Une histoire à découvrir
À coeur vaillant rien d'impossible (1)
Le Froufrou était réputé pour être la boite gay la plus chaude de la ville, située sur l’avenue Nérac, l’artère la plus dynamique de la city, elle côtoyait cabaret cossus, casinos reluisant et restaurants étoilés. Sa réputation précédait l’établissement dans lequel se pressait la Jet Set homosexuelle masculine de toute la région. N’entrait pas qui voulait, et outre les fortunés habitués il fallait impérativement allier beauté, charme, tenue branchée et beau petit cul pour espérer passer à travers l’impressionnant cordon de videurs physionomistes qui gardaient l’entrée. Cette nuit c’était soirée festive, le peuple se pressait, paradant devant la façade illuminée et les voitures de luxe déposaient sans interruption de richissimes VIP. Une musique de Deep House sur fond de Remix Contest réussissait à se faire entendre depuis le dehors.
Jonas se tenait à l’écart, impressionné par cette masse grouillante qui venait se heurter aux costumes impeccables des videurs. Il s’était rendu ici sans réfléchir à ce qu’il ferait ensuite pour atteindre son but. Ayant passé l’ensemble de sa vie chez ses parents à la campagnes il n’était pas habitué à l’effervescence et aux frasques de la ville. Le jeune homme de 20 ans leva les yeux vers les étoiles, semblant y chercher une source d’inspiration. Son visage était agréable à regarder avec ses yeux vert, son nez arrondi, ses lèvres pulpeuses et ses pommettes rosées. Ses cheveux bruns et bouclés tombaient en cascade sur ses oreilles. Jonas s’était bien habillé pour l’occasion, portant sur lui une chemise noire qui compressait son torse musclé, un jean stylisé qui mettait ses attributs en valeur, notamment la courbe irréprochable de son arrière train et des chaussures classes. Il se savait homosexuel depuis déjà quelques années mais était totalement inexpérimenté en la matière.
Repoussant depuis toujours les avances des filles de son âge ce grand rêveur n’était intéressé que par les hommes, et plus particulièrement par Jean Lou, son idole. Jean Lou alias Jaylou, était connu dans le milieu urbain comme l’une des figures les plus emblématiques du mouvement homo décomplexé qui s‘assumait et se faisait respecter. Il avait commencé dans les année 80 tout en bas de l’échelle comme serveur dans une petite boite gay de seconde zone. À force de travail, de persévérance et de nombreuses promotions canapés le jeune homme qui avait la vingtaine à l’époque avait gravit les échelons un à un. Il triompha dans le début des années 2000 en devenant le patron du Froufrou qu’il transforma en moins de cinq ans en la plus belle boite de nuit gay de la région. Sa renommée le précédait désormais et quasiment toute la communauté homosexuel le connaissait.
Jonas fantasmait sur Jean Lou depuis déjà quelques années. Il le trouvait désirable malgré ces cinquante ans bien tassés et pensait à lui jour et nuit. L’alchimie était complexe, le personnage était charismatique, fêtard, grande gueule et apparaissait pour Jonas comme l’homme expérimenté dont il avait besoin pour aborder sa sexualité balbutiante. Il avait donc pris le pas sur sa timidité, quitté la maison familiale à l’aube, laissant derrière lui l'étouffoir que représentait son village natale saturé de morale catholique et d‘un voyeurisme provinciale. Traçant la route en auto-stop, le soleil dans le dos, l’air frais du matin sur son visage il partait à l’aventure. C’était le besoin impérieux de l’oisillon qui voulait prendre son envol cherchant à écarter les limites du monde connu. Le soleil se couchait doucement lorsqu'il atteignit enfin l’avenue Nérac.
Il tomba d’office devant le portrait géant de son idole placardé en grand sur un panneau publicitaire. L’homme avait les cheveux complètement blancs, réunis à l’arrière en une queue de cheval. Son regard était perpétuellement caché derrière d’épaisses lunettes de soleil ce qui lui donnait à la fois un air mystérieux et totalement inaccessible. Le visage rasé de près, il portait une redingote blanche et ses mains gantées enserraient un petit chat blanc. Sa peau était bronzée et sa carrure plutôt développée. Jonas plaqua avec émotion sa main sur le panneau comme si ce contacte pouvait le rapprocher un peu plus de son amour.
