Une histoire à découvrir
Au pays de Candy (2)
«Nos jambes se croisent et s’entrecroisent sous l’eau. Un moment donné, un de mes pieds arrive dans l’entrejambe de Candy et mes orteils lui touchent la toison.»
Noël aux tisons
De nombreux mois se sont écoulés depuis cette curieuse journée qui ne s’est jamais reproduite jusqu’à ce jour de janvier où mes parents ont dû aller rendre visite à mon grand-père gravement malade, à Bruxelles. Ils ont demandé à la famille de Candy s’ils ne pouvaient m’héberger durant la semaine où ils seront absents. Ils ont accepté de bonne grâce. Ce n’était pas la première fois qu’une de nous deux dormait chez l’autre quelques jours.
C’était un de ces froids et gris après-midi d’hiver. Il faisait sombre et une neige épaisse recouvrait la ville. Un vent soutenu empêchait toute sortie agréable. Les parents de Candy avaient réservé de longue date des places au théâtre et comme j’étais chez eux, Candy a préféré rester à la maison avec moi, ne voulant pas m’imposer le théâtre qu’elle savait que je n’appréciais pas et dont Candy ne raffolait pas non plus. Vers dix-huit heures, les parents de Candy s’en allèrent. Ils ne devaient pas revenir avant minuit ou une heure du matin. Ils avaient l’intention d’aller au restaurant après le spectacle.
Malgré le fait que nous sommes encore en vacances de Noël, Candy et moi avons étudié et fait des exercices scolaires pour les matières qui nous posent quelques difficultés. Après le repas du soir, nous allumons la télé pour regarder un film. Mais il n’y a rien de fameux ce soir aussi Candy me propose-t-elle de regarder un DVD et me demande d’en choisir un dans la collection de ses parents. Après quelques hésitations, je me retourne vers mon amie, désespérée de ne trouver aucun film me convenant. Candy s’approche de l’armoire, ouvre une des portes, ferme les yeux et choisi un disque au hasard.
— Voilà, dit-elle, ainsi on verra ce que le sort nous a désigné.
Et elle place le disque dans le lecteur et lance le film. Mais après une vingtaine de minutes, nous en avons assez.
— Si on allait jouer dans ma chambre, propose Candy. J’ai des habits que je ne mets plus. Tu pourrais les essayer et s’ils te plaisent, tu les reprendras avec toi.
— Mais tes parents, que diront-ils?
— Rien, ils sont d’accord, je leur en ai parlé hier. Plutôt que de les mettre aux petits riens, s’ils te plaisent, autant que ce soit toi qui en profites. Je sais bien que tes parents n’ont pas facile avec tes études. Et puis, c’est avec plaisir que je te les donne.
— Bon, d’accord alors.
Nous allons dans sa chambre. Candy ouvre une penderie et en sort une dizaine de rodes, pantalons et vestes de toute beauté. Ils sont en parfait état et me plaisent déjà alors que je les ai à peine entrevus.
— Viens là, dit Candy. Tu vas les essayer pour voir.
Candy me présente une jolie robe.
— Essaye celle-là.
Je me déshabille pour enfiler la robe. Elle me va bien si ce n’est qu’elle est un peu longue pour moi et le tour de poitrine est un peu vaste également.
— Ce n’est pas grave, dit Candy. Maman est une excellente couturière et elle aura vite fait de la mettre à ta taille. Attends, on va prendre les mesures et poser les épingles, comme cela, maman aura plus facile pour rectifier la robe. Ne bouge pas! Je vais chercher la trousse à couture.
Je reste campée là à me regarder dans la glace de la garde-robe. J’inspecte la robe. C’est vrai qu’elle me va bien quoiqu’un peu longue. Je donne leur forme au buste de la robe et je m’imagine avec une poitrine plus fournie, comme celle de Candy. Je souris en imaginant la chose quand Candy revient avec la boîte à couture de sa maman.
— Eh là, ma fille! s’exclame-t-elle. Que fais-tu?
— Ben rien, je m’imagine avec des seins comme les tiens.
— Et tu aimes?
— Je n’en sais rien. C’est difficile à dire, à imaginer. Et puis je suis tellement habituée à mes demi citrons.
— Viens, monte sur la chaise, je vais marquer l’ourlet.
Je me positionne sur la chaise et Candy attrape l’ourlet de la robe et le replie vers l’intérieur jusqu’au dessus du genou avant de l’épingler. Ce faisant, elle me touche la jambe. À plusieurs reprises en faisant le tour de la robe, Candy entre en contact avec mes jambes et ces contacts répétés réveillent en moi d’étranges sensations, comme celles que j’ai éprouvées dans l’eau il y a quelques mois.
Je descends de la chaise et Candy entame la mise en forme du bustier de la robe. Ses mains délicates touchent, caressent et palpent mes seins. Oh, cela est très léger, ce sont des effleurements justifiés par la pose des épingles, mais j’en ai des frissons dans tout le corps.
Il y a une dizaine de robes à essayer et à corriger et à chaque fois, les attouchements de Candy me font un effet de plus en plus fort. Je me suis même surprise à bouger pour provoquer des contacts qui se faisaient attendre.
— Il y a encore deux pantalons à essayer, clame Candy. On aura tout vérifié ainsi.
J’enfile le premier pantalon. Lui aussi est un peu long et Candy s’empresse de marquer le nouvel ourlet.
— Ce pantalon me serre un peu, lui dis-je.
— Je ne vois pas, rétorque Candy en tirant un peu sur le tissu le long de mes jambes. Il te va bien pourtant.
— Mais si, insistai-je. C’est là, entre les jambes que ça me serre. Tu peux regarder?
Candy passe la main entre mes cuisses et parvient à mon entrejambe. Là, elle attrape la couture et tire un peu dessus. Le contact de sa main aussi près de mon sexe a failli me faire tomber tant mes jambes en ont flageolé.
— Je vois, constate Candy. C’est normal, tu tires trop fort le pantalon vers le haut. C’est un pantalon taille basse. Il se porte un peu plus bas sur les hanches. Comme ça.
Et Candy attrape la taille du pantalon et le fait descendre un peu sur mes hanches puis elle plonge la main entre mes cuisses et tâte le tissu.
— Là. Tu vois? C’est mieux, non?
— Oui, c’est parfait comme ça.
Nous essayons les autres pantalons et j’essaye par toutes les ruses possibles d’obtenir des contacts avec les mains habiles de mon amie. Les essayages terminés, Candy replie les habits et les range pour que sa maman puisse les recoudre quand elle en aura le temps.
Je suis toute à mes rêves. Ma libido me torture les sens, elle m’emplit l’esprit d’idées, de pensées bizarres qui me mettent mal à l’aise. Je ne les comprends pas. Je ne sais pas ce qu’il se passe en moi. C’est nouveau pour moi et tellement déconcertant. Candy revient. Je ne me suis toujours pas rhabillée. Je suis encore en soutient et en petite culotte.
— Eh, Aurore, c’est terminé. Tu peux te rhabiller.
— Ah oui. Bien.
Je me rhabille et nous regagnons le salon pour y prendre une petite collation et une tasse de café. La soirée est bien avancée et Candy propose que nous allions nous coucher après un bon bain. L’idée est excellente.
— Vas-y la première, suggère Candy. Je débarrasse la table pendant ce temps.
Je me rends dans la salle de bain et remplis la baignoire. Je me déshabille lentement en m’observant dans la glace qui orne le mur. Je m’inspecte sous toutes les coutures. J’apprécie mon corps et ses courbes généreuses. Je me plonge dans l’eau chaude parfumée aux sels de bain et savoure ce moment délicieux. Chez moi, il n’y a pas de baignoire, juste une douche. Alors quand je suis chez Candy, j’en profite pour prendre un bon et long bain.
