Une histoire à découvrir
Camps de vacances (3)
6 juillet 2015 - Premier jour - Loïc
Pierre, le moniteur, nous réveilla à six heures en allumant les néons.
— Bonjour Messieurs, un nouveau jour se lève. Vous pouvez prendre votre douche. Le petit déjeuner est servi entre 6h30 et 7h30. Je vous demanderais de retourner ensuite au réfectoire à huit heures. Le directeur vous présentera le séjour.
J’avais une belle érection. Je me levai tout de suite en essayant de la cacher, heureusement que je n’avais pas dormi entièrement nu. Je pris une serviette dans l’armoire et la mis autour de la taille, je pris également un caleçon propre. Je me rendis aux toilettes, puis aux douches, j’étais le premier et toutes les cabines étaient libres. J’en choisis une, entrai et verrouillai la porte. J’étais content d’être seul à cause de ma pudeur, je regrettais cependant de ne pas pouvoir mater mes camarades. Ce serait peut-être possible dans la chambre…
Le petit déjeuner était simple, il y avait seulement du pain, pas de croissants. Aussi des céréales et des fruits. À huit heures, nous étions de nouveau assis au réfectoire. Lorsque le directeur entra, certains se levèrent et tous les autres les imitèrent. Il prit un micro et dit :
— Rasseyez-vous, ce n’était pas nécessaire. Mesdemoiselles, Messieurs, je vous souhaite une cordiale bienvenue.
Le directeur était assez gros. Il avait mis un tee-shirt rouge avec le logo de la colonie et des jeans, mais ces habits ne lui allaient pas du tout. Il continua :
— Vous allez vivre en commun pendant trois semaines. C’est une première expérience pour beaucoup d’entre vous. Je vous demande donc d’observer quelques règles. Tout d’abord respecter vos camarades, aider les plus faibles.
Il nous donna encore plusieurs conseils, puis passa aux interdictions :
— Cette colonie est financée en partie par une association qui attribue de l’importance à une vie saine. Il est formellement interdit de fumer et boire de l’alcool. Nous ferons une inspection de vos chambres et confisquerons ces substances jusqu’à la fin du séjour. La possession de drogue est évidemment interdite et serait sanctionnée par un renvoi immédiat et une dénonciation aux autorités. Nous effectuerons une analyse d’urine afin de contrôler que vous ne vous droguez pas.
Je trouvai cette dernière mesure un peu exagérée. Les plus jeunes n’avaient que 12 ans.
— Encore une question assez délicate. Je pense que les plus âgés d’entre vous ont déjà les hormones qui travaillent. Le sexe est interdit entre vous, et pas seulement les relations sexuelles, aussi les remarques sexistes ou homophobes. La sanction est le renvoi. Est-ce clair ?
J’eus envie de lui demander si le sexe était autorisé avec les moniteurs ou si l’on avait le droit de se masturber, je n’osai pas le faire. Je n’allais pas pouvoir m’abstenir pendant trois semaines, mes couilles auraient explosé.
— La suite du programme maintenant. Aujourd’hui vous n’aurez que les ateliers culturels car vous devez encore passer chez la doctoresse pour la visite médicale. Vos moniteurs vous indiqueront l’heure. Je pense n’avoir rien oublié, vous pouvez remonter dans vos chambres pour l’inspection. Bon séjour.
Nous remontâmes, Pierre vint tout de suite vers nous et nous demanda d’ouvrir les armoires et les sacs. Un de mes camarades, prénommé Nathan, se rebiffa :
— C’est inacceptable. Vous vous croyez où ? Dans un camp disciplinaire de la Légion étrangère ?
— Nathan, n’as-tu pas lu les remarques en petits caractères qui accompagnait le bulletin d’inscription ?
— Quelles remarques ? Mes parents, qui sont très haut placés et dont vous aurez bientôt des nouvelles, ne m’en ont pas parlé.
— Tes parents savaient que la discipline est sévère, ils n’ont pas voulu te le dire.
— Je vais tirer ceci immédiatement au clair.
Il prit son portable, parla à sa mère pendant deux minutes, puis dit, penaud :
— C’est bon, vous pouvez fouiller. Ma mère pense que la discipline me fera du bien.
Tous les autres rirent. Le moniteur trouva une cartouche de cigarettes et une boîte de préservatifs dans son sac.
— Bien, dit-il, je confisque la cartouche. Je te laisse les présos, ta santé m’importe plus que les idées des bigots qui financent la colo.
