Toutes les histoires

Une histoire à découvrir

Érik et Khalid

J’ai retrouvé Érik deux ans après qu’il eut posé pour moi pour une série de photos de nu. Dans son survêtement Tacchini blanc, il est toujours aussi beau. Ses cheveux blonds foncés sont partagés par un début de raie stricte d’où pointent de part et d’autre des mèches rebelles. Son visage, rieur et grave, est illuminé par un regard très clair, «pareil à un torrent pris dans les glaces». Des gestes vifs et fluides lui donnent une grâce à part.

Érik se tient à présent au-dessus de mon épaule, à découvrir sur l’ordinateur une nouvelle série de photos d’un adorable minet. Kévin, un blond aux yeux cerclés de lunettes, pose avec sa planche sous le bras dans une tenue de skateur: sweat à capuche et pantacourt, grosses chaussures DC et chaussettes blanches. Je sens que l’attention d’Érik est concentrée sur les traits et la physionomie de Kévin.

— Il a une belle queue? me demande soudain Érik.

Je ne relève pas sa réflexion, pensant à une parole en l’air. Au fur et à mesure que je fais défiler la planche contact, Kévin apparaît de plus en plus dénudé. Parvenu aux photos du corps nu, Érik s’enflamme:

— Il est super trognon ce mec, précise Érik, obnubilé par la queue décalottée aux formes parfaites.

— Dis-moi Érik, je ne te savais pas attiré à ce point par les garçons!

— J’ai changé... ça t’embête?

— Oui... dis-je de but en blanc sur le ton du reproche. Tu m’as tant fait fantasmer que je me sens floué de ne pas avoir eu le privilège de te faire l’amour.

— Rien n’est perdu mon chou, ajoute Érik, serrant son bras gauche autour de mon cou.

Je sens son souffle doux sur ma joue vers laquelle il avance son visage et qu’il parcourt d’un doigt de la main droite.

— Ta peau est douce, tes lèvres son chaudes, tes yeux sont pétillants... c’est pour moi, tout ça?

— Érik, fais ce que tu veux de moi, mais ne me fait pas languir davantage.

— Tu ne tiens donc pas à savoir ce qui m’a transformé...

— Je ne sais pas... j’ai peur d’être jaloux de celui que tu as aimé pour la première fois alors que j’aurais tant voulu que ce soit moi.

— Aucun danger, ce n’était que mécanique... Je te raconte...

Khalid, visage aux trais anguleux, les cheveux coupés très courts, est un de mes meilleurs potes, coéquipier de foot dans l’équipe amateur que nous fréquentons. Il m’avait invité à regarder le match de l’équipe nationale devant son nouvel écran géant extra plat. J’ai emmené un pack de bières en guise de présent. J’ignore l’odeur qui me prend à la gorge en entrant dans son salon. Une paire de chaussettes de tennis traîne lamentablement au pied du canapé. Khalid est torse nu, porte un short et les chaussettes noires de la tenue de notre équipe. Il a remonté l’une des chaussettes jusqu’au genou et laissé l’autre à mi-mollet.

On est à quelques minutes du coup d’envoi. Sur l'écran, les joueurs font des passes d’échauffement. Nous sommes tous les deux en admiration devant leur carrure, leurs tenues rutilantes, leurs chaussettes impeccablement tirées sur des jambes musclées et terriblement sexy... En prévision de l’engagement, les canettes de bière sont éclusées à vitesse grand V tandis que chacun soupèse les chances de victoire en fonction de la condition physique des joueurs et de la pertinence de la sélection.

Après l’alignement des équipes et les hymnes nationaux, le match est lancé. Au bout d’une dizaine de minutes, Khalid s’écrie: «Oh, putain! J’ai une de ses envies de pisser. J’ai oublié de prendre mes précautions. J’aurais dû m’en douter vu les canettes de bière qu’on vient de s’enfiler. Va falloir que je me vide les couilles, je ne tiendrais pas jusqu’à la mi-temps.» Khalid n’a pas l’intention de rater la moindre action du jeu.

— On est qu’au début de la rencontre... Vu la tournure du match, je ne sens pas vraiment l’imminence d’une action d’éclat... C’est plutôt ampoulé comme jeu...

— C’est ce qu’on dit... Tiens, lis ceci...

