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Aldo, l'ouvrier du chantier voisin (2)

Aldo est revenu à trois reprises. À chaque fois presque le même cérémonial dont je ne me lasse pas. Toujours aussi peu de mots, mais la même sensualité et, maintenant, une véritable complicité sexuelle. Pas de mots, mais des gestes harmonieux. Mais là, voilà plusieurs jours qu’il n’est pas revenu devant mon balcon. Aurait-il quitté le chantier ? Serait-il affecté à d’autres tâches ? Ce matin, je ne tiens plus et décide de changer de chemin vers mon travail et de longer le chantier sur toute sa longueur. L’inspiration est la bonne, je l’aperçois au loin, avec plusieurs de ses collègues. Il est malheureusement hors de question que je tente de l’approcher dans ces conditions. L’opération est donc vaine.

Je retente ma chance le lendemain. Cette fois-ci, il est légèrement à l’écart. Quand je passe à son niveau, il me glisse, sans me regarder :

— Demain 6 heures.

Je passe mon chemin, sans un regard, pour ne pas attirer l’attention.

Je compte alors les heures, puis les minutes qui me séparent de ce rendez-vous. Le lendemain, à 18 heures, personne ne vient. Les minutes s’égrènent et ma tension monte. A-t-il changé ses plans ? A-t-il été retenu ? Ne veut-il plus venir ? Je ne tiens plus d’impatience. 18h20 coup de sonnette. Je me précipite ouvrir la porte. À ma surprise, Aldo est accompagné par un homme un peu plus jeune. Plus fin que lui et barbu. Il a un beau visage qui manifeste cependant une certaine timidité, sans doute gêné d’être là. Je les fais entrer.

Aldo ne dit rien, sinon qu’en désignant son compagnon, il murmure :

— Calisto.

Je suis interloqué et cela se voit. Cela n’entre pas du tout dans mes plans que de nous retrouver à trois.

— Cela te dérange ?

— Quoi ? Calisto ?

— Oui.

— Et bien… euh…

— Il est seul. Ça lui ferait plaisir.

— Je comprends mais…

Aldo ne répond rien et avance vers le salon. Calisto, emprunté, reste planté au milieu du corridor. Je n’ai d’autre solution que de lui dire d’entrer. Nous nous retrouvons tous les trois dans le salon. Ils sont tous les deux en habit de travail, détrempés de sueur. Beaux comme j’ai appris à aimer Aldo.

Pour rompre la glace, Aldo vient vers moi et me donne un profond baiser avec sa langue que je reçois avec mon trouble habituel. Mes barrières cèdent. Comme toujours avare de paroles, Aldo me dit simplement :

— Désolé. Nous avons très peu de temps.

Il déboutonne ma chemise, ouvre mon pantalon qu’il fait glisser le long de mes cuisses, avant de faire prendre le même chemin à mon boxer. En une minute, je suis nu, la bite presque dressée, sans plus même penser à Calisto. Aldo se déshabille et plaque son corps ruisselant sur le mien, en me serrant dans ses bras. Nous sommes comme aimantés, nos deux sexes écrasés l’un contre l’autre. Je vibre au contact de ce corps, à l’odeur si forte. Tout à mon plaisir, je n’ai même pas remarqué que Calisto s’était également dévêtu. Je le vois soudainement, se tenant en retrait, nu. Il est mince, de peau très foncée, avec une tignasse bouclée et une toison de même apparence. Des jambes élégantes, à la pilosité drue mais discrète. Sa bite, plus longue mais beaucoup plus fine que celle d’Aldo, est en semi-érection. Le prépuce est presque totalement retiré, laissant ainsi voir son gland fin. Il joue doucement avec son membre, comme pour le réveiller.

Aldo se détache de moi et me fait signe de me mettre à quatre pattes. Je m’exécute, bien que sidéré par la situation. Il tend à Calisto la trousse que j’avais préparée. Ce dernier y fouille quelques instants et y prend un préservatif et un tube de gel. Il disparaît derrière moi. Je n’ai évidemment aucun doute sur ce qui va se passer.

Aldo vient devant moi, sa bite cramoisie dressée. Il me la plante sous le nez. Cette fois-ci, Aldo n’ayant pas pris sa traditionnelle douche expresse, son odeur est vraiment très forte. La toison est inondée de sueur et sans doute d’autres choses. J’ai presque un haut-le-cœur initial, avant d’apprivoiser cette senteur qui se transforme peu à peu en aphrodisiaque. Il pousse son membre dans ma bouche et commence ses va-et-vient. Il va rapidement, le plus loin possible de sorte qu’à chaque avancée mon nez s’enfonce dans sa toison qui m’envoie ses messages olfactifs.