— Et nous irons à la messe le dimanche ? demandai-je.
— C’est conseillé, mais pas obligatoire.
— Et nous pouvons nous branler ? continuai-je.
— C’est obligatoire, mais pas conseillé.
Nouveaux rires.
— Bien, je vous laisse, j’ai encore d’autres chambres. Les ateliers débutent à 9 heures, je m'occupe des activités sportives des 16-18 ans, nous ferons mieux connaissance demain. Loïc, tu vas directement chez la doctoresse tout de suite, tu es le premier sur la liste, c’est à l’infirmerie.
Je redescendis et me rendis à l’infirmerie. La porte était grande ouverte et la doctoresse me dit d’entrer. Elle avait la trentaine, était très belle, elle m’aurait presque fait regretter d’être gay. Elle n’avait pas mis de blouse blanche, seulement un tee-shirt. Elle me toucha la main et ferma la porte.
— Bonjour, vous êtes Loïc X ?
— Bonjour Madame, oui c’est moi.
— Je vais vous demander de donner un échantillon pour l’analyse d’urine.
Elle me tendit un gobelet en plastique, avec mon nom inscrit sur une étiquette, en me disant de le laisser à l’intérieur des toilettes de l’infirmerie. J’eus un peu de peine à pisser.
Je m’assis ensuite en face d’elle à son bureau. Elle prit ma fiche médicale et la lut :
— Vous avez parfois le rhume des foins. Vous avez un médicament ?
— Oui, j’ai du Nasonex®.
— Bien, pas d’autres maladies en ce moment ?
— Non.
— Parfait. Pourrais-je encore parler avec vous de quelque chose de plus intime ? Vous êtes à l’âge de vos premières expériences sexuelles et j’aimerais saisir cette occasion pour faire de la prévention. Cela m’est bien égal si le directeur prêche la chasteté. Avez-vous déjà une petite amie ?
— Non.
— Mais vous avez déjà eu des éjaculations ?
— Euh, oui.
— Je vois que vous êtes circoncis, je peux sauter la question suivante. Pas d’autres soucis ?
— Non.
— N’oubliez pas de vous protéger. Je pense que tout est en ordre.
Je pensais en avoir fini. Ses questions m’avaient un peu troublé. Je sentis une démangeaison dans le bas-ventre. Elle me dit ensuite :
— Levez-vous, je vais vous ausculter.
Elle souleva le bas de mon tee-shirt et posa son stéthoscope sur ma poitrine. Elle passa ensuite derrière moi et écouta le dos.
— Tout est en ordre. Encore une petite formalité.
Elle posa le stéthoscope et prit des gants dans une boîte posée sur le bureau, elle les mit, puis s’accroupit en face de moi. Elle défit ma ceinture, ouvrit la braguette et baissa mon jeans, puis mon caleçon. Elle saisit mon pénis avec la main gauche puis commença à tâter mes testicules avec la droite. Je sentis le sang affluer dans mon sexe.
— Ne vous en faites pas, me dit-elle. C’est tout à fait normal à votre âge.
Je bouclais ma ceinture lorsqu'on frappa à la porte. La doctoresse alla ouvrir. C'était un homme du même âge qu'elle. Ils se firent la bise puis elle le pria d'entrer. Il s'excusa pour le retard, il avait été pris dans un bouchon. Elle me le présenta :
— Voici le Docteur X, nous avons fait nos études ensemble, il me remplacera les deux dernières semaines car je serai en vacances. Et voici mon premier patient, Loïc.
Il me serra la main. La doctoresse continua :
— Le docteur X sera responsable pour la première fois de la colo. Il vient voir comment les visites d'admission se déroulent. Stéphane, comment allons-nous procéder ?
— Je pourrais faire l'examen, tu m'observeras et tu me diras si je fais juste ou pas.
— Je fais venir le patient suivant ?
— Non, je peux réexaminer Loïc. Je pourrai aussi prendre connaissance de son dossier. Loïc, ça ne te dérange pas ?
— Euh non, pas du tout.
Cela me dérangeait, mais je n'osai pas le dire. J'étais très timide. Je me demandai dans quel état je finirais, j'avais déjà été passablement excité par la doctoresse. Le docteur demanda :
— Qu'est-ce tu fais comme examens ?
