Une histoire à découvrir
Camps de vacances (4)
6 juillet 2015 - Premier jour - Loïc
L’animateur de l’atelier de théâtre envoya le camarade qui dormait à ma gauche, Damien, chez le médecin. Il me tendit ensuite une brochure en me disant :
— C’est la pièce que nous jouerons cet été : Le songe d’une nuit d’été, de Shakespeare. Je vais te demander de la lire. Nous commencerons plus tard lorsque tous auront vu la doctoresse.
Je débutai ma lecture. Damien revint un quart d’heure plus tard, il ne fit pas de commentaire. Après le déjeuner, tous les participants à l’atelier de théâtre avaient passé à la visite médicale. Nous étions dix, sept garçons et trois filles de tous âges. L’animateur se présenta :
— Je m’appelle Jeremy, j’ai bientôt 20 ans. J’ai commencé des études de théâtre au conservatoire de Lille. Je fais ce job de vacances pour financer mes cours. Je vais vous demander de vous présenter aussi.
Nous nous présentâmes chacun à notre tour.
— Merci, reprit Jeremy. Vous pouvez maintenant lire la suite de la pièce. Ne restez pas dedans, allez quelque part dans le parc pour profiter de l’été. Nous nous retrouverons à 16 heures.
Damien et moi étions les deux plus grands. Je lui proposai de venir avec moi, il accepta. Nous sortîmes et décidâmes d’aller à l’ombre dans la forêt. Comme tous les rouquins, nous avions la peau fragile. Nous nous assîmes sur le tronc d’un arbre tombé et lûmes le bouquin. Après quelques minutes, Damien me demanda :
— Elle te plaît cette pièce ?
— C’est barbant, je me demande que ce nous pourrons en tirer.
— On ne jouera pas tout. Il fera des coupures. Tu as déjà fait du théâtre ?
— Non, jamais, et toi ?
— Non plus.
Nous lûmes encore cinq minutes. Je ne pus pas attendre plus longtemps, je demandai à Damien :
— Je peux te poser une question ?
— Je t’écoute.
— Qu’as-tu pensé du médecin ce matin ?
— Euh, il était assez familier, un peu trop. Il m’a pris encore pour un gamin. Je l’ai remis à l’ordre, je lui ai demandé de me vouvoyer.
— Et il t’a aussi tâté les couilles et mis son doigt dans le cul ?
— Non, j’ai refusé.
— Tu as refusé ? Tu n’as pas peur d'être renvoyé si tu ne fais pas la visite médicale ?
— Mon père est avocat, il leur ferait un procès. C’est le meilleur de Paris. Il nous a dit de toujours lire les petits caractères, même si c’est aussi barbant que notre pièce. Et je sais ce qui est marqué, je vais te montrer.
Il sortit son iPhone et chercha le courriel, ouvrit le document annexé et me le montra :
Les participants devront passer une visite médicale pour déterminer leur aptitude à participer aux activités de la colonie.
— Le sexe est interdit, ce n’est donc pas une activité de la colonie, le médecin n’a pas à contrôler si tu décalottes bien.
— Mais il pourrait détecter une maladie.
— Ma mère m’envoie déjà régulièrement chez notre médecin de famille. Une fois par année ça me suffit. Et toi, tu as eu droit à la totale ?
— Par la femme d’abord et par l’homme ensuite.
— Ils t’ont fait bander ?
— C’était plutôt spontané.
— Cela me paraît quand même louche. Mes parents font un safari en Afrique, je ne peux pas demander conseil à mon père. Je vais essayer d’atteindre un de ses associés.
Il sortit son smartphone et appela l’étude de son père. Il put atteindre tout de suite l’un des avocats et raconta mon histoire. À la fin de la conversation, il m’expliqua :
— Il m’a dit qu’on ne peut pas accuser les médecins seulement sur la base d’un examen poussé. Il te conseille quand même d’en parler à un service de la police spécialisé dans la protection de la jeunesse, ces médecins pourraient déjà avoir eu d’autres comportements suspects ailleurs. Il va contacter ce service et me rappeler. Il pourra aussi participer à la discussion afin de te conseiller si tu hésites à répondre à une question.
— Je suis d’accord.
Je n’arrivai pas à me concentrer sur le texte, attendant avec impatience l’appel. Dès que son portable sonna, Damien me le tendit :
— Allo, dis-je.
