homme, il est très timide, il n’ose pas le dire.

Tous sourirent, sauf moi. Je balbutiai que j’étais d’accord. L’homme nous demanda :

— Vous avez mis un sous-vêtement sous votre peignoir ? Vous désirez des slips jetables ? Ce n’est pas obligatoire.

J’hésitai et dis :

— Je ne sais pas, c’est la première fois que je me fais masser. Je ne me sens pas très sûr.

— Ne vous en faites pas, laissez-vous complètement aller. Je ne me formaliserai pas si… vous voyez ce que je veux dire.

— Bon, alors pas de slip.

Nous dûmes encore choisir le parfum de l’huile de massage, je pris celui à l’orange. Nous nous assîmes ensuite sur la table et les masseurs nous lavèrent les pieds. Ils nous prièrent d’enlever les peignoirs et de nous coucher sur le ventre. Ils nous couvrirent en partie avec une serviette et débutèrent le massage. J’étais crispé au début, mais je me détendis progressivement, appréciant l’huile chaude et les longs mouvements enveloppants. Le masseur dégagea mes fesses et les malaxa. Mon pénis était comprimé, je sentais cependant des démangeaisons à cet endroit. Le masseur enleva la serviette et me demanda de me coucher sur le dos. J’eus un instant d’hésitation. Il me chuchota de ne pas me gêner. Je me tournai, en profitant pour contempler le corps de Jeremy qui brillait. Le masseur n’avait pas détourné les yeux. Cela m’excita encore plus, je n’osai pas regarder ma bite qui devait être au minimum à moitié dressée. Le masseur posa la serviette dessus. Je fermai les yeux.

Jeremy avait réservé 50 minutes et ce fut rapidement terminé. Le masseur me demanda avec un clin d’œil si ça m’avait plu, puis il sortit avec sa collègue et nous laissa seuls. Nous nous levâmes et enfilâmes nos peignoirs. Jeremy eut un regard appuyé en direction de mon entrejambe et me dit :

— Eh bien, il t’a mis dans un bel état, ça promet. Nous allons dîner maintenant, tu devras encore attendre.

— Attendre avant de faire quoi ?

— Devine.

Le restaurant était coté dans un guide gastronomique. Il y avait très peu de monde, les clients habituels, les hommes d’affaires, étaient en vacances à cette époque. Je me demandai si un tee-shirt et un jeans étaient une tenue adéquate, je n’avais quand même pas d’autres habits et le maître d’hôtel ne fit aucune remarque. Jeremy demanda une carte sans prix pour moi, je fus étonné, il me dit que c’était une carte qu’on donnait d’habitude aux dames qui sont invitées par un homme. J’hésitais longuement, tout me paraissait excellent et j’aurais voulu tout essayer. Jeremy ne me laissa pas le choix, il me proposa de prendre un menu gastronomique, le même que lui afin de simplifier le service. Nous commandâmes également des vins au verre harmonisés avec chaque plat.

Le dîner fut parfait. Le service était efficace mais pas obséquieux. Jeremy sortit un instant pour informer le directeur de la colo que sa voiture était tombée en panne et qu’il ne pouvait plus la faire réparer en soirée. Le directeur s’assura que nous avions des chambres séparées à l’hôtel. Après le café, nous remontâmes dans la suite, je ne marchai plus tout à fait droit. Je m’affalai sur le sofa et j’allumai machinalement la télé gigantesque. Je zappai et ne trouvai rien d’intéressant. Je bâillai. Jeremy me dit :

— Tu es fatigué. Veux-tu aller dormir ou désirerais-tu faire une répétition de ton rôle ce soir ?

— Non, je n’ai pas envie. Nous aurons le temps demain matin, pendant la « réparation » de la voiture. Et tu dois venir me raconter un conte de fées et me border.

— Tu as raison. Je te propose quand même une petite improvisation théâtrale. Nous allons jouer la scène dans la chambre en cherchant des dialogues originaux. Tu es d’accord ?

— Je n’ai pas très bien compris, mais je suis d’accord.

— Tu vas comprendre. On reprend. Nous sommes devant la télé et tu bâilles.

Je bâille.

— Tu es fatigué, me dit Jeremy. Tu dois aller te coucher, tu vas à l’école demain.

— Mais je ne suis plus un enfant, répondis-je, j’ai 16 ans, je peux me coucher plus tard.

— Ce n’est pas bon pour la santé. Je viendrai te raconter une histoire.

Jeremy prit une brochure avec des publicités sur papier glacé pour les magasins de la ville. Il me dit :

— Regarde, j’ai un acheté un nouveau livre cet après-midi. Il s’appelle Les Contes de l’Ange.

— C’est bon, je vais me coucher.

— Brosse-toi les dents et lave-toi tout avant d’aller au lit, je viens dans dix minutes.

— OK, j’y vais.

Je passe dans ma chambre et ferme la porte. J’enlève tous mes habits, sauf mon caleçon. Je prends ma trousse, vais à la salle de bain, urine et me brosse les dents. Je me regarde dans la glace et me trouve pas si mal, sauf quelques boutons d’acné. Je me demande si je dois vraiment me laver. Je décide que oui, puisque Jeremy va faire un contrôle approfondi, du moins je l’espère. Je baisse mon caleçon, examine mon gland, quelques gouttes ont déjà perlé. Je prends un gant de toilette, me frotte le sexe avec, puis je le passe entre les fesses, même si je ne veux pas de pénétration. Je me sèche, remonte le caleçon et vais me coucher au milieu du lit, aussi ému qu’une pucelle le soir de ses noces. Jeremy entre avec la brochure. Il s’assied au bord et improvise un conte :

— Il était une fois deux jeunes hommes, Loïc et Damien, qui avaient choisi la même colonie de vacances. Ils avaient les deux les cheveux roux et étaient mignons. Lorsqu’ils arrivèrent, ils se rendirent rapidement compte que la colonie n’était pas une colonie, mais un camp militaire dirigé par un ogre. Tous les camarades de Loïc et Damien disparaissaient et l’ogre les mangeait. Ils ne pouvaient pas s’enfuir car le camp était entouré d’une clôture. Bientôt, Loïc et Damien furent les seuls.

