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Cartes postales

J’ai voyagé. Pas tant que ça, mais un peu. J’ai fouillé l’Europe, les États-Unis et l’Amérique du sud. Les plus belles cartes postales que j’ai conservées sont les hommes que j’y ai rencontrés. J’ai découvert l’Allemagne à Paris, il s’appelait Heinz. Il m’avait invité à son hôtel pour me faire découvrir le pays de son corps qu’il avait très beau. Le duvet blond de ses pectoraux me rendit fou lorsqu’il enleva sa cravate et sa chemise blanche au bord de cette nuit d’août. Lorsque son pantalon tomba, l’érection forçait déjà sous son sous-vêtement blanc. Son sourire m’étonnait lorsqu’il se masturbait. Il aimait ligoter sa queue avec une lanière de cuir et lécher mes testicules qu’il avait arrosé de vin rosé. Heinz était raffiné, très pervers, et adorait se faire sauter. Je l’ai fourré. Plusieurs fois dans la même soirée. Toute la nuit il m’a enlacé. Je l’aurais bien marié. Au petit matin après les croissants et le café, on s’est longuement embrassé. Et puis on s’est quitté...

Georges était Américain. De passage en Belgique, il allait rejoindre sa fiancée. On partageait la même chambre dans une auberge de jeunesse et c’est là que pour la première fois, avec un garçon, il a joué aux fesses. Ses fesses, justement, étaient très irritées par son sac à dos qu’il transportait toute la journée.

Il s’était procuré un onguent et de la poudre que seul il avait peine à appliquer. Il m’a demandé de jouer les infirmiers. C’est ainsi que devant l’évidence de sa traître queue bien bandée, il s’était laissé sucer. Durant la nuit il était venu me retrouver dans mon lit. Au matin la femme de chambre nous a surpris en flagrant délit. Georges la chassa cavalièrement. Afin qu’elle ne puisse entrer à nouveau, Georges m’a plaqué le dos sur la porte afin de l’obstruer et le visage au pied de mon ventre m’a dit: «If it’s good for minou, it’s good for pitou». Où avait-il été chercher ça? Il a ajouté: «Come in my mouth.» Ensuite, il a repris son sac à dos et est allé se marier...

J’ai rencontré John à Provincetown sur la plage, près des dunes. Malgré que j’étais avec mon amant, j’ai eu le coup de foudre pour John. La raison en était simple, John était la réplique exacte de mon amant que j’adorais. J’étais irrésistiblement attiré par le phénomène. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut sucer son amant et le fourrer en même temps. Quand à eux, ils se découvraient à travers l’autre comme on s’excite devant un miroir. Quelle étrange situation! Quelle baise hallucinante! N’eut été leurs queues qui différaient, je les auraient confondus. Même que, dans le feu de l’action, je ne pus retenir mon éjaculation simplement à les voir s’ébattre ensemble...

Et puis, l'année dernière, il y eut Edouardo au Costa Rica. Edouardo était ouvrier à deux pas de ma petite «cabana». Son corps ruisselant au soleil m’ennivrait et son sourire m'enjolait lorsqu’il me disait «hola». Un jour, je lui ai offert un Coca Cola. Nous sommes devenus amis. Être amis peut vouloir dire bien des choses au Costa Rica. C’est ainsi que Edouardo en vint à m’inviter à faire des balades à cheval le soir après le travail et m’amena dans sa modeste demeure qui était un rêve pour moi, un taudis pour lui. Toute une nuit on a bu la «cerveza». Sous la lune on s’est baigné dans la mer, tout nu. On s’est embrassé, mon corps sur le sien faisait contraste. Clair, obscur. Au plus fort de l’une de ses étreintes il m’a dit: «jo te quiero». Je l’ai aimé de tout mon être, je l’ai baisé sauvagement. À l’aéroport il ne comprenait pas pourquoi je ne voulais pas le sortir de son paradis... Adieu, Heinz, Georges, John et Edouardo, jamais je n’oublierai ces nuits torrides qui ragent encore sur mon corps. Ici, aujourd’hui, il pleut.