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Une histoire à découvrir

22 ans, 22 cm

Je ne fais pas partie des garçons que leur surdimension sexuelle, quand ils en firent la découverte, a remplis d'une mâle assurance. Il m'a fallu pas mal de temps, et une rencontre décisive, pour que vienne la sérénité, et que je m'assume librement en tant qu'homo heureux de l'être. Sept années, pour être précis. Enfant calme, un peu taciturne, mes jeux ne requéraient en rien la participation des autres et je pouvais, des heures durant, m'occuper avec mes Legos ou m'absorber dans mes lectures, ne ressentant jamais d'ennui et savourant ma solitude.

Je fus pubère à 14 ans. Dès lors, mes activités d'avant furent reléguées au second plan et je leur substituai ardemment une masturbation solitaire qui semblait n'avoir pas de fin. La découverte de l'objet par lequel venait ma jouissance m'inventa un monde nouveau : il y avait moi et ma bite, ce partenaire délicieux dont la majesté, la puissance, ne me causaient nul étonnement : j'ignorais, en fait, que sa taille me plaçait dans le club fermé des possesseurs de XXL. Ce critère, bien évidemment, me fut révélé bien plus tard, et je croyais innocemment que mes quelques 20 cm étaient l'apanage de tous. Il fallut, pour me détromper, une circonstance particulière.

Parti en séjour linguistique, mes 15 ans juste révolus, je me trouvai dans une chambrée avec deux de mes condisciples, Benjamin Todd et Luc Baussant. Le moment de la douche venu, quel ne fut pas mon étonnement de voir deux bites minuscules, trois fois moins longues que la mienne, émerger de leurs deux calbutes. Quelle ne fut pas le leur ensuite lorsque, déloqué à mon tour, j'offris à leurs yeux ébahis la vision de mon propre chibre à demi bandé comme toujours. Leur stupeur se mua bientôt en un immense éclat de rire :

— Putain, tu as vu cet engin ?

— C'est pas une bite, c'est un monstre ! Dis-moi, mais t'es un vrai bourrin !

Je me réfugiai dans la douche, mais malgré l'eau qui ruisselait, j'entendais encore les éclats de leur hilarité bruyante associée aux mêmes sarcasmes.

— Il va jamais pouvoir fourrer. Quelle nana voudrait de ce truc-là ? C'est une bête, c'est pas un homme !

— Et puis cette gueule pleine de boutons ! Ah ! Il est pas gâté, le pauvre...

N'ayant jamais vu d'autres sexes, je pensai, à leur réaction, que leur quéquette était la norme. Il ne me venait pas à l'esprit que méchanceté et jalousie sont des ingrédients très fréquents dans l'affirmation de l'égo, surtout chez les adolescents. Pour moi, ces garçons ne faisaient que prononcer des évidences. Je traversais l'âge ingrat, bien nommé pour ce qui me concerne. Je souffrais d'acné, j'étais gauche, peut-être ne serais-je jamais beau en dépit des assurances inverses que me tenait une mère aimante. Mais qu'est-ce que l'amour maternel quand le miroir renvoie de soi une image toujours décevante ?

— Tu seras magnifique, Hugo, me disait-elle avec tendresse. Sois patient, ne te compare pas. Chaque ado a son propre rythme pour sortir de sa chrysalide.

Mais je ne faisais que cela, me comparer avec les autres. J'aurais voulu leur visage net, leur allure virile, assurée, et surtout leur petite quéquette qui me semblait la beauté même, la juste proportion des choses comme représentée chez les Grecs de la période hellénistique. Les musées en étaient remplis. L'Apollon, l'Hermès, même l'Hercule à la musculature énorme, frappaient par leur sublimité plastique et leur biroute microscopique. D'ailleurs les nanas m'ignoraient, coulant des yeux énamourés en direction des garçons faits, déjà coulés dans une statuaire pleine de promesses affriolantes. Comme j'étais loin de tout cela et comme je me sentais en marge !

