Une histoire à découvrir
Addiction
L'homme à la casquette, en un violent coup de rein, s'enfonça plus loin encore et avec un juron, éjacula au plus profond des entrailles du garçon, libérant un flot de sperme bouillant dans son anus. L'adolescent nu, courbé à angle droit sous le colosse qui le maintenait fermement aux hanches de ses grandes et fortes mains, les jambes écartées et le torse plaqué sur le bois maculé de traces de mauvais café et de brûlures de cigarettes, recevait la saillie en gémissant. De son mieux, il s'agrippait aux bords de la table mais chacun des puissants coups de boutoir de l'homme les faisait avancer tous deux, la table et lui. La pièce était emplie de fumée et par les vitres sales, on ne voyait que l'obscurité de la zone industrielle que quelques réverbères glauques, ici et là, ne parvenaient qu'à peine à percer.
La brute qui atteignait enfin son orgasme dans l'anus du jeune garçon, le sodomisait ainsi implacablement depuis de longues minutes. Avant lui, un autre homme l'avait longuement enculé aussi et l'adolescent savait que le troisième larron qui se masturbait en les regardant ne manquerait pas de prendre son plaisir en lui dès que celui qui, pour l'heure, pesait encore de tout son poids sur son dos, en aurait terminé. Il sentait le sperme chaud au fond de son fondement qui avait rejoint là celui de la première saillie. Le membre énorme le remplissait entièrement, ouvrant son anus plus qu'il ne pensait qu'il fut possible, en distendant les parois, échauffant les tendres lèvres que la dure toison pubienne du colosse irritait. Il se sentait plein, rempli. Baisé, vraiment. Sous les siennes, lisses et serrées, il sentait les couilles énormes et chaudes de son enculeur. L'homme, immobile au-dessus de lui à présent, soufflait dans sa nuque comme un bœuf à la peine. Sa masse, lourde et velue, faisait paraître plus fragile et gracile encore la silhouette de l'adolescent courbé sous lui dans la lumière clignotante du néon au dessus d'eux.
Il se retira avec un bruit mouillé, obscène, le sexe raide encore et le gland luisant laissant s'échapper un filet gluant. Malgré la pénombre, d'où il se trouvait, Vincent pu voir que l'anus rougi du jeune garçon ne se refermait pas. Le trop plein du sperme qui l'emplissait s'échappa de l'orifice béant, contournant les couilles, s'écoulant entre les cuisses lisses. L'adolescent tourna son beau visage vers lui, le fixant de ses yeux embués de larmes. Il ouvrit la bouche mais seul un gémissement en sortit. Mon Dieu, non... pensa Vincent. L'homme remonta le pantalon de son uniforme qui gisait en tas sur ses lourdes chaussures de sécurité, riant et soufflant, goguenard. Comme prévu, le troisième qui s'était débraguetté en attendant son tour, s'avança vers le garçon qui avait conservé sa position offerte sur le plateau de la table. Au mur, faisant face à l'adolescent, un calendrier était accroché, montrant une fille aux seins magnifiques, fermes, gonflés au silicone, avec des mamelons énormes aux tétons dressés, où l'on pouvait voir les traces des doigts des hommes qui avaient touché, embrassé la photographie d'innombrables fois sans doute.
Vincent était hagard, halluciné. Le sang lui battait aux tempes. Ses yeux le brûlaient. Sa gorge était sèche, son estomac noué. Depuis bientôt une heure, maintenu de force sur sa chaise, il était contraint de regarder le jeune garçon se faire baiser par les trois brutes. Quelle heure était-il ? Près de trois heures du matin, sans doute. Peut-être plus. Est-ce que tout cela était réel, ou bien n'était-ce qu'un cauchemar. Oui c'était çà, sûrement. Il allait se réveiller et s'apercevoir que rien de tout cela n'était vrai, qu'il dormait dans son lit, chez lui et... Ou alors, si c'était réel, s'il était vraiment là, dans ce local crasseux, au beau milieu de la nuit, forcé d'assister à la sodomie brutale et répétée du garçon par ces trois brutes qui se déroulait sous ses yeux... comment était-ce possible ? Comme cela s'était-il produit ? Par quel enchaînement de faits, de circonstances cela s'était-il fait ? Vincent, habité par un intense sentiment d'irréalité, sentait sa raison lui échapper peu à peu.