J’entends derrière moi le sachet qui se déchire, le tube de gel qui s’ouvre. Quelques secondes à peine et je ressens la sensation froide du gel que Calisto applique sur mon trou. Immédiatement, son gland se pose sur mon entrée. Les dimensions de Calisto étant très différentes de celles de son ami, je m’attends à une pénétration moins douloureuse. Pendant qu’Aldo continue à me ramoner la gorge, me conduisant comme toujours au bord de l’étouffement, je sens Calisto qui entre en moi. Les choses se passent effectivement tout en douceur. Ce n’est que parce que je sens son ventre et ses couilles contre mes fesses que je réalise qu’il m’a complètement pénétré. Il commence de lents mouvements dans mon intérieur, puis fait monter le rythme. Son souffle s’accélère, accompagné de grognements de plus en plus puissants. Sa sueur qui me colle aux fesses me fait ressentir le bonheur d’être pris par un homme à l’état brut, au sortir de son labeur. Mon appréhension initiale à la vue de Calisto s’est bien évaporée. Je me laisse aller aux délices de sa présence en moi.

La pression de mon intérieur étant moins forte sur le membre de Calisto que sur celui d’Aldo, je suis l’objet de mouvements répétés pendant de longues minutes avant que l’orgasme ne vienne. Chaque coup de boutoir de Calisto au fond de mon cul pousse mon corps en avant et fait pénétrer plus profond dans ma bouche la bite d’Aldo. Je ne sais plus à quelle sensation consacrer mon esprit. Soudain, l’accélération est foudroyante et je me prépare aux convulsions de celui qui possède mes entrailles. Dans un râle bref et violent, il explose en moi, s’arcboutant contre moi. À peine a-t-il joui qu’il ressort avec autant de rapidité qu’il est entré, se débarrassant presque instantanément de son préservatif qu’il jette sur sol, en y répandant une partie de son contenu.

Voyant que son ami a terminé, Aldo interrompt immédiatement la fellation qu’il me faisait lui donner et passe derrière moi. Quelques instants après, il est déjà à l’orée de mon trou. Le passage préalable de Calisto a préparé le terrain, de sorte que le membre d’Aldo glisse plus facilement qu’à l’accoutumée. Je me détends et l’accueille avec une relative facilité. Calisto s’est assis sur le fauteuil en face de nous et, négligemment installé, une main sur son sexe mouillé de sperme, il regarde notre étreinte.

Aldo est déchainé, déversant toute l’eau de son corps sur le bas de mon dos, en me transperçant de coups de plus en plus puissants. Je suis poussé en avant à chaque assaut, ressentant dans mon tréfonds la présence passionnée du membre de mon amant. La douleur qui subsiste lorsqu’Aldo est en moi a toujours pour effet de me faire passablement débander. Mon sexe et mes couilles ainsi relâchés peuvent balloter au gré des mouvements de mon amant, me procurant la délicieuse sensation qui vient de la conscience de mon propre sexe. Aldo ne tarde pas à venir et, avec le cri auquel je me suis maintenant habitué, se déverse dans une série de soubresauts. Comme Calisto, à peine a-t-il joui, qu’il se retire et enlève le préservatif qu’il jette lui aussi par terre.

Son sexe est dégoulinant de sperme. Il ramasse son boxer pour l’essuyer. Il remet ensuite son sous-vêtement dont le tissu est parsemé des taches sombres formées par l’humidité de la semence qui le macule.

Les deux comparses se rhabillent à la hâte, enfilant leurs t-shirts trempés de sueur qui se plaquent sur leur torse en en soulignant les formes.

Aldo vient vers moi et me donne l’un de ces baisers profonds qui font mes délices. Il me glisse :

— Nous sommes vraiment très pressés. On doit retrouver les collègues pour une bière. Merci pour Calisto.

Voyant les deux préservatifs par terre, il ajoute :

— Désolé pour le désordre…

Ils sont déjà à la porte. Calisto me tend la main pour me dire au revoir.

— Merci. C’était bien.

Cette poignée de main et ces mots très civils alors que, quelques minutes auparavant, il avait son sexe au fond de mes entrailles, a quelque chose de totalement incongru. Aldo me fait un sourire :

— Je reviens bientôt.

Je referme la porte derrière eux. Vingt minutes à peine se sont écoulées depuis leur arrivée. Je peine encore à réaliser ce qui vient de se passer, sidéré par la venue inattendue de Calisto et ce jeu à trois. Aldo est profondément gay, c’est certain. Mais Calisto ? Sans doute, simplement un homme jeune, solitaire dans un pays qu’il découvre, qui ne cherche qu’un trou pour y satisfaire les besoins impérieux qui le rongent. Pas une fois, il ne m’a touché ni n’a approché mon sexe. Révélateur. Il m’a simplement pénétré pour jouir. Je dois m’avouer que je suis fâché contre Aldo pour m’avoir proposé à son ami comme une machine à jouir. Mais brusquement le seul souvenir de son corps ruisselant contre le mien suffit à dissiper ce nuage. Je n’ai qu’une idée, celle de le retrouver.