— Et que leur arriva-t-il ?

— L’ogre les mangea aussi.

— C’est vrai ? Il finit mal ton conte. C’est triste.

— Je change la fin pour te faire plaisir. Un ange intervint et les fit sortir du ventre de l’ogre. L’ogre mourut. Loïc et Damien se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

— Comment ils ont fait ? Deux hommes ne peuvent pas avoir d’enfants.

— Des fées les aidèrent.

— Je suis une fée, je ne peux pas en porter un.

— Tu es une fausse fée, il y a des vraies. Tu me compliques trop la vie. Tu t’es bien lavé le zizi comme je te l’ai demandé ?

— Oui.

— Et le reste aussi ?

— Tout.

— Je me méfie, tu m’as souvent menti.

— Non, je suis un grand garçon maintenant, je te promets que je ne le ferai plus.

— Je vais quand même regarder, mets-toi sur le ventre.

J’obéis. Jeremy retire la couette.

— Il est beau ce caleçon bleu. Tu l’as acheté toi-même ?

— Euh, c’est ma maman. C’était un cadeau d’anniversaire.

— Elle a bon goût.

Il le baisse. Je sens ses doigts de chaque côté de mon anus qui écartent mes fesses.

— C’est bien propre de ce côté. Dommage que tu ne veuilles pas. Tourne-toi.

Je me couche sur le dos.

— Oh ! me dit Jeremy. Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu bandes ? Je me demande pourquoi.

Jeremy regarde attentivement ma bite, il me fait la remarque que j’attendais :

— C’est quoi ce truc sous le gland ?

— Ma marque de fabrique. Rassure-toi, ce n’est pas grave.

— Bon. J’adore ta bite, grosse, dure et bien droite. La nature t’as gâté. J’ai une idée, c’est bien d’avoir une belle bite, il faut encore savoir l’utiliser, on va faire un jeu. Il y a un réveil sur la table de nuit. Tu as 16 ans, tu dois tenir 16 minutes. Moi j’ai 20 ans, ce sera 20 minutes. Tu es d’accord ?

— Oui.

— Pour compliquer, c’est moi qui te branle. Et je dois essayer de voir quand tu seras prêt à jouir et baisser la pression.

Jeremy se déshabille, il me dit de me mettre au bord du lit king size, il se couche à plat ventre, perpendiculairement à moi, sa tête à la hauteur de mon sexe. Il débute ses caresses, utilisant des techniques que je ne connaissais pas, j’ai souvent l’impression d’être sur le point de jouir, il ralentit, l’excitation baisse et tout est à refaire. C’est une douce torture. Il utilise ensuite sa langue, d’abord sur le gland, puis tout le long de la hampe. J’ai de plus en plus de peine à me retenir, les sensations deviennent si intenses que je suis obligé de me libérer. Le sperme gicle presque jusqu’à mon cou en de nombreuses saccades.

— Déjà ? dit Jeremy. 12 minutes seulement. Tu mérites une fessée.

— Pas maintenant.

— Inversons les rôles alors.

Je me nettoie avec un mouchoir en papier, puis nous changeons de position et je me retrouve face à la bite de Jeremy. Elle est encore au repos. Je regarde l’heure au réveil et je la prends dans mes mains. On ne lui a pas enlevé tout le prépuce, il lui en reste un bout. Je débute les mouvements de va-et-vient, il bande rapidement, il doit être dans la moyenne, ni trop gros, ni trop petit. Je n’ai pas autant d’imagination que lui, c’est plus monotone. Je lui touche les tétons pour changer, je lui masse les couilles. J’essaie de le lécher. Je ne pense pas qu’il tiendra 20 minutes et j’ai aussi envie de lui administrer une punition. J’accélère la cadence, son bassin ondule. Il a soudain de violents orgasmes, plusieurs de suite, mais aucun liquide ne sort de son méat. Je suis inquiet, je lui demande :

— Qu’est-ce qu’il y a, tu es malade ?

— Pourquoi ?

— Tu n’as pas eu d’éjaculation.

— Les 20 minutes ne sont pas écoulées, continue au lieu de bavarder. Et dis-moi lorsque nous serons à 19.

Je reprends mes caresses, il a une seconde fois des orgasmes, toujours secs. Je ne fais pas de remarques cette fois. Je lui prends tout le pénis dans ma bouche et le suce. Je le ressors à 19 minutes et lui dit :

— Plus qu’une minute.

— OK, je ne vais plus me retenir pour te faire plaisir.

Je le masturbe très rapidement et il éjacule enfin.

— Ouf, dis-je, tu m’as fait peur.

— Pourquoi ? C’était voulu, avoir de nombreux orgasmes sans éjaculer.

— Mais comment fais-tu ?

— Il faut s’entraîner un peu, mon ex était féru de ces techniques, il avait suivi des cours de je ne sais quel maître en tantrisme.

— C’est pour cela que vous vous êtes quittés ?

— Je préfère ne pas répondre à ta question. J’ai trop bu ce soir, j’ai vraiment sommeil. Tu m’offres l’hospitalité ?

— Je dirai au directeur que nous avons dormi dans le même lit.

— Cela m’est bien égal, je n’ai plus la force de me déplacer.

Jeremy se coucha, ramena la couette sur son corps et s’endormit. Moi aussi.