Devant lui, sous ses yeux, sur la table, l'enculage brutale allait reprendre. Le troisième homme, du pied, écarta davantage les jambes de l'adolescent, assurant sa position. Au sol, sous le garçon, une petit flaque de sperme s'était formée, trop plein des éjaculations de deux premiers baiseurs. L'homme, plaquant ses grandes mains sur les fesses rebondies, présenta son gland monstrueux à l'entrée de l'adolescent et sans ménagement aucun, s'enfonça en lui, le pénétrant jusqu'à la garde, en une fois et du premier coup de rein. Le garçon se cambra, se cabra et poussa un cri en se redressant sur ses avant-bras. Il venait de se faire enculer plus profondément encore par le sexe colossal qui l'ouvrait en deux. En lui, il pouvait distinctement sentir le gros gland le toucher en un endroit où il n'avait jamais été touché. Si violent fut le coup de reins que ses pieds nus quittèrent le sol crasseux. Vincent se dressa d'un bond.
— Non... ! Arrêtez... ! Arrêtez çà... ! !
— Ta gueule, on te dit. Assieds-toi et regarde... profite du spectacle !
Les deux autres, le prenant aux épaules, venaient de rasseoir brutalement Vincent sur sa chaise, manquant de le renverser en arrière. Au bruit que fit la chaise en raclant le sol, l'adolescent tourna la tête vers lui. Une fois encore, son regard à demi-voilé par les cheveux blonds et trempés de sueur qui lui tombaient sur le front, rencontra le sien, s'y fixa intensément. Vincent, les yeux écarquillés, prêts à jaillir de leurs orbites, sentit sa raison vaciller.
– Papa...
Mon Dieu non... pas çà. Tout cela était vrai, donc. Le garçon que l'on sodomisait ainsi sous ses yeux depuis une heure, depuis toute la nuit, depuis... n'était autre que Bastien, son fils, son beau, son précieux, son merveilleux Bastien.
– Papa... répéta l'adolescent, ses yeux clairs dans ceux de Vincent. Puis l'homme commença à le baiser sans retenue, de plus en plus vite, faisant ballotter d'avant en arrière la tête blonde. Leurs yeux se quittèrent. Bastien accepta la saillie qu'il ne pouvait refuser.
Bastien.
Son fils.
Et puis, bien sûr, tandis qu'il voyait son fils, son Bastien se faire ainsi sodomiser brutalement sous ses yeux, tout revint à la mémoire de Vincent. Il n'y avait, hélas, pas le moindre doute quant à la réalité de la scène. Il se souvint. Comment oublier ? Il avait encore dans le tiroir de son bureau, la lettre qui avait fait basculer son univers entier dans ce cauchemar dont il ne voyait pas l'aube. Juste une ligne, imprimée à la Dymo sur une feuille de papier.
