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À poil dans la neige

Je m'appelle Loïc et j’ai trente-huit ans. J’habite à Castres et je suis très brun avec des yeux noirs. J’ai conservé le corps que j'avais à vingt ans, grâce à la natation et à tous les sports que je pratique. Je sais que je plais toujours aux mecs, puisque je n’ai pas encore de difficultés pour draguer ceux qui me plaisent.

Début janvier, nous sommes partis une douzaine de copains faire un peu de ski de fond dans l’Aubrac. Nous étions presque tous arrivés au refuge, sauf trois mecs que je ne connaissais pas. L’endroit était très grand avec, au rez-de-chaussée, une vaste salle-à-manger-cuisine, et tout autour, en mezzanine à l’étage, une seule et même chambre contenant au moins vingt lits superposés. Heureusement que j’avais apporté mes boules Quiès...

Les trois mecs en question sont arrivés enfin. Ils étaient jeunes, vingt à vingt-quatre ans, pas plus. Si deux d’entre eux étaient banals, sans plus, par contre le troisième... j’ai cru ne plus pouvoir détacher mon regard de sa frimousse: une espèce de jeune mâle brun aux cheveux frisés, au teint mat, aux épaules larges et rondes, avec un sourire d’ange à se damner. Quel choc! Un vrai coup dans l’estomac. Lorsqu’on nous a présentés, j’ai cru voir un regard différent, quelque chose qui aurait pu me laisser croire... en fait rien de formel. Devant sa beauté, je m’abusais peut-être. Deux heures plus tard, nous étions tous à table, et Christo s’était assis avec les plus jeunes à l’autre bout de la table. À un seul moment, devant l’insistance de mon regard, pourtant à plusieurs mètres de lui, il m’a regardé lui aussi en souriant. Je me suis mis à bander.

La soirée m’a paru très longue alors que j’aurais dû m’amuser avec les autres, boire et chanter. Je n’avais d’yeux que pour Christo, qui lui, ne prêtait plus aucune attention à moi. Au moment de se coucher, il a fallu s’attribuer un lit. Et je suis sûr que Christo a fait exprès de se placer de l’autre côté de la mezzanine, loin de moi. Il se marrait avec ses copains, et moi, je désespérais. Je l’ai vu se dépoiler. Comme il faisait chaud dans le refuge, il s’est mis en caleçon, torse nu. J’aurais accepté l’enfer éternel pour serrer ce jeune corps contre moi. Je ne pouvais pas m’endormir. Je devinais, de l’autre côté de la rambarde en bois, Christo sombrant dans le sommeil. Respirer son haleine, se caler contre son torse et ses petites fesses musclées étaient des pensées qui m’obsédaient. Je me suis branlé et me suis finalement endormi dans mon foutre, en imaginant que c’était celui de Christo.

La journée du lendemain s’est déroulée sans surprise. Brunch copieux et longue balade à ski dans les bois environnants. Je tirais une telle tronche qu’on a fini par me demander ce qui n’allait pas. Je n’allais pas le leur dire, même si la plupart savent que je suis gay. J’en devenais obsédé. Ce jeune mâle occupait toutes mes pensées, alors que lui m’ignorait superbement. Le soir, rebelote: repas copieux, rires, conversations à n’en plus finir, alcools et chansons. Une seule fois Christo m’a regardé, comme le soir précédent, un drôle de regard en me souriant. Je no savais plus quoi penser. Avant de sombrer dans le sommeil, crevé par la balade et le vin, je me suis à nouveau branlé en pensant fort à Christo.

Au milieu de la nuit, je me suis réveillé en sursaut. J’ai ôté mes boules Quiès. Bonjour les ronflements! Et puis j'ai entendu les escaliers grincer et une ombre glisser. J’ai reconnu Christo, torse nu, en caleçon. Puis la porte des toilettes s’est refermée. Il était en train de pisser. Ni une ni deux, je me suis levé à mon tour en silence. Lorsque je suis arrivé aux toilettes, il en sortait juste. Il m'a reconnu tout de suite dans la pénombre. Il a souri. On est restés comme ça quelques secondes. C’est là que j’ai su qu’il me fallait faire le premier geste. J’ai posé ma main sur son épaule, et insensiblement je l’ai rapproché de moi. Il n’a rien fait pour se défaire. J’ai posé tendrement mes lèvres sur les siennes, sans plus. Je bandais au maximum. Je me suis écarté, et j’ai vu distinctement son caleçon raide comme une tente: il bandait à mort! Quelques secondes plus tard, nous nous embrassions follement, avec la langue, serrés l’un contre l’autre à nous étouffer. J’ai malaxé sa bite derrière le caleçon en coton, j’ai plongé ma main dedans et le contact de la peau chaude de sa verge m’a électrisé. C’était soyeux, dur, humide, vibrant. Il m’a palpé si bien l’entrejambe que j’étais presque au point de jouir. Oh Christo, mon petit gars!

