Toutes les histoires

Une histoire à découvrir

Adam et les 4 ados

— Adam, tu peux ralentir, s'il te plaît ?

Mes quatre ados traînaient la patte, suaient, soufflaient, tiraient la gueule. Je faillis éclater de rire. Tout feu tout flamme au début de notre ascension, ils avaient vite déchanté quand la pente s'était accentuée, et la traversée des éboulis qui avaient mis fin au sentier se révélait plus que coriace. Leur première sortie en montagne ne serait pas une sinécure comme ils l'avaient cru tout d'abord. Quand Kevin posa son paquetage en refusant d'aller plus loin, je décrétai une petite pause. Il nous faudrait encore une heure pour atteindre le camp de base et nous installer pour la nuit.

— Un quart d'heure ! Après, on repart !

Ils s'écroulèrent tous, exténués. Rougis par le soleil d'été, leurs mollets et surtout leur dos allaient leur cuire un bon moment. Pour ces quatre ados délinquants, la sortie que j'accompagnais avait pour but de les mater, eux qui refusaient toute contrainte, toute autorité quelle qu'elle fût. Le Centre Educatif Renforcé (CER) qui les hébergeait mêlait la carotte et le bâton pour tâcher de sociabiliser tous ces gamins à la dérive, et mon rôle d'éducateur, muni d'un brevet d'alpinisme, consistait à les confronter à la réalité du monde, un monde qui ne cédait pas devant eux et imposait certaines limites.

Kévin était la mauvaise tête, sans aucun doute le plus costaud. Avec sa gueule faite au carré, son dos musclé, ses fortes cuisses, il faisait plus que ses 16 ans. Le plus jeune, 15 ans tout juste, visage brun couvert d'acné, était sans doute le plus vicieux. Bien que son prénom fût Luigi, tout le monde l'appelait "la Taupe". Il y avait Hugo et Paul, pratiquement inséparables, deux blonds âgés de 17 ans et surnommés les deux tapettes. Ils s'en souciaient comme d'une guigne. Malgré leurs visages angéliques, je les savais plutôt dangereux. Ils étaient les seuls, en effet, à avoir joué du couteau. Quant à moi, je m'appelle Adam. A 26 ans, plutôt beau gosse et relativement baraqué, marié et père d'un petit garçon, je suis un sportif avant tout. J'aime le côté physique du job et j'apprécie qu'on me confie des jeunes en pleine formation. Pour moi, un corps bien entretenu préfigure un psychisme ad hoc. Le sport m'a sorti du marasme alors que j'aurais pu mal tourner dans mon HLM de banlieue. Je veux partager mon vécu, donner de l'espoir aux ados en les poussant à se dépasser. Ils ont besoin de croire en eux, j'essaie de leur donner confiance. Vaincre une montagne, ça rend plus fort.

Une heure plus tard nous atteignîmes l'alpage, notre étape ultime. Nous y passerions nos huit jours, à proximité d'une cascade qui nous fournirait l'eau potable. A sa base, un petit plan d'eau nous servirait pour la baignade, ce qui, en ce mois de juillet, était un atout appréciable. Trois tentes, rapidement montées, accueillirent nos équipements, la nourriture et nos duvets. Je pris possession de la mienne, les deux blonds tout naturellement s'installèrent dans la deuxième, tandis que Kevin et la Taupe se retrouvaient dans la troisième. Partis à 7h du matin pour cheminer dans la fraîcheur, nous avions, autour de 10h, senti la morsure du soleil. Il n'était guère que 11h, mais la chaleur, déjà très forte, serait intenable au zénith. Après la montée du sentier, la traversée des éboulis et l'installation du campement, nous étions tous trempés de sueur. L'urgence, c'était la baignade. Jetant nos habits çà et là, nous plongeâmes dans le petit lac. L'eau bleue, presque tiède en surface, était glaciale en profondeur. Grelottants, nous sortîmes bien vite et étendîmes nos corps nus sur une roche plate avoisinante. Nos sexes recroquevillés, sous la douce caresse du soleil, retrouvèrent un peu de volume. Les yeux mi-clos, je détaillai l'anatomie des 4 ados. La beauté d'Hugo me frappa comme un coup de poing à l'estomac.

