Une histoire à découvrir
Éric (2)
Écrit en collaboration avec Karoll
Arrivé devant l'immeuble, Pierre était là, assit sur les marches de l'entrée. Un grand sourire se lissait sur son visage. Il dirigea Éric jusqu'à son appartement et le fit entrer. C'était un 2 pièces cuisine très modeste. La télé était déjà allumée, et le match allait bientôt commencer.
— Tu veux boire quelque chose ? Demanda, Pierre.
— Oui, merci ! Un Coca, si tu as.
— Ok ! Pas de problème. Mets toi à l'aise, je reviens tout de suite.
L'homme se dirigea vers la cuisine. Éric s'assit dans le canapé qui se trouvait en face de la télé, près de la grande fenêtre à double battant ouverte sur le petit balcon, sur lequel, une chaise longue invitait à la paresse sous le soleil du juillet. Il retira son blouson. À la télé, le match, venait de commencer.
— Tiens Éric, ton verre. Tu aimes le foot ?
— Bof ! Lui répondit Éric, en le regardant dans les yeux.
— Ouais ! C'est vrai, tu n'es pas venu pour cela. La chambre est au fond du couloir. Tu trouveras tout ce dont tu as besoin dans l'armoire, et la salle de bain est juste en face. Tu y trouveras des affaires.
Éric se leva et se dirigea timidement vers la chambre. En longeant le couloir il se retourna et dit :
— Je ne veux pas que tu viennes, ok !
— Ok, pas de problème. Tu es ici, chez toi. Et je ne viendrai pas te déranger.
— Merci.
Éric entra dans la chambre. Un large lit se trouvait en face de lui, et une armoire avec miroir en pied sur chaque battant. Une petite commode trônait dans le coin vers la fenêtre. Le garçon ouvrit l'armoire et put remarquer que Pierre ne manquait pas de vêtements féminins. Il se mit à fouiller dans la pendille et sortit les vêtements, robes, jupes, déshabillés. Se regardant dans le miroir, plaquant chaque vêtement sur son corps, il se contemplait d'un oeil critique avant de le jeter sur le lit. Il ouvrit les tiroirs de la commode emplis de sous-vêtements féminins, il remarqua ce magnifique ensemble, en dentelle blanche, très saillant. Il posa le tout sur le lit, passa dans le couloir pour jeter un coup d'oeil discret en direction du salon. Pierre était toujours sur le canapé, les yeux rivés sur la télé.
Serrant le paquet de vêtements sur son coeur, il traversa rapidement pour aller s'enfermer dans la salle de bain. Une grande baignoire, occupait le fond de la pièce, et un petit lavabo, avec son miroir mural sur sa droite. Une armoire de toilette de l'autre côté, était pleine de boîtes de maquillages, et d'autres produits pour le soin du corps. Il commença à se déshabiller tout en faisant couler un bain. Une fois nu, il entra dans la baignoire. La douche était bien chaude comme il l'aimait. La buée recouvrait à présent le miroir et l'eau, jaillissant du pommeau de la douche, venait caresser en douceur sa peau et ruisselait le long de son corps. Après un bon moment de délassement, il sortit de la baignoire, essuya son corps ruisselant avec une grande serviette éponge.
S'approchant du miroir embué qu'il essuya de ma main, Éric se concentra sur son maquillage. Tout ce dont il avait besoin pour sa transformation se trouvait sur la petite tablette du lavabo. Ce qui l'inquiétait. Mais bof ! se dit-il. C'est peut-être un excentrique comme moi. Il commença par une petite crème de visage... Une fois bien maquillé, il enfila les sous-vêtements qui lui allaient à merveille. Le garçon avait laissé la place à une jeune fille très séduisante. La robe de soie noire moulait parfaitement son corps, et un petit subterfuge, pour les seins, mit fin à la transformation. Il se trouvait bien, satisfait de ce qu'il venait d'accomplir. Il ouvrit la porte de la salle de bain, puis se dirigea en se déhanchant vers le salon.
Pierre était toujours assis devant sa télé. D'un petit râclement de la gorge, Éric essaya d'attirer son attention. Mais le son du téléviseur recouvrait sa voix. Alors voyant que Pierre ne bougeait toujours pas, il se planta face à lui masquant l'écran du téléviseur. Pierre, surpris, leva les yeux sur cette jeune fille dont le visage fin, bien maquillé ne laissait aucun doute sur ses intentions. Les lèvres pulpeuses et humides étaient légèrement entre ouvertes. Il n'en revenait pas, immobile il regardait Éric qui, avec un déhanchement sensuel, se dirigea vers le téléviseur afin de l'éteindre et allumer la chaîne hi-fi qui se trouvait juste à côté. Il se retourna et commença à chalouper au rythme de la musique. Ce qui provoquait chez Pierre une légère érection. Éric se sentait bien et cette séance de séduction l'excitait beaucoup. Et voyant que Pierre était tout en nage, il commença à dénuder son épaule gauche, comme une professionnelle. Le geste précis et délicat, et sa façon de descendre la fermeture éclair, mit Pierre dans l'embarras.
— Écoute Éric, tu es très mignon. Et je vois ou tu veux en venir mais, je crois, que ce n'est pas le bon moment.
— Mais je croyais que...
— Non, tu es venu pour réaliser tes fantasmes, mais jusqu'à un certain point.
Éric vexé, courut en direction du couloir. Pierre le suivit mais la porte de la salle de bain se referma devant lui. Il essaya de rentré, mais le verrou était tiré.
— Éric ! Ouvre, je t'en supplie. je ne voulais pas t'offenser.
— Non ! Personne ne me comprend.
— Mais si, je te comprends. Ouvre, je t'en prie!
— Non, de toute façon, tu es comme les autres... Pourquoi tu m'as demandé de venir?
— Écoute Éric ! Ouvre et je t'expliquerai tout.
— Non.
— Éric, j'étais comme toi, dans ma jeunesse. Et j'ai beaucoup souffert. C'est pour cela que je t'ai proposé de venir.
— Comme moi ? menteur !
Alors Pierre commença à raconter son enfance, et ses problèmes d'adolescence, sa sexualité qu'il a très mal vécue. C'est après des années de souffrance qu'il s'est résigné à tout abandonner. Mais au fond de lui, ce manque de compréhension des autres resurgit de temps en temps. C'est pour cela qu'il avait proposé son aide à Éric, afin de libérer en lui ses pulsions féminines. Éric ouvrit la porte, il avait les larmes aux yeux, et sauta au cou de Pierre qui le serra dans ses bras...
À suivre...