Je suis toute à mon plaisir quand Candy entre dans la salle de bain et me propose de me laver le dos. Nous avons souvent fait cela par le passé et je trouve cela normal. J’accepte avec plaisir. Candy s’approche de la baignoire, attrape un gant de toilette qu’elle enduit de savon. Je me redresse un peu pour me pencher en avant et permettre à Candy de me savonner le dos. Elle passe le gant sur mon dos, de gauche à droite, de haut en bas, avec une douceur incroyable. Elle ne l’avait jamais fait comme ça avant. Sa main gantée me caresse les épaules, redescend dans mon dos, s’aventure le long de les flancs. Comme je voudrais bien qu’elle vienne me savonner la poitrine. Lorsque sa main vient légèrement s’égare sur mon flanc et qu’elle s’approche de mon sein, je ne bouge pas. Candy continue son voyage sur mon dos. Sa main plonge dans l’eau et descend jusqu’à ma taille puis me caresse le haut des fesses. J’éclate de rire tellement elle me chatouille. Candy rit également et passe un de ses doigts dans le début du sillon naissant entre mes fesses. Ça me chatouille tellement que je fais un petit bond en avant. Je glisse et plonge la tête sous l’eau en éclaboussant Candy au passage. Candy rit aux éclats. Elle abandonne le gant de toilette pour m’attraper par le bras et m’aider à sortir la tête de l’eau. Je tousse et crache l’eau qui s’est aventurée dans mes poumons. Candy est trempée des pieds jusqu’à la tête. Elle va se déshabiller et, à ma grande surprise, elle plonge dans l’eau avec moi.
— Mais que fais-tu là? lui demandais-je entre deux quintes de toux.
— Tant qu’à être trempée, autant que je prenne mon bain aussi.
Je crois qu’à ce moment-là, j’ai compris qu’il venait de se passer quelque chose entre Candy et moi. Elle qui, si pleine de pudeur, se cachait toujours lorsqu’elle se dénudait devant les autres, et moi également, la voilà qui s’est mise entièrement nue devant moi et qu’elle veut prendre son bain avec moi. J’en suis ravie quoique surprise et interrogative. Nous jouons un peu à nous éclabousser puis nous nous bousculons avec les pieds sous l’eau durant de longues minutes quand il me vient une idée saugrenue.
— Attends, Candy. Je vais te laver le dos aussi.
— D’accord, répond-elle immédiatement.
Je sors de l’eau, je suis couverte de mousse. Je prends le gant et commence à savonner le dos de Candy. Elle s’est pliée en avant pour me faciliter le travail. Comme elle l’a fait pour moi, je la cajole plutôt que la laver et, comme elle, je lui flatte les flancs, la croupe, les fesses. Nous rions aux éclats. Son dos nettoyé, je reviens dans l’eau et je propose à Candy de lui laver les cheveux. Ce qu’elle accepte sans rechigner. Je lui ai savonné copieusement son abondante chevelure. Après l’avoir rincée et un peu séchée, j’entreprends de la lui peigner. Je me suis saisie d’une brosse à cheveux qui se trouve sur le bord de la baignoire et je dénoue les cheveux. Lentement, je prends plaisir à la coiffer. À plusieurs reprises, j’ai fait tomber une mèche de cheveux dans l’eau et en allant la reprendre, j’ai touché ses plantureux seins à plusieurs reprises. Candy n’en a dit mot.
Ses cheveux démêlés, Candy les enveloppe dans un essuie et se redresse. Nos jambes se croisent et s’entrecroisent sous l’eau. Un moment donné, un de mes pieds arrive dans l’entrejambe de Candy et mes orteils lui touchent la toison. Je fais bouger mes orteils qui chatouillent Candy et nous éclatons de rire. À son tour, Candy tente la même manœuvre avec moi. Dès que son pied touche mon pubis, ce sont de violentes décharges électriques qui parcourent mon corps. Je voudrais que ce contact ne cesse pas et je fais ce qu’il m’est possible pour le prolonger sans pour autant risque de déstabiliser mon amie.
Nous nous calmons un peu. Candy attrape à nouveau le gant de toilette et l’enduit de savon. Elle commence à se frictionner la poitrine puis elle se lève. Je la regarde les yeux exorbités. C’est la première fois que je la vois nue. Elle se frictionne le ventre puis le pubis qu’elle enduit d’une mousse abondante. Écartant une jambe, elle pousse le gant de toilette entre ses cuisses et se lave le sexe. Je ne perds pas une seconde du spectacle qu’elle m’offre ainsi. Un moment j’ai même pu voir son sexe. Oh, ce fut vraiment fugace, mais je l’ai bien vu.
— Allez, Aurore, cesse de me regarder ainsi. Lève-toi. Je vais te laver le dos.
Sans trop réfléchir, je me lève à mon tour et me retourne pour que Candy puisse me laver le dos… une seconde fois. Elle rince le gant et l’enduit à nouveau de savon. Le gant enduit de savon, Candy me parcoure le dos avec une infinie douceur. Petit à petit, ses mains glissent sur mes flans et vers mes fesses qu’elles font tressaillir à chaque passage. C’est vraiment divin comme sensation. De longues minutes passent à me cajoler le bas des reins. La main qui ne porte pas le gant continue à me caresser le flanc. Candy se rapproche de moi, encore, et encore. Sa poitrine effleure mon dos, me provoquant des frissons sur l’échine que je ne peux réprimer. Le gant est à présent sur mon ventre. Candy se serre encore un peu plus contre moi. Sa poitrine s’écrase sur mon dos. Elle imprime des petits mouvements latéraux à son corps pour me caresse le dos pendant que ses mais me parcourent le ventre. Ses mains remontent maintenant vers le haut de mon corps. Le contact avec le corps de Candy me transporte, je ne peux décrire ce que je ressens à ce moment, mais je ne voudrais à aucun moment que cela s’arrête.
Mais Candy en a décidé autrement. Elle me fait retourner pour lui faire face. Son visage est illuminé. Un étrange sourire se dessine sur ses lèvres. Je n’ai encore jamais vu une telle expression sur son visage. Elle semble aux anges, comme sur un nuage. Ses yeux sont humides. Je peux lire le bonheur dans ses grands yeux verts.
— Attends, murmure-t-elle, je vais te laver devant.
— Oh oui... soufflais-je conquise par ses avances.
Candy passe le gant sur mon visage, doucement, délicatement en faisant bien attention de ne pas me mettre du savon dans les yeux. Nous nous regardons profondément droit dans les yeux. Le plaisir me gagne et d’étranges sentiments se développent en moi. Au lieu de repousser les mains de mon amie, j’aspire à leur contact, je veux plus encore que ces simples caresses savonneuses. Quelle curieuse sensation que celle-là. Ce monde inconnu qui se dévoile maintenant ne me fait plus peur, bien au contraire. Dans ma tête, les images défilent, ce ne sont pas vraiment des images, des impressions plutôt, mais du bonheur, du plaisir, rien que de la joie. Et je ne voudrais pour rien au monde que cela arrête.
C’est au tour des épaules, maintenant puis mes bras. Doucement, le gant revient vers mes épaules. Il commence à descendre entre mes seins. Inconsciemment, je ferme les yeux. Je me délecte de ses caresses. Candy suit la courbe d’un de mes seins. Elle le contourne, par-dessus, par-dessous. Elle va flatter l’autre puis, lentement, délicatement, avec des tremblements dans la main, elle s’aventure dessus. Elle vient de frôler le téton qui réagit immédiatement en se tendant vers cette main cajoleuse. Candy palpe le mamelon, délicatement, du bout des doigts avant de poser sa main gantée toute entière sur mon sein et me le palper délicatement. Je crois défaillir tant j’ai des tremblements qui me parcourent le corps, les jambes. Pendant que le gant me flatte un sein, la deuxième main de Candy s’est posée sur ma taille et me caresse. Elle remonte lentement vers ma poitrine. Ses doigts contournent mon sein libre. Ils en font le tour puis, hésitants, tremblants également, ils viennent me toucher le téton dressé. Deux doigts délicats pincent doucement le téton. Ses doigts parcourent mon sein avant que sa main ne vienne se poser dessus pour l’envelopper de sa douce chaleur.
Candy vient de laisser tomber le gant de toilette dans l’eau. Ses deux mains me flattent maintenant la poitrine. Je tremble de plus en plus. Candy s’est rendue compte de l’effet qu’elle produit sur moi. Elle s’approche de moi, passe ses bras autour de ma taille et presse sa poitrine contre la mienne. Je suis comme sur un nuage, là, dans ses bras. Je passe mes bras autour d’elle à mon tour et je lui caresse le dos.