Cette nuit-là, tout à l'anxiété de ces jugements péremptoires, je fus totalement incapable de masturber cette grosse pine dont je découvrais, atterré, la dimension phénoménale qui me vouerait aux quolibets sitôt exposée aux regards. J'eu la vision d'un avenir où ma solitude, ma réserve, se transformeraient en rejet, en isolement affectif, et je maudis la destinée de m'avoir pourvu d'un organe qui ferait de moi un paria. Mon sentiment fut confirmé lorsque, prenant place dans le car pour l'excursion du lendemain, j'observai l'expression réjouie de mes camarades de classe, leurs gloussements, leurs messes basses. Cela me promettait l'enfer, d'autant que certaines des filles me dévisageaient, ironiques. Deux garçons faisaient exception. Hervé Duteil et Fred Blanco, qu'on nommait les inséparables, et qui se mêlaient rarement à notre groupe de 3ème. Leur regard se posa sur moi, plein de bonté et d'empathie, que je pris pour de la pitié. Elle me crucifia davantage que les ricanements moqueurs. Je leur jetai un regard noir : leur pitié, je n'en voulais pas.

Comme le pire n'est jamais sûr, une mutation de mon père, lieutenant-colonel de l'active, me fit quitter pour d'autres cieux ce collège honni, détesté, où je me sentais la risée. Mais mon esprit s'était empreint d'une absence de confiance en soi qui me poursuivrait des années. Si seulement j'avais su alors qu'il existait, de par le monde, une communauté de personnes au sein de laquelle XXL était un atout formidable et non une maladie honteuse, je m'y serais précipité. Mais de cela j'ignorais tout. Je n'y pensais pas même en rêve, accaparé par mon néant.

Dans le lycée où j'atterris, je ne fus pas stupide au point de réitérer l'aventure qui m'avait valu l'ostracisme. Comme d'autres, après les cours de sport, je prenais ma douche en caleçon, mais observant des garçons nus, j'eus l'absolue confirmation que leurs sexes, si puissants qu'ils fussent, n'avaient strictement rien à voir avec mon braquemart géant, même quand ils bandaient dur et ferme sous la caresse de l'eau tiède. Car ma queue, chose épouvantable, avait continué de grandir, et mes mesures quotidiennes, qui me mettaient au désespoir, attestaient 22 cm de chair ambrée et cylindrique. La circonférence de mon gland frôlait les 17 cm, et mes balloches pendaient, lourdes, plus volumineuses que des œufs. Taraudé par mon handicap, j'avais fait une croix sur les filles et n'aspirais qu'à découvrir une queue aussi grosse que la mienne, pour sortir de cette solitude que génère toujours l'exception. Car si j'avais une queue hors normes, il m'eût été précieux de voir que je n'étais pas seul au monde, que j'avais un alter ego. C'est ainsi que, sans m'en douter, je pénétrai dans le fantasme que d'aucuns nomment homosexuel, mais dont j'estime maintenant qu'il est commun à tous les hommes : celui de mater d'autres queues.

Je fis ce qu'il fallait pour ça. Tapi dans les toilettes publiques, y forant un trou au besoin, je demeurai de longs moments à reluquer tous les pénis qui soulageaient, d'un jet variable, la vessie de leurs propriétaires. Parfois juste un filet faiblard, parfois une vraie cascade, parfois des jaillissements de foutre sortaient de bites plus ou moins grosses, mais qui me laissaient sur ma faim. Aucune d'elles, même en érection, n'avait la taille de la mienne, d'autant plus qu'excité à mort, mon zob prenait des proportions à le faire doubler de volume. J'étais un phénomène de foire. Il me faudrait vivre avec ça, avec la honte, la frustration d'un infirme face aux gens normaux. Ma sexualité future se résumerait, pour mon malheur, à un tête-à-tête sans espoir, celui de moi avec ma queue ; pour parler net, un tête-à-queue.

