Une histoire à découvrir
Être gay à Alger
Le téléphone sonne pendant que je suivais Steffy Graff affronter Martina Hingis dans un match mémorable. C'est la finale féminine de Roland-Garros 1999. C'est lui, il imite une autre voix, histoire de voir si je suis là. Je lui ai demandé hier d'appeler à cette heure-ci. Je raccroche, il rappelle, il imite une autre voix je raccroche.
Je laisse le téléphone sonner, je finis par décrocher... Cette fois-ci, il me parle directement, je lui fixe un endroit pour se rencontrer; il a l'air de saisir le lieu. Dans nos voix on sentait un désir partagé, tout mon corps tremblait, chauffait à son écoute. J'étais tout près de mon premier rendez-vous, de ma toute première expérience.
17h30, je suis présent; point de voiture à l'horizon. À ses dires, il a une Golf 91, noire je suppose! On s'était rencontré à la caserne il y'a une semaine, j'étais allé régler un papier militaire. Nos regards se sont croisés, on s'est instantanément compris. Il m'a abordé, on a discuté de tout et de rien, il m'a demandé mon numéro de téléphone, je le lui ai donné sans hésiter: est-ce bien raisonnable, quand on vit à Alger?
Il m'avait appelé plusieurs fois auparavant, il insistait énormément pour me voir. Je trouvais un prétexte pour retarder l'échéance. Je me méfiais?
17h50, il est enfin là. Une Golf noire me fait un appel de phares. Je monte dans la voiture, on parle de tout et de rien, je lui indique la route, la route qui nous mènera à un appartement inoccupé. Devant l'immeuble, une meute d'enfants qui jouent mais qui nous scrutent des yeux. Ils ne nous ont jamais vu! Leur curiosité augmente lorsqu'ils nous voient entrer tous les deux dans cet appartement sensé être inoccupé.
L'électricité a été coupée, je suis obligé d'ouvrir une fenêtre, On s'assoit sur le lit, très excités, et il me dit: «Tu racontes, quoi!» Je lui réponds: «On n'est pas venu ici pour se raconter nos vies.» Je surenchéris: «C'est ta première fois?» Il me dit que c'est la deuxième; j'ai du mal à croire. «C'est ma première,» lui dis-je. Il a du mal à me croire. Il me caresse la cuisse, je mets ma main autour de son épaule, il me prend et m'enlace, on se couche. Il me sert très fort contre lui. Je balaye sa nuque de petits baisers pendant qu'il pétrit mes fesses de ses mains
Soudain il prend ma main, et la dépose sur son entrejambe, je me mis à lui malaxer son sexe qui avait déja pris forme. Il me dit: «Je te plais?» «Tu me plais beaucoup,» lui répondis-je. Il rajoute: «Tu as le feu en toi, tu es excité.»
On se partage un baiser de 30 secondes, sans aucune saveur. Il se lève, il a l'air perplexe, gêné: il y'a beaucoup de bruit dehors... Il me demande d'enlever mes affaires et de rester en slip, chose que je fais sans discuter. Il baisse son pantalon et sort son sexe de 12 cm. Je le serrre entre mes mains. Physiquement, il était banal, le type qu'on ne remarquerait jamais, mais à cet instant précis, il était le plus beau au monde.
Il me demande de lui faire une pipe. Je baisse ma tête, et je commence à sucer ce bout de chaire avec frénésie. Il me demande de ralentir la cadence. Il m'interromp, il semble être gêné par l'obscurité. J'ouvre un peu plus la porte donnant sur la terrasse pour éclairer l'appartement, il semble être de plus en plus gêné par le bruit. Les enfants ont dû remarquer quelque chose. M'ont-ils vu à moitié nu? Sachant qu'ils m'ont vu entré avec Karim; son prénom.
Des pierres sont jetées, ils parlent de nous. Ils disent avoir vu une chemise et une personne à travers la fenêtre. Karim s'inquiête, il veut partir, je le rassure. Je continue de le sucer, il aime ça, Dehors, la marmaille exprime haut et fort ses interrogations. Il veut partir, je continue à le rassurer...
J'ouvre la fenêtre de la chambre, les interpellant d'arrêter de jeter des pierres. Ils se sont échappés et l'un d'eux crie: «Dépravé!» S'adressait-il à moi.
On passe dans le salon pour être tranquile. Debout, on s'embrasse un moment, il me demande de me retourner, je lui mets un préservatif, je me retourne. Il me crache entre les fesses et m'enfonce son pénis avec force. Il m'a fait mal, il me serre très fort, il me perfore les fondements. Il me demande de venir vers lui, ce que je fis, en émettant des cris de plaisir. Il me mord l'épaule sauvagement pendant une minute puis jouit de plaisir.
Il sort de mon corps, je lui enlève le capuchon; il s'essuie le sexe avec un bout de journal. Pour ma part, je n'ai pas pu jouir, peut-être que je ne suis pas passif? Il me le fait remarquer, il se rhabille rapidement, il veut quitter les lieux au plus vite.
Je lui demande de rester un peu, il refuse. Il m'avance qu'il a à faire, il s'interroge et me dit: «Tu as dû ramener pas mal de mecs ici pour que les mômes se posent autant de questions. Tu dois faire attention à ta réputation.» Je lui réponds qu'il se trompe et qu'il est mon premier.
Plusieurs tentatives avant de s'en aller. On scrute la porte, il finit par sortir. Quel macho irresponsable, me dis-je. Juste après son départ, j'ouvre toutes les fenêtres, histoire de faire comme si de rien n'était. Il fallait contre-attaquer.
Le voisin d'à côté a laissé sa porte du palier ouverte. Il a dû avoir vent de l'histoire, il veut en savoir un peu plus. Il ne fait rien dans l'indiscrétion puisqu'il reste aux aguets à attendre ma sortie.
Je reste une heure à l'interieur, le temps que les esprits se calment. Puis je sors, à la main, un rouleau de papier-peint et des journaux, histoire de brouiller les pistes. Je fais comme si tout était normal, en ignorant tout le monde. En priant Dieu pour que personne n'ait remarqué ce macho sortir. Je croise quelques regards sans plus.
À ce moment, je pensais plus au plaisir de l'enculade que je venais de recevoir. Peut-être ai-je tort de sous-estimer les capacités de nuisance et de médisance des gens. Si la rumeur se répand et qu'elle fasse tâche d'huile dans ma vie! Je suis célibataire, mais j'ai à ma charge une famille, je ne veux surtout pas blesser ma mère, elle qui rêve de me voir marié avec plein de schtroumpfs autour. Est-ce bien raisonnable?