— Tu viens dans la chambre? supplie Candy à mon oreille. On sera mieux là.
— Oui, susurrai-je à son oreille.
Nous sortons du bain toutes tremblantes. Je prends un essuie de bain et j’entreprends de sécher le dos de mon amie. Elle me fait la même chose. Une fois séchées, nous regagnons la chambre, nues, pleines de sensations exceptionnelles et nouvelles.
Je me couche la première et me couvre du drap. Candy ne tarde pas à me rejoindre. Elle s’assied sur le bord du lit et me regarde en souriant. Nos regards se croisent et nous pouvons lire toute la tendresse qui s’y trouve. Pour la première fois de ma vie, je ressens des sensations étranges envers une autre personne. Et cette personne est mon amie d’enfance. À cet instant, je n’éprouve aucune honte à ce que nous sommes en train de faire. Toutes mes réticences ont disparu comme par enchantement. Celle de Candy aussi, semble-t-il. Quelque chose est en train de naître entre nous et c’est merveilleux.
Candy s’approche un peu plus de moi et me caresse le bras, délicatement. Ses doigts délicats touchent mon visage et en dessinent les traits. Je ferme les yeux et je savoure. Une seconde main vient me caresser le visage pendant que l’autre flatte ma poitrine par-dessus le drap. Lentement, avec délicatesse, Candy s’est allongée à mes côtés. Je me suis reculée pour lui faire un peu de place. Elle soulève le drap et se glisse dessous. Je sens le rayonnement qui émane de son corps. Par petits mouvements successifs, je me rapproche d’elle. Je la rejoins enfin. Ma poitrine frôle la sienne. Candy se serre contre moi, son bras m’entoure le corps. Nous restons là de longues et tellement agréables minutes, sans rien dire, sans rien faire d’autre que nous tenir dans les bras l’une de l’autre. Nous savourons cet instant sublime.
Doucement, je repousse un peu mon amie l’invitant à se mettre sur le dos. Elle se laisse guider par moi. Elle s’allonge, je place ses bras le long de son corps. C’est à mon tour de lui caresser le visage, de suivre chacun de ses traits fins et délicats. Je frémis des pieds à la tête à son contact. Elle ferme les yeux. Je lui caresse le cou maintenant, puis descends vers sa poitrine. J’hésite encore. Mes doigts suivent les bases de ses seins volumineux. Petit à petit, je m’enhardis et mes doigts viennent titiller les tétons qui ne tardent pas à se redresser. Je suis le pourtour de son aréole légèrement grumeleuse. Candy respire de plus en plus rapidement. Elle a toujours les yeux fermés. Doucement, Candy fait glisser le drap vers ses pieds nous dénudant de plus en plus.
Je me soulève sur un coude et, pour la première fois, j’observe ce corps qui me fait tant envie. Je suis ma main du regard, cette main qui explore le corps de mon amie offerte impudiquement à ma vue. Ma main se pose sur son sein, l’englobe délicatement, le palpe. Je caresse ce globe généreux et si doux qui m’est offert. Je glisse dans le sillon entre les deux mamelons pour aller titiller l’autre sein. Candy a relevé les bras au-dessus de sa tête.
Ma position semi-couchée est difficile à tenir aussi me suis-je assise en tailleur au côté de Candy, ayant ainsi la possibilité de lui caresser le corps des deux mains. Je la cajole aux épaules, dans le cou. Je caresse et palpe ses seins. Je lui parcoure le ventre qui réagit instantanément à mes investigations. Un moment, je laisse une main s’égare sur le pubis de Candy et jouer avec sa toison. Candy souffle de plus en plus fort. Sa respiration s’accélère. Je continue à lui caresser le buste, le visage quand soudain, Candy a déplacé une main et l’a posée sur mon genou. Elle me caresse tendrement la cuisse. Sa main se balade sur le mollet, elle caresse mon pied, passe à l’autre, remonte sur mon autre cuisse. Je me rends compte maintenant qu’ainsi assise, je n’ai aucune possibilité de lui interdire l’accès à mon sexe. Je continue à lui caresser le ventre, la poitrine. Je joue avec ses seins. Ses aréoles sont énormes, elles ont le double du diamètre des miennes.
La main de Candy continue à me flatter les jambes et, petit à petit, elle se rapproche de mon pubis qu’elle finit par atteindre. Elle joue avec mes poils blonds et duveteux. Elle décrit la forme triangulaire de ma pilosité. Doucement, sa main remonte vers ma poitrine et me caresse à son tour avant de redescendre vers mon ventre, vers ma toison. L’excitation me gagne de plus en plus. Je sens que je dois en faire plus à mon amie. J’ai l’impression que sa main m’indique ce qu’elle veut que je fasse. Je joue encore un peu dans sa toison avant de laisser ma main descendre vers son sexe. Candy écarte les jambes, juste un peu, pour me permettre de glisser un doigt inquisiteur vers son sexe en feu. Je sens la chaleur qui irradie de son entrejambe.
Mon doigt vient de toucher sa vulve. Je tressaille des pieds à la tête. Candy écarte encore un peu les cuisses et j’en profite pour faire glisser ma main plus bas sur son sexe. Je recouvre sa vulve avec trois de mes doigts. Je les déplace de haut en bas en suivant le sillon de ses grandes lèvres. Candy est terriblement mouillée entre les jambes. Elle a la respiration de plus en plus saccadée. Sa main, restée un moment immobile, vient de reprendre son exploration de mon corps. Candy caresse l’intérieur de mes cuisses à présent. Elle se rapproche de plus en plus de mon sexe que l’appelle des ses attouchements. Je tremble des pieds à la tête. Mes jambes tressautent à chacun des mouvements de la main de Candy. Soudain, dans un mouvement léger, un doigt vient de frôle ma vulves. Des étoiles passent devant mes yeux. J’en suis toute chavirée. Le doigt revient et me touche une nouvelle fois puis s’en va. J’ai cessé de caresser Candy. Ma main est posée sur sa vulve humide et mes doigts bougent légèrement. Le doigt revient et se pose sur le sillon de ma vulve. Je crois bien en défaillir tant l’impression est extraordinaire. Doucement, il monte puis descend le long du sillon. Candy pose tout le revers de sa main sur mon sexe, maintenant mais elle est dans une position assez douloureuse pour son bras. Aussi me demande-t-elle de m’allonger à mon tour.
Elle me fait mettre la tête du côté de ses pieds. Nous sommes tête-bêche. Elle pose sa joue sur ma jambe et écarte un peu mon autre jambe. Elle a une vue imprenable sur ma vulve. Je fais la même chose, place ma tête sur sa jambe. Candy écarte ses jambes en grand m’offrant impudiquement sa vulve. Les grandes lèvres dessinent une frange rosée de chaque côté du sillon et elles brillent de ses sécrétions. Sa toison descend jusque sur les contours de sa vulve. C’est incroyable ce qu’elle est poilue là, me dis-je, alors que moi, c’est à peine si on voit mes poils blonds. Je joue avec ses grandes lèvres, je les caresse. Mes doigts se promènent dans sa toison, sur son ventre jusqu’à ses seins. Candy n’est pas en reste. De ses mains habiles, elle a écarté mes jambes pour avoir un accès aisé à mon sexe. Je sens ses doigts qui parcourent ma vulve. Ils inspectent mon anatomie intime de tous les côtés. Un moment donné, Candy s’est attardée sur le sillon de ma vulve. Elle le parcourt de haut en bas à de très nombreuses reprises. À mon tour, je mouille outrageusement. Je vois Candy qui porte son doigts à sa bouche et lèche mes secrétions. Elle revient me caresser la vulve puis soudain, je reçois comme une décharge électrique. Je sursaute. Il vient de se passer quelque chose de surprenant. Je ne sais quoi, mais ça m’a fait chavirer comme jamais encore je ne l’avais fait.
Pour la première fois depuis le début de nos attouchements, je m’adresse à mon amie:
— Mais! Que fais-tu? demandais-je d’une vois chevrotante à Candy.
