Une histoire à découvrir
Camps de vacances (16)
24 juillet 2015 - Dix-neuvième jour - Loïc
Je pris le poignet de Damien et essayai de sentir son pouls. Je le trouvai, il était toujours vivant ! Je vis qu'il respirait normalement. Il n'avait pas de blessures visibles, seulement des écorchures aux bras et aux jambes. Pierre l'examina aussi brièvement, me recommanda de ne pas le déplacer et appela les secours. Il décrit l'endroit où nous étions. À la fin de la conversation, il me dit :
— Ils vont envoyer un hélicoptère, ce serait trop long en ambulance. Il n'y a plus qu'à attendre.
Je surveillais le pouls de Damien sans arrêt, celui-ci était régulier. Au bout de 10 minutes environ, nous vîmes arriver trois voitures de police, les sirènes allumées. Elles durent s'arrêter car nous bouchions le chemin étroit. Une dizaine de gendarmes en descendirent. Je fus étonné, autant de monde pour une simple chute ? Un policier demanda au moniteur son nom, puis les circonstances de l'accident. Pierre avait soudain l'air très inquiet, il suait. L'hélicoptère ne tarda pas à arriver, il se posa dans le champ à quelques mètres. Deux sauveteurs sortirent avec une civière. L'un des deux était médecin, il avait un appareil avec lui. Il s'accroupit à côté de Damien, lui déchira son tee-shirt et lui posa des électrodes sur la poitrine. Il nous rassura :
— Le cœur bat normalement compte tenu de sa situation.
Pendant que le médecin examinait Damien, Pierre dit :
— Je pense que je vais l'accompagner à l'hôpital.
— Non, répondit le policier, vous restez avec nous pour faire votre déposition. Le jeune homme ira avec lui s'il y a assez de place dans l'hélico. Es-tu d'accord ? demanda-t-il en s'adressant à moi.
— Oui, c'est mon meilleur ami.
Le pilote, qui était entre-temps venu vers nous, m'invita à le suivre. Je pris place à côté de lui, bouclai ma ceinture et mis un casque sur les oreilles. C'était mon premier vol en hélicoptère, j'aurais préféré le faire dans d'autres circonstances. Les sauveteurs embarquèrent la civière et nous décollâmes rapidement. Le médecin me posa quelques questions. Il me demanda l'âge de Damien, s'il avait bu de l'alcool, si je l'avais vu prendre des médicaments, se droguer, s'il était en bonne forme. Il pensait qu'il avait une commotion cérébrale pas trop grave.
Le vol fut court, nous nous posâmes sur le toit du CHU de la ville où j'avais passé la nuit avec Jeremy. Une équipe des urgences le prit immédiatement en charge. On me pria ensuite de descendre à l'accueil. Une hôtesse me demanda des informations personnelles au sujet de Damien. Je n'en connaissais que très peu, je ne savais même pas la date exacte de sa naissance. La femme appela la colo pour avoir plus de détails. La conversation fut brève. Elle me dit juste qu'il s'était passé quelque chose et qu'ils n'avaient pas le temps. Je fus intrigué. Je repensai aux photos que j'avais envoyées à la police. Avaient-ils trouvé quelque chose ? Était-ce à cause de cela qu'il y avait eu ces trois voitures de patrouille ? Pierre était-il impliqué ?
L’hôtesse m’invita à prendre place à la salle d'attente. Je commençai à faire des recherches sur mon smartphone. Un quart d'heure plus tard, un journal local annonçait qu'une perquisition était en cours à la colo. Un reporter était déjà en route et allait donner des nouvelles dès que possible. La nouvelle se répandit rapidement sur d'autres sites, mais sans nouveaux détails. Un homme et une femme vinrent vers moi. Je la reconnus immédiatement : c'était la doctoresse qui m'avait examiné le premier jour. L'homme se présenta :
— Bonjour, Xavier X, directeur de l'hôpital, et voici Madame la doctoresse Katarina D, je crois que vous vous connaissez déjà.
Nous nous serrâmes la main. Le directeur continua :
— Venez, allons dans le cabinet de Madame D.