— Bonjour, je suis l’avocat Y et j’ai contacté le commissaire Z de la police. Vous êtes d’accord que je participe à la conversation ?
— Oui.
Le policier prit la parole :
— Bonjour, je vous informe que cette conversation est enregistrée. Êtes-vous d’accord ?
— Oui.
— Puis-je vous demander d’indiquer vos prénoms, noms, date de naissance, lieu de naissance, lieu de résidence habituel et votre lieu de séjour actuel, puis votre numéro de téléphone portable ?
Je donnai les indications, essayant de ne rien oublier.
— Merci. Je vous précise que vous ne déposez pas plainte en nous donnant votre témoignage. Nous ferons une enquête préliminaire et nous agirons seulement si nécessaire, nous ne voulons pas accuser ces personnes si nous ne sommes pas sûrs à 100%. Je vous demande une discrétion absolue. Ne parlez plus de ceci à quiconque.
— D’accord.
— Je vous demande maintenant de raconter cette visite avec les médecins. Essayez d’être le plus précis possible, sans fausse pudeur. Nous sommes habitués à ce genre d’affaires. Vous rappelez-vous de leur noms ?
— Non, je les ai oubliés.
— Cela ne fait rien. Nous retrouverons facilement leur identité.
Je racontai tout le déroulement des deux visites sans omettre aucun détail. Le policier me remercia puis me dit :
— C’est évidemment à la limite. J’entrevois une autre possibilité. Ils pourraient aussi avoir tout enregistré avec une caméra cachée et revendre la vidéo sur Internet.
— C’est possible en effet. Je n’ai rien remarqué.
— Je suis embarrassé maintenant. J’aimerais vous proposer quelque chose, mais vous êtes libre de refuser. Cela nous aiderait beaucoup pour la suite de l’enquête.
— Je le ferais volontiers si cela pouvait vous aider.
— C’est assez délicat. Nous recherchons en permanence les vidéos illégales publiées sur Internet et nous essayons de les comparer avec les images des personnes qui pensent avoir été piégées. Nous avons un logiciel de traitement d’images très puissant qui fait les comparaisons automatiquement et trouve les correspondances. Nous pouvons ensuite remonter les filières.
— Je pense avoir compris, vous aimeriez que je vous envoie ma propre photo.
— C’est exact. Avez-vous éventuellement déjà fait un selfie ?
— Non. Mais mon ami Damien pourra m’aider à prendre quelques photos.
— Je n’en doute pas. Une photo de votre visage ne suffit pas, ils sont souvent floutés sur les vidéos illégales. Il faudrait qu’on voie aussi le reste de votre corps.
— Tout le corps ? Même euh… les parties intimes ?
— Ce serait préférable, mais je ne vous oblige pas, vous êtes libre d’accepter ou de refuser.
Je réfléchis quelques instants, puis je dis :
— J’accepte.
— Très bien, nous vous enverrons un SMS avec l’adresse pour transférer vos photos. Merci de votre collaboration.
Après les salutations habituelles, je rendis son iPhone à Damien et lui dit :
— Je pense que tu as compris, tu dois me photographier à poil.
— Oui, j’ai entendu, pourrais-tu me donner des détails ?
Je lui expliquai les comparaisons avec le logiciel. Il me demanda :
— Et l’avocat est d’accord ?
— Il n’a pas émis d’objection. Est-ce que cela te dérangerais de faire ces photos ?
— Non, je ne trouve pas anormal d’être nu. Je fais beaucoup de sport et je me douche après avec des hommes. J’en ai déjà vu beaucoup.
Je n’osai pas lui demander si il appréciait. Je lui dis :
— Allons plus loin dans la forêt. je n’aimerais pas qu’on nous surprenne. On pourrait se méprendre sur nos intentions.
— Tu as raison.
Nous marchâmes cinq minutes jusqu’à une clairière. Je donnai mon smartphone à Damien. Il fit quelques essais pour trouver la distance idéale pour avoir mon corps en entier. J’étais à environ trois mètres de lui. Il me dit que c’était bon. Je me déshabillai rapidement, je sentais déjà une excitation dans le bas-ventre et je me retournai dès qu’il eût pris la première photo.
— Attends un instant, me dit-il, je vais en faire plusieurs. Tu choisiras la meilleure.
Je sentais mon pénis qui gonflait. Mon camarade me fit signe de me tourner.
— Pas si vite, je vais en faire une de profil.
