Une histoire à découvrir
Camps de vacances (7)
9 juillet 2015 - Quatrième jour - Damien
Le troisième jour, le mercredi, s'était déroulé de la même manière que le deuxième. J'avais dit à Pierre que les hommes allaient réclamer (Pierre était le prénom du moniteur, il me l’avait révélé, tout en me recommandant de ne l’utiliser que lorsque j’étais seul avec lui). Il m’avait promis du changement et avait également autorisé un téléphone le soir. Comme il n'y avait qu'un appareil, le temps avait été limité à trois minutes par personne. Nous n'avions pas eu le droit de donner de détails sur la vie au camp puisque nos familles croyaient que c'était une colonie de vacances ordinaire. Pierre et le gros homme avaient écouté nos conversations, « pour des raisons de sécurité » avaient-il dit. Mes parents n'avaient pas répondu, comme je m'y attendais, ils se trouvaient eux aussi dans une région sans téléphonie mobile. J'avais laissé un message sur leur répondeur.
Le soir, nous n'étions pas allés dans l'ancien corps de garde car je voulais voir ce qu'il se passait entre mes camarades. À mon grand regret, il n'y avait pas eu de masturbation collective. Il m'avait semblé que deux couples s'étaient déjà formés. Nous ne les avions pas aperçus de toute la soirée.
Le jeudi, nous avions une descente en rappel au programme. L’un d’entre nous, Nelson, avait déjà pratiqué de l’escalade et l’avait mentionné dans son mail d’inscription. Les organisateurs voulaient profiter de son expérience. Nous étions passés au local avec Pierre. Il nous avait indiqué les cartons à charger dans la jeep. Nous avions pris une corde, et, pour chacun d’entre nous, des baudriers et des dispositifs de freinage et d’assurage, ainsi que deux talkies-walkies.
Il y avait une falaise d’environ 50 mètres de hauteur dans une partie du camp que nous n’avions pas encore visitée. Nous montâmes au sommet de celle-ci. Pierre avait déposé le matériel et était redescendu. Les militaires avaient placé des dispositifs d’ancrage dans la roche. Nelson fixa la corde, puis demanda qui voulait descendre le premier. À ma grande surprise, c’est Loïc qui se dévoua. Nelson l’aida à s’équiper. Il s’élança dans le vide sans hésiter. J’avais le vertige et j’osai à peine regarder en bas, j’attendis anxieusement que Pierre me confirmât par radio qu’il était sain et sauf.
Nous n’étions plus que trois en haut : Tristan, Nelson et moi. Tristan n’osait pas descendre. Il était tétanisé par le vide. J’essayai de le convaincre pendant de longues minutes, mais il refusa. Je fus obligé d’en informer Pierre. Cela me désolait, car je pensais que Tristan allait nous quitter, ou que les organisateurs allaient lui faire comprendre qu’il n’était pas à sa place dans ce camp.
C’était à mon tour, j’avais très peur. Un chef devant montrer l’exemple, je me jetai dans le vide en fermant les yeux. Ce ne fut pas si terrible que ça et j’arrivai en bas en regrettant presque que ce fût si rapide. Nelson nous rejoignit et nous repartîmes à pied. Pierre remonta en jeep chercher Tristan.
Nous ne revîmes jamais Tristan, nous n'étions plus que huit.
Avant le dîner, je me couchai sur mon lit un moment. Des souvenirs me revinrent en mémoire. Je me rappelais ma première douche collective à l'école, j'avais observé avec attention tous mes camarades, mémorisant la taille et la forme de leur bite. Je me rendais maintenant compte que cela signifiait que je m'intéressais déjà aux garçons à cette époque. J'étais évidemment trop jeune pour penser à mon orientation sexuelle. Je repensais également aux vidéos pornographiques que j'avais téléchargées sur Internet. De nouveau, je ne regardais que les sexes des hommes en érection, délaissant ceux des femmes. La visite médicale m'avait servi de révélateur. Maintenant j'étais sûr que j'étais gay. Je n'allais plus perdre de temps et profiter de l'occasion unique de ce camp où tout était permis, même encouragé.
