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Armando, cuerpo de Dios

3h du mat, je rentre d'un super concert de Depeche Mode à Barcelone, direction Perpignan. Et je repense dans la voiture à un mec que j'ai maté pendant toute la soirée, mais qui, lors de l'évacuation, s'étant aperçu de mon attention, a trop hésité à quitter son groupe d'amis, jusqu'à disparaître avec. Râlant.

À hauteur de Figueras, ville quasi frontalière, j'hésite à me rendre dans ma boîte gay habituelle, vu mon état peu présentable (en nage) et que le vendredi il n'y a, paraît-il, pas grand monde. Puis une violente envie de revoir les toilettes m'a décidé.

Je m'y rends donc, salue vite fait les connaissances, et vais me soulager. Revenu sur la piste, je fais un rapide tour d'horizon (peu de monde, effectivement), et mes yeux s'arrêtent avec insistance sur un inconnu, jamais vu ici, surtout que je l'aurais remarqué : une carrure imposante se devinant sous sa chemise, un bouc saillant sur un visage intimidant : exactement mon genre.

À mon insistance répondait la sienne, jusqu'à ce qu'il vienne se présenter, puis m'offrir un verre. Alors qu'on faisait connaissance, je tombais peu à peu sous le charme de son charisme, son magnétisme qui émanait de la virilité.

Après les banalités, on s'est décidés à sortir, et vu le froid ambiant, on s'est réfugiés dans sa voiture. Là, isolés dans une zone industrielle déserte, on a commencé à s'embrasser, s'enlacer, s'arracher les vêtements. Lorsqu'il dévoila son corps, sa perfection me figea d'admiration, de jalousie et d'envie féroce. Je me mis à flatter de mes doigts, de mes lèvres et de ma langue tout ce corps ; de son torse volumineux et soyeusement velu, à son sexe épais long et droit. J'ai caressé chacun de ses cheveux et de ses poils noirs comme ses yeux, j'ai salivé toute l'étendue de sa peau tendue par le muscle, et je revenais toujours sur son membre rigide pour le déguster, le dévorer, en laissant mes mains s'égarer sur ses bras, son ventre, ses cuisses, ses couilles...

Puis il se souleva, m'étendit sur mon fauteuil rabattu, et à son tour me fit profiter de sa science des préliminaires. Il procéda à peu près pareil, en plus ferme, mais très tendre. Moi qui aime la "force tranquille", j'étais comblé et incrédule devant tant de virilité et de tendresse à la fois. Alors je profitais de ce bonheur, de ce plaisir qu'il me donnait de ses mains qui me frôlaient ou me massaient, de sa bouche qui montait et descendait le long de ma verge, me faisant frissonner d'extase.

Ensuite, je revins sur lui, lui rendre son compte, puis ce re-fut lui, puis moi... et cela dura un temps infini. Jusqu'à ce que, se trouvant sur moi, de face, il me demanda poliment s'il pouvait s'introduire, ce à quoi je m'entendis répondre "Tout ce que tu veux..." Sur ce, il me releva les jambes, m'enduit un peu de salive, et entra doucement... jusqu'à s'immobiliser une fois entièrement en moi. Se succédèrent alors des moments d'allées et venues, et des moments immobiles pour prolonger encore en restant serrés. Moi, j'étais à un stade de satisfaction et d'abandon que je ne soupçonnais même pas.

Ayant progressivement accéléré le rythme, il finit par me demander, toujours poli, s'il pouvait jouir sur moi, ce que j'autorisai. Il se retira au dernier moment, ôta vite le latex, et se fit jouir sur mon abdomen, tout le corps tendu, sans un son. Quand ses yeux se rouvrirent, il étala soigneusement son sperme abondant sur mon ventre, longuement, comme une crème qu'il faudrait faire pénétrer dans la peau, et finit par se relâcher, me recouvrant de sa masse.

Reprenant ses esprits, et ayant l'impression d'avoir oublié quelque chose, il se releva et se mit à m'astiquer la queue qui s'était recourbée. Le voyant dépité qu'elle ne réagisse pas, je lui expliquai que j'avais eu ma part en quelque sorte. Résigné, il se recoucha sur moi, me serrant aussi fort que je le serrais, et on resta là, face contre face, des chevilles aux lèvres, à oublier.

Malheureusement le temps, lui, ne nous oublia pas, et il dut repartir à 7h pour commencer sa journée de travail, qu'il prédisait difficile après cette nuit blanche, qu'il n'avait pourtant pas l'air de regretter. Moi non plus d'ailleurs.

Armando, je ne l'ai revu que deux fois (et quelles fois !), sans le décevoir ces fois-ci, mais étant toujours incapable de le dominer. Il a dû me croire exclusivement passif. Depuis, il à été muté au loin, et n'a plus donné signe de vie. Bien sûr il avait des défauts : ne s'assumait pas, ne voulait pas s'engager, craignait ma franchise... mais personne ne m'avait satisfait comme lui, et personne n'y est parvenu depuis. En voilà un que je ne suis pas près d'oublier, en comparaison à ces aventures insignifiantes.

Je le revois sourire quand je lui dis "Tienes un cuerpo de Dios" alors qu'il remettait sa chemise.