Quand j'y repense, un an plus tard, ce ne fut pas tant sa beauté qui me bouscula de la sorte, mais le trouble qui m'envahit à la vue de ce bel éphèbe. Moi qui avais toujours fait de la femme l'objet de mes désirs charnels, je fus brusquement terrassé par l'harmonie de cette plastique, de cette virilité toute neuve qui revêtait son corps imberbe, virilité que sa blondeur, le doux modelé du visage, m'avaient longtemps dissimulée. Kevin, avec son corps de mâle, ne me faisait aucun effet, pas plus qu'aucun homme à ce jour, mais Hugo éveilla en moi une sensation inconnue dont l'effet fut une érection qui me força à basculer instantanément sur le ventre afin de masquer mon émoi. Pour autant je gardai sur lui mon regard, m'attardant à ses pectoraux délicatement ciselés, à ses abdominaux naissants, et au parfait triangle iliaque où un sexe long et bien fait découvrait peu à peu son gland rose, car tout le monde ici bandait. Paul avait un sourire étrange. A demi tourné vers Hugo, sa queue XXL à la main, il fit un signe de connivence auquel son ami répondit. La Taupe, préoccupée d'elle-même, considérait son propre chibre, étranglé par un phimosis, qui pointait, violet et absurde. Kevin arborait une grosse tige, épaisse et noueuse comme un cep, et son expression m'effraya. Il dévisageait Paul, haineux, et je compris qu'entre les deux existait un fort contentieux dont je subodorais la cause. L'atmosphère était électrique, un orage allait éclater. Accouraient, du fond des nuées, des nuages noirs menaçants. Je me levai soudain d'un bond, plongeai dans le lac immobile. Nul n'aperçut mon érection, sauf Hugo, dont l’œil alangui s'éveilla quand il vit passer ma grosse bite, décalottée, tout près de lui.

L'orage ne dura qu'un instant, mais le temps s'était refroidi. Ce soir-là, nous nous couchâmes tôt, et cette nuit-là, comme toutes les autres, Paul encula son pote Hugo.

Les Centres Éducatifs Renforcés ont une tolérance obligée à l'égard des pratiques sexuelles des ados qui leur sont confiés. On s'y branle avec frénésie, c'est admis parce que c'est normal. Le 21 ème siècle a dépoussiéré les vieux codes. Mais en principe, on ne s'encule pas. Je redis le mot "en principe", car comment éviter, la nuit, des retrouvailles, surtout furtives ? On veille à ce que les 14 ans ne servent pas de vide-couilles, mais certains y trouvent du plaisir et rôdent le soir autour des chiottes pour sucer les pisseurs nocturnes. La Taupe a cette réputation. Luigi suce à fond, comme un prince. C'est son unique plaisir sexuel, parce qu'il refuse de se faire prendre et que son phimosis sévère rend douloureux tout attouchement. Heureusement, il aime le jus. Il a dit, le jour de ses 15 ans, qu'il en était bien à 15 litres.

Je sors fumer une cigarette et je m'approche silencieusement de la tente qui abrite Luigi. Des bruits de bouche : il suce Kevin. Je me dirige vers l'autre tente : des gémissements de plaisir, Hugo se prend la XXL. Et moi qui suis là comme un con, ma femme à des années-lumières, tout seul avec ma libido complètement tourneboulée. Je sors ma queue. En trois secousses, je décharge trois jets épais qui atterrissent sur leur toile. Je me sens triste et agressif. Putain, mais qu'est-ce qui m'arrive ?

Au matin, chacun déjeuna avec l'excellent appétit que procure l'air de la montagne. Les gars étaient de bonne humeur, ayant tous quatre, à l'évidence, passé une nuit réparatrice. Moi, vidé et les traits tirés, je ne respirais pas la grande forme. Jusqu'aux petites heures du matin, je n'avais cessé de m'agiter dans l'espace clos de mon duvet, rempli d'effroi et de désir. Effroi de me découvrir autre que ce que j'avais toujours été, et désir fou et inavouable de m'approprier ce garçon, de pénétrer le bel Hugo. Et justement il parlait haut, mutin comme à son habitude, faisant rire toute la tablée. Mais quand il croisa mon regard, une lueur de sérieux passa, l'or de sa pupille vint frapper le bleu limpide de la mienne, et je me sentis démasqué. Comme une rougeur m'envahissait, je sentis un autre regard peser lourdement sur ma nuque. Kévin, à qui rien n'échappait, avait saisi ce court échange. Son menton carré se raidit et un éclair de frustration vint durcir le noir de ses yeux. Je compris, à l'instant précis, que les sept jours à vivre ensemble vireraient à la catastrophe si je ne me ressaisissais pas.

