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Éric (Karoll)

Éric jeta un dernier regard à sa silhouette avant de sortir de son appartement. Le miroir lui renvoya l'image d'une jeune femme blonde aux cheveux longs, perchée sur les talons de ses escarpins, enveloppée dans un grand manteau de fourrure au col relevé. Éric ouvrit le manteau pour admirer sa robe moulante au col montant mais assez courte pour dévoiler le haut de ses bas de soie noirs tirés par le porte-jarretelles. Ça faisait un peu pute mais c'était le but recherché. Aucun homme ne pourrait rester indifférent aux formes de son corps. Pour s'en convaincre, Éric se tourna légèrement en remontant sa robe sur les hanches. Ses fesses rondes étaient séparées par le cordon noir du string. Une vraie salope pensa-t-il.

Éric aimait se travestir. Pour le plaisir que lui procurait le contact de la lingerie féminine mais aussi pour la simple raison que l'expérience lui avait démontré qu'il était plus facile de se faire enculer en fille qu'en garçon et il adorait ça. Éric draguait surtout les hommes mariés, les hétéros qui voyaient en lui une sublime femelle à baiser. Beaucoup d'hommes se conduisaient avec lui comme avec une femme et c'est bien connu que de sodomiser une nana est le fantasme suprême de nombreux mâles.

Éric avait commencé à se travestir très jeune. Vers l'âge de 14 ans. À l'époque, il prenait les dessous de sa mère. Pendant les vacances, il restait seul à la maison et attendait avec impatience le départ de sa mère pour courir ouvrir ses armoires. Ses parents étaient divorcés et sa mère partait tôt le matin travailler à l'unique usine de la ville. Alors Éric avait toute la journée pour s'habiller, se maquiller jouer à la dame. Peu à peu sa technique s'améliorait et c'est avec rapidité qu'il se transformait. Il n'osa jamais sortir et sa passion resta secrète jusqu'au jour où sa mère le surprit de la sorte en rentrant plus tôt de son travail. Elle était accompagnée d'un homme que Éric avait déjà aperçu avec elle à la sortie de l'usine. Ils étaient peut être amants.

À 16 ans, Éric trouvait que sa mère devrait se remarier. Ce fut la surprise pour tout le monde. La pauvre femme s'effondra en larmes tandis que l'homme essayait de la rassurer en il assurant qu'il ne s'agissait que d'un jeu tout en regardant attentivement le jeune garçon. Pour la première fois Éric découvrit l'effet qu'il pouvait provoquer chez un homme. Il pouvait lire le désir dans les yeux de l'homme. Vis-à-vis de sa mère, il était bien embêté et ne savait que dire. C'est l'homme qui sauva la situation. Il éclata de rire en racontant que lui s'était déguisé en fille à l'occasion d'une pièce de théâtre organisée à l'école. Il devait tenir le rôle féminin de la pièce. Mais il était beaucoup moins doué que Éric dans l'art du transformisme. Éric saisit la bouée qui lui était tendue et plongea à fond dans ce mensonge. Il assura sa mère qu'il lui en avait déjà parlé mais qu'elle ne devait plus s'en souvenir. Avec les copains, Ils avaient projeté de faire une farce à son professeur en lui faisant croire qu'une fille était entrée dans la classe. C'était un vieux bonhomme binoclard et le pari était de tenir tout le cours sans qu'il s'en aperçoive. La brave femme ne demandait qu'à être convaincue et elle le gronda pour avoir pris l'une de ses plus belle robe pour l'occasion et lui demanda qui lui avait appris à si bien se maquiller. L'incident fut oublié et Éric se tint tranquille pendant plusieurs mois. Sa mère enferma ses produits de maquillage et cacha ses dessous les plus provoquant, ceux qu'elle mettait pour sortir avec son amant, sous la pile des draps propres.