Nous entrâmes, il ferma la porte. Nous nous assîmes autour d'une petite table.
— Je vais tout d'abord vous dire que le pronostic pour votre camarade est favorable, nous allons encore faire un scanner et le maintenir jusqu'à demain dans un coma artificiel, mais, s'il n'y a pas de complications, il sera très rapidement guéri.
— Pourrais-je le voir ?
— Dans quelques heures. Savez-vous si l'on peut atteindre ses parents ?
— Je crois qu'ils font un safari en Afrique, ce sera difficile, ils n'ont pas de réseau.
— La colonie ne peut pas nous fournir de renseignements pour le moment.
— Oui, dis-je, à cause de la perquisition.
— Vous savez déjà ? Un policier m'a appelé, je peux vous donner plus de détails. Le directeur s'est suicidé, on pense qu'il filmait les activités des jeunes, y compris la visite médicale. Un moniteur, son fils, était complice. Un des participants aurait trouvé la visite médicale suspecte et l'aurait signalé à la police.
— Je pense que je peux vous le dire, c'était moi. J'ai trouvé l'attitude de l'autre médecin déplacée, pas de vous, Madame. Je m'étonne d'ailleurs que vous travaillez, vous m'aviez dit que vous seriez en vacances.
— J'ai aussi trouvé son attitude étonnante, nous dit la doctoresse, j'en ai parlé au directeur. Le médecin a quitté l'hôpital trois jours plus tard sans donner de raison. Nous ne l'avons plus jamais revu. La police va certainement faire une enquête sur lui.
— S'ils le retrouvent, continua le directeur. Madame a accepté de reporter ses vacances pour le remplacer. Nous avons beaucoup de médecins qui son absents à cette saison.
— Mais pourquoi est-ce votre hôpital qui est responsable de la colo ? N'y a-t-il pas d'autres médecins plus près ?
— Je n'en sais rien, une ancienne habitude, je suppose. Le principal souci de la police est maintenant de tenir à l'écart les journalistes qui vont essayer de contacter les jeunes pour avoir des détails. La police a choisi le jour du camp pour avoir le champ libre. Ce sera facile de boucler les routes qui y mènent et d'empêcher l'accès. Les journalistes vont aussi faire le rapprochement avec l'accident et tenter leur chance ici, à l'hôpital. Un policier viendra surveiller les soins intensifs. Ils m'ont demandé de nous occuper de vous, vous ne pouvez pas rentrer ce soir à la colo. Un enquêteur vous y ramènera demain matin.
— Je pourrais aller à l'hôtel, mais je n'ai pas assez d'argent.
— Madame m'a proposé de vous héberger chez elle pour la nuit, si vous êtes d'accord.
J'avais déjà passé la nuit avec Jeremy, pourquoi pas avec une dame ? Elle allait être déçue si elle s'imaginait... Non, elle savait déjà que j'étais gay. Et elle était peut-être mariée.
— Oui, dis-je, c'est une bonne idée.
— Et vous resterez avec elle dans le cabinet jusqu'à ce soir. On vous prêtera une blouse blanche, vous passerez pour un étudiant en médecine, cela trompera les journalistes. Bien, je vous laisse. Vous avez aussi besoin de soins, avez-vous vu vos jambes ?
Je ne les avais même pas regardées après mon passage dans les ronces. Le directeur prit congé, je restai seul avec la doctoresse qui me pria d’enlever mon short et de me coucher sur la table d’examens pour regarder mes jambes. Les ronces m’avaient blessé.
— Ce n’est pas trop grave, je vais désinfecter les plaies les plus grosses.
Elle alla chercher du désinfectant, il me piquait à chaque application. La doctoresse me demanda :
— Puis-je vous appeler par votre prénom et vous tutoyer ? C’est habituel entre collègues, puisque nous le sommes pour quelques heures.
— Bien sûr. Vous… pardon tu sais déjà que je m’appelle Loïc.
