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Une histoire à découvrir

À quatre pattes (1)

Comment tout a commencé.

Je m'appelle, non je m’appelais Daniel. J'avais 17 ans le jour où ma vie a basculé. Étudiant dans le secondaire, je ne faisais aucune vague, j'étais assez tranquille. Bon élève je me suis toujours ennuyé à l'école. Bientôt ce sera les études supérieures et ça me lourdait déjà. C'est quand j'ai eu 17 ans et que je suis rentré en deuxième que j'ai fait la pire connerie de ma vie, ou pas en fait, ça dépend des gens je suppose.

J'ai grandi dans un petit village de campagne, pas loin d'une agglomération. Mais, chez nous la ville était plus un concept qu'une réalité. Je me souviens que j'ai dû attendre mes 12 ans pour voir le centre ville. Petits, les occupations du coin étaient surtout ballade dans le bois, promenade et foot au club sportif du coin.

Ma mère est morte quand j'étais jeune. Je ne m'en souviens pas bien. Mon père lui je ne le voyais presque jamais. À la maison c'était surtout tire ton plan et ne fais pas de vague. Il n'y avait que mon parrain qui s'occupait un peu de moi mais, on était de deux mondes différents: lui était un paysan, ce qui était pour moi le métier le plus merdique au monde et de son côté il me voyait comme un enfant des villes élevés trop mollement. Bref, nos rencontres étaient plus forcées qu'autre chose. Gérard, mon parrain, trouvait qu'il me fallait plus d'encadrement. Surtout à l'adolescence comme il se plaisait à dire. J'en ai passé des étés dans sa ferme. Mon père l'avait choisi parce que soit disant c'était le fils d'un vieil ami de la famille aux valeurs sûres.

Qu'est-ce que je m'emmerdais. Dire qu'on avait tout l'argent du monde pour partir où on le voulait et que je me retrouvais chez ce bouseux débile. Moi qui étais le crâneur de mon lycée c'était le seul truc qui passait assez mal. Je suppose que c'est un peu pour ça que cet été, parce que j'en avais marre, j'ai commencé à faire quelques conneries. Par un ami, j'ai su où trouver de la beuh. Mais si, du shit quoi enfin, des trucs de qualité très moyenne. D'un autre côté j'ai convaincu le gars en lui disant que dans ma bourgade il n'y aurait que moi et que ça se vendrait facilement. Il m'a fait confiance, il a eu raison. Je n'avais pas besoin de ce fric mais, puisque quoique je fasse j'étais quand même tout seul et que je finissais chez Gérard le bouseux, autant se payer un peu de bon temps non ?

Je me souviens comment ça c'était passé. Mon ami m'avait refilé une boîte mail étrange et j'ai pu entrer en contact avec un gars de la ville. Je savais que mon ami ne mentirait pas, il était accro à cette merde et je suis sûr qu'avoir un pote dans le business avait été un de ses calculs. Donc, après quelques mails et une webcam, je suis tombé sur un black qui se faisait appeler Scuuba. Pourquoi Scuuba? Parce que scuba en anglais ça donne: tuba et que si vous regardez bien, une pipe à eau pour l'herbe, ça peu ressembler à un tuba... Oui j'imagine qu'il faut être un peu "hight" pour voir ça comme ça. Donc, je rencontre "Scuuba" dans une ruelle crade. J'avais pris mes précautions. Sur mon bureau il y avait une lettre dans mon tiroir qui disait où j'allais, sous l'excuse de vouloir boire un verre. C'est la première chose que je lui ai dite d'ailleurs, et notre conversation a commencé:

— Wooo relax man, je deale de la beuh pas des corps tu connais Steph?

— Oui je connais Steph, c'est un pote à moi. Il parait qu'il y a moyen de faire du business avec toi ?

— Man j'en sais rien. Tu es d'où ?

Je me suis bien vendu. Je n'étais pas mauvais et j'avoue l'aspect mission m'excitait terriblement. Oui c'était dangereux, et alors? Relever les passages de la police, les plaques, trouver les meilleurs prix, trouver des déguisements, changer d'endroits, changer de revendeurs, prendre des pseudonymes, planquer le fric, se planquer. J'étais bon, parce je m'amusais comme un malade. Pour la première fois il me semblait que je vivais. Si ça vous paraît stupide c'est simplement parce que vous n'étiez pas à ma place et que, par conséquent, vous ne pouviez pas ressentir le besoin de liberté que j'avais.