Soudain le tumulte augmenta, un cortège arrivait ! Une longue limousine venait de se garer devant la boite, elle-même encadrée de quatre motos. La foule se pressa vers celle-ci mais aussitôt une nuée de garde du corps fit barrage, une portière s’ouvrit, Jonas sentit son cœur palpiter. Et là, au milieu des flashs crépitants il vit Jaylou pour la première fois. Il sortit avec grâce, une canne à pommeau doré dans la main. Ce fut l’hystérie, il leva une main gantée et sourit à ses fans avant d’avancer vers l’entrée de la boite, sa route étant ouverte par les gardes et bientôt il disparut à l’intérieur de la forteresse. Il était là, Jean Lou, le Jean Lou, son Jaylou. Il ne pouvait plus reculer, il fallait qu’il entre, qu‘il prenne sa vie en main.
Une autre affiche l’informa du thème de la soirée : Prédateurs nocturnes en jungle urbaine. La photo montrait un torse nu sur lequel se refermait deux bras puissants. Jonas sentit un délicieux frisson lui parcourir le corps, cette nuit il serait le prédateur et Jaylou sera la proie. Combattant sa timidité il s’avança vers la foule et se fondit dans la file d'attente. Son corps fut bientôt collé à celui de dizaines de jeunes gays en effervescence. Les fesses compressées dans les slims se frôlaient, les torses s’entrechoquaient, des mains baladeuses venaient presser les entrejambes galbés goûtant aux fruits interdits, d’autres glissaient sur les cuisses comme voulant traverser le tissu des jeans. Jonas rougit de ces contacts répétés, peu habitué à une telle proximité vu le nombre d’habitants au kilomètre carré que comprenait son village. Il se rendait bien compte qu’il ne passait pas inaperçu et plusieurs fois au cours de sa difficile avancée il fut abordé et chauffé comme il fallait par des minets plus mignons les uns que les autres. Son avance fut finalement complètement bloquée au milieu de la foule et malgré tout ses efforts il fut forcé de rester sur place, tant l’étau formé par les corps était solide.
Contraint à l’arrêt, il fut soudain attaqué de toutes parts par des mains plus qu’entreprenantes. Elles s’attardaient sur la forme de son sexe, massant la bosse à l’aide de petites pressions ciblés. Jonas, rouge d’embarras, tentait de repousser les intrusions mais perdu dans cette masse grouillante il avait du mal à savoir qui tripotait qui. Soudain il sentit une présence dans son dos, quelqu'un venait de se coller à ses fesses, il pouvait sentir son haleine chaude dans sa nuque. Gêné, sans pouvoir se retourner, il glissa une main derrière lui pour établir un périmètre de sécurité. Surpris, il sentit ses doigts glisser sur une peau nu. De suite la main de la personne qui se tenait dans son dos attrapa la sienne et la guida vers quelque chose de dur. Ne sachant comment réagir, Jonas tenta de se dérober mais l’inconnu le força à caresser l’objet. Le jeune homme reconnut enfin la forme et la texture d’une verge bandée. La première qu’il touchait autre que la sienne. Le contact était chaud et agréable, les lèvres de l’inconnu vinrent se poser sur son cou, provoquant un frisson. Il remonta dans une succion entêtante pour atteindre le lobe de l’oreille qu’il mordilla doucement.