Je compris, à ces occasions, que j'étais pédé comme un foc. Je me branlais à tout instant, obsédé par ces organes mâles qui pissaient et éjaculaient à proximité immédiate, sans qu'ils se doutassent un instant de mon excitation lubrique. Je vis des garçons s'enculer, le va-et-vient toujours brutal qu'accompagnaient des gémissements, des râles qui n'étaient que plaisir et qui me paraissaient souffrance. Je vis, s'extrayant d'un anus, une queue rougie par le sang. J'entendis l'enculé gueuler puis prononcer ces mots terribles : "Putain, tu m'as démonté le cul." Ce que je pris pour un reproche m'enleva toutes mes illusions. Comment imaginer, qu'un jour, mon gourdin, deux fois plus massif, pourrait pénétrer un garçon sans faire un horrible carnage ? Parce que je me savais actif, mon projet s'anéantissait, baiser me serait impossible. J'ignorais tout du fist-fucking. Je me trouvais dans une impasse. Je quittai les toilettes publiques pour n'y plus jamais revenir.

Trois années s'écoulèrent ainsi qui, si elles me confortèrent dans mon isolement sexuel, opérèrent néanmoins quelques changements sur mon apparence extérieure. Mon acné disparut enfin, ma peau devint lisse et soyeuse, mon corps se résolut soudain à des proportions harmonieuses. Me regardant devant la glace, je me voyais sans déplaisir. Les regards qu'on jetait sur moi, à la fac ou bien dans la rue, attestaient que ces changements étaient tout à mon bénéfice. Ma mère me disait fièrement :

— Tu vois, Hugo, j'avais raison. Tu es devenu magnifique !

Je souriais, plutôt gêné, car ma malformation intime, que ma mère ne soupçonnait pas, restait pour moi un vrai problème, mais il n'en restait pas moins vrai que mon allure avantageuse m'exposait à des tentatives de séduction assez fréquentes. Insensible à celles des filles, j'accueillais celles des garçons avec bien moins d'indifférence. Mais le souvenir du collège, les sarcasmes que j'avais subis, les images des toilettes publiques encore vivaces dans ma mémoire, me rendaient encore incapable d'envisager une relation génitale dépassant la simple amitié. J'eus pour amis de très beaux mecs qui tentèrent tout pour me séduire, mais la vision du cul sanglant m'ôtait tout désir de poursuivre. Je jutais en pensant à eux, car je n'avais pas renoncé à masturber ma grosse pine. Quatre ou cinq fois par 24 heures, mon manche se dressait comme un mat et il me fallait dans l'urgence trouver le lieu approprié pour aller décharger mon foutre.

Vint l'été de mes 22 ans et avec, le temps des vacances. Pendant que ma mère se dorait à son habitude sur sa plage, je décidai de m'éloigner, pour faire un peu de sport, lui dis-je, ce qu'elle accepta parfaitement. J'absorbai les trois kilomètres qui me séparaient des nudistes, au pas tranquille du promeneur. À la limite des textiles, une grande pancarte indiquait l'entrée dans la zone naturiste. Gardant mon slip de bain sur moi, je pris la direction des dunes et je m'installai au soleil dans un endroit dissimulé, mais d'où je pouvais à ma guise mater les corps déshabillés. De nombreux couples, des familles même, y étalaient leur nudité, dont certaines me parurent obscènes : gros bides, nichons pendouillants, fesses marbrées de cellulite, composaient un tableau sinistre. Il me fallait marcher encore.

