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Une histoire à découvrir

Andor l’Hyperboréen

Je venais du sud et le nord m’avait toujours attiré, ses habitants aux cheveux blonds et au corps diaphanes. Pour mes premières vacances seul avant de poursuivre mes études à l’université, j’avais choisi de me rendre au point le plus au nord de l’Europe : Knivskjellodden, en Norvège. Je ne vais pas vous parler du long voyage en train, puis en bus, voyage qui m’avait pris plusieurs jours. J’étais arrivé dans un petit village à quelques kilomètres de ce lieu mythique pour moi et j’étais descendu dans un hôtel réservé depuis des semaines sur Internet.

Le jour du solstice d’été, vers 17 heures, j’avais quitté l’hôtel, acheté quelques provisions dans une épicerie, puis j’étais parti avec mon sac à dos en direction de ce point extrême. J’avais prévu d’y rester pour contempler le soleil de minuit. J’avais étudié l’itinéraire sur mon smartphone et décidé de faire un détour pour passer vers un petit lac. Je pensais même m’y baigner si l’eau n’était pas trop froide et j’avais pris une serviette avec moi. Le temps était magnifique depuis plusieurs jours, étonnamment chaud pour cette latitude au-delà du cercle polaire.

Après avoir quitté le sentier principal, je m’étais retrouvé seul dans la nature sauvage et désolée. J’étais arrivé au bord du lac, l’eau était assez froide mais j’avais pris l’habitude de prendre des douches glacées après le sauna. Je me déshabillai entièrement comme j’avais oublié de prendre un slip de bain, dans ce pays je n’allais choquer personne en me baignant nu. Je grelottai en entrant dans l’eau, je tins bon et je réussis à plonger tout mon corps dans l’eau glacée. Lorsque je fis demi-tour pour ressortir, je n’étais plus seul. Un jeune homme était debout sur la rive. Je dis un homme, c’était presque un géant, il devait faire deux mètres de haut. Son corps était cependant très fin, sa peau était blanche, il avait de longs cheveux blonds, il devait à peine sortir de l'adolescence. Il était presque nu lui aussi, il n’avait qu’une culotte en fourrure pour cacher son intimité. Il avait déjà pris la serviette que j’avais posée sur mon sac et me la tendait. J’hésitai, devais-je me cacher le sexe pour sortir de l’eau ? Je renonçai et remontai sur la rive. L’homme eut l’air très intéressé par mon corps et m’examina du haut en bas, s’attardant particulièrement à mon entrejambe. Au lieu de me donner la serviette, il commença lui-même à me sécher. Je frissonnai, et mon pénis ratatiné par l’eau froide retrouva rapidement sa taille normale, voire plus. Je remis rapidement mon boxer, pressé de cacher mon excitation, puis je me rhabillai.

J’essayai d’entrer en communication avec l’homme en anglais, lingua franca dans les pays scandinaves. Il sembla comprendre cette langue.

— Je suis désolé de m’être baigné nu dans ce lac, dis-je, j’espère que je ne t’ai pas dérangé.

— Non pas du tout, comment t’appelles-tu ?

— Je m’appelle Habib, et toi ?

— Je suis Andor, fils de Thor.

À ce moment-là, je me demandai ce que signifiait la présence de cet homme ici dans cet accoutrement. Soit il appartenait à une communauté new age établie dans la région, soit c’était un figurant engagé par l’office du tourisme pour distraire les vacanciers. Je m’étonnai cependant de n’avoir rien lu à ce sujet lors de mes recherches sur Internet. Je demandai :

— Euh, que fais-tu ici dans cette tenue si légère ?

— C’est la tradition de notre peuple le jour du solstice.

— Tu es norvégien ?

— Non, je suis hyperboréen, Andor l’Hyperboréen.

Je n’avais pas bien compris et je demandai au jeune homme de répéter :

— Hyper… quoi ?

— Hyperboréen. Cela signifie que je j’habite au nord.

Je repensai alors à ce peuple mythique de l’Antiquité.

— Je croyais que ce n’était que de la mythologie, dis-je. Ce peuple existe-t-il toujours ? Je n’en ai jamais entendu parler.

