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Camps de vacances (9)

11 juillet 2015 - Sixième jour - Damien

Nous avions eu une nouvelle activité pendant la journée : un parcours du combattant, avec différents obstacles à franchir, dans la plus pure tradition du drill militaire. Mes hommes avaient fait preuve d’engagement. Il avait plu la nuit précédente, comme fait exprès, et nous avions rampé dans la boue. Seul Daniel avait eu de la peine à franchir certains obstacles. Ses camarades l’avaient aidé. Par chance, Pierre n’avait pas assisté à l’exercice et Daniel était toujours parmi nous.

L’après-midi, le soleil était revenu. J’avais proposé d’aller laver nos treillis dans la rivière car nous n’en avions qu’un. J’avais oublié qu’ils allaient mettre plusieurs heures pour sécher. Nous dûmes rentrer en tee-shirt et en slip, gros souliers aux pieds. Heureusement le ridicule ne tue pas. Nous passerons également la soirée dans cette tenue inhabituelle.

J’avais promis d’avoir un entretien personnel avec chacun de mes hommes. Je décidai de commencer par Daniel. Par certains aspects, il m’intriguait beaucoup. Je lui demandai si Loïc pouvait aussi participer, il accepta. Nous nous éloignâmes du bâtiment.

— Daniel, lui dis-je, tu ne parles pas beaucoup, nous ne savons presque rien de toi.

— J’ai toujours été comme ça, c’est dans ma nature, ne t’inquiète pas.

— Tu viens d’où ?

— De Suisse.

— J’avais pensé, à cause de l’accent. Et pourquoi as-tu eu l’idée de venir ici, à l’étranger ?

— J’ai reçu un mail, comme vous tous je pense. Je l’avais d’abord mis à la corbeille, mais quelqu’un en a parlé sur un forum.

— Quel forum ?

— Ce forum réservé aux rouquins, vous le connaissez peut-être : poildecarotte.com.

— Ah oui, dit Loïc, je me rappelle. Il a été ouvert il y a un ou deux ans pour défendre les rouquins, soi-disant victimes d’agressions, en particulier après la diffusion d’un clip vidéo.

— Je m’étais aussi inscrit, dis-je. Je pense que tous les rouquins de France se sont inscrits, et même de Suisse semble-t-il. Ce site a rapidement passé de mode.

— J’y vais encore de temps en temps, continua Daniel. Un de mes amis a demandé si d’autres personnes avaient reçu l’invitation. Plusieurs l’ont reçue.

— Tu pensais le rencontrer en venant ici ? demandai-je.

— Pas vraiment. Il n’a pas dit qu’il participerait au camp. J’avais quand même un secret espoir.

— Et tu penses que ton ami est parmi nous ? demandai-je à Daniel.

— Je ne sais pas, je n’ai aucun indice.

— C’est peut-être le gros homme au complet blanc, dit Loïc.

— Je serais déçu, répondit Daniel en riant. Je le voyais pas comme ça.

— Bon, dis-je, nous avons au moins résolu une énigme. Nous savons où ils ont acheté les adresses pour nous contacter. Parlons d’autre chose. Tout va bien ? Tu te plais ici ?

— J’ai un souci. Tu sais que je suis gay ?

— Oui, c’est indiqué sur ma liste.

— J’avais espéré faire une rencontre, ça n’a pas marché. Il n’y a plus que Gaël qui est libre, et il nous parle sans arrêt de sa petite amie, comme pour proclamer son hétérosexualité. Je me retrouve seul.

— Ne désespère pas, les couples peuvent se défaire d’ici la fin du camp.

Je pensais également qu’il pourrait y avoir d’autres disparitions, mais je n’osais pas le dire. Une autre idée me traversa la tête. Pourquoi ne pas faire un plan à trois ? C’était prématuré et je ne savais pas si Loïc serait d’accord. Daniel nous dit :

— Je vais vous laisser, vous avez mieux à faire que de m’écouter me lamenter.

— Pas du tout, dis-je. C’était très intéressant. Tu peux me parler n’importe quand.

Il nous quitta. Je restai pensif. Pas facile d’être chef et d’entendre les états d’âme de ses subordonnés. J’espérais que ce serait plus facile avec les suivants.

Après la discussion avec Daniel, nous nous retrouvâmes pour la troisième fois dans notre nid d'amour, si je peux l'appeler ainsi. Pour nos premiers émois juvéniles le cadre importait peu.

— Tu m'as fatigué avec ton parcours d'obstacles, me dit Loïc en arrivant.