ON SAIS SE QUE TU AS FAI AVEC LES CHEQUE
C'était vrai. Il y avait de cela quelques mois, Vincent avait eu besoin d'argent. Tout de suite. Sans trop réfléchir aux conséquences, il avait endossé à son propre nom des chèques destinés à la Socotec, l'entreprise de transports dont il était le chef comptable. Dans les deux mois qui suivirent, Vincent avait tout restitué jusqu'au dernier centime mais, même si les comptes étaient en ordre à présent, malgré le jeu habile d'écriture comptable, il n'avait pu effacer toute trace du transfert des sommes. Cela pouvait être découvert. Mais qui savait, qui avait pu... ? L'emploi du pluriel, tout comme les fautes d'orthographe, bien sûr, n'avaient pas échappé à Vincent. Pas l'œuvre d'un cadre de la société, pour sûr, à moins qu'il ne dissimule habilement son jeu. Combien de personnes désignait ce "on" ? S'il s'agissait d'un chantage, "on" devait savoir qu'il n'avait pas d'argent, puisque les sommes détournées étaient revenues à leur propriétaire légitime. Qu'allait-il se produire ? Vincent en avait perdu le sommeil. Les salauds l'avaient ainsi laissé se torturer des jours et des nuits, deux bonnes semaines exactement qui parurent une éternité à Vincent. Puis, au moment où il commençait à penser que tout cela n'était peut-être qu'une méchante blague, juste une tentative - assez réussie, il fallait l'admettre - pour lui gâcher la vie, le second message était arrivé. Comme le premier, il avait été déposé sur son bureau durant la nuit, ou très tôt le matin, ou bien encore tard le soir... sans qu'il y ait moyen pour Vincent d'en deviner l'auteur.
T'INQUIETE PAS. ON VA S'ARRANGE
Toujours ce tutoiement. Et ces fautes d'orthographes. Vincent était au désespoir. Il était bien clair à présent que "on" allait le faire chanter. Plusieurs jours se passèrent encore, mettant Vincent au supplice. Puis, à l'heure du déjeuner, alors que, abattu et sans appétit, il patientait dans la file d'attente de la cafétéria, un grand type costaud en uniforme l'avait bousculé, le heurtant vivement de l'épaule et manquant de renverser le contenu du plateau de Vincent.
– Salut... On déjeune ensemble ?
Goguenard, le type souriait à Vincent d'un air finaud. C'était l'un des vigiles du parking de l'entreprise où étaient gardés les innombrables camions. Vincent se souvenait vaguement l'avoir déjà croisé, sans jamais avoir échangé autre chose avec lui qu'un vague bonjour. Sans attendre de réponse, le bousculant toujours de l'épaule, le type qui le dominait d'une tête avait poussé, guidé Vincent à travers la foule de la cafétéria jusqu'à une table où il s'installait à présent.
– Assied-toi, mon pote !
Ce tutoiement, cet homme à qui il n'avait jamais adressé la parole au préalable... d'abord interloqué, Vincent comprit que le moment était venu. Mécaniquement, la gorge serrée, il s'assit face à l'homme qui attaquait son déjeuner de bon appétit. Il avait presque terminé son repas, que Vincent n'avait pas encore touché son plateau. Les nerfs tendus comme les cordes d'un violon, il attendait.
– T'inquiète pas, on t'a dit. On va s'arranger... !
Ça y était Vincent allait savoir. Et tout à coup, il sut. Il comprit. Les pièces du puzzle se mirent en place avec une précision terrifiante, implacable, diabolique. C'était cette Monique. Une fille qu'on lui avait adjoint à la comptabilité, il y avait quelques mois et qui avait quitté la société depuis. Aguicheuse, effrontée et d'une vulgarité effrayante, elle n'avait pas cessé d'allumer Vincent depuis le premier jour. Celui-ci avait finit par la remettre à sa place vertement. Sans doute s'était-elle aperçue du détournement dont Vincent s'était rendu coupable et vexée par la rebuffade mais mue par on ne sait quel reste de solidarité professionnelle - ou d'aversion pour "le patron" - elle n'avait pas avertie la direction. Elle n'avait pu s'empêcher cependant de raconter ce qu'elle savait. Cent fois, mille fois, Vincent l'avait vu en compagnie des chauffeurs, des livreurs. Des vigiles du parking. L'homme souriait toujours.
– Je... je n'ai pas d'argent... balbutia Vincent. J'ai tout rendu, vous le savez sûrement et...
– Qui te parle de pognon ?
L'homme jeta une enveloppe sur la table d'un geste négligeant. Vincent, immobile, fixait le carré de papier blanc parmi les restes du repas.