Je trouvai ce que je cherchais au bout d'une petite demi-heure quand je touchai la plage homo. Nettement moins encombrée que les autres, elle se parsemait, ça et là, de silhouettes nues allongées, et de personnages debout qui conversaient à deux ou trois. Aucune des bites n'était bandée, elles se balançaient mollement au gré du mouvement des corps dont une majorité, très jeunes, offraient un spectacle charmant. Quelquefois l'un d'eux se penchait pour se gratter entre les couilles, geste naturel sur cette grève où le sable, collé à la peau, provoquait des démangeaisons. D'entre deux dunes sortit soudain un jeune garçon à la queue raide ceinte d'un gros anneau chromé. Il se précipita dans l'eau et se lava la raie des fesses, fit quelques brasses et s'ébroua, avant de gagner sa serviette et de s'offrir aux doux rayons. Je pris donc le chemin des dunes et m'enfonçai dans un sous-bois où pins et buissons alternaient. Dans une niche faite de broussailles et de quelques genévriers, j'étalai mon grand paréo et me coulant entre deux branches, je regardai les environs.

Des sentiers, frayés dans le sable, se croisaient à proximité puis s'éloignaient entre les dunes. Je vis passer tout près de moi des mecs qui se branlaient la bite à la recherche de plans culs. J'observai plusieurs fellations qui mirent le feu dans mon slibard. Je sortis mon chibre XXL et me masturbai en silence, les yeux rivés sur les pédés dont certains, allant jusqu'au bout de leur succion voluptueuse, prenaient le foutre dans leur bouche avant de le restituer à l'autre en se roulant de longues pelles. Je bandais à mort, cramoisi. C'est au plus fort de ma branlette qu'une silhouette vint s'encadrer devant l'entrée de ma cachette.

— Ah, ça alors, c'est toi, Hugo ? C'est bien toi, je ne me trompe pas ?

Je levai les yeux brusquement, épouvanté et mort de honte, mais mon regard fut arrêté avant de monter au visage de celui qui m'interpellait. Pointait, à l'intersection des cuisses, la XXL, ma soeur jumelle, celle que j'avais traquée en vain sur les plages et dans les toilettes. Longue, épaisse comme un avant-bras, elle se dressait dans toute sa gloire, semblable au membre hypertrophié de certaines statues africaines, symboles de la virilité. Le contraste avec la plastique plutôt fluette du garçon la rendait encore plus énorme. Je restais coi, tétanisé.

— Sans blague, tu ne me reconnais pas ? Fred Blanco, la classe de 3ème ! On a changé, mais c'est bien nous !

Il tendit une main chaleureuse. J'osai affronter son regard. Oui, c'était bien les mêmes yeux, irradiant de bonté, d'empathie, qui s'étaient attardés sur moi quand j'étais la risée des autres. Le visage grave aux contours purs, à la bouche douce et sensuelle qu'étirait un calme sourire, était bien celui de Blanco.

— Alors comme ça, tu es homo ? Tu dois t'en donner à cœur joie, avec ton braquemart de rêve. On a de la chance tous les deux, on a juste à sortir la bête pour que tous les canons rappliquent, alors que tant de gays galèrent. Quand je pense que ces deux salauds ont répandu dans tout le collège que t'avais un micropénis. Les ordures ! Tu te souviens d'eux, Benjamin Todd et Luc Baussant. Figure-toi qu'après ton départ, leur aigreur s'est portée sur nous, Hervé Duteil et Fred Blanco, surnommés les inséparables. Ils clamaient qu'on était pédés. C'était la vérité bien sûr, mais c'était méchant, dégueulasse, de nous stigmatiser ainsi. On leur a fermé leur clapet. Un hasard de la providence a fait qu'ils ont été surpris en train de se pomper dans les chiottes. Les playboys étaient des tarlouzes. L'affaire a causé un gros buzz, d'autant que le bruit a couru qu'ils étaient pas gâtés de la bite : 10 cm à tout casser. Après ça, ils rasaient les murs. Leur calomnie à ton sujet, c'était de l'envie, de la rage. Ah ! je comprends tout, maintenant.