— Oui, nous vivons toujours mais nous restons cachés.

Nous nagions en pleine science-fiction. Comment un peuple pourrait-il se cacher au vingt-et-unième siècle où chaque endroit du globe est surveillé en permanence par des satellites ? Je décidai de jouer le jeu et de ne plus demander de détails à Andor. Je lui dis :

— Je dois reprendre ma route pour aller jusqu’au point le plus au nord.

— Je t’accompagne, nous avons justement une cérémonie en l’honneur du solstice. Permets-moi de t’inviter, je pense que mon père sera d’accord.

— Bien, je te suis.

Nous marchâmes pendant une heure environ. Je dus demander à Andor de ralentir, j’avais de la peine à le suivre. Nous arrivâmes au bord de la mer, au haut d’une falaise. Je voulus regarder sur mon smartphone si nous étions bien à l’endroit où je désirais me rendre, mais je n’avais plus de réseau. Nous longeâmes le bord jusqu’à une grande maison en bois. Son style me fit penser à un film de fantasy : un seul étage, un toit très haut et pointu, une entrée monumentale encadrée par deux sculptures, en bois elles aussi ; la maison avait encore un balcon surplombant la falaise, endroit idéal pour observer la mer et le soleil de minuit.

Nous entrâmes dans la maison, il faisait sombre : aucune lampe n’était allumée, il n’y en avait même pas, la ligne électrique n’arrivant pas jusqu’ici. Une quinzaine de personnes se trouvaient à l’intérieur, la plupart assises autour d’une grande table. Quelques enfants jouaient dans un coin par terre. On me regarda entrer, sans toutefois marquer une curiosité trop marquée. Ce qui me surprit était que tous, hommes et femmes, n’étaient vêtus que de la même culotte de peau qu’avait mon guide. Cela me fit penser que j’étais dans une communauté, peut-être des anciens hippies. Andor se dirigea vers un homme qui se leva, ce devait être son père, il était encore plus grand que lui. Après quelques échanges dans une langue inconnue, l’homme vint vers moi et me salua en anglais, sans toutefois me toucher la main :

— Bienvenue à toi homme du sud. Mon fils m’a demandé de t’accueillir dans notre maison, je lui fais confiance et je t’autorise à rester.

— Merci, répondis-je, je suis très honoré.

— Merci mon père, dit Andor.

Le père retourna s’asseoir. Andor me présenta tous les membres de sa famille. J’oubliai tout de suite les prénoms et les liens de parenté. Les enfants eurent l’air plus intéressés par ma personne, ils m’observèrent longuement. Nous nous assîmes ensuite autour de la table.

J’étais gêné d’être le seul habillé dans cette maison, d’autant plus qu’il faisait très chaud : un feu brûlait dans l’immense cheminée. Je demandai à Andor ce que je devais faire. Il se leva, revint avec une culotte de fourrure et me dit de me changer.

— Ici ? demandai-je. Devant tout le monde ?

— Nous sommes très à l’aise avec notre corps, ne t’en fais pas.

Je me levai et me déshabillai. Je remarquai quand même qu’on m’observait discrètement. Je laissai mon boxer sous la culotte. Andor me servit ensuite une coupe d’une boisson que je ne connaissais pas. Ce devait être un jus de fruits accompagné d’une substance légèrement psychotrope.

Un repas fut servi, assez léger, avec beaucoup de légumes inconnus et un ragoût. Divers autres élixirs l’accompagnèrent.

Andor était taciturne. Il me demanda quand même si j’avais une compagne, je lui répondis par la négative, sans faire allusion à mon orientation sexuelle. Je lui posai la même question, il ne me répondit pas. En tout cas aucune femme n’avait l’air de s’intéresser à lui. Le temps s’écoulait lentement, je somnolai, regardant de temps en temps ma montre, attendant avec impatience minuit. Après avoir bu un énième jus de fruit, je sentis une excitation dans ma culotte de peau. Je me demandais si l’on m’avait servi un aphrodisiaque. Je me tournais vers Andor, il souriait énigmatiquement.