– Ben ouvre. C'est la solution à ton problème, mon pote.
Lentement, Vincent prit l'enveloppe et l'ouvrit. Elle ne contenait qu'une photographie. Vincent ne comprit pas, tout d'abord, ce qu'elle représentait. Il retourna le cliché en tous sens. La photo était de mauvaise qualité, sans doute prise à l'aide d'un portable et imprimée ensuite. Puis Vincent vit. Sur la photo, on pouvait voir son fils Bastien à la sortie de son cours de tennis. Vêtu de son habituel short blanc, sa raquette sous le bras, bronzé, souriant, éclatant de santé et de jeunesse, l'adolescent semblait en conversation animée avec quelque interlocuteur que l'on ne voyait pas sur la photo, inconscient d'être ainsi épié. En haut de ses cuisses longues et lisses, au travers de son short serré, on pouvait deviner les lignes de son slip sur ses fesses rondes. Son polo de tennis trop court - Bastien avait encore grandi dans l'année - laissait voir la peau brunie à sa taille. Vincent, incrédule, leva les yeux vers l'homme qui porta la main à sa braguette, sous la table.
– Je ne... je ne comprends pas. Qu'est-ce que...
– Tu comprends très bien, au contraire.
– Mais vous êtes fou, jamais je ne...
– Te goure pas, mon pote. On préfère les gonzesses, d'habitude - toujours ce "on" menaçant - mais ton gamin, il est plutôt... enfin, on s'est dit qu'on pourrait lui apprendre un peu la vie, à ce garçon, tu vois. Si t'es d'accord, bien sûr...
L'homme toucha à nouveau sa braguette, avec plus d'instance, cette fois-ci. Baissant la voix, il jeta un regard furtif à droite, puis à gauche et ajouta, fixant Vincent par en-dessous :
– Qui sait ? Il pourrait peut-être aimer çà. Et toi aussi ?
– Espèce de... de... vous êtes cinglé ! Jamais Bastien ne... jamais je ne... mon fils ? Mais vous êtes fou ! Vincent s'était levé d'un bond.
– Bon. Je vois que t'es pas d'accord. C'est pas grave. Sinon, on a çà aussi, pour toi.
L'homme qui s'était levé à son tour, ramassa la photo de Bastien et la remit calmement dans l'enveloppe qu'il rempocha. Toujours souriant, il sortit une autre enveloppe, plus grande et plus épaisse celle-là, qu'il tendit à Vincent. Il bouscula une fois de plus Vincent de l'épaule en passant près de lui et lâcha entre ses dents :
– Si tu changes d'avis, c'est mardi à deux heures du mat', à l'entrée du parking qu'il faut être. C'est toi qui vois.
Il s'éloigna à grandes enjambées, sa démarche pesante rendue plus lourde encore par ses énormes chaussures de sécurité, sa carrure encore élargie par l'uniforme qu'il portait. Il y avait quelque chose d'animal dans sa croupe massive qui emplissait le pantalon de l'uniforme à en faire éclater les coutures, dans son crâne tondu à la nuque épaisse, dans ses bras énormes dont la chemise semblait ne s'accommoder qu'à grand peine. Dans sa virilité elle-même. L'adjectif "taurin" vint à l'esprit de Vincent. Il était hors de vue que Vincent se tenait toujours devant la table et son plateau intact, pétrifié, l'enveloppe à la main. Finalement, le cœur battant, les mains tremblantes, les doigts humides, il se décida à l'ouvrir.
Elle contenait les photocopies de tous les chèques que Vincent avait endossés à son propre nom quelques mois plus tôt.