Moi aussi je comprenais tout. J'avais perdu sept ans de ma vie à me torturer sans raison à cause de ces affreux pervers dont l'esprit, acharné à nuire, trouvait sa jouissance dans le mal, la douleur infligée aux autres. J'étais assommé par le choc de cette révélation tardive, écoeuré par la cruauté de ces créatures malfaisantes, mais j'éprouvais une vague pitié, car leur mal-être serait sans fin. Je ne m'exonérais pas non plus de l'erreur qui était la mienne. Pourquoi n'avais-je pas lutté, comme ces garçons inséparables ? Pourquoi m'étais-je retranché dans ce quant-à-soi névrotique qui avait bloqué pour sept ans ma maturation affective et ma libération sexuelle ? Oui, ces garçons m'avaient tout pris, mais je m'étais laissé piller sans opposer de résistance. Tout allait changer maintenant. La vie m'ouvrait grandes ses portes et je saurais m'y engouffrer.

— Tu as squatté mon nid d'amour, reprit Blanco, non sans malice. Même si Hervé drague pour son compte, on se retrouve toujours ici pour les câlins et pour la baise. Quelle chance que tu t'y sois trouvé, on aurait loupé la rencontre.

Le garçon regarda sa montre.

— 17 h, il va pas tarder. Dis, tu me fais une petite place ?

Il s'installa tout contre moi, prit tranquillement ma main droite et la posa sur sa grosse bite. Pour la première fois j'effleurais le sexe tendu d'un autre homme, et tout me devint évident quand prenant à son tour le mien, il me décalotta le gland, faisant coulisser mon prépuce. Je fis le même mouvement et c'est alors qu'il prit mes lèvres pour m'embrasser avec passion, forçant sa langue derrière la mienne et la spiralant savamment. Je sentais nos chibres grandir, arriver à la plénitude de leur volume équivalent, si bien que je ne savais plus très bien qui branlait quoi, qui branlait qui. Nos mains, nos queues, jumelles dans l'acte et la sensation de plaisir qu'elles s'apportaient l'une à l'autre, devenaient indifférenciées, d'autant que je fermais les yeux, accroissant cette incertitude. C'est alors qu'une voix s'écria : "Ben, on s'emmerde pas, ici !"

Un gars nous toisait, nu, rieur, à l'orée de notre cachette. Détachant sa bouche de la mienne, Fred éclata d'un rire joyeux :

— Attends, je vais vous présenter. Tu te souviens d'Hugo Nadal, le micropénis de 3ème ? Il nous rend visite aujourd'hui. Avoue que c'est une bonne surprise !

Son rire fusa à nouveau et Hervé Duteil s'avançant, je redécouvris sa belle gueule, plus virile qu'il y a sept ans, mais qui avait gardé, par-delà, une finesse de traits romantique accentuée par sa chevelure, qui dégageant un cou gracile, rappelait celle de Chopin, mi-longue et de couleur corbeau. Son corps, musclé et pourtant svelte, s'étrécissait jusqu'à la taille, puis s'évasait jusqu'au cul rond, pommé et rempli de promesses. Hervé s'installa à ma gauche et dit, considérant ma bite :

— Le micropénis de 3ème ? Je crois que j'ai mal entendu !

Sa bouche descendit sur moi et enveloppa ma grosse tige d'une caresse douce et humide, tandis que sa queue entamait une ascension impressionnante. Elle n'était pas comme la nôtre, mais de dimension respectable et terminée par un gros gland dont Fred s'empara tout de suite pour une fellation à trois. Moi, j'étais au septième ciel, partagé entre l'allégresse d'avoir trouvé ma destinée et le désir d'aller plus loin. Car le trou d'Hervé, palpitant, attendait un chibre de mâle. Mais Fred s'était mis à genoux, avait positionné son dard, un obus qui, sans aucun doute, lui déchirerait la rondelle étant donnée sa dimension. Or, il entra comme dans du beurre, jusqu'aux couilles, sans aucun dégât, et entreprit une enculade qui fit gueuler Fred de plaisir :

— Bourre, bourre, répétait-il, faisant corps avec son ami qu'il avait empoigné aux fesses. Vas-y plus fort, défonce-moi !