— Quoi, tu n’aimes pas?
— Oh si alors. Mais ça m’a tellement surpris.
— Quoi, demande Candy? C’est ça?
Et elle recommence le geste qu’elle venait de faire.
— Ooooh ouiiii! Encore. C’est super. Continue.
Candy venait de pousser un doigt dans ma vulve, entre les grandes lèvres et elle me caresse l’intérieur du sexe. Elle le parcourt de long en large puis elle découvre le clitoris qu’elle caresse à son tour. J’en ai la tête qui tourne. À chaque fois qu’elle touche le clitoris, je sursaute et je tressaille de bonheur. Il faut que je lui rende la pareille. Nous connaissons l’anatomie féminine pour l’avoir étudiée à l’école et nous connaissons la fonction de ces organes, mais de là à imaginer le plaisir qu’ils peuvent donner, nous étions encore loin de la réalité.
Hésitante, je reprends mes caresses sur la vulve de Candy puis, suivant la vallée humide offerte, je pousse doucement mon doigt entre les grandes lèvres. C’est terrible comme il y fait chaud. Les sécrétions y sont abondantes et permettent à mon doigt de s’introduire dans son sexe sans grands efforts. Comme Candy l’a fait à plusieurs reprises déjà, je me décide à porter mon doigt dégoulinant de ses secrétions sexuelles à ma bouche. Je sens d’abord l’odeur qui n’est pas repoussante, comme je le pensais, mais plutôt enveloppante, oppressante, mais douce et suave. Du bout de la langue, je vais toucher l’extrémité de mon doigt pour goûter. Ce n’est pas désagréable, juste un peu acidulé. Je pousse mon doigt en entier dans ma bouche et le lèche consciencieusement avant de le replonger dans la vulve de mon amie. Cinq, dix, quinze fois je refais la même chose. Je commence à aimer ce goût suave du sexe de Candy.
Au cours de mon exploration de sa vulve, je trouve le clitoris qui est bien raide et sorti de sa gangue de protection. Il fait bien deux centimètres de long. Je l’attrape entre deux doigts et je commence à le caresser. Mes doigts en font le tour, le flatte sur toute sa hauteur. Plus je le caresse et plus Candy sursaute sur le lit. Ses sauts se font de plus en plus rapides, de plus en plus importants. Je continue à lui masturber le clitoris. Un moment donné, la main de Candy vient se poser sur la mienne. Candy attrape mes doigts qui continuent à lui caresser le clitoris et elle imprime des mouvements de va-et-vient à ma main pour m’indiquer la cadence qui lui convient pour atteindre l’extase. Notre masturbation commune hisse Candy vers le septième ciel. Elle souffle comme un soufflet de forge. Elle pousse des petits cris qui vont en s’amplifiant. Soudain, elle arque son corps vers le haut et reste un moment dans cette position en criant son plaisir. Elle guide toujours ma main qui dégouline de ses secrétions.
Candy arrête brusquement ses mouvements avec ma main. Son corps se détend et redescend se poser sur le lit, haletant, tremblant, les yeux toujours fermés desquels une larme s’échappe. Sa respiration ralentit et revient à la normale peu à peu. Ma main est toujours dans sa vulve et je continue à la cajoler doucement, un peu comme si je voulais l’apaiser. Après quelques minutes de calme, Candy, qui a repris ses esprits, me regarde avec tant de tendresse dans le regard que je crois en défaillir.
— Merci ma chérie. Tu as été formidable. Merci. Mais toi, tu n’as pas encore eu ta récompense.
— Mais si, lui rétorquais-je. Tu m’as bien caressée toi aussi.
— Mais tu n’as pas eu d’orgasme, comme moi. Il faut que tu y arrives. Allez, couche-toi et laisse-toi faire.
Je me remets sur le dos. Candy vient s’asseoir à hauteur de mon bassin. Elle me caresse le ventre puis les jambes. De longues minutes, elle répète ses caresses de tout à l’heure et l’excitation me gagne de plus en plus. Candy se met à genoux et me fait écarter les jambes, ce que je fais sans me faire prier plus. Candy se déplace un peu et vient se positionner, à genoux, entre mes jambes. Elle avance ses deux mains le long de mes cuisses et rejoint mon sexe en feu. Ses deux mains sont d’une douceur extrême lorsqu’elles parcourent mon entrejambe et le sillon de ma vulve.
Délicatement, Candy introduit un doigt entre mes grandes lèvres puis, après quelques caresses sublimes, elle pose sa main sur mon pubis en écartant mes lèvres en grand. Je sens la fraîcheur de l’air ambiant dans ma vulve. Son autre main part à la recherche de mon clitoris qui, caché dans sa gangue de chair se voile à la vue de Candy. Elle attrape le fourreau et le caresse doucement. Le bout du clitoris commence à apparaître. Candy fait reculer le fourreau pour décalotter le petit organe sexuel. Quand ses doigts entrent en contact avec lui, je sursaute. Mon corps réagit immédiatement. Candy sourit. Elle commence à le masturber comme je l’ai fait avec le sien. Peu à peu, je suis gagnée, à mon tour des soubresauts du plaisir. Peu à peu, mon sexe inonde la main de Candy de mes secrétions de plaisir. Candy accélère ses mouvements de massage sur l’engin. Je la laisse faire et je la suis dans notre voyage vers le plaisir charnel. Ma respiration s’accélère de plus en plus. J’ai la tête qui me tourne. Je ne peux m’empêcher de pousser des cris de plaisir. Plus Candy accélère et plus je bondis dans le lit. Enfin, j’atteins l’orgasme, la jouissance. Candy continue à titiller mon clitoris et mon plaisir déferle en vagues successives à plusieurs reprises. Un moment, n’y tenant plus, je supplie Candy d’arrêter.
Elle se couche à côté de moi et nous nous caressons mutuellement encore pendant une bonne demie heure. Nous explorons une fois encore nos corps que nous venons de découvrir. Mon bonheur est immense. Je n’imaginais pas qu’il fut possible à deux filles de se donner autant de plaisir. Nous nous serrons dans nos bras et nous reprenons notre souffle. Nous permettons à nos corps meurtris, mais agréablement meurtris, de se reposer.
— Alors? demande Candy. C’était comment?
— Formidable. Merveilleux. Et pour toi, comment c’était? J’ai fait ce qu’il fallait?
— Mais bien entendu, ma chérie. Tu as été formidable.
— Dis-moi, Candy, est-ce qu’on est des lesbiennes?
— Pourquoi? Parce qu’on vient de se donner du plaisir, une fois?
— Ben oui. C’est comme ça qu’on qualifie deux filles qui font l’amour ensemble, non?
— Ce n’est pas pour une fois. Ça fait partie de la découverte de son corps.
— Candy, comment as-tu appris tout ça? Comment savais-tu comment il fallait faire pour que je fasse l’amour avec toi?
— Mais je ne le savais pas. C’est venu comme ça. Tout doucement, simplement, sans vraiment le faire exprès. Et pour toi Aurore? Comment est-ce arrivé?
— Je n’en sais rien. Quand on a joué dans la rivière, la dernière fois, j’ai commencé à ressentir des choses étranges mais je ne sais pas ce que c’est. Je prenais du plaisir à te regarder. Mais de là à m’imaginer ce qu’il vient de se passer, il y a un pas que je n’ai jamais osé franchir.
— Moi, c’est quand tu es allée prendre ton bain, je ne sais pas pourquoi, mais il me fallait absolument te laver le dos, comme autrefois. Et puis le reste est venu tout seul, sans que je ne le veuille au départ. Et quand tu t’es laissée faire, alors j’ai compris qu’il allait se passer quelque chose entre nous. J’ai continué pour voir jusqu’où on pouvait aller. On recommencera, Aurore? Tu veux bien?
— Oh oui. Pourquoi pas. De temps en temps. Mais il ne faudra rien dire à personne.
— Bien entendu sans quoi, on sera la risée de tous les autres à l’école.
— Quelle heure est-il, Candy?
