Une histoire à découvrir
Après le paradis
Jeudi 26 août 1999, place du Petit Marché... C’est là que nous nous sommes rencontrés. Il faisait une chaleur lourde en cette fin d’été quand, soudain, après quelques éclairs et coups de tonnerre, un orage violent est tombé sur la ville. En quelques secondes, les grosses gouttes d’eau qui inondaient les rues piétonnes se sont transformées en grêlons. Je me suis abrité sous le porche d’un immeuble bourgeois, et tu es arrivé. Toi aussi, tu étais trempé. Ton tee-shirt blanc collait à ta peau en épousant les muscles saillants de ton torse. Nous avons échangé quelques mots pleins de banalité... "Ça tombe, sale temps !" Je t’ai donné 22 ans, 23 ans peut-être, 24 mais pas plus. Quel beau corps tu avais, quel visage, et tes yeux... J’ai su tout de suite que je pourrais t’aimer. Déjà, je te désirais avec force. Ton jean moulait tes fesses, et moi, je n’avais qu’une envie : poser ma bouche sur tes lèvres, réchauffer ton corps avec mes mains, te caresser et t’entendre gémir.
J’avais à quelque chose près le double de ton âge, je ne savais rien de toi, mais je nous imaginais tous deux, nus, enlacés dans une étreinte folle et passionnée. Ma seule crainte était de voir l’orage se calmer, ce qui m’aurait séparé de toi. Trop vite, et pour toujours sans doute. Au contraire, l’orage a redoublé de violence. Il n’y avait plus personne dans les rues. Nous étions comme isolés du monde derrière un rideau de pluie. Je t’ai parlé, cherchant à trouver des mots qui pourraient te séduire ou, du moins, faire que tu puisses un peu t’intéresser à moi. Tu me répondais sans cesser de sourire. Comme moi, tu aimais les hommes. Ça, je l’ai tout de suite senti. Il restait notre différence d’âge. J’ai aussi pensé que tu devais peut-être avoir un petit copain. Aussi jeune, aussi beau que toi.
Puis j’ai vu la pluie se calmer. J’allais te perdre, te voir disparaître, partir comme tu étais arrivé. C’est sorti tout seul de ma bouche : "Si tu veux, on peut aller prendre un café !" Tu as répondu OK et nous sommes entrés dans le premier bar venu. Cette fois, j'ai commencé à espérer et je t'ai dragué, je t'ai fait comprendre que tu me plaisais et que j’avais très envie de toi. C'était inespéré, je t’ai vu répondre à toutes mes avances. Toi aussi, tu semblais me draguer.
Alors, je t’ai proposé d’aller chez moi. Tu as esquissé un signe de tête et tu m’as suivi. J’ai passé deux coups de fil avec mon portable pour annuler mes rendezvous de l’après-midi. Je n’oublierai jamais le premier contact de tes lèvres contre les miennes, ce premier baiser rempli d’étonnement pendant lequel nos langues se sont mêlées alors que nous étions encore dans l’ascenseur de mon immeuble. Je t’ai senti fragile dans mes bras. Je ne savais pas encore à quel point je serais fou de toi.
Une fois dans mon appartement, je t’ai entraîné vers ma chambre et je t’ai déshabillé. Je me souviens de ce que tu portais : un débardeur blanc et un jean très serré sous lequel tu n’avais même pas pris le soin de mettre un slip. Ta queue a surgi, déjà dressée et érigée au milieu d’une touffe abondante de poils noirs. Tu bandais comme un jeune cerf et je t’ai étendu sur mon lit, couvrant ton corps de baisers, marquant la peau fragile de tes épaules et de ton cou de nombreux suçons. Tu avais l’air très excité, et moi, je n’étais pas pressé de te prendre. Je voulais te faire languir sous mes caresses, te rendre plus fou encore de désir. J’étais persuadé que tu ne passerais que quelques heures avec moi, aussi, je voulais profiter de ton corps au maximum, jouir de la moindre parcelle de ta peau, pour m’en souvenir longtemps. J’ai léché tes bourses, je t’ai pris dans ma bouche avant de glisser mon sexe entre tes lèvres. Je ne sais pourquoi mais j’ai senti que tu n’avais pas beaucoup d’expérience. Tu hésitais, ta langue manquait d’assurance.
