Une histoire à découvrir
Ça cartoone (7) - Camp de Redressement
Je suis en train de lui achever mon récit de «En sentinelle» (NDLA: voir l'épisode précédent) lorsque nous arrivons à la hauteur du perron de son immeuble. Brusquement Tchang me pousse dans la venelle qui part à droite. Un vent en fuse qui me glace et m’oblige à me pencher et car je suis sorti du taxi sans trop bien me réatiffer...
— J’aime ton histoire, dit-il. Je me vois déjà dessiner de ces GI’s allumés par ce Jaune...
Et il me serre plus fortement, m’entoure les épaules d’un pan de son manteau et me plaque contre le mur, il m’embrasse et presse son sexe dur à travers nos étoffes. Sa chaleur me fait du bien, et la promesse de devenir mon dessinateur plus encore...
Nous sommes au pied d’un escalier d’incendie, caractéristique des constructions de cette époque.
— Je passe presque toujours par là car je crains de tomber sur un contrôle de police dans le couloir... Je suis un clandestin, je n’ai pas obtenu ma carte verte...
Il tire une canne dissimulée derrière un bidon-poubelle et déplie la première volée jusqu’à ce qu’elle touche le sol.
« Me voilà donc à grimper un de ces fameux escalier, » pensé-je.
Il habite le onzième! Nous passons devant des fenêtres brisées de pièces abandonnées, d’autres occultées de cartons qui doivent aussi être squattées. Les bruits des rue en bas faiblissent.
Bientôt j’ai le souffle court, je halète. Mes jambes me portent à peine. Et surtout l’altitude me transi d’un vertige que le ballant de plus en plus prononcé de la cage métallique, si fragile, transforme en nausée où se mélangent la peur, le mal de mer et le désir d’en finir. Je ne peux aller plus loin.
Il a compris mon état, il me saisit au bassin Je crois qu’il va me pousser et m’aider dans cette ascension mais il me fait descendre trois marches à reculons et me plaque contre lui, solide, rassurant. Aux remuements de ses hanches, je comprends qu'il m’incite à me laisser prendre ici tout de suite dans le vertige de l’altitude. La carlingue de l’échelle balance et grince dans le vide. Je me retiens aux montants de fer. Qu’il en finisse vite et me porte sur un sol plus ferme! En bas le circulation n’est plus qu’un chuintement interminable.
Mes fesses sont à la hauteur de son visage. Sous la fouille de ses doigts puis de museau, j’écarte les jambes, il me lape dans la raie, je me penche toujours davantage, il me darde d’une pointe de langue vibrante, je creuse les reins... D’un coup mon malaise s’évanouit, la hâte d’être ouvert maintenant par sa queue a supplanté toute autre émotion…
Je retiens les sons de ma voix et jusqu'à mon souffle tant je crains d'alerter des locataires… Il me la met toute, au premier trait. Je réagis par un soubresaut qui aurait pu lui broyer la bite, mais qui au contraire l’a excité et il en redemande: awwwaou! Il m'enfile; argh, je l'étreins dans mon étau, il se dégage; hou: je me relâche. Il revient, replonge et je l’étrangle aussitôt et encore d’une contraction non de panique ou de défense mais d’étreinte enthousiasmée… Ohhh, ahhh la dureté de sa bite et la force de ma gaine font jeu égal. Il a trouvé le bon rythme et moi l’exacte dimension, le froid m’a quitté, je suis un feu ardent, ensemble nous montons vers l’explosion...
Nous enjambons la fenêtre. Il me pousse dans son repaire. Architecture de twenties, art nouveau, vaste de pièces haute de plafonds, murs lambrissés de chêne, moulures pour les bois, le marbre. Un décor de films noirs aujourd’hui décati. Il y a jeté son capharnaüm: table à dessin, studio photo; et masqué les murs d’affiches de films de Kung-fu. Il prépare un thé et son odeur vient s’ajouter aux encens divers qui brasillent dans des coupelles. Il me montre la douche où j’ouvre un jet puissant et brûlant. À travers le rideau, je lui dis:
— Je ne peux laisser tomber mon éditeur...
Et je lui fais part de mon projet web. Le site pourrait mettre en ligne, régulièrement des bédés nouvelles, alternativement, pourquoi pas avec quelques-une de Gaël... Il est emballé!
Il entre dans la salle de bain, nu, tasses à la main. ouvre le rideau et m’en tend un. C’est la première fois que je suis nu devant lui. Nous buvons de concert. Il m'enlace par derrière, loge sa bite dans ma raie. Je lui tends mes lèvres, il me branle par devant. Depuis le début je n’ai pas juté une fois. Comment s’y prend-il pour me mettre dans une érection vigoureuse mais d’où l’urgence d’éjaculer est absente? C’est délicieux. On est habité de la sensation que ce bonheur de bander hardiment est inaltérable.
D'un mouvement furtif et leste, awaff il a poussé son gland en moi. Il écarte les bras. Nous restons là, sans contact, sans bouger écartés de la seule distance de sa queue fichée entre mes fesses… Reliés par cette seule présence qui palpite de vie. Je le vois dans la glace. Il s’enfonce en moi, et, buvant son thé, prend son rythme, fier de son corps cuivré, brillant, lisse et élancé. Des reins à la nuque le plaisir qu’il m’infuse crisse, électrise, survolte.