— Oh là! Bientôt minuit! Mes parents ne vont pas tarder à rentrer. Il faut remettre de l’ordre dans la salle de bain et ici.
Pendant que Candy arrange le lit qui a un peu souffert de nos ébats, je vais ranger la salle de bain. Nous passons un pyjama et descendons dans la cuisine prendre une boisson avant de nous coucher. Nous finissons notre boisson quand les parents de Candy arrivent.
— Bonsoir les filles! s’exclament-ils en chœur.
— Bonsoir maman, bonsoir papa.
— Bonsoir Carine, bonsoir François.
— Alors les filles, on a passé une bonne soirée?
— Oui, pas mal, répondons-nous en chœur. Et vous?
— Nous voyons cette pièce pour la troisième fois, mais nous l’apprécions encore et toujours.
— Tu fais comme d’habitude, Aurore? demande Carine. Tu dors avec Candy? Je n’ai pas encore fait le lit dans la chambre d’ami. Vous pourrez ainsi papoter ensemble quand vous serez éveillées, comme d’habitude.
— Oh oui, si Candy est toujours d’accord.
Évidemment Candy ne se fait pas prier et accepte immédiatement. Depuis toujours, nous dormons ensemble dans le même grand lit. Candy a une chambre formidable. Une grande garde-robe en chêne couvre un mur tout entier. Sur l’autre, une coiffeuse avec son grand miroir et ses lampes de chaque côté font comme une loge de star. Une grande fenêtre s’ouvre sur le paysage verdoyant tandis que le quatrième mur est couvert par une bibliothèque et son bureau avec ordinateur et tout ce qu’il faut pour travailler. Mais ce qui frappe dans cette chambre, c’est le lit. C’est un grand lit à deux places. Il faisait partie de la chambre quand ses parents l’ont achetée et ils ne voulaient pas dépareiller leur acquisition. Et comme la pièce est fort grande, il y a assez de place pour tout placer. Tout au long de notre jeunesse, nous avons toujours partagé ce grand lit. Il nous permettait, quand nous étions plus petites, de nous blottir l’une contre l’autre par temps d’orage, mais aussi de travailler pour nos études sans trop perturber le reste de la famille car il n’est par rare que nous passions une bonne partie de la nuit à étudier. Et quand le matin, nous nous réveillions, nous avions toujours la possibilité de papoter en attendant le signal du lever donné par les parents.
Toutes excitées, nous allons nous coucher… sagement.
— Bonne nuit.
— Bonne nuit les filles, répondent les parents de Candy.
Nous nous couchons dans le lit encore tiède de nos ébats amoureux. Je me cale contre le corps de Candy pressant ma poitrine contre son dos. Sous les couvertures, je fais remonter le dos de la chemise de pyjama de Candy et, ayant déboutonné la mienne, je plaque mes seins dans son dos. Comme pour marquer son consentement, Candy prend ma main qui passait par-dessus son côté et l’introduit dans son pantalon, sur son pubis. Mes doigts s’égarent dans sa toison. Nous nous endormons rapidement, exténuées pas notre soirée. Les souvenirs se bousculent dans ma tête toute la nuit.
Au milieu de la nuit, je me réveille pour aller aux toilettes et je croise Carine qui en revient.
— Alors, ça a été la soirée? As-tu essayé les habits?
— Oui Carine. Et Candy a marqué les retouches à faire avec des épingles.
— Ah, c’est bien, chuchote-t-elle. Je m’en occuperai à la semaine. Allez, bonne nuit.
— Merci Carine. Bonne nuit aussi.
Je rejoins la chambre où Candy est toujours couchée sur le côté, orientée dans ma direction. Je m’allonge à côté d’elle et je ne peux me passer de l’admirer dans la lueur lunaire. Ses traits sont si fins, si délicats. Je crois bien que je suis en train de tomber amoureuse d’elle. Chaque fois que j’y pense, mon cœur bat la chamade et cogne dans ma poitrine. À chacun des contacts charnels que nous avons, qu’ils soient voulus ou accidentel, je suis prise de frissons de bonheur. Il ne faut pas que je me voile la face, j’en suis devenue amoureuse. Mais elle, quels sentiments éprouve-t-elle pour moi? Et si elle me rejetait? Et si après notre soirée de folie, elle ne voulait plus me fréquenter? Et si elle en parlait à ses parents et qu’ils veuillent nous séparer? Et si… Et si… Tant de questions, tant d’interrogations se mêlent à mes certitudes, mes désirs les plus secrets.
Je m’approche lentement de Candy. J’aime sentir son odeur délicate. J’aime sentir la douce chaleur de sa peau contre la mienne. Ma vie ne sera plus jamais comme avant. Je l’aime. J’aime Candy. Ma chérie, je t’aime! Je t’aime! J’approche mon visage du sien. Candy dort comme une bienheureuse. Je sens son souffle sur ma bouche. Lentement, j’approche mes lèvres des siennes. Doucement, délicatement, je pose un baiser léger, un effleurement sur ses lèvres pulpeuses. Mon Dieu, que c’est merveilleux. Je ressens des décharges plein le corps. Mon excitation recommence. Une deuxième fois, je pose mes lèvres sur les siennes. Candy a un léger mouvement de la tête. Je me retire prestement croyant l’avoir éveillée. Mais ce n’est qu’un réflexe. Elle continue à dormir. Je la regarde sans fin. Quelques minutes encore puis je m’approche à nouveau d’elle. Je veux encore l’embrasser. Mes lèvres touchent à nouveau les siennes. J’accentue un peu la pression et je reste au contact un peu plus longtemps. Je sens les mouvements imperceptibles provoqués par ses rêves. Je m’excite de plus en plus. Je pousse ma langue entre mes lèvres et caresse les siennes. Mes caresses provoquent des mouvements répétés de ses lèvres. J’ai le cœur qui bat à tout rompre dans ma poitrine. Soudain, Candy écarte ses lèvres pour laisser passer ma langue qui va buter contre ses dents. Je n’ose plus bouger. Je suis pétrifiée. L’ai-je réveillée? J’attends. Je ne fais plus un geste, mais je laisse mes lèvres sur les siennes. Non, elle ne bouge plus. Une fois encore, c’est un réflexe. La pression de ma langue a tout simplement écarté ses lèvres. Je suis aux nues. J’ai embrassé mon amie, sur la bouche. Mais oserai-je le faire quand elle sera réveillée ? Quelle sera sa réaction si je l’embrasse sur la bouche?
Je me recouche mais n’arrive pas à retrouver le sommeil. Tant de questions me hantent et surtout tant d’interrogations restent sans réponse. Les heures passent et je finis tout de même par m’endormir.
Les premières lueurs du soleil commencent à éclairer la chambre. Candy dort toujours, il me semble. Je regarde l’heure, il est bientôt huit heures. Il n’y a encore aucun bruit dans la maison. Les parents de Candy dorment encore. Ils sont rentrés très tard et comme ils ne travaillent pas aujourd’hui, ils font la grasse matinée. Candy me tourne le dos. Je me couche sur le côté. Je la regarde. Mon Dieu, ce que je l’aime. J’en suis folle.
Candy esquisse quelques mouvements. Je ferme les yeux pour faire semblant de dormir encore. Elle se lève et va aux toilettes. J’en profite pour ouvrir la veste de mon pyjama et me laisser tourner sur le dos. Candy revient dans la chambre. Lorsqu’elle soulève la couverture, elle peut voir ma poitrine dénudée. Elle se couche à mes côtés et pose une main délicatement sur mon sein. Je sens son souffle près de mon oreille. Elle me caresse doucement les seins, la poitrine, le ventre.
J’ouvre un œil, puis l’autre. Candy m’observe en souriant. Je lui souris en me tournant vers elle. J’approche mon visage du sien. Lentement en continuant à la regarder droit dans les yeux. Elle ne bouge pas. Je m’approche encore. Mon nez frôle le sien. Mes lèvres s’approchent des siennes. Je m’approche encore et pose un léger baiser dessus. Candy ne régit pas. Ou plutôt si, elle ferme les yeux. J’appuie mes lèvres un peu plus fortement sur les siennes. Elle me laisse faire puis, sans que je ne fasse quoique ce soit d’autre, elle écarte ses lèvres, entrouvre la bouche pour laisser ma langue pénétrer dans sa bouche. Je ne ma fais pas prier, ma langue part à la recherche de la sienne. Nos deux langues se contorsionnent dans sa bouche puis, suivant ma langue, je l’attire dans ma bouche. Notre baiser dure de longues minutes. L’excitation m’envahit et je sens que je mouille énormément entre les cuisses. Nous sommes animées de tremblements incontrôlables dans tout le corps.