Le reste de la semaine s'enfuit trop vite, chaque jour qui passait ajoutant à l'angoisse qui nouait l'estomac de Vincent, le privant de sommeil, d'appétit. Qu'allait-il faire ? Le weekend vint puis s'acheva. Vincent ne pouvait se résoudre à aucune décision. Ce fut lundi. Puis mardi. Il n'avait rien dit à Bastien. La soirée se passa comme à l'accoutumée. Bastien, qui semblait n'avoir rien remarqué de l'agitation de son père depuis quelques jours, embrassa celui-ci avec force câlins - il avait gardé ses habitudes d'enfant - et se coucha vers onze heures, tandis que son père restait éveillé, halluciné, se sentant pris au piège, tournant fiévreusement en rond au rez-de-chaussée comme un ours dans sa cage. A une heure, il se versa un grand verre de whisky qu'il but d'un trait et monta lentement au premier comme un condamné monte à l'échafaud. Il n'aurait pas même pu commencer à décrire les images qui tournaient dans sa tête en feu.
Bastien dormait paisiblement dans sa chambre que n'éclairait que la faible lumière venue du palier. Vincent s'approcha du lit sans bruit. L'adolescent bougea un peu dans son sommeil, se découvrit. Bastien dormait nu en toute saison. Il était si beau, si innocent, si vulnérable, si... parfait. Son front lisse était barré des mèches blondes de sa chevelure en désordre. Une fine goutte de salive perlait sur ses lèvres pleines et si bien dessinées, d'où s'exhalait le parfum de son dentifrice mentholé. Tout son corps dégageait cette odeur saine, propre, hautement sexuelle... que dégage le corps des jeunes garçons. Vincent, bouleversé, s'assit sur le lit et toucha l'épaule lisse et douce du garçon. Il laissa sa main descendre le long de son échine, caressant son dos, tirant légèrement le drap et découvrant sa hanche. Bastien était si... désirable. Il en venait presque à comprendre les désirs pervers de la brute du parking et de ses comparses. L'adolescent gémit, puis s'éveilla au contact de la main brûlante de son père.
– Papa... ? Quelle heure est-il . Qu'est-ce que...
– Bastien... chut, c'est Papa, chéri...
– Qu'est ce qui se passe, Papa ? Qu'est-ce qu'il y a... ?
– Bastien, oh Bastien... je t'aime, tu sais... Tu m'aimes aussi ? Tu aimes Papa, Bastien ?
– Bien sûr, Papa, je t'aime, mais qu'est-ce que...
– Mon Bastien... embrasse Papa. Si tu savais comme je t'aime...
– Papa.. tu as bu ! Dis-moi ce qu'il y a, tu me fais peur...
– Papa a des ennuis, Bastien. Des ennuis sérieux. Il faut que tu l'aides...
– Bien sûr Papa... mon Papa, mais qu'est-ce que...
– Je t'aime, Bastien...
– Je t'aime aussi, Papa.
– Viens. Lève-toi, chéri. Habille-toi, Bastien.
À cinq heures du matin, peu avant l'arrivée des premiers chauffeurs, les trois hommes avaient laissé Bastien et son père quitter la guérite des vigiles où ils les tenaient enfermés depuis le début de la nuit. Vincent, les vêtements de son fils rassemblés à la hâte en un paquet qu'il tenait sous un bras, soutenait Bastien de l'autre. L'adolescent, accroché au cou de son père s'était laissé emmener, épuisé, sans réaction. Son père pouvait voir le sperme encore chaud et odorant des trois hommes qui s'échappait de l'anus de Bastien, maculant l'intérieur de ses cuisses. Une fois à la maison, Vincent, avec une infinie douceur et mille précautions, avait conduit son fils à l'étage, le soutenant, un bras passé autour de la taille, relevant les mèches souillés, couvrant son visage de baisers et murmurant des mots rassurants. Il avait plongé l'adolescent dans un bain tiède où il l'avait rejoint et de ses mains, l'avait lavé des souillures infligés par les brutes. Bastien se laissait faire, s'abandonnant dans les bras de son père, à ses caresses, à ses baisers. Puis Vincent avait rincé et séché le garçon et le guidant toujours, l'avait conduit, presque porté jusqu'au lit paternel. Bastien, plus calme à présent, semblait prêt à succomber au sommeil et gisait à plat ventre sur le grand lit. Son père, en proie à un trouble grandissant, s'assit près de Bastien et après un court instant d'hésitation, toucha légèrement son dos, laissa descendre sa main jusqu'aux fesses rebondies de son fils, l'insinua entre ses cuisses.
