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Abandonné entre ses mains

J'ai vingt-trois ans et je m’appelle Jean-Louis. Cela fait trois numéros de Lettres Gay que je lis, et je tiens à vous féliciter pour votre travail. Je tiens aussi à remercier tous les lecteurs de leurs témoignages, car je réalise que je ne suis pas le seul à avoir vécu certaines expériences que je croyais, sinon uniques, interdites (et vice-versa). Laissez-moi vous conter ce qui m’est arrivé alors que j’avais dix-neuf ans...

Cela faisait déjà presque deux ans que j’étais dépucelé (et homosexuel) quand mon oncle Jean-Claude a perdu sa femme et ses deux fils dans un accident de voiture terrible. Il tenait alors un café dans un petit village isolé des Ardennes. C’est un homme fort, robuste et volontaire, mais le choc a été cependant très rude, et il a eu beaucoup de mal à s’en remettre. Je me suis donc proposé pour l’aider dans son commerce, et surtout, pour lui remonter le moral. J’avoue que nous nous sommes toujours bien entendus, lui et moi, parce qu’il est de tempérament très jeune (à ce moment-là, il avait trente-six ans) et très taquin.

Étant plus jeune — et déjà petit pédé dans l’âme, si ce n’était pas encore dans la chair — je ne dirai pas que j’étais son préféré, pas du tout, mais j’étais le plus réservé de ses neveux et nièces, et souvent je sentais comme une certaine complicité entre nous, comme s’il me comprenait, comprenait mes désarrois d'adolescent au carrefour du sexe hétéro-homo... En devenant homo, en m’amusant (mais ma famille n’est pas au courant, bien évidemment), j’ai perdu de ma réserve, et également de cette complicité qui nous liait. Peut-être qu’en volant à son secours, j’espérais rétablir ces liens ambigus.

À mon arrivée au café, je l’ai trouvé terriblement changé. D’enjoué et blagueur, il était devenu plutôt sombre et tendu. De décidé et bon vivant, je le voyais abattu et las. Je me suis donc accroché à la lourde tâche de le remettre d’aplomb, sans me douter que nous deviendrions amants.

Deux semaines après, j’étais parvenu à le dérider souvent, nous parlions de temps en temps de ma tante, et j’ai compris qu’il l’aimait énormément. Parfois, la nuit, je l’entendais pousser des gémissements d’enfant. Une nuit, j’ai été réveillé par des plaintes, des sanglots. Je suis allé dans sa chambre et l’ai trouvé assis dans son grand lit, la tête entre les mains, pleurant comme un petit garçon abandonné et perdu. J’aurais pu le laisser s’apaiser seul, mais mon côté sensible m’a poussé vers lui. Je me suis assis près de lui sur le lit, murmurant des paroles douces pour le calmer. J’étais surpris de sa faiblesse et de son désarroi, et sans bien le réaliser, je l’ai entouré de mes bras, comme pour le bercer en le rassurant.

Il sanglotait, le visage enfoui dans le creux de mon épaule nue, et je lui caressais les cheveux et la nuque. Je ne portais qu’un slip cette nuit-là, et il était torse nu également. Souvent, j’avais entendu ma tante dire qu’il dormait nu et que c’était mauvais. Jean-Claude devait donc être nu ce soir, et cela troublait le jeune homo qui fantasmait souvent. Il m’avait également enlacé, sans véritablement me tenir. Lentement, j’ai senti sa joue remonter le long de mon cou, glisser sur ma propre joue. Dans la pénombre de la chambre, nos deux visages se sont séparés et se sont observés. Proches l’un de l’autre, j’ai lu dans ses yeux une sorte de détresse mêlée à un défi peut-être, une supplication sûrement. Le long des ailes du nez, les larmes avaient laissé deux chemins scintillants, et ses prunelles brillaient singulièrement. Ému, troublé, j’ai baissé mon regard et j’ai distingué son ventre légèrement bedonnant recouvert de poils nombres et, en-dessous du nombril, là où les draps remontaient, j’ai aperçu une zone très noire et deviné des touffes épaisses.

Encore plus troublé et même gêné, car à cet instant-là, j’avais le sentiment d’une chose interdite, j’ai relevé les yeux. Jean-Claude rapprocha soudain son visage, en lisant mon trouble dans mes yeux, et je sentis ses lèvres sur les miennes. Je perçus le goût salé d’une larme qui perlait sur sa lèvre supérieure, stupéfait par ce qui arrivait. Jean-Claude me tenait la tête derrière la nuque, sa bouche prenait d’assaut la mienne, sa langue m’avait écarté les lèvres et les dents pour agresser goulûment ma propre langue. J’ai mis de longues secondes avant de réaliser la situation, et alors je me suis mis à répondre à ce baiser sauvage, brutal. Jean-Claude s’est laissé retomber en arrière en m’entraînant, et m’a renversé sur lui. J’oubliai qu’il était mon oncle quand ses mains, d’un geste brusque, firent descendre mon slip au bas de mes fesses. J’ai senti alors son membre durci, à travers le tissu du drap, contre mon bas-ventre, et pour la première fois, la chaleur de sa peau.