— Candy, ma chérie, susurrais-je à son oreille, je t’aime. Je t’aime comme une folle.
— Moi aussi je t’aime, ma chérie. Je ne veux plus me passer de toi.
— Je t’aime. Mais il faudra faire très attention pour que les autres ne le remarquent pas.
— Bien entendu. Ce sera notre secret. Du moins tant que nous pourrons le cacher.
Je suis heureuse comme jamais. Elle m’aime aussi. Nous nous aimons et plus rien ne pourra nous séparer, pensais-je. Comme la vie est belle. Pourvu que ça dure.
Après deux journées passées chez eux, les parents de Candy ont repris leur travail. Ils sont partis dès sept heures du matin pour ne rentrer que vers dix-huit heures. Nous avons la journée libre pour préparer le repas du soir, étudier un peu pour l’école puisque nous sommes encore en vacances jusqu’à la fin de la semaine. Candy est en train de faire la vaisselle du déjeuner pendant que je fais les chambres. Je termine mon travail par la chambre des parents et je peux constater qu’ils ont eu des relations sexuelles à la tache qui apparaît sur les draps. J’appelle Candy pour lui montrer. Cela nous amuse beaucoup de nous imaginer leur ébats amoureux en s’efforçant de ne pas faire de bruit pour que nous n’entendions rien. Candy m’aide à fermer le lit puis retourne dans la cuisine pour terminer de ranger la vaisselle.
Ayant terminé mon ouvrage, je profite du moment pour jeter un coup d’œil à la chambre. Elle ressemble fort à celle de Candy, le bureau en moins. Les parents ont une pièce spécialement aménagée en bureau pour eux. La bibliothèque est bien fournie et je jette un œil distrait sur la collection de livres qu’elle contient. Sur la droite de la bibliothèque, il y a une porte, fermée à clef, qui cache une partie des étagères. Je suis intriguée par la chose étant donné qu’il n’y en a pas sur l’autre côté. Je me demande ce que peut bien cacher cette porte. Toute à mon inventaire, je n’ai pas remarqué Candy qui est venue me rejoindre. Elle s’est approchée de moi par derrière et a passé ses bras autour de ma taille me faisant sursauter. Je me retourne vivement. Nous nous embrassons fiévreusement.
— Comme je t’aime, susurre Candy.
— Et moi donc, ma chérie. Je ne pourrais plus me passer de toi. Je t’aime à la folie.
— Que fais-tu ici? demande Candy entre deux baisers enflammés.
— Rien de particulier. Je regardais la collection de livres.
— Mes parents aiment bien les beaux livres, et ça se voit. Il ne se passe pas un mois sans qu’ils n’achètent un nouveau bouquin aux puces ou chez un brocanteur.
— Tu sais ce qu’il y a derrière la porte, là? Celle qui est fermée à clef.
— Mais cette porte-là n’est pas fermée à clef. Elle est dure à ouvrir, mais on peut l’ouvrir. Je n’y ai jamais fait attention. Je ne sais pas ce qu’il y a derrière. Mais ce n’et rien, on peut regarder.
— Tes parents ne diront rien?
— Si on ne leur dit pas, ils n’en sauront rien.
Candy ouvre la porte récalcitrante. Il y a également des livres derrière, mais ils sont de moins bonne facture. Pas de dos reliés cuir, pas de reliures cousues. Ce sont des revues aux dos collés, agrafés. Je prends un des plus épais qui se trouve sur la première étagère et Candy et moi allons nous asseoir sur le lit pour le feuilleter. Dès les premières pages, quelques illustrations indiquent sans équivoque le contenu dudit livre. Des personnages sont représentés dans des postures évoquant l’acte sexuel. Nous pouffons de rire, le rose aux joues. J’entreprends de lire tout haut quelques phrases qui nous font bien rire. Le style est assez ancien, le livre également, et on ne parle vraiment plus ainsi maintenant.
— Attends, je vais en prendre un autre, propose Candy.
Elle replace mon livre et revient avec une brochure pleine d’images pornographiques. Nous feuilletons la brochure avidement et commentons les photos. C’est la première fois que Candy et moi avons une telle revue devant les yeux. C’est la première fois que nous voyons dans le détail l’anatomie des hommes et des femmes pendant l’acte. Ces photos émoustillent nos sens. La lecture de cette revue terminée, je vais en choisir une à mon tour. J’en feuillette deux ou trois pour en sélectionner une où des femmes font l’amour entre-elles.
— Viens voir, Candy. Ici il y a des femmes qui font l’amour, sans les hommes.
Candy se colle à moi. Nous commençons à étudier chacune des photos en les commentant. Quand l’une d’elle attire notre attention plus particulièrement. Une des deux femmes est en train de lécher le sexe de l’autre. On la voit nettement qui pousse sa langue dans la vulve de l’autre. Nous nous regardons amusées.
— Il faudrait qu’on essaye ça, suggérais-je à Candy.
— Tu crois? Ce n’est pas propre, là.
— Mais si on prenait un bain d’abord, il n’y aura pas de problème alors. Qu’en dis-tu?
— Je crois que tu as raison Aurore. Viens, on va prendre une douche en vitesse.
Nous remettons le livre à sa place et refermons la porte de l’armoire. À peine entrées dans la salle de bain, nos habits volent aux quatre coins de la pièce et nous nous précipitons sous la douche. Lavées, rincées et essuyées, nous ramassons nos habits et allons, nues, dans la chambre. Candy se couche immédiatement sur le dos, soulève les genoux et les écarte en grand, exposant son sexe impudiquement.
— Oh non, pas comme ça, dis-je, déçue. Pas comme ça. C’est trop vulgaire.
— Pardonne-moi ma chérie. Je ne voulais pas te blesser. Viens ici près de moi.
Je m’approche du lit où est étendu Candy et je m’assieds. Candy se fait féline et se glisse contre moi. Ses mains me caressent le dos, la nuque. J’en ai des frissons partout. Délicatement, ses mains contournent mes flancs pour venir se poser sur mes seins qu’elles palpent agréablement. De ses doigts habiles, Candy titille mes tétons qui réagissent immédiatement en se dressant. Elle continue ses caresses puis me guide pour me coucher sur le lit à côté d’elle. Quand je veux la caresser, elle refuse.
— Non, ma chérie. Toi tu ne fais rien. C’est moi qui commence. Laisse-toi faire. On verra après.
— Mais que vas-tu faire?
— Je vais essayer de faire comme dans le livre. Laisse-toi aller. Et puis, si tu ne veux pas que je continue, tu le dis, j’arrêterai.
Je me recouche sur le dos et laisse libre cours à la lubricité de Candy en me demandant ce qu’elle va bien pouvoir faire et surtout ce qu’il va se passer. Féline, câline, Candy me caresse le corps avec un art consommé comme si elle l’avait toujours fait. Ses mains passent de mon cou à ma poitrine, de mes épaules à mon ventre et jusqu’au pubis. Elle vient de s’asseoir à hauteur de mes cuisses. Ses mains caressent mes jambes, tantôt l’une, tantôt l’autre. Progressivement, elle insinue ses doigts entre mes cuisses et vient me titiller le sexe déjà bien émoustillé. J’écarte légèrement les genoux pour lui laisser pousser les doigts. Elle vient de me toucher la vulve. C’est la première fois depuis l’autre jour qu’elle le fait. Je sursaute. D’une main, Candy m’indique que je dois écarter un peu plus les jambes. Je le fais sans tarder. D’un doigt agile, elle me caresse la vulve, suit le sillon entre les grandes lèvres. À plusieurs reprises, elle porte son doigt à sa bouche pour goûter mes sécrétions. Ça a vraiment l’air de lui plaire. Elle vient de pousser un doigt à l’intérieur de ma vulve et la parcourt en tous sens. Elle cherche le clitoris qu’elle entreprend de masturber avec ardeur et conviction. J’écarte encore plus les jambes.