Alors je t’ai guidé. Je t’ai dit comment me branler tout en faisant glisser tes lèvres sur ma queue. Je t’ai demandé de malaxer mes couilles, d’enrouler ta langue autour de mon gland. J’avais envie d’être dur et tendre avec toi, de me laisser aller à mes instincts les plus primitifs ou, au contraire, de t’encourager avec sensualité tellement tu me rendais fou de désir avec tes manières peu habiles. C’est en te demandant de te placer tête-bêche sur moi que j’ai découvert tes fesses et le petit orifice qu’elles protégeaient. Un fourreau pratiquement vierge, étroit et plissé que j’ai titillé de la pointe de la langue avant de le lécher avec plus de conviction. Je t’ai préparé délicatement à me recevoir, te lubrifiant de salive et t’ouvrant avec mes doigts. Déjà, tu gémissais et me répétais : "Oui, c’est très bon. Continue, encore..."
Tes fesses étaient parfaites, fermes, rebondies, un cul comme on a rarement l’occasion de voir. Ma langue s’est frayée un chemin à l’intérieur. Tu étais si serré que j’ai utilisé mes doigts pour t’ouvrir délicatement. Tu as d’abord pensé que je voulais te pénétrer en levrette. Un homme comme toi, ça ne se baisait pas par-derrière. Le temps de dérouler un préservatif sur mon sexe, et je t’ai fait venir à genoux sur moi. J’ai dirigé le bout de ma queue vers ton anus, le pressant sur tes muqueuses fragiles.
Puis je t’ai murmuré de t’enfoncer doucement sur moi. Je jouissais autant de ton orifice qui avalait lentement ma queue par à coups que de t’entendre gémir. J’ai caressé tes seins et je me suis permis de les étirer sans chercher à te faire souffrir. Quand j’ai été tout en toi, j’ai collé ma bouche sur la tienne tout en continuant de jouer avec tes tétons tendus. Ton bassin allait à la recherche de ma queue. Moi, je n’avais pas besoin de bouger. Tu respirais de plus en plus fort, quelques gouttes de sueur perlaient sur ton front Tu prononçais des mots sans suite, tu me demandais d’arrêter puis de continuer, plus fort et plus profond. Je me retenais. Je voulais que ce soit toi qui jouisses le premier pour me laisser aller après.
Tes mouvements se sont accélérés. C’est devenu violent, tu montais sur tes cuisses puis te laisser aller sur moi. J’ai compris que tu n’allais plus tarder à exploser. Quand ton foutre chaud a giclé dans mes doigts, je n’ai plus retenu le mien. Tu as crié puis tu es retombé sur moi, épuisé. Ton cœur battait. Nos bouches se sont soudées une nouvelle fois alors que j’étais toujours en toi.
Je n’oublierai jamais cette première nuit ni celles qui ont suivi.
Et puis, un jour j’ai dû te quitter. Tu n’as rien compris sans douta Avant toi, j’avais une vie, et elle ne m’a pas laissé le choix. Il a fallu que je choisisse entre toi, et cette vie d’avant. Paul, c’était mon amour d’avant toi. Je ne pouvais pas laisser Paul. Je ne pouvais pas lui faire ça. Je sentais qu’il savait que j’aimais quelqu’un d’autre. Je le voyais souffrir à chacun de mes mensonges pour protéger cette nouvelle liaison. Chaque soir c’était plus difficile à cacher. C’était compliqué. Exténuant.
J’ai préféré te sacrifier. J’en souffre encore. Je sais que j’en souffrirai toute ma vie. Sois certain que jamais je n’aimerai comme je t’ai aimé. Comme ça, un homme n’aime qu’une fois dans sa vie. Je suis resté avec Paul, il avait besoin de moi. Et je crois que moi, j’avais besoin de lui. Toi, forcément tu m’aurais laissé un jour. C’est moi qui aurais été à la place de Paul. J’aurais été jaloux. J'aurais souffert.
Au fond, j’ai préféré la sécurité à l’amour. Tant pis pour moi, ne me regrette pas. Je ne le mérite pas.