— Et moi Katarina. Voilà, j’ai fini. Tu prendras une douche ce soir chez moi et je remettrai du désinfectant. Je vais te donner des pantalons blancs pour cacher tes jambes. Un étudiant en short paraîtrait bizarre. Et aussi une blouse blanche.
Elle ouvrit une armoire et me donna les habits. Je les enfilai, ils étaient un peu trop grands.
— Je vais aller chercher le patient suivant, me dit Katarina, il doit s’impatienter.
C’était un monsieur assez âgé, elle s’excusa pour le retard et me présenta :
— Voici Loïc, un jeune homme qui aimerait devenir médecin et qui fait un stage pendant ses vacances. Cela ne vous dérange pas qu’il assiste à la consultation ?
— Pas du tout, répondit l’homme, nous avons besoin de relève.
C’était juste un contrôle après une opération, Katarina l’examina rapidement. Suivirent d’autres patientes et patients, aucun ne resta très longtemps. Katarina me proposa de faire une pause. Nous nous rendîmes à une cafétéria, je pris un coca et elle un café. Nous nous assîmes quelques minutes. Je débutai la discussion :
— Je dois te dire que je n’ai pas apprécié la visite médicale du premier jour à la colo, pas seulement à cause de ton collègue, j’ai eu l’impression, comment dire, que tu violais mon intimité.
— Je sais, tu es très pudique.
— Je le suis un peu moins, avec la vie en commun et le théâtre. J’ai été nu à plusieurs reprises en présence d’autres personnes, et je m’habitue un peu.
— Pour nous les médecins, le corps n’est qu’un objet à soigner, nous oublions parfois qu’il appartient à un être humain.
— Tu n’apprécies pas la beauté d’un corps ?
— Oui, quand même. Pour en revenir à l’examen médical à la colo, je préfère tout regarder même si c’est gênant, je n’aimerais pas avoir des remords si j’apprenais par la suite qu’un de mes patients a eu une grave maladie parce j’ai voulu protéger sa pudeur.
— Et si ton patient bande, pardon a une érection ?
— J’ai fait un stage en urologie. Beaucoup d’hommes viennent parce qu’ils ne peuvent plus bander et je dois leur prescrire des inhibiteurs de la phosphodiestérase hors de prix. Je préférerais qu’ils bandent devant moi.
— C’est quoi ces inhibiteurs ?
— Du Viagra® si tu préfères.
— Je comprends. Cela ne te procure aucune excitation de voir toutes ces bites, pardon ces pénis ?
— Tu sais, je suis lesbienne. Alors la bite d’un homme me fait aussi peu d’effet que les seins d’une femme pour toi.
— Tu es lesbienne ? Je peux te demander, tu vis avec une amie ? Elle sera là ce soir ?
— Pas encore, nous avons des appartements séparés. Mais nous envisageons de nous marier dans une année ou deux. Et toi, tu as un ami ? C’est le jeune homme accidenté ?
— Oui, enfin nous n’avons pas encore… C’était prévu ce soir, au camp sous la tente.
— Retournons au cabinet, je vais regarder le résultat du scanner de Damien.
Katarina consulta son ordinateur puis me dit :
— Le scanner est négatif.
— Négatif, il y a un souci ?
— Négatif veut dire que tout est en ordre. Pas de blessure grave. J’ai encore un patient puis nous irons le voir. Tiens, c’est justement un ado de ton âge qui vient faire un bilan de santé, il veut faire du sport de haut niveau dans un club, ça te rappellera la visite à la colo.
— Je pourrais aussi l’examiner ? demandai-je en riant.
— Je te prends au mot, tu pourras.
— Je plaisantais.
— Pourquoi pas ? Tu pourras te rendre compte, et tu te trouveras peut-être une vocation de médecin.
L’ado entra, c’était un noir avec un corps de rêve. La doctoresse me présenta cette fois comme un étudiant en médecine de première année, je montais en grade. Elle lui posa des questions, puis ils examinèrent les résultats d’un électrocardiogramme. J’oubliai où je me trouvais et ne pensais plus qu’au moment où il devrait se déshabiller devant moi, comme si nous avions été dans le vestiaire d’une piscine et pas dans un cabinet médical. Il garda tout d’abord son boxer rouge pour l’auscultation sur la table. Katarina me demanda de venir tout près, elle m’expliqua ce qu’elle faisait. À la fin elle demanda au jeune homme :
— Je dois encore examiner votre sexe, pourriez-vous baisser votre sous-vêtement ?