Candy abandonne quelques instants mon sexe en feu pour venir se placer, toujours à genoux, entre mes jambes écartées. Elle se laisse aller maintenant en avant et se couche sur moi. Nous nous embrassons, nos langues s’entortillent dans nos bouches. Candy recule, lentement. Elle pose un baiser sur un de mes seins, suce le téton puis passe à l’autre, revient au premier. Mon excitation se sublime. Les sensations que me procurent ses baisers sont autant de grés que j’escalade dans le bonheur et le plaisir sexuel. Ses baisers parcourent tout mon torse, puis mon ventre. Lentement, Candy recule et s’approche de mon sexe. Elle hésite. Elle hume l’odeur qui s’en échappe. Elle s’habitue à ses effluves nouvelles. Elle dépose un baiser sur ma vulve, puis un autre. Ses mains, qui ne doivent plus la soutenir maintenant qu’elle est à plat ventre entre mes jambes, repartent à la conquête de mon corps. Hésitante, Candy pousse l’extrémité de sa langue sur le sillon de ma vulve puis elle goûte, encore une fois, puis une autre. Elle prend goût à la chose. Sa langue parcourt maintenant le sillon sur toute sa longueur.
Ma tête me tourne, je vois des étoiles, mon cœur bat à cent à l’heure. Je crois bien que j’ai déjà joui une ou deux fois, mais je ne voudrais pas qu’elle arrête maintenant.
— Oh ouiiii! Continue ma chérie, suppliais-je en prenant la tête de Candy entre mes mains et en la pressant sur ma vulve.
Candy retire un instant sa tête.
— Oh là. Du calme! Tu vas m’étouffer!
— D’accord, d’accord! Mais continue, c’est si bon. Continue! suppliais-je une fois de plus.
Candy reprend son travail. Sa langue chaude parcourt ma vulve quand soudain, les mains de Candy quittent ma poitrine. Candy vient de poser une main de chaque côté de mon sexe. Comme elle l’a vu dans la revue, elle écarte les grandes lèvres. Son regard inspecte le contenu de ma vulve de longues minutes. Elle se décide enfin. Sa langue vient de longer dans ma vulve. Sa douceur glisse entre les grades lèvres, du clitoris à l’entrée du vagin. Mon corps bondit de plus en plus haut, de plus en plus vite. Ma respiration s’accélère, mon cœur bat à tout rompre. Je jouis une nouvelle fois, inondant la langue de Candy de secrétions abondantes. Candy lape comme un petit chien. Elle récupère et avale chacune des gouttes de mes secrétions amoureuses. Elle aime bien. Elle adore. Elle s’est rendue compte que je viens de jouir. Elle ralentit ses mouvements de langue pour me calmer un peu. Elle quitte un peu mon sexe pour venir m’embrasser.
— Tiens, dit-elle, goûte. Tu verras, c’est délicieux.
Et elle pousse sa langue dans ma bouche pour que je partage sa récolte. Je me laisse entraîner par elle et je goûte mon propre sexe. C’est doux, suave, comme goût. Il n’a vraiment pas le goût acidulé et salé de l’urine comme je le craignais. J’y trouve même du plaisir à le lécher.
Ravie de ma réaction, Candy repart à la conquête de mon sexe en déposant une rangée de baisers enflammés sur mon corps. Elle écarte à nouveau les grandes lèvres et reprend ses caresses linguales dans ma vulve. Sa langue vient titiller mon clitoris qui ne tarde pas à se dresse et à pointer le bout du nez. Candy plonge les lèvres à l’intérieur de ma vulve et tente d’attraper mon clitoris. Lorsqu’elle parvient à l’avoir entre ses lèvres, elle le suce, le tette comme un bébé tette le sein de sa mère. Ses sucions font grimper mon excitation jusqu’aux limbes en un temps record. Je crie mon bonheur. Je me tortille comme un ver sous les assauts de la bouche de Candy. Plus je m’excite et plus Candy s’occupe de mon clitoris.
Un moment, après une dizaine d’orgasmes successifs, je suis épuisée, je n’en peux plus. Je serre la tête de mon amour entre mes jambes pour lui intimer d’arrêter. Candy abandonne mon clitoris et lèche ma vulve de long et délicieux moment. Je commence à me détendre, à reprendre mon souffle. La bouche de Candy quitte mon sexe pour céder la place à sa main cajoleuse. Avec une douceur extrême, Candy calme peu à peu mon corps meurtri mais comblé. Lentement, Candy se glisse le long de mon corps. Je referme les jambes. Elle continue un temps encore à me flatter le sexe et à lécher ses doigts humidifiés de mon amour. Sa main quitte mon sexe maintenant apaisé et parcourre mon corps en y déposant mille et une caresses. Elle vient m’embrasser. Je la prends dans mes bras et la serre au point que je l’en étouffe presque.
— Et bien, ma chérie, c’était super. C’est inimaginable. J’ai jouis une dizaine de fois, grâce à toi.
— Mais moi aussi j’ai joui, rétorque Candy. Te voir prendre ton pied de la sorte, j’ai eu deux ou trois orgasmes également.
— Maintenant, c’est à moi de te rendre la pareille, suggérais-je à Candy.
— Oh non, mon amour. J’ai eu ma dose de plaisir aussi. Ce sera pour une autre fois, si tu veux bien.
— C’est comme tu veux.
Nous reprenons nos esprits encore un moment, dans les bras l’une de l’autre puis nous allons prendre une douche bien méritée. Il serait malvenu que les parents de Candy remarquent quelque chose.
Le reste de la journée se déroule nettement plus calmement. Nous étudions longuement puis, vers dix-sept heures, nous préparons le repas du soir. Nous avons même oublié de manger à midi, occupées que nous étions par nos études.
Les derniers jours que je passe chez Candy en l’absence de ses parents sont mis à profit pour apprendre de nouveaux jeux sexuels. La bibliothèque parentale regorge d’idées toutes plus lubriques que les autres. Et je peux affirmer que nous sommes, à l’instar de l’école, d’excellentes élèves. Il suffit de voir les poches que nous avons sous les yeux pour s’en rendre compte. Les parents de Candy ont remarqué combien nous étions fatiguées et ils nous suggèrent de ralentir un peu la cadence de nos études. Intérieurement, nous rions car bien conscientes que seules, nos études ne pouvaient ne mettre dans un état pareil.
Je suis retournée chez moi et la routine quotidienne a repris son cheminement. Chaque occasion qui nous est donnée pour avoir une relation sexuelle est mise à profit mais avec l’angoisse permanente de se faire surprendre, ce qui ne serait certainement pas sans conséquence pour notre avenir. Mais la Vie va se charger de nous punir. Mais nous n’en savions encore rien et notre insouciance nous offre tous les plaisirs que nous voulons.
L’année scolaire se termine. Les examens se sont déroulés, comme d’habitude pour nous deux, sans aucun problème. Candy termine son année seconde de la classe et moi je suis la première. Cette année est la dernière du cycle. L’an prochain, nous irons à l’université. C’est du moins ce que nous espérions.
Nos familles ont voulu célébrer nos réussites et elles ont organisé une journée festive en notre honneur. Parents, amis, voisins furent conviés. Nous avons reçu de multiples cadeaux mais ce qui m’a le plus atteint fut, après les cadeaux de mes parents, l’ordinateur portable que m’offrirent les parents de Candy. À côté de la bécane antédiluvienne qui trône sur mon bureau, celui-ci fait figure de Ferrari. Tard dans la nuit, les derniers convives quittent les lieux et nous pouvons, à notre tour aller nous reposer et nous remettre de nos émotions. Mais en parlant d’émotion, la plus surprenante devait encore arriver.
