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Camps de vacances (6)

8 juillet 2015 - Troisième jour - Loïc

Pendant le séjour à la colonie, il était prévu de passer chaque semaine une nuit à l’extérieur dans la nature, sous tente ; la première fois avec les groupes des ateliers, la deuxième fois avec les groupes des activités sportives et la troisième fois avec toute la colonie au même endroit.

Jeremy nous avait expliqué le mardi qu’il avait déjà fait une reconnaissance et trouvé un bel emplacement. Nous aurions des tentes à deux places. Nous devrions former des couples, en évitant la mixité pour ne pas succomber aux tentations. Je m’étais dit que c’était au moins un avantage d’être gay : chaque fois qu’on sépare les sexes pour laisser les hommes entre eux, nous en profitons. J’avais tout de suite demandé à Damien de partager ma tente, il avait accepté. J’espérais bien sûr que cette intimité nous permettrait de mieux nous connaître, je rêvais toujours de le voir nu puisqu’il n’avait pas voulu participer à la branlette collective.

Nous partîmes le mercredi matin à pied vers 10 heures avec Jeremy et un autre moniteur. On nous avait distribué des sacs à dos avec un pique-nique et demandé de prendre des habits de rechange et des affaires de toilette. Le reste du matériel allait être transporté en camionnette sur le lieu du campement. Nous arrivâmes vers 13 heures dans une petite forêt au bord d’une rivière. Nous mangeâmes nos sandwiches. Je demandai à Jeremy si le bruit de l’eau n’allait pas déranger nos répétitions. Il me répondit que c’était exprès, pour nous obliger à parler plus fort et plus distinctement.

À 14 heures, Jeremy nous distribua des feuilles avec des poèmes ou des tirades extraites de pièces classiques. Nous devions les apprendre durant l’après-midi et les réciter le soir autour d’un feu de camp. Jeremy alla aussi chercher des galets dans la rivière et nous dûmes parler avec ces pierres dans la bouche. Vers 17 heures, nous avions plus ou moins appris nos textes, plutôt moins que plus.

— Il fait très chaud, nous dit alors Jeremy, je prendrais bien un bain dans la rivière. Vous venez avec moi ?

— Je viendrais bien, répondit l’un d’entre nous, mais tu ne nous a pas dit de prendre notre slip de bain.

— Et alors, nous n’en avons pas besoin. Tu sais, les metteurs en scène exigent souvent de leurs acteurs de jouer nus, c’est habituel de nos jours. Je n’oblige personne, si tu veux laisser tes sous-vêtements, tu le peux.

Mon cœur battit plus fort. Damien m’avait dit que c’était naturel d’être nu, il allait sûrement se déshabiller. Jeremy montra l’exemple, il se leva et se dirigea vers la rivière, laissa tous ses habits sur la rive et se plongea dans l’eau. Damien se leva aussi, je le suivis immédiatement et le regardai le plus discrètement possible. Je fus un peu déçu. Je pensais qu’il avait une grosse bite, ce n’était pas le cas, elle était plus petite que la mienne. On peut se faire de fausses idées en imaginant un homme nu. La taille au repos ne laissant présager de rien, j’espérai quand même avoir l’occasion de la voir une fois en érection. Tous les autres se baignèrent également nus, filles et garçons.

Après la baignade, nous restâmes nus et couchés dans l’herbe au soleil pour nous sécher. Damien s’endormit et j’eus tout le temps d’admirer ses couilles posées sur ses cuisses avec la bite en travers. Il eut même un début d’érection et son gland se découvrit légèrement. Je me couchai sur le ventre pour cacher mon état, je n’avais pas seulement un début. Nous nous rhabillâmes, la plupart des garçons restèrent à torse nu.

Vers 18 heures, Jeremy demanda si quelqu’un était scout et pouvait organiser le campement. Damien s’annonça immédiatement et prit la direction des opérations. Il se révéla être un véritable chef, donnant des ordres à tout le monde. Tout fut rapidement prêt et nous pûmes commencer à préparer notre dîner. Cet endroit devait souvent être utilisé par les promeneurs car il y avait un emplacement prévu pour le feu avec une grille. La camionnette avait apporté du charbon de bois, Damien prépara et alluma le feu. Nous prîmes des boissons rafraîchissantes dans une glacière. Pour une fois, il y avait autre chose que de l’eau, même des bières, seulement pour les moniteurs. Chacun grilla de la viande et des légumes à sa convenance. Nous avions également des chips et des mousses au chocolat pour le dessert.