J'étais devenu très bon. Je ne notais rien. Pas de GSM pour les communications. Des places qui changent, si le rendez-vous était absent je partais au bout de 5 minutes. Toujours un survêtement à cagoule sur un pull d'une couleur différente. Jamais les même stations de métro. Mes paquets dans un thermos de thé que je prenais dans un petit sac à dos. Jamais arrêté, c'était le pied. J'avais été apprécié du petit gang de Scuuba parce que j'avais eu l'idée d'utiliser des talkies-walkies (des jouets) pour se parler à courte distance. Aucune trace. J'ai vite négocié pour pouvoir passer de revendeur à gardien. En clair, de petits deals oui mais surtout garder une petite partie de stock fixe.

Au fait, vous n'allez jamais deviner où je planquais mes petits stocks. Chez ce grand con de Gérard. Pourquoi chez lui? Aucun lien familiaux entre lui et moi. Une ferme isolée et bien trop grande pour ce bouseux trouve quoique ce soit.

Ce qui faisait que cinq mois plus tard à l'approche de l'hiver je faisais des allées et venues quasi journalières entre chez moi et la ferme de Gérard. Non, ce n'était pas loin 10 minutes à pied. Il fallait passer un petit bois bordé de champs pour arriver sur une route presque abandonnée qui desservait deux fermes. Autrement dit, si vous êtes suivi, on vous repère vite.

Son voisin s'appelait Alain. Il devait avoir la cinquantaine. Corpulent, les cheveux poivre et sel, je sais qu'il avait pas mal de terre dans le coin. En d'autres termes, encore un autre bouseux. Bref, il fallait que j'aille récupérer mes stocks. J'avais une soirée. Scuuba m'avait dit avoir besoin d'un retour de stock. Un gros client voulait faire une grosse commande et je devais tout lui rapporter. Ça m'ennuyait terriblement mais ça faisait partie de mes accords.

Quand je suis arrivé, la porte de la ferme qui donnait sur une cour intérieur boueuse était fermée. J'ai sonné, rien à faire. L'enfoiré, j'étais déjà assez nerveux de devoir faire un transfert aussi gros. Oh je sais, je ne parle "que" de 356 gramme. Pour ceux d'entre vous qui sont novices: ça représente un risque d'enfermement en prison, de dix ans pour être précis. Avec une belle amende à la clef. Bref, j'étais dans une merde noire. Je détestais ce genre de trip non planifié et Scuuba le savait. C'est pour ça que j'avais pris l'initiative de faire toute une partie du trajet à pied. Il ne m'attendait pas avant 2 heures du matin. Un gros échange puisqu'on parle de presque 2000€.

Bref, ça n’arrangeait en rien mes affaires. J'ai dû faire le tour et passer par une légère brèche dans un des murs d’enceinte. Heureusement je savais où il laissait traîner un seau dehors ce qui m'a permis d'atteindre le petit passage. Une fois dans la cour intérieure, il me fallait encore arriver dans l'étable qui heureusement n'était pas fermée à clef. Quelle puanteur! Enfin, il suffisait d'aller voir au fond à droite derrière ces vaches, un pilier en béton que l'érosion de la pluie à sur son côté un peu fissuré. Là, dans cette fissure un petit pain bien emballé dans un plastique noir collé au fond. Sans oublier mon petit trésor de 8900€. Invisible de l'extérieur. Voilà c'était fait. Il fallait que je ressorte. Croiser Gérard le bouseux aurait été ennuyant, qu'est-ce que j'aurais bien pu lui dire?

Enfin je me dirige vers le mur, j'entends des chiens aboyer au loin, je ne fais pas plus attention, le voisin en question en a trois qui font un boucan infernal. J'y suis presque, j'escalade et je me penche pour basculer vers l'avant, et de la poche intérieure de ma veste noire en cuir tombe le pain de cannabis sur le sol. Je saute, le prends et soudainement c'est le noir. Je perds connaissance.

