Une histoire à découvrir
Au garde à vous
J’ai vécu cette expérience à l’époque de mes vingt berges. Grandes manœuvres en mars, les nuits sont plutôt frisquettes et, enveloppé dans une couverture qui a dû faire sa vingtaine d’incorporations, je tente désespérément de trouver le sommeil. Nous sommes là une bonne quinzaine sous cette tente et je me tourne et me retourne sur le sol dur où nous sommes couchés. Mon voisin n’est pas là, il monte la garde. Moi, ce sera dans quatre heures, si j’en crois les bruits de la relève.
Le macho qui doit être mon voisin ne va pas tarder. C’est le « dur » de la section ; à ses dires, les minettes tombent par bataillons dans ses bras. Il faut dire qu’il n’est pas vilain garçon, avec sa crinière noire et bouclée, et sa moustache qui le vieillit un peu. J’ai déjà louché, aux douches, sur ses fortes cuisses musclées, bronzées et velues, et sur le sexe d’un beau calibre qui lui brinquebale entre les jambes. Mais voilà, c’est pas du mouron pour mon serin.
Je lui tourne le dos, je l’entends quitter ses godasses, puis il se glisse tout habillé, comme nous tous, sous sa couverture. J’ai réussi à trouver une certaine chaleur, mais lui, je le sens frissonner. Il s’approche de moi, je respire calmement, régulièrement comme un vrai dormeur. Quand soudain, je le sens qui se colle à mon dos pour essayer de me piquer un peu de chaleur. Intérieurement, je jubile ! Sentir ce grand corps collé contre le mien... Et puis je sens soudain son bras autour de mes reins, puis une barre qui grossit, durcit... Sa température monte et d’ici peu, je sens que son baromètre va dépasser le beau fixe.
Je remonte doucement en m’étirant, essayant de nicher le bel instrument bien au chaud entre les rondeurs jumelles de mes fesses malgré le rempart des vêtements. Il ne bouge pas, mais il faut faire vite, prendre une décision rapide, de peur qu’il ne se relève et aille calmer ailleurs ses ardeurs. D’un bloc, je me retourne, et avant qu’il ne puisse réagir, j’ai en main... la situation ! Et quelle situation ! Un instrument dur qui tend à craquer le tissu du treillis. Effectivement, les minettes doivent être à la noce !
Je commence à caresser à travers le tissu, puis je risque les doigts dans la braguette pour faire sauter les boutons. « Hum, c’est bon, » murmure-t-il. Bon, il va se laisser faire ; je glisse ma main dans le slip, et il ondule pour m’aider à dégager un peu tous ces remparts de tissu qui me gênent pour cajoler l’objet de mes désirs. Il ne faut pas faire de bruit, il ne faut pas réveiller les autres. Mes doigts se perdent dans l’épaisse toison, descendent sous deux couilles soudées, sous le membre en pleine érection, les soupèsent, les triturent. Mon majeur part entre les cuisses chaudes le long du cordon qui rejoint l’anus ; il frotte, tourne et se retourne dans cette partie du corps si douce et si odorante. Il gémit, sa joue heurte la mienne, je sens son haleine, sa moustache caresse mes lèvres. Je presse ma bouche contre la sienne, sa langue écarte mes lèvres et s’enroule à la mienne. Mon cœur bat à tout rompre et mon sexe me fait mal, comprimé comme il l’est dans mon treillis. Je donnerais cher pour être dans un vrai lit, avoir de l’espace, me rassasier des yeux, de la bouche, alors que là, seule ma main aveugle...
Il faut tout de même faire contre mauvaise fortune bon cœur ; d’ailleurs, la fortune est plus qu’excellente. Ma main glisse le long de la hampe, puis monte doucement jusqu’au gland renflé, enfermé dans son prépuce. Je passe le pouce, doucement, sur le sommet et je sens l’humidité du nez qui pointe, la fente du méat. La langue dans ma bouche se fait plus active ; dieu que c’est bon le gratouillis des moustaches ! Ma sentinelle n’est pas un légionnaire, elle ne sent pas le sable chaud, mais le petit mâle en rut. Mes doigts en cône triturent le gland à travers le prépuce. Ah, si ma bouche... comme j’aimerais savoir si ce gland est aussi dur et savoureux que cette langue qui me violente. Savoir si le suc sera aussi abondant que la salive que nos langues barattent.
Tout à coup, le corps se tend à rompre, la langue cesse ses enlacements et je sens couler entre mes doigts par saccades, un sperme abondant, visqueux, tiède. Il se vide et je crois que jamais les écluses ne vont se tarir. Bigre, quel mâle ! Ma main est toute engluée de liqueur ; je la porte à ma bouche, et déguste ce suc dont il a été si prodigue. Le reste, je l’étale sur son ventre, sur l’épaisse toison de sa poitrine que je caresse sous sa chemise. J’en profite pour pincer les tétons que je cherche dans la fourrure.
Il refait surface :
— Merde, je vais être trempé.
— Laisse-moi faire...
Et je profite du mouchoir que je récupère dans ma poche pour défaire mon treillis et baisser mon slip. Mon mouchoir récupère ce qui n’est pas englué dans la toison. Il nettoie la verge qui commence à ramollir, je tire sur la peau pour bien décalotter le gland et le triture. Puis je me colle à lui, mon ventre contre le sien : il me laisse faire. Assouvi, repu, sa tête est glissée dans mon cou. Sa moustache me caresse l’épaule. Je me branle comme je le peux et j’envoie des saccades de sperme rejoindre celui déjà séché qui doit consteller son bas-ventre. Sa verge reçoit certainement le baptême de la liqueur virile.
Vous dire qu’il a essayé le plus souvent possible de monter la garde avec moi, mais par deux, ne vous étonnera pas... Et vous dire que moi de mon côté, je me suis arrangé pour que ma main ne soit pas la seule à la noce... La vie civile nous a divorcé mais je suis sûr que pendant longtemps, quand il se sautait une minette, il devait se souvenir de nos nuits où je m’amusais à lui faire prendre le garde-à-vous.
Jacques, 45 ans.