Mais on ne pouvait pas continuer ainsi, lui en tout cas ne voulait pas. J’ai compris à cet instant que personne ne savait qu’il était gay comme moi. L’éclat particulier de son regard ne m'avait donc pas menti! J'ai chuchoté: “Qu’est-ce qu’on fait alors?” Il m’a répondu: "L’étable!” “Mais on est à poil”, ai-je rétorqué. En effet, pour aller à l’étable, mitoyenne du refuge, il fallait faire une vingtaine de mètres dans la neige, par moins dix! “C’est ça ou rien! Ici, on peut nous surprendre à tout bout de champ!" il m’a fait. Christo a ouvert la porte sans bruit. Le froid nous a saisis. Puis j’ai vu mon jeune taurillon se précipiter avec son seul caleçon, pieds nus dans la neige en pleine nuit. J’ai fini par le suivre. Évidemment j’ai glissé et je me suis cassé la gueule sur la neige durcie. Fallait-il être amoureux pour faire ça! Transi et grelottant, j’ai rejoint Christo dans l’étable.

Là, il faisait chaud, à cause de la dizaine de bêtes. Christo a allumé. Il a vu une échelle menant à l’étage où était entreposé le foin. Il a éteint et nous avons grimpé à tâtons.

Immédiatement, nous nous sommes enlacés en nous embrassant partout, avec comme une frénésie accentuée par le froid que nous ressentions encore jusqu’aux os. J’ai embrassé, léché, sucé sa peau centimètre carré par centimètre carré pour le réchauffer. J’ai gobé sa belle tige, je me suis repu de sa bonne odeur de jeune mec un peu négligé, j’ai avalé ses couilles bien dures et très poilues comme des bogues de châtaignes. Je ne pouvais plus m’arrêter, jusqu’à lui embrasser les pieds encore glacés, à me délecter de ses orteils, pour remonter le long de ses jambes, de ses cuisses jusqu’à son anus, planqué entre ses deux fesses musclées. Christo me caressait les cheveux et n’arrêtait pas de soupirer et de gémir. À son tour il m’a fait la même chose.

Je n’ai pas voulu qu’il s’attarde trop longtemps sur ma bite. Il suçait trop bien et je ne voulais pas jouir tout de suite. Nous nous sommes affalés à poil dans le foin. Ça piquait, mais qu’importe. J’ai titillé ses petits tétons, et j’ai vu tout de suite que ça lui faisait de l’effet. Je me suis agenouillé, j’ai avalé sa belle tige de jeune taureau tout en continuant de lui pincer doucement les tétons. Ah, cette belle bite dans ma bouche, ce goût du mâle, cette hampe qui frétillait dans ma gorge... Et puis ses halètements rauques, ses soupirs de bonheur au-dessus de ma tête. J’ai senti son sperme bouillonner dans ses couilles comme la lave d’un volcan. Il s’est tendu en arrière et a voulu me repousser. Je me suis accroché en pinçant plus fort ses seins, et il a fini par m’éjaculer dans la bouche en criant. Mon cœur a explosé de joie lorsque j’ai senti les jets éclabousser mon palais, son sperme se répandre en longs jets brûlants. Le foutre de Christo dans ma bouche! Lorsque je me suis relevé, il m’a embrassé, récupérant le goût de sa propre semence. Puis il a voulu me faire la même chose. Il m’a dit: “Crache-moi ta jute dans la bouche à ton tour!” “Non Christo, je lui ai répondu, je suis séropo!” Il m’a serré fort sans rien dire, et je me suis branlé contre son ventre. J’ai fini par jouir contre lui, l’inondant de mon sperme. En jouissant, je lui ai dit: “Je t’aime, je t’aime!”

Si le retour, à poil et pieds nus dans la neige fut tout aussi épique, aucun de nous deux n’a attrapé de congestion pulmonaire. Et personne n’a rien soupçonné. Le week-end en Aubrac s’est ainsi terminé. Christo ne veut pas qu’on sache qu’il est gay. Aujourd’hui, nous nous revoyons, mais trop rarement à mon goût. À chaque fois, c’est le paradis. Mais il a sa vie, ses copains. Moi, je suis un vieux pour lui, et je sais que ça ne durera pas éternellement. Il finira par rencontrer un mec de son âge. Mais je resterai pour toujours le premier homme de sa vie, celui qui l’a dépucelé et qui lui a fait connaître le plus bel amour du monde: celui d’un homme pour un autre homme.