On allait clairement voir mon début d’érection. Je pus enfin la cacher.
— Voilà, c’est fini. Tu peux te rhabiller.
Je remis rapidement mes habits sans me retourner.
— Merci, dis-je à Damien.
— De rien, c’était tout naturel de t’aider.
Il ne fit pas d’autre commentaire et nous ne reparlâmes plus de cette séance de photos. Je choisis les meilleures et les envoyai au policier. Il me confirma rapidement la réception, en me priant encore une fois de garder le silence. Il me demanda également de lui signaler si je découvrais quelque chose d’inhabituel et de l’informer régulièrement des activités de la colo.
Nous retournâmes à 16 heures à l’atelier de théâtre. Jeremy nous donna des informations sur l’auteur, le pièce et nous parla de l’organisation du travail les jours suivants. Vers 17 heures il nous informa qu’il n’y aurait pas d’autres activités le soir et nous demanda de terminer la lecture jusqu’au lendemain. Nous pouvions remonter dans les chambres et nous doucher si nous le désirions. Je restai en bas et en profitai pour appeler mes parents. Ma mère devait être morte d’inquiétude de n’avoir pas encore eu de mes nouvelles. Je lui racontai le déroulement de la journée. Je ne voulais pas lui parler de la visite médicale, mais elle m’interrogea :
— Tu as vu le médecin ?
— Oui.
— Tu n’as rien, tout est en ordre ?
— Oui, ne te fais pas de souci.
— Il a tout regardé ?
— Oui, tout. Vraiment tout.
— Je suis rassurée. Je me rappelle que tu as un grain de beauté sur le… euh, sur le zizi et que tu dois le surveiller.
— C’est bon maman, dis-je un peu agacé, ce n’est pas grave.
Décidément, tout le monde s’intéressait à mon névus. Heureusement que Damien n’avait pas pu le voir, sinon il m’aurait aussi posé la question. Cela me fit penser que j’aurais dû le signaler au policier. Je lui écrivis pour lui demander si cela l’intéressait et s’il fallait envoyer une photo. Il me répondit qu’il noterait ce détail dans le dossier et que je pouvais encore faire une photo, si ça ne me dérangeait pas. J’allai aux toilettes et je fis quelques gros plans. Avec toutes ces photos j’aurais pu ouvrir un dossier privé sur Docti et envoyer le mot de passe à mes amis. Je ne le fis pas tout de suite. Je m’étais promis de ne pas aller sur le forum pendant les vacances, j’y passais trop de temps. Je vous avoue que je lus quand même les récits de lange128 sur mon smartphone, c’était mon auteur favori et j'aurais bien aimé qu'il eût aussi un dossier privé.
La soirée se déroula calmement. Je restai seul dans mon coin pour étudier la pièce. Tout le monde dut aller se coucher à 22 heures, petits et grands, afin de pas faire de jaloux. Je m’endormis tout de suite.
7 juillet 2015 - Deuxième jour - Loïc
La deuxième journée fut plus calme que la première. Rien de très intéressant à vous raconter. Le matin fut consacré au sport : un peu de gymnastique, un footing puis du foot. Ce n’était pas mon loisir favori.
Après le déjeuner, atelier de théâtre. Nous apprîmes à parler en lisant des passages de la pièce à haute voix, chacun à notre tour. Jeremy nous donnait des conseils et nous corrigeait.
Le soir, il y eut la projection d’une vidéo dans le réfectoire. Nous avions déplacé les tables et gardé que les chaises. C’était un documentaire passionnant sur la vie des papillons et autres libellules autour d’un étang naturel de la région. Le directeur nous dit que la commune offrait des subventions à la colonie, mais qu’en contrepartie il devait louer des vidéos éducatives pour nous faire connaître les environs. C’était le fils du maire en personne qui les tournait.
Je m’endormis après cinq minutes, je rêvai que Damien était en train de me faire des caresses très intimes. Je me réveillai brusquement en espérant que personne n’avait remarqué la bosse sous mon short. Heureusement, tous les autres somnolaient aussi.
À 22 heures, nous dûmes monter dans notre chambre. Le moniteur nous précisa que nous pouvions laisser la lumière allumée jusqu’à 23 heures, il passerait ensuite contrôler. Il faisait très chaud, malgré la fenêtre grande ouverte, il n’y avait pas de clim. Nous nous déshabillâmes, ne gardant que nos sous-vêtements. Damien se plongea immédiatement dans la lecture d’un bouquin.