Vers 21 heures, il commençait à faire frisquet, Damien refit un feu avec des bûches et la représentation commença. Jeremy avait pris une lampe de poche pour nous aider à lire les textes. J’étais tombé sur un extrait de Cyrano de Bergerac, la tirade des nez, et je dus lire ma feuille presque tous le temps. Jeremy me regarda avec un air narquois à la fin, je me demandai s’il n’avait pas fait exprès de me donner cette tirade. Je n’avais pas un nez spécialement long, il avait peut-être pensé à une autre partie de mon anatomie. Non, il ne l’avait pas encore vue lorsqu’il avait distribué les textes.

Damien passa le dernier. Il avait le Roi des Aulnes, de Goethe. Jeremy nous expliqua que c’était une scène du film Le souffle au cœur de Louis Malle qui l’avait inspiré. Il faisait nuit maintenant. Je restai fasciné par Damien récitant son poème, le torse nu faiblement éclairé par le feu rougeoyant. C’était certainement le meilleur d’entre nous. J’avais les larmes au yeux à la fin. Nous applaudîmes. Jeremy nous dit que ces applaudissements étaient destinés à tous et pas seulement à Damien. Nous reprîmes un coca et restâmes jusque vers 23 heures autour du feu. Jeremy nous demanda d’aller dormir.

Le campement était faiblement éclairé par une seule lampe située sur un mât au milieu des tentes. Je n’avais pas pensé à prendre une lampe de poche, Damien non plus. Il me conseilla de me déshabiller avant d’entrer dans la tente et de laisser mes habits dans le sac à dos pour éviter qu’ils ne soient mouillés par la rosée matinale. J’étais toujours à torse nu, j’enlevai encore mon pantalon court, mes chaussettes et mon caleçon. Je ne me gênai déjà plus. Je pris un paquet de mouchoirs en papier dans mon sac, j’entrai dans la tente et me glissai dans le sac de couchage. Damien me rejoignit. Je lui demandai :

— Tu es fatigué ou pouvons-nous bavarder quelques minutes ?

— On peut bavarder.

— Bravo pour la déclamation du poème, tu m’as ému aux larmes.

— C’est vrai, dit Damien en riant, à ce point ?

— Oui, tu es doué pour le théâtre. Voudrais-tu en faire ton métier ?

— Je ne sais pas. C’est un métier où l’on est plus souvent au chômage qu’au travail.

— Ou alors comme ton père, avocat. Émouvoir le jury en décrivant la vie malheureuse de l’accusé.

— Je pense plutôt à l’armée. Officier.

— C’est vrai que tu es aussi doué pour commander.

Nous restâmes sans rien dire pendant quelques instants. Damien rompit le silence.

— J’aimerais te dire quelque chose.

— Je t’écoute.

— Hier, je n’ai pas voulu participer à votre séance de masturbation. Ce n’est pas parce que ça me choque, c’était plutôt l’attitude de nos camarades qui m’a dérangé. Ils parlaient des filles de la colo comme s’ils étaient au bordel en train de choisir des putes.

— Entre eux, les hommes sont tous un peu machos.

— Pas tous, pas toi par exemple. Tu n’as pas donné ton avis.

— Je suis assez introverti, je ne m’intègre pas si facilement dans un groupe. Il me faut du temps. Mais je n’aurais de toute façon pas eu envie de donner mon avis.

— Je voulais te dire que tu pouvais te branler si tu le désires, ne t’occupe pas de moi.

— Je pense que tu en as aussi envie ?

— Oui, sinon je ne t’en aurais pas parlé. Euh, aurais-tu un mouchoir ? Je n’aimerais pas en mettre partout dans le sac.

— Avec mon rhume des foins, j’en ai toujours. Bonne idée, je vais aussi en préparer un pour moi.

Je lui en tendis deux. Je sentis le sang affluer dans mon pénis à l’idée de me trouver si près de lui en train de nous branler. J’aurais préféré un contact charnel, prendre sa bite dans ma main, mais c’était déjà un bon début. Je me caressai pas trop rapidement, pour essayer de rester le plus longtemps en érection et de savourer cet instant au maximum. Après quelques minutes, j’osai lui demander :

— C’est bon, tu bandes bien ?

— Parfait, c’est divin.

— Il y a longtemps que tu as commencé à te branler ?

— Deux ans je pense.

Soudain, Damien poussa un cri :

— J’y suis, ça vient.

