Une histoire à découvrir
Ça craint dans la zone
Mon audace était sans limite... Après avoir rôdé autour d’un îlot industriel en friche, j’avançais courageusement sur le site abandonné ne prenant garde qu’aux flaques d’eau boueuse qui le parsemaient et aux excavations provoquées par le manège des bulldozers. Fasciné tout autant que révulsé par cet environnement hostile sur lequel planait un climat angoissant, mon look de minet branché (baskets Nike, jeans moulant délavé, tee-shirt blanc, blouson de cuir) avait de quoi attirer les loubards et petites frappes du quartier sordide qui s’étendait aux alentours, si tant est qu’ils avaient fait de l’endroit leur quartier général. J’évaluais le risque de me faire dépouiller mais au fond je souhaitais par dessus tout tomber nez à nez avec quelques jeunes gars vicieux désireux de se défouler sur le jouet sexuel que j’étais prêt à devenir entre leurs mains.
Le danger augmentait mon excitation. Je le sentais au niveau de ma queue chargée dont je percevais l’excroissance moulant mon boxer. Au détour d’un pan de mur en ruine, à croupetons le dos calé au crépi crevassé et moussu, deux mecs aux cheveux ras tiraient sur une cigarette, une canette de bière à la main. Des boîtes vides à leurs pieds attestaient de leur déchéance et de leur addiction. Malgré leur misérable sort, ils exhalaient une certaine frime où lâcheté et mépris s’étalaient en toute impudeur comme les indices irréfutables de leur nature profonde. Ils étaient crades à souhait, d’une corpulence bien proportionnée, agrémentés d’une belle gueule virile à faire craquer même le moins maso des gays.
L’un portait des baskets et un jogging dont il était difficile de deviner la teinte d’origine car la poussière et la boue les avaient transformés en une tenue de couleur uniformément ocre. L’autre était chaussé de rangers craquelantes, d’un jeans déchiré aux genoux et sur les cuisses et d’un tee-shirt troué aux tétons et auréolé de larges taches sueur et gris de saleté indéfinissable. Si leurs dessous étaient aussi négligé que l’extérieur, je serai le phénix des mecs au trip suffocant.
— Dis-moi que je rêve... ça m’a tout l’air d’une pute en chaleur!
— Oui, du genre à rechercher des sensations fortes!
— Avec ce que tu refoules, elle va être servie!
— Et ta crasse, elle t’étouffe peut-être pas?
Je fus saisi vigoureusement par un bras puissant et collé contre une des poitrines fétides. Je ne cherchais même pas à opposer de résistance. Ils m’entraînèrent vers les bâtiments d’une usine désaffectée et ne cachèrent pas leur objectif: me traiter en salope que je devais être en venant les provoquer aussi ostensiblement.
Le hall dans lequel je fus conduit avait tout d’une caverne d’Ali Baba. Ça transpirait la violence, ça puait la dope. Dans des exhalaisons fétides où prédominait l’urine, des déchets en tous genres étaient éparpillés sur une vaste surface de sol gras: carcasses de vélomoteurs, pièces de moteurs, meubles déglingués, matelas déchirés. Parmi ce bric-à-brac traînaient des bribes de vêtements de toute sorte: chaussettes, tee-shirts, slips, un résidu de vieilles fripes maculées de cambouis et de poussière. Un matelas jonché de bouquins de cul aux pages racornies empestait l’urine. J’appris que l’un des voyous y gaspillait ses journées, enroulé dans un duvet à ingurgiter des litres de bières. Il ne se donnait même pas la peine de se lever pour pisser; il se faisait dessus.
L’un des mecs me plaqua vigoureusement contre un mur tandis que l’autre entreprit de me dépouiller de mes fringues qui allèrent finir en vrac sur le sol bétonné couvert de divers produits gras et visqueux. J’osais leur faire remarquer:
— Hey les gars, si vous avez l’intention de les porter ou de les refourguer, prenez-en soin.
Ils ricanèrent comme si c’était leur principale préoccupation.
— T’es incroyable mec, tu t’apprêtes à passer un sale quart d’heure et tu t’inquiètes pour le devenir de tes fringues... J’y crois pas... Si ça nous chante, elles passent direct dans la fosse à vidange...
Ma témérité n’était pourtant pas émoussée; ils allaient me laisser mes chaussettes quand je leur fis observer la griffe qui les signait. Ils n’hésitèrent pas longtemps avant de me les retirer, l’un d’eux signalant qu’elles seraient les bienvenues à ses pieds qui n’avaient plus connu de chaussettes propres depuis Mathusalem. Le mec ôta ses baskets sur le champ pendant que son pote baissait son jeans et me présentait une queue épaisse et forte à sucer.
— Prends-la entièrement dans ta bouche de pédale et respire bien l’odeur d’une tige qui vient de fourrager une bonne dizaine de culs merdeux. Dans la «zone», on a pas souvent l’occasion de prendre une douche...
Cette queue qui coulissait entre mes lèvres mêlait des relents de foutre, de pisse et de merde mais je m’activais avidement sur ce membre malpropre et par ailleurs démesuré. Je le faisais rouler dans un va-et-vient entre langue et palais, suçant, aspirant, tétant ce magnifique morceau de chair vibrant. Dans le même temps, son copain me plaquait sous le nez ses chaussettes de tennis juteuses et crasseuses.