Khalid me tendit un bouquin posé sur la table basse située devant nous. Il avait corné une page de «Football Factory» de John King, et avait surligné cet extrait: «Parce qu’il ne se passe rien sur le gazon, tu vas pisser, tu te déboutonnes, et c’est l’orgasme de la pisse («l’orgasme du pauvre») qui explose enfin, et à ce moment-là, tu entends un rugissement qui te fait remonter les couilles dans la gorge, parce que C vient d’en mettre un, et toi tu es comme un con parce que tu n’as rien vu, et ça te gâche le plaisir de vidanger après t’être retenu si longtemps. Du coup, tu te magnes de revenir, le jeans trempé tellement tu t’es déconcentré. Le temps que tu arrives, les copains se sont calmés et se foutent de toi parce que tu as manqué le meilleur. Tu te dis que la fois suivante, tu vas souffrir jusqu’à la mi-temps, plutôt que de prendre le risque. Et puis tu craques, et ça recommence. C’est la loi du pauvre con.»

Khalid retire alors du bout du pied ses baskets délacées, les bourre avec ses chaussettes de foot. Il les dispose largement évasées, à la manière d’un entonnoir. Puis il sort sa queue, la fourre au milieu du coton épais et la laisse s’épancher. Elle n’en finit pas de couler. Je sens moi-même que la vessie me presse. Khalid m’invite à utiliser la seconde basket transformée en urinoir improvisé.

Le corps débarrassé de nos humeurs urinaires, nous nous retrouvons le mât à l’horizontale. Nous sommes pris d’un fou-rire et nous nous écroulons dans les bras l’un de l’autre. Dans l’euphorie qui nous gagne, j’ignore comment Khalid a pu subrepticement enfourner ma queue raide dans sa bouche. Je soupire d’aise. Le traitement qu’il me fait subir est sublime. Quand tout à coup, il découvre ses fesses, se positionne en levrette sur le canapé et me supplie:

— Encule-moi, Érik!

— Tu plaisantes, j’ai jamais fait ça... et puis je suis aux filles, tu le sais bien...

— T’inquiètes pas pour ta virilité de mâle, c’est moi l’enculé et j’ai un trou tout ce qu’il y a de plus accueillant... Regarde toi-même...

Khalid cambre ses fesses: au centre des collines de peau mate un trou rose bien large ne demande qu’à être comblé.

— Tu vois, tu n’auras aucun mal à t’enfiler après les multiples passages de mes cousins du bled...

— Je dois admettre de cette chatte de mec est bien appétissante, suis-je obligé de reconnaître.

— Fourre-moi le cul... implore Khalid.

Au contact de mon gland à l’entrée de son trou d’amour, Khalid se relâche et ouvre la porte étroite qui le sépare de sa tentation. L’empalement tant désiré ne souffre plus d’aucun obstacle.

— Bien à fond, Érik... Tu sens comme c’est profond?

— Oh oui, et c’est chaud, mec. Tu vas pas tarder à me vider de mon jus... Je le sens prêt à te tapisser le fondement.

— Retiens-toi, Érik... Continue à me défoncer... Lentement... Plus vite... Ralentis... À fond maintenant... En arrière... Doucement... Oh oui... Continue à ce rythme... Accélère maintenant... Ah, ta queue est un vrai régal...

Le cerveau complètement imbibé de bière, on est en train de baiser comme des porcs, au risque de défoncer le canapé et le plancher. Peut-être que la bière a un effet parce qu’il faut un bon moment pour que la jouissance s’annonce:

— J’en peux plus Khalid, m’écriai-je en poussant d’un coup de rein la totalité de la longueur de mon membre dans le trou modelé d’avoir reçu des engins de chair les plus divers. Oh oui, je crache, Khalid...

— Ah! Je te sens mon amour...

Et plantant son arrière-train jusqu’à mes couilles, Khalid reçoit deux, trois giclées de crème lubrifiante et chatoyante. Je me retire, laissant le trou de Khalid éclaté. J’assiste alors, obnubilé, à la pulsation de ce trou qui vibre au rythme de la masturbation de Khalid qui hurle mon prénom quand sa semence se projette dans l’espace en un feu d’artifice de flammèches blanchâtres. Alors on s’effondre comme deux pantins trempés de sueur, tous deux abrutis d’alcool et de sexe.

— Maintenant, me dit malicieusement Érik, je comprends mieux sa démarche aux jambes arquées. Quant à la soirée, je me suis accommodé aux relents d’urine qui s’échappaient des chaussettes pisseuses, le temps d’apprécier toute la beauté des virevoltantes évolutions de nos onze héros d’un soir.