Une histoire à découvrir
Ange ou démon
En tout bon nationaliste, je suis soucieux de dépenser mon pécule chez nous, d’en faire bénéficier les gens de mon pays. Voilà pourquoi, un été sur deux, je passe mes vacances au Québec à la recherche de «richesses locales» à explorer, en particulier les dignes descendants terriens, ayant la touche qu’il faut pour changer un «pickle» en concombre anglais. Mes aïeux! Si vous saviez les ressources dénichées au pays...
Toujours est-t-il que j’ai choisi, cet été, de jeter mon dévolu sur la magnifique région de Charlevoix... et sur quelques-uns de ses habitants, cela va de soi. Mais avant, je passe par la capitale, où je suis attendu pour souper, chez un couple d’amis. Je me rends donc à Québec en autobus, même si ce moyen de transport m’embête un peu. Par la suite, toutefois, c’est mon pouce qui décidera de mon sort. Ça reste pour moi la plus excitante façon de voyager...
Ainsi suis-je bien installé sur la banquette arrière de l’autobus, distrait par les quelques retardataires qui viennent grossir les rangs un peu clairsemés du ronflant mastodonte. Jusque-là, le paysage intérieur n’est pas très réjouissant. La gent masculine est sous représentée et les quelques rares spécimens qu’on y trouve n’ont pas l’heur de me plaire. Au diable, la fausse modestie! Quand quelqu’un me plaît, je peux faire preuve d’une étonnante inventivité, d’une application non seulement soutenue et fervente, mais débordante... si vous voyez ce que je veux dire... Enfin!
Je suis donc résigné à me coller le nez à la vitre jusqu’à en être hypnotisé par le plat paysage autoroutier, quand monte à bord une espèce de petit mâle un peu fiérot, mais quand même beau à vous faire baver par tous les bouts..., tombeur de tout ce qui bouge, de la plus snob à la tantouze. Dans l’autobus, c’est la minute de silence... pour ceux et celles qui crèvent de jalousie ou bien d’envie.
Évidemment, moi aussi je suis bête d’envie, je bave et frétille de la queue comme un chien devant son maître. Viendra-t-il, ne viendra-t-il pas jusqu’à moi?! Monsieur, lui, avance lentement. Il se pavane. Il décoche des oeillades presque moqueuses de tous bords, tous côtés, comme si sa beauté n’était pas déjà suffisamment arrogante comme ça. Et le bougre s’assoit quelques bancs devant moi. Je ne verrai plus rien. C’est les vacances et me voilà morose. Je ne vais quand même pas changer de place, de quoi aurais-je l’air?
Nouvelle résignation. Je m’endors avec le ronron du bus. Tant pis!
Puis soudain je me réveille, comme alerté par ma bonne fée -elle aussi s’excitait? la démone!!! - et j’ouvre les yeux à temps pour croiser le regard de mon demi-dieu et répondre à son sourire avant qu’il ne s’enferme dans le «petit coin», ici bien justement nommé. Pour un temps, j’ai l’impression que c’est mon coeur qui fait avancer l’engin dans lequel je me trouve. Je me sens l’audace de défoncer la porte, parviens tout juste à me retenir. S’il fallait qu’il soit en train de gaspiller son trop-plein de lui-même en solo... alors que je suis là, à deux pas, prêt à m’esclavager pour presque rien, un peu d’égard, si peu... une «bitte» d’attention!!! J’ai la tige qui palpite et les couilles qui tressaillent. Je me frotte le califourchon à pleine main, histoire de rassurer zézette, de lui assurer que je ne la laisserai pas dans cet état. S’il peut sortir de là, aussi, le ravisseur de tranquillité d’âme, le détrousseur de patience et vertus... Je grouille d’impatience de me soulager. Je me trémousse sur mon banc. «Chut! Pardon mononk! Arrête, vite, j’en peux pus!» Puis j’entends un faible déclenchement de porte. Et comme un enfant pris la main dans le sac ou un ado la main dans ses culottes, je me redresse comme si de rien n’était...
En principe, je devrais déjà l’avoir vu passer, du coin de l’oeil d’abord, puis les yeux impudiquemment braqués sur son cul. Mais non! Rien! Alors je risque un oeil. Et l’oeil risqué entraîne l’autre dans sa stupéfaction. La porte est ouverte. Le jeune homme a la bisoune à l’air et se branle comme un démon en me zieutant franchement. Je ne fais ni une ni deux: le coeur battant aux tempes, je déballe ma queue et ma main s’emballe.
Je me frotte joyeusement. Mon petit démon rabat son t-shirt sur son machin et fonce droit dans mon banc. Pensez-vous que je me tasse?!! Je rêve assis! Le diable en personne se met à me masser l’engin, mes couilles suintantes, je suis aux anges! Je ne sais trop par quelles acrobaties j’arrive à me pencher pour emboucher sa grosse bite rose et chaude et lui mâchouiller le prépuce. Mais j’y arrive et plutôt bien si je me fie à son souffle. Je le sens respirer fort. Il me caresse la tête, le dos, le cul. Il plonge la main dans mon jeans, explore mes fesses, empoigne ma bombe à retardement. Je me retiens de grogner. La frénésie de ma bouche n’en est que plus grande. Bientôt je le sens haleter. Je redouble encore d’ardeur. Puis il éclate dans ma bouche et je lui mouille la main.
J’ai bien peur d’avoir vendu mon âme à ce petit démon. Lui en est quitte pour une seconde visite au petit coin, question de faire disparaître les preuves de notre délicieux délit. Et nous avons le reste du voyage pour nous découvrir bien d’autres affinités.