— Pendant que tu le bourreras, il va retirer mes chaussettes avec sa bouche, ça l’empêchera de gueuler.
Aussitôt dit, aussitôt fait. La queue m’est retirée de la bouche et va, sans ménagement ni préparatifs, me perforer la rondelle déjà pas mal élargie par un certain nombre d’engins bien membrés. Je ne peux qu’étouffer un cri de douleur au passage du gland, cri vite réprimé par des claques bien senties sur chacune de mes fesses pendant que le mec aux baskets me présente des chaussettes qui avaient dues être blanches dans un temps immémorial et qui lui collent à présent aux pieds, macérant dans leur jus.
Je dois presque les lui arracher des pieds, comme si elles faisaient corps avec sa peau tandis que l’autre me laboure avec régularité en poussant des «han» frénétiques et de plus en plus rapprochés. Je sens la jouissance qui m’arrose les entrailles pendant que son copain est en train d’enfiler mes chaussettes propres sur ses pieds encrassés. La saleté ne tarde pas à percer le coton blanc immaculé. Ça n’a pas beaucoup d’importance pour lui alors qu’il glisse ses pieds dans ses baskets trouées.
C’est maintenant à lui de se présenter à l’entrée de mon cul qu’il vient défoncer d’un coup de rein sec pendant que le premier me fait renifler l’entrejambe et le fessier de son jeans pisseux et merdeux (il ne portait pas de slip). Il m’impose alors de lui brouter la raie du cul. Le temps que je me porte à la hauteur de son trou, j’ai le loisir d’observer que ses hautes chaussettes de baskets qui dépassent de son jeans abaissé sont jaunâtres. J’imagine bien le gars en train de se pisser dessus et prendre son pied en sentant l’urine couler le long de ses jambes en imprégnant ses chaussettes.
Ses poils de cul étaient durcis par des miasmes de merde. La raie avait une odeur rance et poivrée. L’odeur était de plus en plus prégnante à mesure que ma langue s’insinuait dans une rosette aux lèvres ourlées qui s’ouvraient comme une fleur. Le mec qui me pistonnait poussait à l’arrière de ma tête pour m’inciter à aller fouiller au plus profond de l’abîme brunâtre de son pote. Je sentais que l’enculade arrivait à son terme. Quand il m’inonda les entrailles, ma langue parvint à poindre au maximum de son élasticité dans le tréfonds abyssal de son pote.
Je me reculais en même temps que le mec déculait. Un trou béant apparu devant mes yeux éberlués. Le mec me poussa rudement ce qui m’envoya valser sur le sol glissant. Il saisit une de ses chaussettes qu’il venait de quitter, élargit plusieurs trous déjà bien entamés au niveau des orteils et y fit passer les doigts de sa main. Il introduisit directement trois doigts dans le cul de son pote, le trou s’élargissait sans difficulté sous la pression d’un massage tournoyant. Puis, je vis avec stupéfaction les cinq doigts accolés se frayer un passage. Peu à peu, la main, le poignet puis l’avant-bras, garnis de la chaussette, se trouvèrent un chemin dans le boyau distendu du mec qui serrait les dents et geignait de satisfaction et de douleur confondues. Parvenu à une limite butoir, le bras commença à se retirer lentement: des résidus de matière fécale barbouillait la peau tandis que plus avant, la chaussette était imprégnée d’une bouillie chiasseuse. Alors même que la main se dégageait, le mec, qui se branlait depuis un certain temps, largua une purée de foutre dans un cri perçant, amplifié par la sonorité du hangar désert.
À ce moment-là, j’aurais voulu disparaître, je n’avais aucunement envie d’être livré à la pratique du fist. Mes yeux révulsés allaient du bras souillé de l’un à l’anus dilaté de l’autre. Mon imagination galopait: je me représentais un pied se frayant un chemin entre les parois culières dont la souplesse me fascinait autant qu’elle m’épouvantait. La frayeur qui se lisait dans mon regard n’avait pas échappé aux deux mecs. L’un d’eux me lança:
— T’inquiètes, on n’a pas l’intention de te soumettre à un travail du cul aussi profond, t’es bien trop tendre pour le supporter...
— Dégage, et qu’on ne te voit plus dans les parages...
— Ou tu risquerais de le regretter. Ici, c’est réservé aux vrais mâles et pas aux tapettes dans ton genre...
Ils m’abandonnèrent comme un détritus, mes vêtements réduits en ballot. Nu, poisseux et hagard, je me mis à la recherche de quoi me couvrir pour rentrer chez moi. Parmi les vêtements éparpillés et pouilleux, je dénichais un chandail miteux qui m’arrivait au-dessus du nombril, un pantalon de survêtement trop large et des chaussettes dépareillées, loqueteuses et raides. N’ayant pas trouvé de chaussures, c’est ainsi que je me traînais à travers le terrain vague boueux, pataugeant allègrement dans les flaques, ne cherchant même plus à les éviter. Parvenu sur la rue, je bénis le sol cimenté du trottoir sur lequel je laissais derrière moi des traces de terre grasse.