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Amours dans les foins

Ma profession d’agriculteur m’interdit tout absence de longue durée, le troupeau de mes 68 brebis mères nécessitant un gardiennage quasi permanent. Divorcé pour incompatibilité sexuelle, je me suis réfugié dans la solitude de la campagne aveuronnaise, en mars 1985.

Après six mois d’absolue chasteté, bercés par la lecture de lettres d’amis d’enfance, d’anciens collègues de travail ou de copains de régiment, je décidais de me lancer dans la recherche épistolaire de certains d’entre eux, oubliés presque totalement. Willy était l’un d’eux. J’avais seulement retrouvé son nom grâce à une étiquette de blouse. En effet, en pension, chez les bons frères, tous nos vêtements devaient être marqués. De façon générale, je conservais toujours une étiquette de vêtements d’un ami qui avait su à un moment donné éveiller en moi une quelconque émotion. Quelle ne fut pas ma surprise de recevoir ce matin, du facteur, une lettre de Willy, alors que la plupart de celles que j’envoyais revenaient « n’habite pas à l’adresse indiquée ». Willy me répondait en quelques mots tracés sur une vieille carte postale représentant le port du Havre en 1874. « Très heureux, j’arrive le 13 août, avec Titine, beaucoup de souvenirs à évoquer... »

Le 13 août, la vieille 2 CV. arrivait à bout de souffle dans ma cour. Un grand gaillard, brun, une imposante moustache traversant son visage, en tee-shirt imprimé « free », un mini short blanc laissant apparaître une virilité incontestable... soulageait cette pauvre titine en l’abandonnant après 560km.

Je finissais de décharger mon quatrième char de foin et c’est du haut du fenil que je m’écriais « Willy, je suis là... monte. » Ce cri du cœur était parti sans autocontrôlé. J’avais subitement compris que Titine n’étais pas une gonzesse mais un Deux Deuche... Il était beau, impressionnant et après quelques instants de regards les yeux dans les yeux je me retrouvais dans ses bras, sous ses lèvres et enfin allongés dans le foin pour au moins une heure de très grandes jouissances. Malgré l’énormité de son sexe, mon corps fut si amoureux et détendu que sa pénétration ne me fit point souffrir et se transforma en une lente et paisible caresse jusqu’à notre jouissance commune si parfaitement synchronisée.

Willy ne repartit que trois semaines plus tard, après m’avoir accordé une extraordinaire présence et une incomparable sensualité. Nous fîmes même l’amour en gardant les brebis, trois d’entre elles vinrent assister au spectacle.

Willy, je n’ai plus de tes nouvelles, écris-moi vite ou mieux viens ici, les foins approchent ; je voudrais revivre ne serait-ce qu’un jour une autre aventure extraordinaire.

André, 36 ans.