Il s’exécuta. Son pénis était assez long, mais pas autant que le mien. Katarina le décalotta, tâta les testicules. Elle dit ensuite :
— Vous permettez que l’étudiant en médecine l’examine aussi ?
— Oui, pas de problème.
Katarina me donna des gants, j’étais pris au piège, je dus aussi lui manipuler le pénis. Pendant que l’ado se rhabillait, Katarina lui dit que tout était en ordre et qu’elle enverrait le certificat au club, il sortit.
— Alors, me demanda la doctoresse, quelle impression ?
— Je n’ai vu que la beauté de sa bite, le trouble sexuel, pas l’acte médical.
— Quand tu en auras vu des milliers, tu changeras d’avis. Allons voir Damien, tu dois être impatient.
Un policier gardait la porte de la salle des soins intensifs. Il nous laissa entrer sans poser de questions. Nous dûmes encore mettre un masque, des gants, ainsi que des protections sur la tête et les pieds. Katarina s'enquit de l'état de Damien auprès de l'infirmière. Celle-ci nous confirma que tout était normal. Nous nous rendîmes vers son lit. Il n'était pas branché à autant d'appareils que je ne le redoutais, juste un moniteur pour le coeur, un masque sur le visage et une perfusion. Je supposai qu'il avait aussi un cathéter dans le pénis, vous allez me prendre pour un obsédé de son sexe. Il avait l'air de dormir calmement. Je lui pris la main, j'eus l'impression qu'il réagissait positivement. Nous ne restâmes que peu de temps.
Katarina m'invita au restaurant près de l’hôpital car elle n'avait pas envie de cuisiner. Ce ne fut pas un repas gastronomique comme avec Jeremy, mais une simple pizza. Nous prîmes le tram jusque chez elle. Elle habitait un petit appartement au troisième étage d'un immeuble ancien. Elle m'offrit encore un déca. J'étais fatigué à la suite de toutes ces émotions. Katarina me demanda :
— Je n'ai qu'un seul lit, je pourrais dormir sur le canapé et te laisser la chambre pour toi tout seul.
— Ce ne serait pas très confortable. Je pourrais dormir ici et toi dans ta chambre.
— J'ai l'habitude, je dors n'importe où lors des gardes à l'hôpital.
— Ou nous pouvons dormir ensemble, tu ne vas pas me violer, tu m'as dis que tu étais lesbienne.
— On ne sait jamais. Personne n'est homo ou hétérosexuel à 100%. Tu prends le risque ?
— Je le prends. Je suis trop fatigué.
— Va te doucher, je regarderai tes jambes avant que tu dormes. Je vais mettre un drap propre en attendant.
Elle me montra où était la salle de bain. Je me douchai, sortis avec la serviette autour de la taille et me couchai. Je décidai de dormir nu puisque je n’avais pas de caleçon de rechange pour le lendemain. Katarina me rejoignit. Elle déplaça le bas de la couette, faisant bien attention de laisser mon sexe caché. Je lui dis :
— Ne prends pas toutes ces précautions, ça ne me dérange plus. Tu m'as déjà vu nu.
Elle enleva la couette en entier et examina mes jambes.
— Il n'y a pas d'infection, c'est propre. Il n'y a plus besoin de médicament. Je vais te laisser dormir. Bonne nuit. Fais de beaux rêves.
— Bonne nuit.
Elle remit la couette en place. Je m'endormis tout de suite. Je fis un rêve érotique. Je rêvai que Katarina avait pris mon pénis dans sa main, qu'elle l'avait délicatement caressé. Je rêvai que je bandais. Je me demandai si c'était vraiment un rêve, je décidai de ne pas me réveiller, c'était si agréable. Je rêvai que j'éjaculai et qu'elle récoltait ma semence dans un mouchoir.