J'ai froid, je ne vois rien, j'ai mal à la tête. Il fait froid. Je veux bouger, ma tête d'abord puis mes mains... Elles sont liées. J'ai froid, bordel je n'ai plus ma veste! Merde! Comment c'est possible ? On m'a suivi ? Non impossible ! La police ? non, personne ne peut savoir que je vais là ! Comment est-ce possible ? Où suis-je ? Je dois me calmer. Réfléchir. J'écoute, pas de bruit; si, la pluie. Il pleuvait légèrement. Le bruit est tamisé. Je suis en chemisette. Ce n'est pas la police. Ce qui va me rassurer un moment, va m'angoisser. Mais qui ? Il n'y a personne aux alentours sauf... Alain ! Ce merdeux! Les chiens aboyait à cause de ça ! Il devait être caché derrière l’encoignure ! Qu'est-ce qu'il veut ? Pourquoi a-t-il fait ça ? Je ne peux pas être sûr à 100% mais c'est le plus probable ; alors, pourquoi je suis là ? Pourquoi il m'a ligoté? J'essaye de me libérer. Comme quoi, on peut être un bouseux et être doué en nœuds visiblement. Il ne me reste qu'à attendre, les yeux bandés dans le noir complet. Soudain crampe au vendre, On m'attend pour livrer 2000€ de beuh ! J'imagine qu'il a appelé la police et qu'il a voulu me tenir captif. Pourquoi ? Parce qu'il m'aura pris pour un voleur, c'est la seule solution. Il a dû me voir de loin escalader le mur et ensuite me reconnaître et trouver la beuh.

L'enfoiré. Bon, je savais à quoi je m'exposais. Je n'aurai aucune réduction de peine. 10 ans, je suis mineur j'en passerai une partie en centre. Au moins ma vie aura pris le changement que j’escomptais. Pas forcément par de la manière escomptée mais bon. Je pourrai toujours prendre des cours en prison. Non, qu'est-ce que je fous??? Je peux encore le convaincre, jouer sur ses sentiments puisqu'il connait mon parrain, ou l'argent. Je n'ai pas le choix, je perds quelque chose quoiqu'il arrive mais tout sauf de la prison. Je dois apporter cette drogue ce soir ! J'attends. Silence. Aussi vide que mon sentiment de regrets ou de remords d'ailleurs.

Silence. La pluie s'arrête. Je tends l'oreille pour repérer des détails puisque j'ai les yeux bandés. On dirai des poules, c'est très vague. Oui j'étais chez Alain, j'en étais sûr désormais. Soudain, des jappements de chiens, des bruits de pas, un bruit sourd et visqueux, il traversait la cour détrempée. Ça se rapproche, je stress un peu, la porte s'ouvre. Courants d'air, elle grince, c'est une porte en bois. Je ne suis ni dans la maison principale ni dans la cave donc. Puis, une voix grave :

— Alors, on est réveillé ?

— Tu es venu prendre de mes nouvelles, Alain ?

Silence.

— Comment le sais-tu ?

— Simple déduction.

— Hé bien pour un gars qui semble si malin, monsieur je-sais-tout va sûrement me dire ce qu'il fout avec un pain de drogue sur lui.

— Je ne vois pas de quoi tu parles, de plus la séquestration de personne est prohibée. Tu veux que j'aille porter plainte ?

À ce moment je me suis pris une baffe magistrale. C'est par chance que la chaise sur laquelle je suis ligoté n'a pas basculé avec moi. Encore étourdi, j'entends Alain hurler:

— Petite pute! Tu as le culot de jouer à ça avec moi? Tu me prends pour qui petit connard de merde ?

Je respire profondément, je n'arrive toujours pas à parler sous l'effet du choc.

— Alors on dirait que la petite pute a enfin fermé sa grande gueule? Avec les comme vous, y a que ça qui marche pour vous mettre au pas.

— Tu veux quoi ?

— Ce que je veux? Tiens c'est amusant que tu me poses la question. Je pensais téléphoner aux flics, j'hésite un peu. Il y a une belle quantité ici, combien d'année de prison ça doit valoir selon toi ?

Je me tais. Je réfléchis, je dois pouvoir monnayer quelque chose s'il n'a pas encore appelé la police ça veut dire q... Je me reprends une baffe magistrale dans l'autre sens, la chaise vacille. Ça brûle, ça pique. Je respire de manière saccadée.