Nous fîmes plusieurs courses en montagne, sac au dos, avec nos pique-niques. Les garçons s'étaient aguerris et suivaient sans trop de problèmes. Au retour, nous nous désapions et nous plongions avec délices dans l'eau bleue du lac immobile. Nous anticipions ce rituel avec une vraie impatience, comme la récompense attendue de nos efforts de la journée. Si les garçons se baignaient nus, moi, je conservais mon maillot, désireux de de ne plus faillir. J'avais pris cette résolution, conscient que mon statut d'adulte et qui plus est, d'éducateur, m'imposait cette retenue. Mais je bandais comme un damné chaque fois que les quatre ados, allongés sur la roche plate, exhibaient leur intimité, offrant leurs érections puissantes aux chauds rayons du ciel d'été. Nulle pudeur ne les inhibait. Ils se cambraient tout au contraire, dans un jeu pervers, érotique. Négligemment leurs doigts couraient le long de leur verge dressée, et leur gland se décalottait, le frein au bord de la rupture. La Taupe faisait exception. L'étranglement du phimosis contrariait le parcours veineux, et bander était un martyre auquel la nature pourvoyait : un flot de mouille en continu sortait du méat violacé, ce qui lui tenait lieu d'orgasme.

Un des derniers après-midis, au retour d'une longue escalade, le sommeil nous prit tout à coup allongés sur la roche plate. Je m'éveillai au bout d'une heure. La Taupe, Kevin dormaient toujours, mais nulle trace de Paul et Hugo. Je me lançai à leur recherche. Je ne les trouvai pas dans leur tente. Il n'existait pas, sur l'alpage, d'endroit où ils pussent se cacher. Je revins au plan d'eau, perplexe, et marchai jusqu'à la cascade. Je ne l'avais jamais explorée. J'en fis le tour puis la franchis, saisi d'une intuition soudaine. Une grotte s'ouvrait derrière elle, et ce fut là que je les vis. Paul, bien sûr, enculait Hugo. Bouches jointes, leurs deux corps soudés, ils faisaient l'amour avec rage et avec tendresse en même temps. Ces deux-là s'aimaient pour de bon, et je sentis au fond de moi une sorte de nostalgie, celle du temps où, ma femme et moi nous ressentions comme fusionnels, mais ce temps-là était passé. En même temps, comme une fureur s'empara du bas de mon ventre. Je jetai au loin mon maillot et m'avançai, la queue tendue.

Hugo m'aperçut le premier. Lentement, il se détacha de l'étreinte de son comparse et me fixa droit dans les yeux. C'est alors que Paul fit un signe. Hugo opina en retour. Ils vinrent à moi naturellement, leurs bouches rejoignirent la mienne, et le temps cessa d'exister. Hugo s'aboucha à mon chibre et entreprit une fellation qui me fit gémir de plaisir. Paul s'accroupit entre mes fesses et s'attaqua à ma rondelle d'une langue vive et experte. Puis Hugo s'empala sur moi, Paul mit son gland à mon anus et me pénétra lentement. Je me disais : "Voilà, c'est fait, j'ai en moi une énorme bite et je baise le plus beau garçon que la Terre ait jamais porté. Rien ne sera plus comme avant." Et puis je cessai de penser. Je n'étais plus qu'une bite, qu'un trou, et je vibrais de tout mon être. Du sperme explosa dans mon cul, me mettant au bord de l'extase. Les deux ados se dégagèrent et s'agenouillèrent devant moi, sachant que le temps était proche. Quelques secondes et je jaillis, une colossale giclée que leurs langues, dardées devant moi, accaparèrent avec délice. Ils se partagèrent mon jus, scellant leur amour sur mon chibre en un baiser gluant, liquide, et se relevèrent, triomphants.

— On savait bien qu'un jour ou l'autre..."

Je ne pouvais pas même rougir, vu que je pensais la même chose. Un cri de bête retentit et nous tournâmes tous trois la tête. Kévin était là, fasciné. Un rictus lui tordait la bouche. La haine flambait dans ses yeux.

— Je raconterai tout au dirlo. Sales pédés, tapettes que vous êtes !

Puis il s'éloigna en courant. Hugo sourit.

— Sois tranquille, il ne dira rien. La cicatrice qu'il a au ventre, c'est mon Paul qui la lui a faite, un jour qu'il voulait me violer. Un avertissement au cutter. Kévin, il ne m'aura jamais. Il le sait et ça le rend dingue. Tandis que toi...

Les deux garçons se regardèrent et Paul ajouta, caressant :

— Tu nous plais, Adam, et je trouve qu'on forme un trio très bandant !

Le croiriez-vous ? Maintenant que je me fais baiser et que j'encule à couilles rabattues, je me sens plus viril qu'avant. Ce n'est pas ma femme qui s'en plaint car depuis cette folle aventure, je lui en fourre jusqu'à plus soif.

— Dis donc, ça te réussit, la montagne, m'a-t-elle dit encore hier soir, alors que je la limais comme jamais. Tu devrais y aller plus souvent !