— Je te rappelle que ce n'est pas moi qui décide ce que nous faisons.

— Je me demande si tu ne devras pas bientôt tout décider tout seul, nos organisateurs semblent de moins en moins présents. Et je ne sais pas si tu as vu, le gros homme a l'air malade, il est pâle et a de la peine à se déplacer.

— Oui, j'ai vu.

— Heureusement que la plupart de nos camarades ne pensent qu'à baiser comme des lapins, ils oublient tout le reste.

— Et toi, tu n'as pas envie de baiser ?

— Pas ce soir, j'ai la migraine, chéri.

— Bien, je te laisse et je vais avec Daniel.

— Je plaisantais. Mais je suis vraiment fatigué. Je me couche et je te laisse faire. Libre-service. Tu paies à la caisse en sortant.

— C'est combien ?

— Tarif dégressif, plus j'aurai de plaisir, moins ce sera cher.

Loïc prend un matelas par terre et le met sur un lit de camp, puis se couche dessus.

— Tu aurais pu quand même enlever tes souliers et tes chaussettes sales.

— Et puis quoi encore, j'aurais aussi dû mettre un slip propre ? Désolé, quand nous serons sortis de ce guêpier, si nous en sortons un jour, je me changerai. En attendant, ce sont les conditions extrêmes des aventuriers.

Il exagérait un peu, on nous lavait nos sous-vêtements chaque jour et il y avait du papier aux toilettes, de plus nous avions pris un bain dans la rivière l'après-midi en même temps que notre treillis. Par contre, le mot « guêpier » qu'il avait utilisé m'inquiéta plus que l'odeur de sa bite.

Je lui détache les lacets de ses souliers, les ôte, puis lui tire ses chaussettes. Je contemple son corps, il me paraît moins frêle qu'au début du camp. Ce n'est peut-être qu'une impression, ou c'est son tee-shirt militaire et son slip blanc qui le rendent plus viril. Il ne s'est pas rasé depuis deux jours, son visage et ses bras ont bronzé. Il a les yeux fermés.

Je ne perds pas de temps en préliminaires, je m'agenouille à côté du lit de camp, je lui baisse un peu son slip et coince l'élastique sous ses couilles, juste pour les comprimer sans lui faire mal. J'ai déjà expérimenté cette technique en solitaire. Son pénis est déjà légèrement gonflé lorsque je penche ma tête et débute ma première caresse avec la langue. Je me promène du haut en bas, insistant ensuite sur la couronne du gland, puis sur les couilles. Loïc bande au maximum. Je me demande comment je vais pouvoir mettre tout ça dans la bouche. J'aurais préféré une bite dans la moyenne, comme la mienne par exemple. J'y arrive quand même et je le suce, tout en lui tenant le bas du pénis dans ma main droite. Il faut plusieurs minutes jusqu'à que je sente qu'il est prêt. Je ne désire pas avaler son sperme la première fois, je ressors sa bite de ma bouche et je termine par des va-et-vient énergiques. Il jouit en silence.

— Alors, lui demandé-je, je dois toujours payer ?

— La moitié seulement.

— Bon, je suis obligé de continuer. Je n'ai pas d'argent sur moi.

— Désolé, la maison ne fait pas crédit.

Je lui enlève son slip et lui nettoie le ventre avec. Puisqu'il aime les slips sales... Je lui dis ensuite :

— Cela n'ira pas sur le lit de camp, lève-toi et mets-toi sur l'autre matelas par terre. Voilà, sur le ventre, un peu sur le côté. Et relève un peu les fesses.

— Que veux-tu faire ?

— Euh, je vais d'abord examiner.

J'écarte ses fesses et je regarde son anus, ça me fait une drôle d'impression de voir cette partie du corps d'un homme de si près. Les G. O. nous ont aussi mis du lubrifiant à disposition, en plus des préservatifs. J'en ai pris un flacon. J'en enduit la rosette. Mon doigt s'insinue de plus en plus profondément. Je pense que le moment est venu, je bande fort. J'enlève mon slip et déroule un préservatif, cherche une bonne position, puis introduit ma bite. Loïc gémit.

— Tu as mal ? demandé-je.

— Non, continue.

Je fais quelques timides va-et-vient. Loïc a l'air d'apprécier, j'accélère la cadence et je jouis assez rapidement. Je me retire, ôte le préservatif. Je n'ose quand même pas utiliser le slip de Loïc pour m'essuyer. Je prends le mien.

— Je passe toujours à la caisse ?

— Non, je t'offre la première fois. Mais demain on inverse les rôles. Et maintenant on rentre, je suis crevé.

