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Une histoire à découvrir

À l'heure bleue

Onze jours sans vous voir ont oxydé vos nerfs

L'ascenseur vous emporte, vous vous y échangez

Des baisers pimentés aux saveurs de l'urgence

La porte refermée le désir vous empoigne

Tu souris, tu l'accules au mur le plus proche

Des boutons sont défaits, des pans légers ouverts

Ta main douce s'échappe sur sa peau dévoilée

De sa bouche à son cou, de son cou au téton

Tu t'affames à la hâte de ses âpres attentes

Du téton au nombril, le temps d'être à genoux

Bien trop vive est la faim pour se faire languir

Tu accueilles l'abandon du gracieux déhanché

Et en honores le don de ta joie carnassière

Il faut glisser la langue aux sensibles pliures

Envoûter des tes lèvres les délicats recoins

De soupirs altérés en notes expirées

Sentir venir de loin l'agonie qui menace

Jusqu'au oui épuisé, au visage éprouvé

Boire le fruit salé de son râle assouvi

Et toujours à ses pieds dans cette entrée bleutée

Vos sangs sont traversés d'une idée de bonheur

— Tu me montres ta chambre?

— Viens.

Sans vous lâcher des yeux, vos vêtements volent au loin

Tu précipites vos gestes, vous frôlez la violence

Provoquant sa supplique tu t'assures de sa faim

Tu vois son corps mouiller à la pluie des désirs

Tu t'y frayes un chemin à emprunter ensemble

Résidences vivantes de vos souffles ardents

Vos ventres se rejoignent et s'épousent et s'accordent

Sur ses joues carminées, ses cils échoués

Disponible à la tienne, le brillant de sa bouche

Qui s'offre à l'infini généreuse et gourmande

Sa beauté enfiévrée te rend fou, tu la bois

Et à ses sensations se confondent les tiennes

À la satisfaction de ton être animal

En ce corps accueillant livré aux gémissements

Curieux de ton plaisir, assoiffé de sentir

Tu te fais ample et tendre, tu te retiens longtemps

La tentation puissante de l'ineffable assaut

À l'heure bleue du soir que vous ne voyez plus

Suscite en vous l'éclair des jouissances jumelles