Il fallait le faire.
Doucement, tendrement, de ses deux mains, il écarta les jambes de l'adolescent, ouvrant ses fesses, exposant sa raie lisse et douce. Bastien restait docile. Vincent se pencha, s'approcha. L'anus de Bastien était rougi et les lèvres en étaient gonflées, comme tuméfiées, sans toutefois qu'il paraisse à Vincent que ce fût inquiétant. De la salle de bains, il rapporta un flacon de crème apaisante dont il versa une bonne quantité sur ses doigts. Il hésita une fois encore puis, du bout des doigts, toucha l'anus de son fils. Bastien s'ouvrit un peu plus, donnant accès à la main paternelle. Longuement, doucement, avec application, Vincent passa la crème onctueuse sur l'ouverture rougi de Bastien. L'anus, légèrement entrouvert, semblait gonflé en son intérieur aussi. Vincent poussa son doigt avec délicatesse, caressant l'intimité de Bastien, l'enduisant de crème. Bastien, le visage enfoui dans l'oreiller, se mit à geindre doucement.
– Papa te fait mal, chéri ?
– Hon, hon...
Cela dura de longues minutes. Bastien, qui s'était cambré, offrait à présent son anus à la caresse de son père. Celui s'était engagé plus profondément, jusqu'à la dernière phalange et avec patience et un grand trouble, faisait aller et venir son majeur dans le cul de son fils, enduisant son intérieur de la crème onctueuse. L'extrémité de son doigt ne tarda pas à rencontrer une viscosité humide qu'il identifia sans peine. La semence des trois hommes. Il n'avait pas prit la peine de se vêtir au sortir de leur bain et était aussi nu que l'adolescent. Son sexe raide laissait échapper quelques gouttes de liquide clair et c'était heureux que Bastien, toujours allongé sur le ventre, de put le voir. Le garçon gémit plus fort.
– Çà te fait du bien ?
– ...
Pour toute réponse, Vincent sentit l'anus de Bastien se contracter autour de son doigt. Le garçon redressa encore sa croupe et les doigts de pieds recroquevillés, les poings crispés sur les draps, la tête enfouie dans l'oreiller, il s'abandonna à son plaisir.
Bastien venait de jouir sous la caresse que son père prodiguait à son anus.
Ce fut mardi à nouveau. Une semaine s'était passée depuis la nuit qui restait gravée dans la mémoire de Vincent et bien qu'il n'en laissât rien paraître, dans celle de son fils aussi sans nul doute. Vincent, quant à lui, n'était parvenu à grand peine à retrouver le sommeil qu'avec l'aide de quelques somnifères. Même ainsi, chaque fois qu'il sombrait dans le sommeil, son esprit lui donnait à voir encore et encore le spectacle de Bastien interminablement enculé par les trois hommes, recevant leur sexe, leur sperme en lui. Vincent se réveillait alors en sursaut, terrifié. Et en érection. Il lui fallait alors se masturber furieusement pour retourner au sommeil et c'était le souvenir du plaisir de Bastien sous ses caresses ou bien encore sous les coups de reins des brutes qui accompagnait immanquablement l'orgasme libérateur.
Comme à l'accoutumée, Vincent, en panne de sommeil, s'était levé vers deux heures et était descendu chercher le verre d'eau qui l'aiderait à avaler les comprimés. L'esprit ailleurs, par habitude, alors qu'il s'apprêtait à remonter sans allumer et le plus silencieusement possible afin de ne pas éveiller Bastien, il jeta un rapide coup d'oeil par la fenêtre de la cuisine. Un mouvement furtif dans l'ombre du jardin attira soudain son regard. Vincent s'approcha de la fenêtre et à la faveur d'un réverbère de la rue, vit distinctement cette fois une silhouette ouvrir le portail du jardin et se glisser à l'extérieur après l'avoir refermé avec précaution.