J’étais moi-même prêt, je sentais mon gland couvert de liquide, je me laissai aller et j’eus un orgasme très intense, je n’avais pas eu le temps de retrouver le mouchoir avant.

Nous nous endormîmes immédiatement. Je fis un rêve bizarre cette nuit-là. J’étais avec Damien, nous nous branlions aussi. Nous nous trouvions dans un bunker militaire sordide, celui-ci explosa en même temps que notre sperme jaillit. Je me réveillai en sursaut et je touchai mon gland pour voir si j’avais de nouveau éjaculé, ce n’était pas le cas. Ma vessie était pleine.

Damien dormait paisiblement. Je sortis de la tente en essayant de ne pas le réveiller. Pendant que je pissais, je levai les yeux et contemplai le ciel. Une étoile filante passa, je fis un vœu. J’entendis soudain quelqu’un s’approcher derrière moi. Je n’osai pas me retourner avant d’avoir secoué ma verge pour faire tomber la dernière goutte. Je me retournai, la personne qui s'était approchée tenait une lampe de poche qui m'éblouissait et je ne la reconnus pas tout de suite.

— Excuse-moi, je t'ai fait peur ?

C'était la voix de Jeremy, il chuchotait. Il baissa la lampe de poche. Il était aussi nu.

— Un peu, répondis-je.

— Tu ne peux pas dormir ?

— Je viens de faire un cauchemar et ça m'a réveillé. Et toi ?

— Je n'aime pas le camping. Et mon colocataire ronfle. On bavarde cinq minutes ?

— D'accord.

Nous nous éloignâmes de la tente. Je dis :

— C'est quand même bizarre de me retrouver nu en pleine nuit avec un autre homme alors que je me faisais encore du souci de me déshabiller devant les autres il y seulement une semaine.

— Mes parents sont naturistes, j'ai passé toutes mes vacances dans des camps. Je n'y prends même plus garde. Si le directeur de la colo savait que vous vous êtes baignés nus, il me renverrait à la maison. On va bien réussir à placer une scène de ce genre dans la pièce, même si cela ne dure que 30 secondes. Juste pour faire frissonner le public.

Nous arrivâmes sous la lampe au milieu du campement. Je baissai la tête et me mis à regarder le pénis de Jeremy sans réfléchir. Il me demanda :

— Elle t'intéresse ?

— Euh, quoi ?

— Ma bite.

Je rougis.

— Excuse-moi, j'ai vu que... euh... tu étais aussi circoncis.

— Ne cherche pas une excuse, ça ne me dérange pas du tout qu'un homme me mate.

— L'habitude du naturisme ?

— Non, je suis gay.

— Tu es gay ?

— Oui. Et toi ?

— Oui, moi aussi. Mais je n'ai encore jamais couché avec un homme.

— Et tu es déjà amoureux de Damien ?

— Comment l'as-tu deviné ?

— Tu l'as pas quitté des yeux de toute la soirée. Il l'a remarqué ?

— Je ne sais pas, il ne m'a rien dit.

— Ne t'emballe pas trop vite, tu pourrais être déçu. Seule une minorité des hommes sont homosexuels, et s'il l'est, il pourrait déjà avoir un ami à la maison.

— Je sais.

— Ou il ne veux pas enfreindre l'interdiction du sexe à la colo. Ou il n'a pas encore découvert à quoi sert son pénis.

— Il m'a dit qu'il se masturbe déjà depuis deux ans.

— Tu es bien renseigné. Vous l'avez déjà fait ensemble ?

— Ce soir, mais séparément et dans le noir.

— Cela ne prouve rien. Même les hétéros se branlent parfois avec d'autres hommes.

— Je sais, mes voisins de chambre...

— Aussi ? Vous ne perdez pas votre temps cette année. Bon, je vais te laisser dormir, je ne veux pas que tu attrapes froid.

— Merci, ça m'a fait plaisir de parler avec toi.

— Tu peux te confier à moi n'importe quand, si ça marche pas avec Damien ou si tu as d'autres soucis. Je serai ton confident. Bonne nuit.

— Bonne nuit.

Je retournai vers ma tente et je me couchai. Damien dormait toujours paisiblement. Je me demandais si Jeremy voulait être seulement mon confident ou si il avait une autre idée derrière la tête. Le matin, nous fîmes notre toilette dans la rivière et j'eus de nouveau l'occasion de me rincer l’œil. Le reste de la journée se déroula sans rien de particulier à vous signaler.