Un râle mit fin à cette supplique quand son partenaire explosa, libérant un fleuve de foutre. L'anus d' Hervé, se convulsant, expulsa le trop-plein de sperme qui lui remplissait les boyaux, ce que voyant, son enculeur vint le cueillir entre sa raie, à coups de langue, comme un chat qui nettoie son bol jusqu'à la dernière goutte de lait.

Voir ces deux garçons raffinés se comporter comme des bêtes fut pour moi une révélation. Seule une extase paroxystique peut faire plonger dans cet abîme d'oubli de toute humanité, qui nous transforme en bite, en cul, exilant la conscience de soi pour y substituer cet instant de fusion totale avec l'autre, insoucieuse du regard d'autrui qui formate nos attitudes. Et moi-même à l'instant précis, je ne me sentais plus humain, mais dévoré par le désir, la faim, la soif de m'engloutir dans ce cul source de délices, de telles délices qu'il me fallait en faire tout de suite l'expérience. Écartant Fred sans ménagement, j'introduisis mon gros mandrin dans le fion ouvert, palpitant, sans rencontrer de résistance. Hervé gueula, tout au bonheur de se sentir pris, investi, empli de ma chair frémissante :

— Bourre, bourre-moi, nom de dieu. Oh, putain, putain qu'elle est bonne ! Grimpe-moi en haut du côlon. Ah ! Je vais jouir, ah ! je déflaque !

Hervé poussa un hurlement et largua plusieurs jets de foutre qui, emportés par leur puissance, arrosèrent les genévriers. Je hurlai à mon tour : "Je jouis !" Aussitôt, d'un seul mouvement, les deux se ruèrent, la bouche ouverte, pour avaler le flot de sperme qui jaillit, à plusieurs reprises, de mon colosse exacerbé.

Allongés sur le paréo, nus, queue flasque, désir apaisé, nous parlons de ce hasard providentiel, lequel vient de changer ma vie.

— Todd et Baussant, ces sales pervers, m'avaient imprimé dans le crâne que j'étais un monstre de foire et que ma verge XXL faisait de moi un intouchable. J'ai dû vivre avec ce fardeau jusqu'à ma rencontre avec vous. J'étais complexé jusqu'à l'os.

— Franchement, c'est le cas de le dire, s'écria Hervé en riant. T'aurais dû aller sur le web. Un simple clic sur Internet t'aurait tiré de tes angoisses. Dans la catégorie "GROSSES BITES", tu aurais vu d'énormes chibres et tu te serais senti moins seul.

— J'étais replié sur moi-même, dans un tel état de névrose que je refusais toute idée de sexualité partagée. Je m'en remettais à ma main, à mes branlettes solitaires. Il a fallu que cet été reviennent mes désirs de voyeur, et que le hasard guide mes pas dans cette cachette qui est la vôtre.

— Et si on ne s'était pas trouvés, tu ne serais jamais passé à l'acte ? me demanda Blanco, rêveur.

— J'aurais attendu, attendu... cinq ans, dix ans, des décennies. J'aurais vécu seul, dans la honte.

— La honte d'avoir un gros braquemart, celui dont tous les pédés rêvent ? Moi, ça m'a plutôt réussi, dit Fred, coulant un regard plein d'amour en direction de son partenaire.

Hervé lui rendit son regard et se saisissant des deux bites qui le flanquaient de part et d'autre, il commença à nous branler, un sourire vicieux sur les lèvres.

— Je les veux en moi en même temps !

— Tu ne pourras pas, c'est impossible, dis-je effrayé par cette demande.

— Si tu voyais les godes qu'il prend !

Fred me força à m'allonger. Hervé s'empala sur mon pieu. Puis son pote arriva derrière.

— Viens, Fredo ! implora Hervé.

Le désir lui tordait la bouche et lui rendait les yeux hagards. Nous nous rejoignîmes dans son cul.

A l'intention de mes lecteurs : Mon compteur de lectorat ne fonctionne plus depuis mars 2016. Merci de votre fidélité.