Sa bouche était chaude, nos cœurs battaient la chamade, je caressais sa poitrine, nos langues s’enlaçaient en jouant, nos dents se cognaient, sa main droite pétrissait mon derrière, la gauche me caressait le dos. Nos bouches se sont soudainement séparées, il a enfoui à nouveau sa tête sur mon épaule, et m’a serré contre lui à m’en étouffer. J’ai senti son sexe se presser contre le mien, aussi durs l’un que l’autre ; il me pressait en poussant de profonds soupirs. Maintenant, je savais que c’était son premier élan d’amour, il avait en cet instant-là un terrible besoin d’être aimé, et pas nécessairement de baiser. Je l’ai compris, et son étreinte s’est évanouie. J’ai embrassé son épaule et lui ai caressé les cheveux. Jean-Claude a posé la tête sur l’oreiller et nous nous sommes regardés un instant. Avec douceur, j’ai posé mes lèvres sur les siennes, elles se sont entrouvertes, et ce second baiser a été d’une exquise tendresse après la passion du premier. Nous nous sommes longuement, très longuement embrassés et les caresses de nos mains s’arrêtaient à nos ventres brûlants. Ma verge était douloureuse du désir que j’avais, mais je trouvais nos baisers si merveilleux, presque chastes, que je ne voulais pas donner trop vite un caractère véritablement sexuel à nos étreintes. Peut-être nous sommes-nous embrassés des heure durant, je ne sais trop. Finalement, je me suis retrouvé allongé sur le flanc près de Jean-Claude. Nous nous bécotions doucement, savamment, on se mordillait par moment, nos langues pointaient leur nez pour s’amuser quelques secondes avant de se cacher encore.

Puis la main gauche de Jean-Claude a glissé sur ma hanche, a enveloppé ma verge et j’ai gémi d’aise et de bonheur. Il a posé la tête sur l’oreiller, il était également couché sur le flanc, et nos regards se sont soudés. Dans les siens, plus de tristesse ni de désarroi, mais une lueur, un éclat qui me remerciait et me promettait des choses folles. Dans le mien, sans aucun doute, beaucoup d’amour et de bonheur. Les doigts de Jean-Claude ont caressé ma verge, suivi le contour de mes couilles velues. Il s’est levé sur un coude pour me contempler, et sa main gauche a continué à descendre mon slip. Je me suis légèrement contorsionné pour l’aider et très vite, mon slip est tombé sur la moquette.

Je me suis tourné sur le dos, une jambe pliée, mon sexe tendu se courbant vers le nombril. Alors Jean-Claude a rejeté les draps, et j’ai enfin pu admirer son membre dans toute sa splendeur. Je dis cela mais en fait, il n’était pas plus long ni plus gros que le mien, mais à cet instant-là, il m’est apparu comme le plus magnifique de tous ceux que j’ai pu voir et toucher. Jean-Claude s’est sans bruit rapproché de moi et nos bouches se sont à nouveau unies. J’ai senti la chaleur de son pénis contre mon ventre et je me suis pressé tout contre lui, étreignant l’une de ses fesses. Nous nous sommes masturbés avec une délicieuse lenteur, interrompant par instants nos massages pour nous rouler un magnifique patin. De retenir notre jouissance, nos sexes avaient gonflé. J’ai senti qu’il ne pourrait plus se contenir bien longtemps, alors je me suis glissé entre ses cuisses. Comme un expert, je l’ai léché lentement pour mettre le feu à sa hampe dure et droite, puis j’ai avalé son gland violet, aspirant avec bonheur le goût de son beau membre viril. Sans hâte, je l’ai coulissé entre mes lèvres, le gland frottait contre mon palais, mais très vite, Jean-Claude a donné des petits coups du bassin, il haletait, sa main sur ma tête se fit plus lourde. J’ai senti sa queue qui tressautait entre mes lèvres et sa semence a fusé dans ma bouche et ma gorge. J’ai tout avalé, giclée après giclée, tout en pressant doucement ses testicules énormes, mes doigts se perdant dans son épaisse et drue toison pubienne ou bien massant la base de son sexe.

Jean-Claude soupirait de bien-être, en me caressant les cheveux. « Tu es merveilleux, » murmura-t-il. Je me suis mis à genoux en me redressant. « Viens, » invita Jean-Claude. « Viens que je te fasse jouir ! » Je me suis allongé sur lui et il m’a embrassé. Ses mains ont glissé sur mes fesses et nous avons roulé sur le côté, j’étais presque sous lui. Alors, tandis que notre baiser redevenait passionné, sa main est revenue enserrer ma bite pour me masturber. J’étais tellement excité par la délicieuse fellation qui m’avait permis de connaître la saveur de son foutre, que j’ai rapidement éjaculé entre ses doigts, arrosant mon ventre et un peu le sien. Nos lèvres se sont séparées, il m’a fait lécher ses doigts pleins de mon sperme, a recueilli ce qui était répandu sur mon ventre, l’a léché et avalé à son tour. Serrés l’un contre l’autre, nous nous sommes embrassés avec douceur.

Cette nuit-là, mon oncle m'a enculé et a appris à me sucer. À partir de là, nous faisions l’amour chaque nuit, et même dès que nous avions un peu de temps. Jean-Claude est redevenu comme avant, et je suis resté plus d’un mois chez lui. Une grande complicité existe entre nous depuis cette période bénie des dieux. Aujourd’hui, il a quarante ans et ne s’est pas remarié. Chaque fois que je retourne dans les Ardennes, nous nous arrangeons pour passer une soirée seul, au lit, bien entendu...

Voilà mon témoignage. Je tiens à vous remercier encore une fois pour votre revue. Je vous écrirai peut-être encore. Bravo pour vos « Lettres du mois » !

Jean-Louis, 23 ans.