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365 nuits d'adieux (05): En panne

Ah, les vacances d'été, c'est comme l'ouverture de la chasse !

En juillet dernier, comme je descendais dans le sud par les départementales, je tombe, entre Courtenay et Sens, sur un stoppeur danois, pâle de peau, crinière blond platine. Je m'étonne qu'il ne se soit pas déjà fait ramasser avec son bermuda de surf et son marcel étroit. Il doit se les cailler, le jour se lève à peine... Il apprécie la bonne chaleur qu'il fait dans ma caisse. On baragouine en anglais, je ralentis, pour reluquer sa queue moulée contre sa cuisse, le duvet argent qui boucle sur ses tibias. Il demande ce que signifie le refrain de la chanson de Guesch Patti qui passe en boucle dans l'auto-radio : "Étienne, oh, tiens-le bien" et forcément la discussion dérive là où j'espérais la mener. Il se plaint de n'être pris en stop que par des mecs.

— Pourquoi, il t'es arrivé des drôles de truc ?

Je lâche le volant d'une main pour me gratter les couilles. Il rougit. Je les croyais plus libérés les nordiques ! Enfin il jette le coup d’œil qui en dit plus long qu'il ne voulait. Je déboutonne mon jeans (jamais de caleçon en voyage !) et je sors mon bout de viande, lourd, épais. Je le fais claquer dans ma paume. Il regarde bêtement, perplexe. Oh là ! On a failli cartonner avec le camion ! De tout rouge, mon passager est redevenu tout blanc. Il dit qu'il vaudrait mieux ne pas avoir d'accident, et, avant que j'aie le temps de répondre que c'est à lui de prendre les précautions qui s'imposent, il m'avale la bite avec des bruits ronflants.

Je ne connais rien de mieux que ça : pied au plancher, lancé dans le petit matin, cinq heures, une machine à pomper rivée à ma bite qui l'étouffe, la musique et le paysage qui défile sous le soleil naissant. C'est plus un mec, plus une bouche, c'est la sensation pure, un poulpe accroché à mon nœud qui balade ses ventouses sur mon gland. Virage à droite : je constate que ça fait barre dans son bermuda. Ça lui plaît de me tailler une bavette, la vache ! Il y prend même trop de plaisir pour que ça continue à m'exciter longtemps. Je pourrais le baiser en contrebas du premier talus, mais les blondasses asexuées, tout ce que je leur demande c'est d'être de bonnes trayeuses, et d'ailleurs la journée vient juste de commencer, faut garder du jus au cas où quelque chose me brancherait vraiment.

Il a compris que j'ai pas l'intention de m'arrêter et baisse son short. Du coin de l’œil je constate qu'il a une grande queue fine, il est circoncis, frein coupé, son gland semble posé trop haut en équilibre sur la hampe tordue. C'est pas non plus le genre de bite qui me botte. Il se branle des deux mains. Je lui montre la boîte de mouchoirs en papier pour qu'il évite de m'engluer le tapis de sol (ça fait désordre après au nettoyage, qu'est-ce que vous avez renversé ? de la colle ? du yaourt ? sourire narquois de l'ouvrier). Malgré mes précautions quelques gouttes giclent sur le pare-brise. Il les essuie avec les doigts, les suce comme s'il goûtait une sauce. Popaul, que j'avais pieuté dans mon froc, en frétille de nouveau, mais patience, quelque chose dans l'air tremblant me dit que la journée sera chaude... Je largue le stoppeur vers Auxerre.

À partir de là, plus rien, que des filles au bord de la route, à tel point que je décide de reprendre l'autoroute pour faire la tournée des chalets d'aisance des aires de parking et des grandes stations ; juste pour apercevoir par-dessus la vitre dépolie le mastard d'un motard allemand harnaché de cuir ou la breloque d'un père de famille qui pisse les burnes sorties. La route, des fois, c'est ce qu'il y a de mieux dans mes vacances. Je calcule la moyenne au nombre de queues à l'heure, pas sur la vitesse.

Avant Dijon, ma caisse se met à tousser méchamment et fait des sauts de carpe, la tuile ! Je profite du dernier sursis pour ressortir de l'autoroute et éviter le coup de fusil des dépanneurs agréés. Une aubaine, un signe du destin sans doute, ce petit atelier paumé sur une route déserte de la Bourgogne profonde... Un fringant pompiste en bleu de travail, les mains noires, les cheveux bruns en brosse, s'approche au petit trot. Oh, ce regard vert aux cils de biche dans un visage carré au nez cassé, ce regard me cloue au fauteuil, m'enfonce sous terre ; je ne vais jamais trouver la force de lui parler...

— Je vous en mets combien ? dit-il de sa voix grave, la pompe à la main.