Bastien enfourchait son vélo et s'éloignait dans la rue déserte et sombre.
Incapable d'en croire ses yeux, Vincent se rua au premier étage où il ne put que constater que le lit de son fils était vide. Ses yeux ne l'avaient pas trompé. En grande hâte, il se vêtit, se précipita au garage et sortit la voiture. Dehors, il ne tarda pas à rattraper Bastien, dont il resta cependant à bonne distance afin de ne pas être aperçu. Où son fils pouvait-il bien se rendre ainsi en grand secret au beau milieu de la nuit ? Vincent, tous feux éteints, suivit ainsi quelque temps son fils qui pédalait dans la nuit. Le chemin que tous deux empruntaient à quelque distance l'un de l'autre était familier à Vincent. Bien trop familier. Cette zone industrielle, ces rues vides à cette heure-ci... il ne les connaissait que trop bien. Son esprit, cependant, refusait de se rendre à l'évidence. Il lui fallu pourtant faire place à l'idée : à quelques dizaines de mètres devant lui, Bastien, sur son vélo, venait de s'engager dans un large portail qui s'était ouvert pour lui.
Celui qui gardait l'entrée des parkings de la Socotec.
Vincent, le sang aux tempes, la gorge serrée, patienta encore quelques instants.¨Pas longtemps : toujours sans allumer ses feux, faisant usage de son bip, il s'engagea à son tour dans le portail qui s'était docilement ouvert. La guérite des vigiles. C'était là, bien sûr, qu'il fallait aller. Vincent gara la voiture à bonne distance et finit le chemin à pied, entre les poids lourds qui encombraient le parking. La petite fenêtre aux vitres sales dispensait sa faible lueur et en se haussant, Vincent savait qu'il pourrait apercevoir l'intérieur. Alors il vit. Dans la pièce qu'il reconnut sans peine se trouvaient les trois hommes. Et Bastien. Bastien, au milieu de la pièce, sous le regard de ces hommes, se dévêtait.
Vincent pensa un instant que son cerveau allait voler en éclat. Les brutes, sans doute jugeant que la pression serait plus facile à exercer sur son jeune fils, avaient dû le contraindre, l'obliger, exercer leur monstrueux chantage sur lui. Cela ne finirait jamais. Ils allaient à nouveau... Sans plus réfléchir, Vincent ouvrit la porte à la volée et se rua à l'intérieur.
– Espèces de salopards... une fois, çà ne vous a pas suffit, hein ? Vous voulez encore le forcer à...
– Le forcer ? Ton fils est venu ici toutes les nuits depuis la semaine dernière. Tout seul, sans qu'on aille le chercher.
Le plafond, le ciel peut-être s'effondra sur la tête de Vincent. Incrédule, la tête vide de toute pensée cohérente, la bouche ouverte, son regard ne cessait d'aller des trois hommes à son fils. Bastien, entièrement nu à présent, ne put que murmurer :
– Papa, je...
L'un des hommes l'avait pris par le poignet et, sans violence cette fois, l'attirait à lui, le conduisant à la table où il le courba, comme Vincent l'avait vu faire il y avait une semaine. Il n'eut pas à contraindre l'adolescent qui, docilement, s'offrait à l'homme, les cuisses écartées et le visage de côté, plaqué sur la table salie. L'homme déboucla sa ceinture. Bastien fixa son père un long moment, leur regard rivé l'un à l'autre tandis que l'homme l'enculait sans excès de douceur, puis il ferma les yeux et s'abandonna au plaisir de la saillie brutale, empressée, fiévreuse.
– Tu peux rester, si tu veux... fit l'homme à l'intention de Vincent, sans même lui jeter un regard.
Vincent ne s'en alla pas.