— Écoute moi bien pouffiasse, quand je te pose une question tu réponds! TU RÉPONDS !

— 10 ans! c'est 10 ans de prison.

— Hé bien ma salope, 10 ans! J'imagine de là le tableau. Quand je pense que ton père se prend tellement de haut avec son petit business qui marche si bien hein ? Avec son regard condescendant même devant Gérard. Quand il saura ce que tu as fait j'imagine le tableau.

Il fait une pause, je ne dis rien, paralysé et il reprend:

— 10 ans de taule? À trois dans une cellule? Tu vas morfler ma salope! Tu te prends pour un petit caïd? Un gars ingénieux? Mon cul! En prison tu ne seras plus rien, et j'imagine un peu le traitement d'un gars de ton âge !

Il exulte, je l'entends à sa voix. Je ne sais pas où il veut en venir mais ce que je sais, c'est qu'il n'a pas l'intention d'appeler la police. En tout cas pas dans l'immédiat sinon il l'aurait déjà fait. Mais ça, je me garde bien de lui dire.

— Que veux-tu ? finis-je par lui dire.

— Ce que je veux ? Que me proposes-tu ? J'ai ta vie dans ma main, j'en fais ce que je veux, alors ?

— J'ai de l'argent. Beaucoup d'argent.

Il part dans un rire tonitruant :

— De l'argent? Tu es bien le fils de cet enculé! Qu'est-ce que j'en ai à foutre? Je possède toutes les terres à la ronde! Non, ce n'est pas ça que je veux. En revanche, c'est vrai que t'exploiter serait une bonne idée. Tu caches où ton fric ?

— Chez Gérard dans l'étable, une fissure dans le dernier piller en béton à droite.

— Hé bien voilà, attends gentiment ici. Je vais prendre mes clefs et allez voir ça.

Il me laisse seul avec le bruit des chiens dehors pour toute compagnie. Réfléchir, pourquoi ? Il a finalement besoin d'argent ? C'était du bluff, il est trop fier ? J'imagine que la mentalité paysanne ne peut pas laisser passer un bénéfice facile. Ça doit être ça. M'exploiter? Qu'a-t-il voulu dire? Je vais travailler pour lui ? Comment ? J'arrivais à bout de questions. Tournant en rond dans ma tête. Il ne semblait pas y avoir d'issue.

Après ce bref interlude, j'entends à nouveau ses pas dans la cour, la porte qui s'ouvre.

— Hé ben mon salaud, tu as un joli pactole là. Ça fait combien de temps ?

— 5 mois, ça fait 5 mois que je fais ça.

— Tcheu dit, 5 mois pour 8900€. Pas mal, enfin les enfoirés comme toi c'est le tapin ou ça, j'imagine.

Il me rabaissait avec ses insultes à la noix, mais j'imagine que je n'avais pas trop le choix alors je n'ai rien répondu. Puis il me demanda:

— Et le pain là, ça vaut combien ?

— Ça vaut 1500€.

Oui j'ai menti. Ça en valait 2000, j'ai menti parce que j'avais la sensation que ça pourrait m'être utile pour la suite.

— Ho rien que ça et tu allais où comme ça?

— À la ville je dois rapporter ça avant 2 heures du matin, c'est très urgent.

— Ha oui j'imagine, j'imagine.

Il se tut un instant, il devait réfléchir lui aussi.

— Bon hé bien je vais garder ton petit pécule, ça me paraît juste. De toute façon ça ne t'aurait servi à rien. Et d'ailleurs, tant que j'y suis, je vais te conduire là-bas.

— Quoi ? Mais pourquoi ?

— Oh j'ai bien l'intention de gagner ces 1500€, ça me remboursera pour les petites photos que j'ai fait de toi avec ta dope et d'ailleurs, où c'est ?

L'enfoiré! pensais-je, enfin jusque là je peux toujours tenter de dire que c'est une machination, ce n'est pas une preuve béton. J'ai une excellente réputation auprès de mon entourage et de mon école. Oui ça devrait pouvoir passer. Mais ça n'est pas sûr... Je finis par répondre :

— C'est place des Matignons. Je dois y être à deux heures. Sur un des bancs.

