Une histoire à découvrir
Érik et Kévin
Subjugué par son pote Kévin, Érik me suggère d’organiser une séance photo où les deux garçons illustreraient un scénario leur permettant de s’enlacer. Érik avait dans l’intention de séduire Kévin et de jouir de lui. Si Érik, que j’avais connu du temps de ma relation avec Romain, avait évolué sur le plan de sa sexualité, Kévin n’avait jamais marqué de prédisposition pour le sexe mâle et restait pour moi un hétéro pur-jus. Je ne tenais pas particulièrement à passer pour un entremetteur afin de donner à Érik accès à son but.
— Je me charge de le faire craquer, me rassura Érik, sûr de lui.
Il fut donc convenu que Érik ferait office de coach à Kévin. Le jour de la séance, Kévin arriva dans une tenue de tennis tandis que Érik arborait un survêtement blanc qui lui donnait cette apparence angélique qui me faisait fondre. Mais, pour l’heure, Érik mangeait Kévin des yeux. Cheveux gélifiés, yeux sucrés derrière des lunettes rectangulaires, sourire doux et sensuel, Kévin avait tout à son avantage pour mettre Érik et moi sous pression. Kévin portait un ensemble Adidas de couleur bordeaux sauf pour les chaussettes, aux bandes bicolores rouge et bleu. Une anomalie que je me proposais de corriger en l’invitant à enfiler une paire de chaussettes Adidas neuves. Kévin se laissa convaincre par mes considérations artistiques. Ses chaussettes sont à peine retirées que Érik s’en empare et les porte à son nez.
— Dis donc, elles puent pas! constate Érik, un accent de reproche dans la voix.
— Normal, je me lave, moi! rétorque vivement Kévin, à la limite blessé par cette réflexion d’ordre hygiénique.
Érik abandonne alors les chaussettes de Kévin, visiblement quelque peu déçu. En regardant Kévin enfiler ses chaussettes, je vois défiler devant les yeux le spot publicitaire (pour une eau minérale) dans lequel Zinedine Zidane, l’attaquant vedette de l’équipe de France de football, développe les différentes étapes de sa préparation d’avant match. L’une d’elles consiste à remonter délicatement les chaussettes, «d’abord la jambe gauche, puis la droite». C’est avec la même théâtralisation que Kévin enveloppe ses pieds. La chaussette retroussée, il y fait glisser sensuellement son pied comme si le contact avec le coton vierge lui procurait un bienfait salutaire à tout son être. Parvenu au talon, Kévin déroule ensuite la chaussette sur la cheville avec une sorte de béatitude. Il est loin de se douter que cette vision me met en état de transe. Mon corps est en appétit devant ce garçon qui joue de ses charmes jusque dans la façon d’enfiler ses chaussettes. Kévin fit baisser lui-même la tension en nous précisant qu’il était inutile d’intriguer pour le séduire et qu’il n’avait pas l’intention de tromper sa petite amie, encore moins avec des mecs.
— Tu peux quand même être sensible à la beauté d’Érik, lui insufflais-je.
— Ok, je reconnais bien volontiers qu’il est beau, mais je ne suis pas pédé et, de ce fait, il ne m’attire pas du tout. C’est clair?
Je rassurais Kévin sur mes intentions: je voulais avant tout réussir mes photos et il me semblait que deux beaux gars comme eux étaient complémentaires pour donner à mon travail cet érotisme qui devait s’en dégager.
La séance débuta. Je sentais Kévin tendu et Érik beaucoup trop sûr de lui. «Qu’il me serre pas trop!» prévenait Kévin quand Érik le prenait par le cou ou par la hanche. À un moment donné, Érik avait entrouvert son survêtement sur sa poitrine nue et Kévin abandonné son tee-shirt. Érik, placé derrière Kévin, lui indiquait la manière de manipuler la raquette. «Que ton bras soit souple en tenant le manche afin de lui donner du mouvement,» lui conseillait-il. Puis je commandais:
— Kévin, il va falloir faire descendre ton short et me donner à filmer ton érection!
— T'inquiète, lui murmura Érik, je saurais donner à ce manche-là toute la vigueur nécessaire si tu me laisses faire.
Érik avait déjà baissé son pantalon de survêtement et sa queue était lovée au creux des reins de Kévin, le gland lubrifié de précum s’astiquant dans le renfoncement anatomique.
— On arrête! lança Kévin. Il se branle contre moi!
— C’est inoffensif! le rassurai-je.
— Mais je n’ai pas besoin de lui pour bander! s’insurgea Kévin.
Et il glissa sa main dans l’élastique du short, l’amenant jusque sur ses cuisses. Un membre dans toute sa splendeur était érigé à l’horizontal.
— C’est moi qui te fais cet effet-là? n’a pu s’empêcher de remarquer Érik.
— Cause toujours et garde tes prétentions pour toi, lui répondit froidement Kévin.