Ce coup-là, je veux la totale. Effort surhumain pour lui exposer mon problème mécanique sans trémolo dans la voix. Je suis quasi convaincu que c'est les bougies, mais il mérite qu'on le laisse chercher.

— Mon oncle est parti sur un dépannage, je vais regarder, mais je sais pas si je peux grand-chose pour vous.

Il se penche sur le moteur, se brûle les pattes, tend dans ma direction son cul moulé par le bleu. Il se couche sur la planche à roulettes et glisse sous la voiture. Ses jambes relevées dépassent : vue imprenable sur la Sainte-Victoire ; je m'accroupis pour m'intéresser de plus près à ce qu'il constate. Il fait frais et humide dans l'atelier, mais j'ai une bouffée de chaleur quand son genou frôle ma cuisse. Il se relève, s'essuie le front d'une manche graisseuse et déclare en me regardant droit dans les yeux :

— C'est l'allumage.

J'en peux plus : tant pis pour mon esprit d'entreprise, faut que je me branle. Je demande les chiottes. Il dit :

— T'as qu'à pisser dehors, derrière le mur.

— C'est pas pisser ma première urgence. J'ai comme un coup de chaleur.

Ses yeux m'interrogent le pantalon.

— Je vois ce que c'est : t'es pédé, je te botte. Pas de problèmes quand l'oncle est pas là, je m'envoie tout ce qui passe, mec, chien, gonzesse, et je l'ai salement raide ce matin (il le prouve en pinçant le tissu sous sa trique). Ça va pas réparer ta voiture, mais on n'est pas pressés...

Je me dis que je vais me réveiller, je sais bien que c'est un rêve, cette forêt de poils noirs, la queue et les couilles qu'il dégage de son bleu, cette main qui me prend par le col pour que je me baisse, le genou qui m'appuie sur l'épaule tandis que l'autre main bloque ma nuque pour que je le décalotte avec la bouche. Oui, je vais me réveiller, mais pas tout de suite.

Son parfum est fort, essence et huile, semence et macération. En appui sur la pointe des pieds, il se pousse dans ma gorge. Je me relève, je lui suce les seins, je passe les mains dans les crins noirs de sa poitrine, je lui pétris le cul, les cuisses, je le débarrasse de sa cotte. Il n'a plus que ses baskets et ses chaussettes qui mettent en valeur ses mollets gonflés de footeux. Rien à jeter, jusqu'aux marques blanches du t-shirt et du maillot qui figurent sur sa peau, les habits qu'il n'a plus.

Il se couche sans un frisson sur la dalle de béton, joue à faire balancer mon gros morceau et mes balloches entre mes jambes. Il m'attire sur lui pour me lécher les couilles, m'arrose les côtes de petites bourrades amicales. Il me renifle le cul, me lisse les poils dans la raie. Mains plaquées sur mes fesses il me salive l'anus. Des ondes de plaisir me remontent la colonne. Avec un mouvement souple de chat, il pivote entre mes jambes, me verrouille le bassin d'un bras, guide sa queue vers mon trou luisant. Un shoot droit au but me colle sur le sol froid ; il tente aussitôt de me bourrer à grands coups : je réclame un peu de douceur et les poussées rythmiques s'accélèrent, déviant à droite, à gauche. Je serre les dents, je me dégage, me retourne. Il m'écarte les cuisses, cherche mon trou du bout des doigts, pose mes chevilles sur ses épaules, retrouve le chemin avec effort et détermination. Il veut me branler mais je repousse sa main pour ne pas venir trop vite.

Le téléphone de l'atelier sonne avec insistance. Il décule pour répondre. Je le suis à quatre pattes.

— Écoute, ma chérie, je suis sur une grosse réparation, je rappelle plus tard.

Pendant qu'il discute de son rendez-vous du soir, je prends ses couilles dans ma bouche, ma langue remonte le long du scrotum vers son cul. Il me chasse d'abord, puis s'accroupit. Je lui tamponne l'anneau du bout du gland, il laisse tomber le téléphone où une voix continue à crier : "Bruno, Bruno!" puis bip-bip-bip... il gueule mais se laisse enfiler ; j'y vais tout doux. Je m'immobilise au fond de ses tripes. il murmure :

— Putain, con, j'ai pas l'habitude.

Il se marre à moitié mais une grosse larme roule sur sa joue. Je le fais reluire pour réveiller sa trique que la pénétration a fait diminuer, je lui embrasse la nuque. Maintenant, il respire à mon rythme. Au moment où je vais jouir, je me réveille.

Je reconnais mal les murs de la chambre. Oui, un hôtel de Dijon. Bruno ronfle, allongé près de moi. Il est venu me rejoindre dans la nuit. Je soulève le drap. Un rayon de soleil qui tombe sur son cul rend son pelage doré. J'enfouis ma tête entre ses fesses, j'embrasse les lèvres de son anus qui témoignent par leur gonflement de mes passages répétés.