Après le repas, je pris discrètement quelques boîtes de préservatifs de diverses tailles. Je demandais à Loïc s’il voulait prendre l’air, il ne dit pas non. Nous nous dirigeâmes vers l’ancien corps de garde. À mi-chemin, mon camarade me fit signe de m’arrêter et me demanda si j’avais toujours un talkie-walkie, je lui répondis que je les avais laissés dans la jeep. Il continua :
— C’est bien, il faudra quand même en reprendre deux et les garder toujours avec nous, mais enlever les piles et ne les utiliser qu’en cas d’urgence.
— Pourquoi ces précautions ?
— Ce n’est pas du matériel militaire, les conversations ne sont pas cryptées. N’importe qui pourrait les écouter.
— Tu es bien méfiant.
— Un ancien slogan disait que les murs ont des oreilles. Nous ne devons jamais avoir une conversation confidentielle à l’intérieur des bâtiments.
— Qu’entends-tu par conversation confidentielle ?
— Parler de la disparition de nos camarades par exemple, déjà quatre en quatre jours.
— C’est vrai, je m’inquiète aussi, mais bon la vie n’est pas facile ici, pas de sorties, pas de portables.
— Nos parents n’avaient pas non plus de portables au service militaire et ils ont survécu. Tu te rends compte ? Ils pouvaient rester plusieurs jours sans envoyer un SMS à leur dulcinée toutes les cinq minutes.
— Ce devait être difficile, en effet.
— Ces disparitions me rappellent un jeu télévisé, Koh-Lanta, tous les candidats sont éliminés les uns après les autres, il n’en reste qu’un à la fin.
— Cela ne me dérangerait pas d’être celui-là et de gagner les dizaines de milliers d’euros.
— Même si tu devais m’éliminer ?
— Ce n’est qu’un jeu.
— Les candidats en connaissent au moins les règles. Nous pas.
— Penses-tu que nous sommes dans un jeu ici ?
— Si c’est un jeu, nous sommes les pions qu’on déplace sur un échiquier. Pourquoi pas ? Cela expliquerait tous ces rouquins. Une partie d’entre nous pourraient être des figurants qui se teignent les cheveux.
— Je te jure que je ne connais pas les dessous de cette histoire et que mes cheveux sont naturels.
— Ce n’est pas une preuve, tu me dirais la même chose si tu étais un comédien payé par la production.
— Et tu penses qu’on pourrait nous filmer à notre insu ?
— À l’insu de notre plein gré, oui.
Je restai pensif. C’était plausible ce que racontait Loïc. De la télé-réalité ? Sans en informer les participants ? Filmés ou pas, tant pis, j’abordai un autre sujet.
— Je pense que deux couples se sont déjà formés : Cédric et Chadli, Ken et Nelson.
— Je pense qu’il y en a même trois.
— Et qui sont les deux autres ?
— Tu le sais tout aussi bien que moi. Allons voir si le matériel a été remis en place.
Le matériel était déposé devant l'entrée, c’était certainement Tristan qui l'avait déchargé de la jeep. Personne ne pouvait rien voler ici. J'ouvris la porte et nous descendîmes les cartons. Nous prîmes discrètement chacun un talkie-walkie et des piles de réserve, après avoir vérifié qu'il était bien éteint. Nous devions penser en permanence que nous pouvions être filmés et écoutés. Ce n'était peut-être que de la paranoïa, à cause de l'ambiance inhabituelle du camp. Ou nous avions trop lu de romans dans notre enfance. Nous passâmes de l’autre côté.