Stimulé ainsi, Jonas pouvait sentir son jeune corps vierge commencer à réagir. Au même moment, le jeune homme qui se tenait devant lui se retourna. Habillé à l’américaine avec une casquette à l’envers il sourit à Jonas en se pourléchant les lèvres de façon sensuelle. Hypnotisé, Jonas le regarda s’accroupir devant lui et amener sa tête au niveau de son entrejambe. D'un coup une bouche vint englober l’avant du jean, emprisonnant la bosse que formait le sexe du campagnard sur le tissu moulant. Tel un aspirateur il titilla la verge de façon experte, la tête enfouie entre les cuisses de Jonas qui se cambra. Sa température augmenta, il se sentait à l’étroit dans ses habits. L’inconnu de derrière en profita pour simuler une pénétration anal, écrasant son pieu bandé contre la courbe des fesses de Jonas toujours à l’abri dans le jean. Le jeune homme au supplice se prit à espérer qu’on lui retire le vêtement pour que son jeune anus soit enfin savamment dépucelé.
— Mmm, tu es nouveau n’est-ce pas ? On fait le même traitement pour tout les nouveaux, glissa l’homme dans son dos. J’ai envie de te déshabiller, de t’effeuiller, d’arracher ton jean pour pouvoir enfin m’occuper de ton petit trou vierge.
La voix était viril, sûre d’elle. Jonas ferma les yeux, le menton en avant il se trémoussait de façon involontaire. Devant lui, le jeune homme qui le suçait lui jeta un regard victorieux, faisant courir ses doigts sur la plissure du jean qui moulait désormais la verge complètement bandée de Jonas. Le campagnard se mordit les lèvres, comprenant que son plaisir était en train de monter en flèche.
— Ah… Non… Stop… Je… Mmmm…
Caressé de toute part, transpirant, il se contorsionnait sous les attouchements. Respirant bruyamment il luttait contre l’orgasme. Voyant qu’il n’allait pas tarder à jouir, les mains anonymes pétrirent ses bijoux de famille avec encore plus d’insistance.
— Arrêtez, je… Je vais jouir… Gnaaaaah Araah Ahaaa !
Il sentit son sperme jaillir et venir souiller son pantalon. Sa queue n’en finissait plus de palpiter et de décharger sa semence. La foule autour de lui poussa des cris de joie, toujours passionnée à l’idée de voir un beau jeune homme se jouir dessus en couinant. Terrassé par la jouissance qui était de loin plus importante que celle qu’il se donnait lors de ses branlettes quotidiennes de puceau, il chercha à rassembler ses esprits. Un couloir se forma parmi la plèbe, il s’y engouffra instantanément, le jean collant et plein de foutre.
Après plusieurs minutes d’effort et de compression, il vint buter sur un videur qui bloquait le passage.
— Laissez-moi entrer, je vous en supplie. Jaylou est à l’intérieur ?
Le colosse le regarda, moqueur :
— Bien sûr qu’il est à l’intérieur c‘est le patron.
— J’ai fait beaucoup de chemin pour venir ici.
Il reproduisit sa petite tête de chien battu qui faisait craquer sa mère à tout les coups, l‘éclat de l'innocence brillant dans ses yeux. Le videur resta de marbre, recalant par son silence l’attrayant jeune homme. Cependant un de ses collègues lui attrapa l’épaule.
— Eh Andou, rappelle-toi les directives. Le thème c’est "Prédateurs et Proies". On a laissé entrer trop de prédateurs, il leurs faut des proies sinon ils vont tout péter. Ce petit phoque est parfait, il en satisfera plus d’un… Regarde-le, apprêté comme un cadeau de noël, il y a pu qu’à retirer l’emballage.
— Eh, je suis un prédateur, s’offusqua Jonas, je viens ici pour chasser.
Les deux colosses éclatèrent de rire tout en s’écartant pour laisser passer le jeune homme.
— Eh bien entre chasser, et n’oublies pas de me montrer tes prises lorsque tu sortiras en fin de soirée.
Des cris de protestation retentirent dans la foule, jalouse de voir Jonas accéder au saint Graal que représentait le Froufrou. Victorieux il s’extirpa de la masse grouillante et des mains avides qui lui chauffaient le cul depuis plusieurs bonnes minutes. Après quelques secondes d’arrêt, il passa les portes de la boite de nuit, l’un des videurs sur ses talons.