Je fis connaissance avec les autres. Nous n’étions plus que cinq, le sixième avait déjà dû quitter la colo le matin pour des raisons familiales : son père avait eu un grave accident. Les trois autres se connaissaient déjà, ils habitaient tous à Angers. Il jouaient ensemble du rock et voulaient se perfectionner à l’atelier de musique. Nathan était le chanteur et incontestablement le chef. Il était grand, avait des cheveux noirs assez longs. Son corps était bronzé, musclé, il avait un tatouage sur le sein droit et un autre sur la hanche. Il avait mis un boxer noir. Le percussionniste était Tristan, petit, cheveux châtains, pas très intelligent, totalement sous la domination de Nathan. Il avait un slip vert pomme avec des bordures blanches. Gaël était aux claviers. C’était l’intellectuel de la bande. Il avait de longs cheveux blonds, un boxer bleu qui mettait bien en valeur ses attributs.
Ils parlaient déjà des filles de la colo, s’imaginant coucher avec l’une ou l’autre. Je bâillais d’ennui lorsque Nathan me demanda :
— Et toi le rouquin, tu préfères laquelle ?
— Euh, balbutiai-je, je n’ai pas encore eu le temps de me faire une opinion.
— Et toi l’autre rouquin, dit-il en s’adressant à Damien, tu veux baiser laquelle ?
— Ma vie privée ne te regarde pas, répondit-il, et si tu veux te branler, fais-le, moi je suis fatigué et je vais dormir.
Tristan s’esclaffa. Damien se couvrit avec sa couverture, puis se coucha sur le côté en nous tournant ostensiblement la tête.
— Il a quoi ton pote, me demanda Nathan, il nous fait la gueule ?
— Je ne sais pas, répondis-je.
— Il a sûrement ses règles, dit Tristan en s’esclaffant.
— Mais il a quand même eu une bonne idée, ajouta Gaël.
— Quelle bonne idée ? demanda Nathan.
— Se branler, répondit Gaël. Tu ne vas pas quand même rester trois semaines sans le faire.
Nathan avait soudain l’air moins sûr de lui.
— C’est possible, mais on peut le faire discrètement.
— C’est plus amusant en groupe, reprit Gaël. On saura tout de suite qui a la plus grosse.
Tristan s’esclaffa.
— Je ne savais pas que tu étais pédé, dit Nathan.
— Pas du tout, je l’ai quand même fait avec des potes. Tu es d’accord Loïc ?
— De quoi ? demandai-je, l’air faussement naïf.
— De nous montrer ta petite bite rousse, me répondit Gaël.
Tristan s’esclaffa. J’aurais bien voulu faire comme Damien, mais la tentation fut la plus forte. Je devais vaincre ma pudeur. J’acceptai :
— OK, qui commence ?
— J’y vais, dit Gaël, c’est moi qui ai proposé, je montre l’exemple.
Il se leva, se mit au pied de son lit, juste en face de moi, et baissa son boxer bleu. Il avait une très belle bite, ni trop grosse, ni trop petite. Le prépuce recouvrait juste le gland. De belles couilles également. Il commença à se caresser. Je me levai aussi, enlevai mon caleçon gris. Mes camarades jetèrent un regard admiratif sur mon pénis qui avait déjà pris l’ascenseur. Je peux vous avouer que c’est moi qui avait la plus grosse. Tristan suivit le mouvement. Il était aussi dans la moyenne, avec un prépuce court. Et Nathan fut obligé de faire la même chose. Il avait bien sûr la plus petite, son autorité allait en prendre un coup. Il était circoncis, comme moi. Son pubis était rasé.
Nous étions jeunes et pleins d’énergie, ce fut presque la course, des mouvement très rapides. On aurait dit que nous n’avions pas éjaculé depuis des mois, alors que, pour moi en tout cas, cela ne faisait que depuis trois jours. Je pensai un peut tard que je n’avais pas de mouchoir et ma semence tomba sur le sol, comme celle de mes camarades.
— La prochaine fois, proposa Gaël, on mesurera celui qui gicle le plus loin.
Tristan s’esclaffa. Je remis mon caleçon et allai chercher du papier aux toilettes pour effacer les traces suspectes avant l’arrivée du moniteur. Damien dormait toujours, dommage pour lui.