Ce qui allait suivre me préoccupa plus : c'était donc ici, dans ce local délabré que j'allais perdre ma virginité, en treillis militaire, sous la lumière blafarde des néons, avec un homme de surcroît, alors que je m'étais vaguement imaginé vivre mon premier câlin à l’intérieur d’une belle chambre ensoleillée, dans les bras d'une adorable jeune fille romantique. Il y avait une table et quelques chaises dans un coin, nous en prîmes deux et nous nous assîmes au milieu de la pièce, l'un en face de l’autre, après avoir enlevé nos souliers et nos chaussettes. Loïc finit par rompre le silence :
— As-tu réfléchi ?
— À quoi ?
— À ton orientation sexuelle.
— Je pourrais aussi être bi. Ce soir, je n'ai pas le choix.
— Insinues-tu que je ne suis que du deuxième choix ? Aurais-tu préféré baiser le gros obèse ?
— Je me suis mal exprimé, je voulais dire qu'il n'y avait pas de filles ici.
— J'avais bien compris, et c'est heureux, tu aurais aussi été tenté.
— Bon, arrêtons de bavarder. J'ai des boîtes de préservatifs, mais nous ne sommes pas obligés d'aller si vite.
— J'en ai aussi pris, les grands esprits se rencontrent.
Nous nous levons, je pose mes bras sur les épaules de Loïc, il fait de même, comme lorsque nous nous sommes promis de nous soutenir jusqu’au bout. Nous nous regardons dans les yeux puis rapprochons nos visages. Nos lèvres se touchent, d’abord quelques effleurements maladroits. Le contact devient plus intense, nos langues se cherchent. Je le serre dans mes bras.
Loïc dégage mon tee-shirt coincé dans la ceinture de mon pantalon et passe ses mains dessous. Il me caresse le dos, le ventre, le buste. Je l’imite, puis je décroche son ceinturon, les boutons de sa braguette, le pantalon tombe sur ses genoux. Ma main s’insinue à l’intérieur de son slip blanc déjà taché, je prends sa hampe dans ma main, allant jusqu’au gland humide. Je descends plus bas, entoure ses testicules. Loïc gémit.
— Je t’ai fait mal ? lui demandé-je en chuchotant.
— Non, continue.
Je débute par des légers mouvements de va-et-vient. Je sens le membre s’épanouir dans ma main. Loïc ne reste pas inactif. Il pose sa main sur mon sexe, par dessus l’étoffe du treillis. Il l’enserre assez fort. Sa chaleur me fait bander instantanément. Loïc ôte alors mon tee-shirt puis mon pantalon, mon slip. Je suis nu devant lui. Il me caresse tout le corps. Je n’y tiens plus, je le déshabille aussi. Nous nous prenons de nouveau dans les bras et nous nous embrassons, nos deux pénis érigés collés l’un à l’autre.
Je tire les matelas des lits de camps et les mets par terre. Nous nous couchons, passant alternativement l’un sur l’autre. Puis nous restons sur le dos, nous masturbant mutuellement. La tension dans ma bite est extrême.
— Je ne vais plus pouvoir tenir longtemps, dis-je à Loïc.
— Ne t’en fais pas, moi non plus.
Nous ralentissons la vitesse de nos caresses. Je sens les mouvements des mon bassin s’intensifier, j’essaie de me retenir, je n’y arrive pas, le sperme jaillit en de longues saccades. Je regarde la bite de Loïc, il jouit aussi au même moment.
Nous restons longtemps côte à côte, main dans la main, les yeux fermés, sans rien dire. Loïc sort un paquet de mouchoirs de la poche de son pantalon qui traîne par terre. II me nettoie le ventre et le gland. Il me recalotte en souriant, après avoir déposé un bisou sur le méat. Je prends alors sa bite dans ma main et je l’examine en détail. Son grain de beauté m’intrigue, je sais que ce n’est pas grave. J’observe également la cicatrice de sa circoncision, la peau de deux couleurs.
— Tu veux devenir docteur ? me demande-t-il.
— Non, simple curiosité. C’est la première fois que je vois de près un si bel objet.
— Traite-le avec précaution. Il m’est très cher.
— Je n’y manquerais pas.
— On remet ça ?
— Pas ce soir, je dois revenir sur terre et digérer ce qui m’est arrivé.