Je suis allé m’endormir sur un canapé, je me réveille dans le demi-jour d’un soir qui tombe. Il fait bon chez lui, je reste nu.
Je parcours les fanzines au hasard que je trouve par çi par là. Le bougre est produit en Thaïlande, en Indonésie, en Malaisie! La guerre est omniprésente. Je retrouve le dessin, les traits des visages des héros de mon enfance mais dans de sacrées mêlées! des assauts gratinés!
Il est installé toujours nu à sa table à dessin. Je devine qu’il entame quelques vignettes de Sentinelle (NDLA: voir l'épisode précédent).
— Ta prochaine histoire, nous allons l’écrire ainsi: tu la racontes, et nous la mimons devant la caméra qui tourne. Et ainsi je n’aurai qu’à en tirer des dessins formidables (si tu te montres bon modèle, bon acteur...). Les fines fentes de ses yeux plissés lui donnent plus qu’un air canaille, une expression de tortionnaire...
J’examine en silence son projet et sa méthode, et lui trouve beaucoup de qualités! Peu à peu même me vient un srtatagème par lequel je vais pouvoir donner réalité à un désir qui me tenaille...
— Je pense que j’ai quelque chose...
— Déjà! Attends, je lance le camescope...
Il revient et s’installe à sa table à dessins.
— Je t’écoute...
Je me mets à quatre pattes sur le sol... Je le regarde et commence une histoire.
— Je suis un prisonnier, dans un camp en Corée et je récure le plancher de la case du commandant. La galerie achevée, je pénètre dans la pièce. L’officier s’avise de ma présence. Il quitte son bureau et vient me narguer: il me plante ses bottes sous le nez, il claque contre elles sa badine.
Ainsi fait Tchang devant la caméra qui tourne. Il y ajoute même un coup de sa règle à dessin que je n’avais pas suggéré. La douleur me traverse d’un étrange plaisir. Est-ce pour l’adoucir qu’il m’en caresse la raie ou l’exciter?
— Le prisonnier, je poursuis, ne marque aucune émotion et pousse son travail vers le bureau. Le Commandant lui donne un autre coup...
C’est ce que fait Tchang aussitôt et le coup m’électrocute de plaisir.
— L’officier retourne à son bureau et semble oublier l’existence du piteux Yankee... Lequel passe maintenant sous le bureau...
J’entends les bruits du crayon qui griffonne au-dessus de ma tête. J’embouche la pine de Tchang. Je ne pensais pas parvenir si vite à le rendre si docile. Je l’amène peu à peu à s’avancer sur le bord de la chaise et quand son fion est dégagé, je m’en empare; il apprécie mes manières, peut-être y trouve-t-il un exotisme captivant. En tout cas il s’offre avec ardeur. Je me couche sous la chaise et la repousse peu à peu. Il n’a plus qu’à venir s’empaler. J’aime son fourreau profond et vif... Nous restons au sol un bon moment, assoupis l’un contre l’autre.
Il a repris son travail, je fais le tour de la table et me presse contre son dos. Je regarde ses crayonnés. J’aime bien les angles sous lesquels il croque sa descente vers ma bite. Et son visage où il met tout le plaisir qu’il à pris.
— Ma foi j’ai fait un officier Ricain tout a fait convenable... et pardon si le prisonnier a eu le dernier mot sur son géolier mais l’occasion était trop belle… dis-je en souriant.
— Et si on visionnait le film maintenant? propose-t-il.
Quelques heures plus tard, je tapais sur le clavier de son ordi le conducteur suivant:
CAMP DE REDRESSEMENT: LA CORVÉE
Un camp des GI prisonniers, en Corée. - Ron récure le plancher de bois de l’avant-corps de la Case du Commandant - Celui-ci derrière son bureau sourit au spectacle de cet Américain à quatre pattes poussant sur la paille de fer et tirant après lui son seau de détergent - Le cercle de son travail l’amène maintenant à l’intérieur du bureau - Le Jaune ne peut résister au plaisir de venir faire retentir le claquement de ses bottes à la hauteur du détenu - et de balancer sa badine devant son visage - L’officier reprend sa place, - distribue des ordres mais à travers la fenêtre aux soldats qui viennent au rapport - L’ Américain est en effet sous le bureau - Le sourire du Chef de camp passe - au ravi - au béat - au surpris- et son regard du féroce à l’attendri - du captivé au conquis - puis soudain à l’effroi quand il sent son pantalon qui quitte ses reins - et l’entrave aux chevilles - Il s’enfonce plus avant dans son siège car ce que concocte l’Américain, de la langue et des doigts encore un peu sur son sexe et déjà beaucoup entre ses fesses, prend un tour où il ne maîtrise plus rien et l’allure d’une aventure qu’il désire ne manquer pour rien au monde - Il parvient encore à présider à la marche de son Établissement à travers la fenêtre mais d’une voix absente - Il hasarde un regard sous le bureau et ce que lui présente le prisonnier maintenant glissé sur le dos sous sa chaise est si fort dressé par la hâte du triomphe - qu’il a juste le temps de hurler au planton qu’on ne le dérange plus jusqu’au repas - et il se laisse descendre le long de sa chaise, - et assujettir brusquement au pal du Yankee.