13 juillet 2015 - Huitième jour - Damien

Ce jour-là, Gaël nous quitta. Je pus cependant l’accompagner jusqu’à sa sortie du camp.

Nous étions rentrés de nos exercices quotidiens vers 17 heures. Pierre m’avait pris à part et m’avait annoncé qu’il avait reçu un téléphone de la famille de Gaël. Son père avait eu un grave accident. J’attendis que Gaël eut fini sa douche et j’allai le chercher. Je lui annonçai la triste nouvelle et lui demandai de rappeler sa mère. Je le laissai seul dans le bureau, Pierre ne resta pas non plus. Je pensai à lui commander un taxi pour le conduire à la gare. J’appelai les renseignements pour avoir le numéro, puis je téléphonai au taxi. Il me promit d’arriver trois quarts d’heures plus tard.

Je décidai de rester avec Gaël pour voir la réaction de Pierre. Il ne fit aucun problème. Nous nous rendîmes dans le local attenant au gymnase, Gaël put récupérer ses affaires personnelles. Les cartons des camarades qui étaient déjà partis n’étaient plus là. Gaël prit ensuite quelques provisions à la cuisine pour son repas dans le train, il nous salua tous. J’allai avec lui jusque vers l’entrée du camp. Pierre introduisit une clef dans une serrure, il tapa ensuite un code, je ne pus pas le voir. Le portail coulissa et s’ouvrit. Je pris Gaël dans mes bras, formulai des vœux pour la guérison de son père. Je lui demandai son numéro de portable et lui promis de le rappeler dans quelques jours. Il monta dans le taxi qui l’attendait. Pierre referma le portail.

Nous ne revîmes jamais Gaël, nous n’étions plus que sept.

J’étais rassuré, tous les départs de mes camarades s’étaient certainement déroulés de cette manière. Je me réjouissais de la journée du lendemain. Nous allions avoir congé et un bon repas le soir, exceptionnellement avec de l’alcool. J’avais une idée derrière la tête. Je voulais explorer tous les endroits du camp où nous n’étions encore jamais allés.

14 juillet 2015 - Neuvième jour - Loïc

J’étais de mauvaise humeur le soir du 14 juillet. Nous avions pourtant une soirée pompeusement appelée « garden party », pour faire comme à l’Élysée. Le cuisinier nous avait servi des grillades dehors, accompagnées d’un buffet de salades et d’un buffet de desserts. Des lampes multicolores avaient été placées au-dessus de la terrasse devant le bâtiment. C’était la piste de danse. Les élèves de l’atelier de musique jouaient des morceaux, en alternance avec des disques.

Je ne savais pas danser, et je ne pouvais de toute façon pas danser avec un homme. Je devais aussi plaire aux filles, deux m’invitèrent mais me laissèrent rapidement de côté. J’observai Damien et j’étais jaloux : non seulement il dansait comme un dieu, mais en plus toujours avec la même fille, Céline. Soudain, je ne les vis plus, ils avaient disparu. J’imaginais le pire, ils étaient sûrement en train de se bécoter dans un coin sombre. C’en était trop, je partis aussi me promener dans le parc. Jeremy m’avait vu, il me rattrapa.

— Attends-moi, ça ne va pas ? Je peux t’aider ?

— Je danse comme un pied et Damien me fait des infidélités avec Céline.

— Il faut te rendre à l’évidence, il n’est pas gay.

— J’ai l’intuition qu’il l’est. Je ne perdrai pas espoir jusqu’au dernier jour. Et en plus, nous avons le deuxième camp demain, deux jours de sport. Je n’aime pas ça non plus, je préférerais répéter avec toi. Tu pourrais m’apprendre à danser.

— Cela tombe bien, c’est exactement ce que j’allais de proposer.

— C’est une plaisanterie ? Juste pour me réconforter ?

— Non, c’est sérieux. Tu sais que tu auras une longue scène seul et j’aimerais bien avoir une répétition spéciale avec toi. J’en ai déjà parlé au directeur, il est d’accord. Et demain, nous irons en ville acheter des costumes. Cela te fera du bien de changer d’air, à moi aussi. L’ambiance de la colo devient pesante à la longue.

— Nous irons en train ?

— Non, j’ai une petite voiture.

— Tu la payes avec l’argent que tu gagnes ici ?

— Tu rêves. Ce sont mes parents qui me l’ont offerte. Tu es d’accord de venir ?

— Quelle question, tu es mon sauveur.

Je lui fis un bisou et j’allai me coucher. Je n’eus même pas envie de me branler.