Éric était un vrai garçon dans son comportement quotidien et l'affaire se tassa. Il arrivait bien des périodes pendant lesquelles Éric avait la forte tentation de recommencer à se travestir mais il arrivait à se raisonner. Un jour, chez sa tante, il vola une petite culotte en dentelle. Le soir, seul dans sa chambre, Éric l'enfila avant de se glisser dans son lit. Le contact du fin tissu lui provoqua une forte érection. Jusque là, Éric n'avait pas associé son travestissement à une pulsion sexuelle. Ce fut une découverte. Pour la première fois il se caressa les fesses, les cuisses en pensant au regard chargé de désir que l'homme avait posé sur lui. Il éjacula dans la culotte. Son larcin ne fut pas découvert ou la tante le passa sous silence. Il garda le sous-vêtement dans lequel il se masturbait régulièrement.

Éric était assez joli garçon et les filles lui tournaient autour. Il avait flirté avec une fille du lycée mais ce n'était pas allé plus loin. À 16 ans, il était plus préoccupé de foot ou de moto que par les filles. Il n'avait qu'un seul copain avec lequel il était vraiment ami. Pas au point de lui parler de son passe-temps favori.

Tout cela aurait pu en rester là si l'ami de sa mère n'était pas revenu un après-midi en l'absence de celle-ci. Éric le fit entrer au salon, il était un peu gêné car il n'avait pas revu l'homme depuis leur première rencontre. Ils ne se connaissaient pas et ne savaient quoi se dire. Pierre, c'était son nom, devait avoir dans les 45 ans, c'était un assez bel homme avec une petite moustache virile et un large sourire. Grand, costaud, il en imposait. Il expliqua à Éric que sa mère lui avait demandé de passer pour regarder la chaudière qui avait un problème. Le début de l'hiver approchait et elle n'osait la mettre en route à cause d'un bruit? Éric était au courant mais avait oublié. Il accompagna l'homme au garage et resta planté là le regardant déballer ses outils. La conversation s'engagea sur la victoire de l'équipe de foot locale au championnat de France. Éric se détendait. le sujet dévia sur la télé, les occupations des garçons, les filles et tout un tas d'autres sujets. À un moment, l'homme demanda à Éric s'il s'habillait toujours en fille. Il était à genoux devant la chaudière, le regard baissé sur le brûleur. Comme Éric ne répondait pas, il leva la tête et le regarda droit dans les yeux en lui disant:

— Tu étais très mignonne l'autre jour. Je sais que ta mère te surveille. Si tu veux, tu peux venir chez moi pour t'amuser. Il n'y a personne dans la journée. Tu seras seul et tu pourras faire ce que tu veux.

Devant le silence de Éric il continua.

— Je connais la vie. Je sais qu'il y a des garçons qui aiment se travestir par plaisir sans penser à mal mais voilà ce n'est pas toujours bien compris. Moi je trouve ça marrant. J'ai un ami qui le fait très bien. Si tu veux il pourrait te conseiller.

Éric restait toujours silencieux. Il ne baissait pas les yeux. C'était la première fois qu'il avait une conversation de ce type avec un adulte. Pour lui, les adultes étaient là pour être profs, flics ou parents mais pas pour avoir ce genre de complicité. Il comprenait que Pierre était sincère dans ses paroles et que la proposition ne cachait aucun piège. Il brûlait d'accepter.

— Si tu allais nous chercher une bière pendant que tu réfléchis. Ta mère m'a dit qu'elle en avait acheté exprès pour moi.

Éric s'enfuit vers la cuisine pour revenir avec la bière. L'homme avait repris son travail. Il but sa bière directement à la bouteille.

— Tu n'es pas obligé de rester si tu as d'autres trucs à faire?

Sur ses mots il replongea le nez dans la machine. Éric comprit que l'on en reparlerait plus.

Pierre était toujours là quand sa mère rentra le soir. Une fois terminé son travail, l'homme remercia pour la bière et prit congé en invitant Éric à lui rendre visite un de ces jours chez lui pour parler de foot. Éric s'empressa d'accepter.

— Bon alors disons dimanche prochain, il y un match à la télé.

Ce fut sa mère qui répondit que c'était d'accord. Elle était soulagée de voir que le garçon avait sympathisé avec Pierre.

Le dimanche après-midi, Éric se présenta à l'adresse indiquée. L'homme avait téléphoné pour demander si c'était toujours d'accord et donner son adresse. Éric y alla à vélo.

À suivre...