Ce fut enfin minuit, tous les habitants de la maison sortirent sur le balcon pour contempler le soleil au ras de la mer. J’avais pu réaliser mon rêve, être à l’endroit le plus au nord de l’Europe en ce jour du solstice d’été. Tous étaient silencieux, l’air grave, puis ils entonnèrent un chant traditionnel, un long hommage au soleil et à l’amour me susurra Andor. J’avais quand même l’impression d’être un intrus, comme un ethnologue observant une peuplade étrangère. Je me dis que c’était le moment de prendre congé et de retourner à mon hôtel. J’allai annoncer ma décision au patriarche, il me répondit :

— Pas question de te laisser rentrer maintenant, tu peux passer la nuit ici. Andor t’accueillera dans son lit, n’est-ce pas mon fils ?

— Oui mon père.

— Je suis confus, dis-je.

— Allons, pas de politesses inutiles. Andor est vierge, tu le dépucelleras.

— Mais, je…, bafouillais-je.

J’allais dire que j’étais vierge moi aussi. Je me retins. Andor vint à côté de moi, posa un bras sur mon épaule et me murmura à l’oreille :

— Suis-moi.

Nous quittâmes l’assemblée pour nous rendre à l’arrière de la maison. Je me rendis compte qu’elle était bien plus grande que je ne l’avais imaginé. Andor me mena dans sa chambre et ferma la porte. Un feu brûlait déjà dans la cheminée, seul source de lumière car la fenêtre était fermée par un rideau noir. Les murs n’avaient aucune décoration, à part une tenture sur laquelle était dessiné un lingam. Il y avait un genre de matelas recouvert de fourrure au milieu de la pièce. Je me demandais si je rêvais : au lieu d’une simple escapade touristique pour voir le soleil de minuit, je me trouvais en présence d’une créature au corps de rêve que je devais dépuceler, alors que je n’avais moi-même aucune expérience. De plus toute la maisonnée était au courant et devait fantasmer sur ce que faisions, à moins qu’eux aussi se fussent retirés dans leurs chambres respectives et que tous célébrassent ainsi le solstice d’été. Au lieu de me précipiter dans les bras d’Andor, je pensai bêtement à des détails pratiques :

— As-tu, euh, des préservatifs ?

— Ce n’est pas nécessaire, je sais que ton corps est pur, comme l’est ton coeur.

— Comment le sais-tu ? Et comment as-tu su que j’étais gay ?

Il ne me répondit pas et s’approcha de moi. Il m’entoura de ses bras et rapprocha ses lèvres des miennes. Le contact de la peau nue de son torse contre le mien me fit frissonner. La culotte de peau empêchait mon pénis de se développer. Andor devait avoir le même souci, il enleva la sienne, puis la mienne, en me laissant toutefois mon boxer blanc. Lui avait encore une étoffe habilement nouée, blanche elle aussi, qui avait de plus en plus de mal à cacher ses attributs. Le baiser qui suivit dura très longtemps et je sentais le contact de nos sexes maintenant totalement érigés. Nos lèvres se séparèrent et Andor me dit :

— À toi de commencer, tu es l’invité, mon corps t’appartient.

J’étais intimidé par mon hôte. Je commençai par caresser la longue chevelure blonde qui descendait jusqu’au buste. Je repoussais les cheveux pour dégager les tétons et je m’enhardis à les titiller avec ma langue. Andor eut l’air d’apprécier, il poussa des gémissements. Je me mis ensuite à genoux. Le pénis de l’Hyperboréen déformait totalement le cache-sexe. Je passai ma main sur l’étoffe, cherchant la hampe, la suivant sur toute sa longueur, puis le gland que je devinais totalement décalotté, l’humidité avait transpercé l’étoffe ; je descendis jusqu’aux couilles que je tâtais avec précaution pour ne pas faire mal à Andor qui semblait déjà dans un état second. Je descendis le sous-vêtement d’un coup, libérant le pénis qui se dressa presque à la verticale. Il était magnifique, droit, sans aucun défaut, émergeant de la touffe blonde très fournie. Andor me regarda et sourit :

— Qu’en penses-tu ? Ta première bite d’Hyperboréen.