— Je n'ai qu'un quart d'heure par ado. Je discute d'abord du questionnaire, je demande s'ils ont pris assez de médicaments. Pour les plus grands, je parle un peu de prévention des MST. Le sexe est interdit à la colo, mais il vaut mieux prévenir que guérir. Ensuite j'ausculte le cœur et les poumons puis je vérifie, euh, les stades de Tanner.
— C'est parfait.
— Ah, j'ai encore oublié. Il veulent une analyse d'urine pour détecter la drogue.
— OK, on peut commencer ? Tu es prêt Loïc ?
— Oui, répondis-je.
— Alors va t'asseoir devant le bureau.
Le médecin se lava les mains, la doctoresse prit un bloc-note et s'assit sur une chaise dans un coin de la pièce. Le médecin prit mon dossier et le lut. Il me dit :
— Tu es bien Loïc X, né le 22 mars 1999 ?
— Oui.
— Je lis que tu as le rhume des foins. Tu as pris un médicament ?
— Oui, j'ai un spray à la cortisone.
— Bien. Tu as indiqué que tu as été circoncis. C'était à quel âge ?
— À 7 ans.
— Et pour quelle raison ?
— J'avais la peau trop serrée, et des infections.
Je trouvai qu'il était très curieux, plus que la doctoresse. Il continua :
— Tu utilises des préservatifs lorsque tu baises ?
— Je... Je n'ai pas encore eu de rapports.
— Ce n'est pas grave, tu n'es pas le seul à cet âge. Tu te branles ?
— Oui.
— Tu bandes bien et tu jouis ?
— Oui.
— Alors tout va bien. Pense aux capotes lors de ton premier rapport. Je vais t'examiner. Je te prie de te déshabiller.
— Me déshabiller ?
— Oui, tu peux garder ton slip si tu le désires.
J'obéis et j'enlevai mon tee-shirt puis mon jeans. Je me demandai si je ne devrais pas aussi ôter mon caleçon, je le laissai. Je voulais voir s'il allait le baisser lui-même. Il me dit :
— J'aime bien la couleur de ton caleçon, tu l'as choisi toi-même ?
— Oui, je l'ai commandé sur Internet.
— Tu me laissera l'adresse.
Je jetai un coup d’œil en direction de la doctoresse qui prenait des notes. Elle poussa un soupir. Le médecin écouta mon cœur et mes poumons. Il me demanda ensuite de me pencher en avant et il examina ma colonne vertébrale. Il baissa un peu mon caleçon pour atteindre le coccyx.
— Tu as une légère scoliose, me dit-il, ce n'est pas grave. Pourrais-tu encore enlever ton caleçon, s'il-te-plaît ?
Je me retrouvai entièrement nu, à part les chaussettes que j'avais laissées. Je n'osai pas regarder le bas de mon corps, je devais déjà pas mal bander. Le médecin mit des gants et prit mon pénis dans sa main.
— Tiens, me dit-il, je vois que tu as un grain de beauté près de la cicatrice de la circoncision, vers le frein. Je te rassure, il n'est pas dangereux, mais tu devras le surveiller.
Il continua ses manipulations et mon érection fut complète. Il sourit et me demanda :
— C'est moi qui te fais cet effet ?
J'hésitai à répondre.
— Tu préfères les hommes aux femmes ?
Je rougis, c'était la première fois que j'en parlais à quelqu'un d'autre. Je répondis :
— Oui.
— Ne t'en fais pas, moi aussi.
Il palpa ensuite longuement mon pénis et mes testicules. Il me demanda ensuite de me tourner en me disant :
— Je vais aussi contrôler l'arrière, tu comprends pourquoi.
— Je pense.
Il lubrifia mon anus et introduisit son doigt. L'examen me parut aussi très long. Il me tendit ensuite un gobelet pour uriner. Je me dirigeai vers les toilettes lorsqu'il me retint :
— Non, tu dois le faire devant moi, je dois m'assurer que c'est bien ton urine.
Je ne pus quand même pas, je bandais toujours et ma vessie était vide. Le médecin me dit de remettre mes habits puis demanda à la doctoresse :
— Voilà, ai-je fait tout juste ?
— Je préfère t'en parler en privé.
— Merci Loïc, bon séjour.
Je sortis. J'étais ébranlé par ce qui venait de se passer. J'eus un doute, tout ceci était-il normal ? Ou avais-je été victime d'un abus ? Dans quel but ? Je me promis d'en parler à un camarade par la suite. Je rejoignis l'atelier de théâtre. Damien me questionna :
— Ça a duré longtemps !
— C'était un examen complet, très complet.