Une histoire à découvrir
365 nuits d'adieux (07): Petit chien, grosse queue
Le jardinier est courbé sur son plan de tomates ; la terre colle par plaques à ses mains, le soleil dessine des flaques, des mirages argentés sur la peau de son dos, qui épousent le mouvement laborieux des muscles. Dans la chaleur de l'après-midi d'août, il a enlevé son tricot de corps blanc trempé de sueur.
Allongé sur le matelas pneumatique qui flotte dans la piscine, je l'observe et la gaule que je tiens déforme mon maillot noir trop court, s'insinue sur le côté le long de ma jambe gauche. Je suis sûr qu'il est nu sous son short, et, malgré la distance, il me semble que j'aperçois dans l'entrebâillement du tissu sombre quelque chose de rond, de rose, qui voudrait s'échapper. Il est italien, trente-cinq ans bien sonnés, et s'exprime dans un français très approximatif. Il est tout petit, un mètre soixante, mais fort comme un turc. C'est son côté modèle réduit qui m'excite ; comme dit le proverbe, petit chien, grosse queue. D'ailleurs il marche les jambes écartées comme si le poids du paquet le gênait à l'entrejambe.
Ma main se referme sur ma queue qui repousse l'élastique. Mon maillot n'est plus qu'une simple ficelle, et l'eau, comme une bouche, me caresse le gland. C'est l'instant qu'il choisit pour se retourner et jeter un œil vers moi. Je reprends mon crawl, mon cœur bat, je bois des tasses, les yeux me piquent. Non, il n'a rien vu. Il descend les escaliers à pic du jardin en terrasses, de son pas emprunté de macho, t-shirt sur l'épaule. À mesure qu'il se rapproche, je distingue mieux les contours de sa poitrine, les larges pectoraux qui couronnent son ventre replet, rouge brique, où pointent les perles noires de ses tétons velus. Il longe la piscine. Il a laissé refroidir dans l'eau la canette de bière quotidienne qui constitue une partie de son salaire en nature. Je la repêche pour lui ; en plongeant, mon maillot lâche glisse et découvre mes fesses.
— Fa chaud, transpi beaucoup, io...
— Piquez une tête si vous voulez... vous baigner.
Il fait signe qu'il n'a pas de maillot. Je lui dis de prendre mon short. Il passe derrière les pins. Je le vois se changer, tenter d'enfiler mon short trop petit pour la masse de ses cuisses et la largeur de son cul. Dès qu'il est mouillé, le tissu clair épouse les courbes du paquet et dessine en transparence le triangle noir du pubis. Il fait quelques brasses. Je lui lance un ballon qui flotte à proximité. On échange trois passes. Le jeu s'envenime : je le coule, il m'attrape la jambe, ma cuisse frôle la boule de chair logée entre ses cuisses. Ma bite, qui n'avait dégonflé qu'à moitié durcit aussitôt ; il a dû la sentir frotter contre ses côtes.
Je m'enfuis pour qu'il me poursuive. J'ai à peine touché le carreau du bord qu'il est collé à mon dos et une chose dure se presse contre mon cul. Il a baissé son maillot tandis que le mien glissait car la barre rigide se loge entre mes cuisses, remonte contre mes couilles et se coule dans ma raie jusqu'au trou ouvert comme une rose prête à s'effeuiller. J'éprouve une envie viscérale d'être fouillé par son plantoir, pistonné dans l'eau par son manche de pioche. Je sens le liquide pénétrer en moi sous l'impulsion du gland. Il engage un va-et-vient discret, silencieux, rythmé par l'eau qui clapote entre mon dos et sa poitrine. Je me dégage, je veux qu'il me prenne par devant, je veux voir ses yeux noirs pétiller pendant qu'il m'encule, son sourire sauvage au moment où il se sentira de nouveau happé par mon cul.
Il se cale au fond et c'est comme si on me séparait en deux d'un coup de tranchoir, comme un coin qu'on enfonce dans une bûche pour la fendre. Son regard étincelle sous le bonheur de se donner; il soutient le mien pour montrer qu'il me domine, que je n'existe plus qu'en tant que pièce rapportée, une expansion de l'engin qui m'élargit sans répis. Je serre entre mes dents la boule durcie d'un sein, il ravale sa douleur, devinant que je suis prêt à chavirer, qu'il peut lancer la dernière salve. Ma tête cogne contre le carrelage. Mon sperme flotte en pelotes de filaments gluants. Le soleil tape si fort...
Le jardiner au loin est courbé sur son plan de tomates, une couille sort de la jambe de son short. Il se relève, finit sa bière, s'essuie le front avec son t-shirt sale, pousse la barrière de bois du jardin.
— Ciao, vedrem' domani.