Pourtant, Kévin n’était plus si sûr que le sexe d’Érik contre sa peau ne lui donnait pas ce supplément de désir qui se traduisait pour une part dans son érection. Il faisait pourtant des efforts pour ne penser qu’à sa copine en train de lui dorloter le sexe pour le rendre digne de la performance qu’il réussissait.
Les deux garçons se retrouvaient à présent en chaussettes. Je leur avais demandé d’exécuter un ballet sensuel de leurs corps. Érik se montrait toujours plus entreprenant, serrant Kévin contre son torse, les mains caressant poitrine, hanches, pubis, le sexe toujours à la recherche d’une cavité où se répandre. Érik comprit qu’il n’avait aucune chance de s’enfoncer entre les fesses de Kévin. Alors, trop émoustillé par la situation, il explosa dans le creux des reins de Kévin. Quand celui-ci comprit l’origine de la douceur qui irriguait sa peau, il se retourna brusquement et repoussa Érik avec véhémence.
— Putain, il vient de me jouir dessus, s’écria Kévin. Tu m’avais pourtant assuré qu’il n’était pas pédé, continua-t-il en s’en prenant à moi.
Érik se rapprocha:
— Excuse-moi, je ne sais plus où j’en suis mais tu es tellement irrésistible, même pour un mec!
Érik retira une de ses chaussettes et alla nettoyer les traces gluantes qui s’écoulaient au bas du dos de Kévin.
— Je m’en veux de t’avoir froissé, dit Érik, penaud.
Kévin faisait la moue, ce qui donnait à son visage une dureté qui ne lui correspondait pas. En fait, l’agacement dont faisait preuve Kévin à l’égard d’Érik avait l’air d’une façon de s’avouer tenté par une expérience qu’il abhorrait encore il y a une heure.
Érik était accroupi derrière Kévin, essuyant encore et encore les coulées maintenant limpides qui coulaient le long de ses jambes quand, brusquement, Kévin se retourna, saisit la tête d’Érik à deux mains et lui ordonna sur un ton sans réplique, et qu’on sentait contre-nature:
— Suce-moi, salope!
Le ton se voulait à la fois blessant et sans appel. Érik se retrouva pour la première fois dans le rôle du passif. Il lui fallait assumer après ce qu’il venait de révéler sur l’irrésistible tentation que représentait le corps de Kévin.
Finalement, Érik était trop content de satisfaire Kévin, qui, assis sur le sol, la tête d’Érik entre les cuisses, et les mains dans ses cheveux, modulait les mouvements de son ami, goûtant le papillonnement de la langue sur son gland et sa tige. Avec un talent qu’il ne se soupçonnait pas, Érik savait être toujours au bon endroit, le sexe tantôt à l’intérieur, tantôt à l’extérieur de sa bouche qui se présentait comme une pompe à plaisirs. Kévin se pâmait de volupté chaque fois que sa tige coulissait au creux de la langue de velours d’Érik qui tentait de gober jusqu’à la racine la jeune et vigoureuse queue de Kévin. À plusieurs reprises, sa fougue l’entraînait aux limites de la suffocation. Il adaptait alors sa respiration afin de ne pas avoir à recracher trop rapidement la queue envahissante. Quand finalement la tige se retirait de sa bouche, elle dégoulinait de salive et des traînées visqueuses, mélangées au précum secrété par Kévin, gouttaient à terre en de longs filaments translucides. Érik n’avait pas le temps de reprendre son souffle que la queue de Kévin repartait à l’assaut de sa cavité buccale. Dans la progression du plaisir, Kévin commençait à se manifester vocalement, poussant des soupirs et commandant à Érik d’intensifier son action sur sa queue, ce qui n’était pas pour déplaire à Érik.
Soudain, dans un geste non prémédité, Kévin se trouva en contact avec la chaussette souillée d’Érik. Transporté par l’extase, il en vint à porter cette chaussette à ses narines. Les relents d’une sueur saine couplés avec l’humide liqueur spermatique s’insinuaient en Kévin comme une déferlante de stupre. Il inhalait ce qui lui semblait il y a peu encore comme dégradant: les scories malpropres associées à une chaussette. Pourtant, dans le cas présent, ce coton recelant une part intime d’Érik semblait plein de vertus: comment résister à ces saveurs corporelles mêlant le salé de la transpiration et le sucré du sperme. Kévin s’en délectait, s’en imprégnait jusqu’à ce que les actions combinées de la fellation d’Érik et de l’inhalation de sa chaussette conduisent Kévin à cracher une quantité impressionnante de foutre dans la bouche experte d’Érik tandis que lui-même se répandait sans se toucher.
Pour les deux garçons, la jouissance dépassa tout ce qu’ils avaient imaginé. Érik réceptacle des plaisirs de Kévin; Kévin instrument et bénéficiaire d’un orgasme sans commune mesure avec ce qu’il avait coutume de pratiquer.
Érik et Kévin se sont séparés en s’enlaçant avec effusion, ce qui ne manqua pas de me mettre la larme à l’œil.