— Ça à l'air dangereux, comment tu sais qu'il n'y aura personne d'autre ?

— On attend toujours 10 minutes pour voir s'il n'y a personne avant d'aller sur la place.

— Bon tu vas téléphoner à ton père, j'ai ton téléphone, je compose ton numéro. Si tu dis autre chose que "Je suis chez des amis pour réviser et je passe la nuit chez eux", peu importe ce que tu diras, j'appelle les flics et je dirai que j'ai voulu que tu rassures ton père. Tiens, me dit-il.

Je sens quelque chose près de mon oreille droite, puis j'entends le bruit de la ligne qui tente de s'établir avec le correspondant. Merde, merde, merde! Je suis coincé! Soudain, une voix, oui pas de doute, c'est mon père :

— Allo Daniel ? Je peux savoir pourquoi tu me déranges au boulot ?

Parfait, au moins il n'est pas encore 5 heures et ce n'est plus l'heure du midi.

— Oui papa ce soir je vais réviser chez des amis et je pense dormir ch...

— Écoute, me coupa net mon père comme je m'y attendais, je m'en fiche, mais je te préviens, je ne me contenterai plus de bon résultats! Si on me signale que tu es encore absent, je te jure je t'envoie en pensionnat.

Et il coupa.

— Très bien voilà qui est réglé, dit Alain. Bon hé bien il nous reste du temps devant nous, il ne faut qu'une heure et demi pour se rendre en ville. Tu commences l'école à 8 h 30 c'est ça ?

— Oui.

— Parfait.

Puis il me laissa. Je souris et pensai: parfait, tout fonctionne comme prévu. Cet imbécile ne saura pas tout me piquer et j'ai même réussi à l'acheter. Quant à son deal de travailler pour lui, ce sera facile. Il me suffira de me mettre en veille un temps et de recommencer après. Un ennui, ces photos. Je devrais trouver un moyen de les retrouver, je dois la jouer finement. Finalement Alain revient. Il se dirigea derrière moi et me dit:

— Tu vas rester ici. Je garde ta drogue chez moi. Je ne l'ai pas touchée ne t'en fais pas. Si on me le demande, je peux fournir les preuves que ce n'est pas à moi facilement. Je reviens te chercher à minuit.

Il me détacha. J'enlevai mon bandeau.

J'étais dans un baraquement qui ressemblait à l'étable de mon parrain, sale, des animaux ne devait pas être loin. Je regardai alors mon bourreau. Je suis grand, 1 m 85 et plutôt svelte, 81 kilos. Mais, Alain était un vrai mastodonte de presque 2 mètres à vu de nez et à vu de nez, probablement au delà des 100 kilos.

— Bon hé bien, je vais attendre alors, au moins ça n'aura pas été une journée perdue pour toi.

— Pour VOUS, ne me tutoies pas crevure.

Je le regardais en coin, honnêtement, je lui aurai bien cassé la figure quand il aurait le dos tourné mais ça ne serait pas intelligent.

— Très très bien, désolé, je ne voulais pas vous froisser. Bon à ce soir alors ?

Il grogna et parti en fermant à clef la porte en guise d'au revoir.

Ce fut les plus longues heures de ma vie. À rester là planté sans rien faire avec de l'outillage rouillé et de la paille par terre. La seule lumière parvenait de pavés de verre non-translucides posés par trois rangée sur cinq sur le côté gauche. Ce qui donnait une lumière blanche particulièrement sinistre. Il y avait bien des animaux à côté. Sûrement des vaches si je me fiais au meuglement. Je dois penser, il faut que j'évite l'engrenage dans lequel il veut me faire tomber. Pour le moment je ne sais rien faire, je n'avais pas le choix. J'avais perdu.

C'était momentané. Il me fallait lui inventer une histoire pour lui dire que c'était fini, que je liquidais un stock pour de bon. Il ne me croira peut être pas mais, il n'a pas d'autres choix. Si un bras de fer se met en place entre nous, une fois que j'aurai écoulé la drogue, il n'aura plus de preuve que des photos de moi à terre et ligoté. Le genre de choses que je peux se retourner contre lui en un claquement de doigt. J'ai déjà gagné souriais-je.

À suivre...