— Ma première bite tout court, enfin l’expression est mal choisie dans ton cas.

— Ne perds pas de temps, suce-moi.

Je pris le membre dans ma main, léchai tout d’abord la couronne du gland, puis le gobai en entier. Je commençai des va-et-vient sur la hampe, je n’arrivai cependant qu’à mettre la moitié de la longueur dans ma bouche. Cela n’eut pas l’air de gêner Andor qui gémissait de plus en plus fort. Il ne tint pas longtemps, je sentis soudain sa semence se répandre dans ma gorge. Andor eut l’air surpris, presque gêné d’avoir éjaculé si vite.

— Oh ! Excuse-moi, j’ai été trop rapide.

— Pas de souci, tu sais, je suis aussi vierge.

— Je le sais.

Andor avait l’air de tout connaître de moi alors que je ne connaissais rien de lui. J’avais envie de lui poser mille questions mais j’étais encore plus impatient de poursuivre nos découvertes coquines, et je ne fus pas déçu. Il s’assit sur le matelas, les jambes écartées puis m’invita à m’asseoir entre celles-ci et à m’appuyer contre ma poitrine. Il me serra fort entre ses bras et me chuchota à l’oreille :

— Tu es bien installé comme ceci mon voyageur du sud ?

— Très bien. Qui es-tu ?

— Je te l’ai dit, je suis Andor fils de Thor, l’Hyperboréen.

— Mais encore ?

— Ne sois pas si curieux, laisse-moi explorer ton corps.

Andor me serra encore plus fort contre lui et commença à me caresser le buste, puis le ventre. Il m’invita à me coucher et à fermer les yeux. Je sentis sa main qu’il enfilait à l’intérieur de mon boxer. J’eus immédiatement une nouvelle érection. Andor me débarrassa du sous-vêtement devenu inutile et massa amoureusement mon pénis tout en me caressant toujours le haut du corps. Le plaisir était si intense que je gémissais. Andor semblait impatient d’en finir, ses mouvements devinrent très rapides. J’étais si excité que je jouis aussi très rapidement.

— J’ai aussi été trop rapide.

— Ne t’inquiète pas, nous avons toute la vie devant nous.

Au cours de la nuit, qui n’en était pas vraiment une car le soleil ne s’était pas couché, nous découvrîmes encore beaucoup de façons de nous aimer. Il était 6 heures lorsqu’Andor me dit soudain :

— Nous allons bientôt quitter cet endroit, le drakkar va venir nous chercher.

— Partir ? Vous n’habitez pas cette maison ?

— Non, nous ne venons ici que pour le solstice. Nous habitons sur une île.

— Encore plus au nord ?

— Je ne sais pas, elle est peut-être dans un autre monde.

— Et je vais déjà te quitter ? Alors que nous nous connaissons à peine ?

— Viens avec moi, je vais demander à mon père.

Avant que je ne pusse répondre, il sortit de la chambre pour aller parler à son père, sans même cacher sa nudité et son sexe encore marqué par nos nombreuses étreintes. Il revint quelques minutes plus tard :

— Mon père est d’accord, tu peux nous accompagner, à une seule condition.

— Laquelle ?

— C’est un voyage sans retour possible, tu resteras à jamais en Hyperborée.

— Rester à jamais loin de mon monde ? Je dois encore réfléchir.

— Le drakkar part dans une heure. Je te laisse réfléchir.

Andor remit sa culotte de fourrure et me laissa seul.

Une fois à bord, Andor et Habib se rendirent à la proue du drakkar, se regardèrent tendrement un moment avant de se rapprocher l’un de l’autre et de fondre dans un long et tendre baiser qui dura des heures. Ils s’endormirent ensuite dans les bras l’un de l’autre, comme emportés sur un nuage de bonheur les emmenant très loin de ce monde, plus loin que l’infini. Ils avaient longtemps attendu ce moment, ils l’avaient rêvé, c’était écrit quelque part qu’ils allaient se rencontrer, ils s’aimaient avant même de se voir, ils le savaient.