Comme convenu, la journée du lendemain est mise à profit pour se reposer et remettre de l’ordre dans nos affaires scolaires. Il faut faire de la place pour l’année prochaine, classer nos notes ce cours et nos livres. Nous venons de prendre notre repas du soir en famille. Maman termine la vaisselle avec mon aide et papa fait ses comptes de la journée. Nous nous installons ensuite devant la télévision. Vingt-trois heures, mon téléphone portable sonne.
— Allo… Candy? … Mais… Mais… Quoi? … ça va, j’arrive!
— Maman, papa, Candy m’appelle. Elle pleure. Elle a l’air vraiment malheureuse. Il s’est passé quelque chose de grave.
— Qu’est-ce que c’est? demande maman inquiète.
— Je n’en sais rien, elle pleurait tellement que je n’ai rien compris.
— Que vas-tu faire? s’inquiète papa.
— Elle m’a demandé de la rejoindre près du petit pont. Il faut que j’y aille.
— Bien, dit papa. Je vais t’y conduire. Dans l’état où tu es, tu risques de faire un accident.
— Merci papa, mais pas besoin. À travers champs, j’y serai dans dix minutes. Je peux y aller maintenant?
— Bien entendu. Vas-y ma fille, répondent en cœur mes parents. Tiens-nous au courant quand tu as des informations.
— Promis. À tout de suite.
J’empoche mon téléphone portable et me précipite près du petit pont. Candy y est déjà. Je la distingue dans la lumière de la lune. Elle fait les cent pas. Elle tourne en rond sur le pont. Ses gestes semblent désarticulés. En m’approchant, je l’entends pleurer, hurler plutôt, à l’injustice. Elle me voit et se précipite dans mes bras. Elle verse des torrents de larmes et ne parvient à articuler aucun mot intelligible. Je mets de longues minutes à essayer de la calmer un peu. Finalement, elle reprend son souffle.
— C’est grave, dit-elle. C’est papa! Je le déteste!
— Pourquoi dis-tu ça? Tu aimes bien tes parents pourtant. Qu’a-t-il fait?
— Je le déteste! Il ne m’aime pas.
— Allons, calme-toi, Candy. Raconte.
Entre deux hoquets, sous des torrents de larmes, Candy me raconte ce qui provoque son émoi. Son papa a décidé de déménager pour aller s’installer, pendant un an, aux États-Unis, pour son travail. C’est, dit-il, une énorme promotion pour lui et s’il donne satisfaction là-bas, il reviendra l’an prochain à la direction de l’usine qui est entrain de se construire à Marche. J’en ai les jambes coupées. Une chape de plomb vient de s’écraser sur ma tête. Nous tombons dans les bras l’une de l’autre et éclatons en sanglots.
— Que va-t-on devenir, demandais-je ? Il n’y a pas de solution?
— Non, hoqueta Candy. Papa veut m’inscrire dans une université là-bas, pour que je poursuive mes études.
— Et nous deux, alors?
— Je ne sais pas. On ne peut pas leur dire pourtant, ça leur ferait bien trop de peine.
— Moi, c’est pareil. Je ne peux pas le dire à mes parents, ça les tuerait certainement. Qu’est qu’on peut faire?
— J’ai retourné le problème mille fois dans ma tête. Je ne trouve pas de solution. Nous devons poursuivre nos études. Je ne peux rester ici seule, je n’ai pas encore de ressources. Et puis, mes parents ne sont pas trop d’accord de me laisser seule ici, aux études. Si je dois travailler pour payer mes études, je risque de tout perdre. Ils veulent me donner les meilleures chances de réussite. Et je les comprends, mais nous, alors?
— Mes parents n’ont pas non plus les moyens de t’héberger. Tu sais bien qu’ils ne gagnent pas gros.
— Mais si papa leur verse une pension?
— Mon papa n’acceptera jamais. Et puis, si pour une raison ou une autre, on venait à se séparer, où iras-tu? Comment vivras-tu?
— Tu as raison, Aurore, mon amour. Mais alors, que va-t-on devenir?
Et la discussion dure encore et encore. Mon téléphone sonne.
— Ce sont mes parents, dis-je à Candy. Ils doivent s’inquiéter. Allo. Papa? Oui… Non… Attends. Tu veux qu’on repasse un moment chez moi pour tout expliquer à mes parents?
— D’accord, ma puce. Ils trouveront peut-être une solution, eux.
Candy explique à mes parents la situation, sauf notre relation et nos sentiments. Durant de longues heures, nous envisageons toutes les solutions possibles quand le téléphone de la maison sonne.
— Ce sont tes parents, Candy. Ils sont inquiets. Ils ne savent pas où tu es.
Et mon père discute avec le papa de Candy durant de longues et interminables minutes, dans son bureau dont il a pris soin de fermer la porte. Ma maman continue à parler avec nous deux en essayant de nous calmer, de nous faire entendre raison. La vie est ainsi faite, elle réunit puis sépare les gens qui s’aiment. C’est comme ça. Il faut se faire une raison même si c’est extrêmement douloureux et injuste.
Mon papa revient, la mine déconfite et les larmes aux yeux. Le papa de Candy ne veut rien entendre. Sa fille doit l’accompagner aux États-Unis. C’est sans discussion possible. Il a toutefois promis de tout mettre en œuvre pour permettre à Candy de rester en contact avec nous et de lui permettre de venir passer les vacances scolaires chez nous, si elle le désire. Il précise également qu’il a la confirmation que ce travail à l’étranger n’est que temporaire et que de toute façon, il sera revenu en Belgique l’an prochain.
Candy passe le reste de la nuit avec moi. Nous sommes submergées par notre douleur, notre chagrin. Les quelques jours qui nous séparent de leur départ sont interminables et horribles. Mais peu à peu, nous parvenons à nous calmer. Depuis quatre jours, nous n’avons plus rien avalé. Notre estomac est tellement noué qu’il ne peut accepter la nourriture.
Puis arrive le jour du départ. Nous sommes allés à l’aéroport dès le matin. Leur avion ne part que début d’après-midi, mais nos parents ont estimé qu’il nous fallait bien toute la journée pour faire nos adieux. Nous sommes effondrées, nous avons envie de mourir. La vie est trop injuste. Il y a des couples qui se disputent tout le temps et qui restent ensemble, et nous, nous devons nous séparer. Nous nous promettons de nous écrire, de nous appeler via le net, tous les jours.
Ils embarquent. Par la grande vitre, je vois mon amour s’éloigner de moi. L’avion s’en va. Il décolle. Je ne le vois pas partir, un torrent de larmes empli mes yeux, inonde mon visage. Ma maman me prend dans ses bras et tente de me consoler, en vain.
Rentrée chez nous, je m’enferme dans ma chambre. Je reste ainsi prostrée trois jours durant. Mes parent on même dû faire venir le médecin qui, à force de médicaments, de piqûres, parvient à me faire émerger de la dépression où je m’enfonçais lentement.
Et puis, le temps a fait son œuvre. Au début, Candy et moi nous retrouvions tous les jours sur le net, puis tous les deux jour. Maintenant, c’est une fois ou deux par semaine que nous chatons. Notre douleur s’est enfin apaisée. Notre amour si soudainement violenté s’est fait une raison et ses plaies commencent à cicatriser.
Candy est inscrite dans une université alors que moi, complètement désorientée, je ne me suis pas inscrite à l’université comme prévu. J’ai rejoint une école d’art où je m’initie à l’illustration. Cruelle déchéance pour moi, désespoirs pour mes parents qui mettaient tant d’espoir en moi!
Pour les vacances scolaires, Candy est venue à la maison, comme prévu. Ce furent des moments d’intenses bonheurs pour nous. Peu à peu, je remonte la pente, mais notre amour si violent à fait place à une relation plus saine, plus réfléchie. Les vacances de Pâques se terminent et Candy repart chez ses parents.
Je tente de la rejoindre sur le net, mais elle ne répond plus. Les e-mails que j’envoie restent sans réponse puis me sont retournés, adresse inconnue.
J’ai perdu mon amour.
Que s’est-il donc passé ?
J’écris aux parents de Candy. Une ou deux fois, ils me répondent puis, plus rien. Plus de réponse. Le drame. Je m’effondre une nouvelle fois. Je ne comprends pas, je ne comprends plus. Je suis inconsolable. Mes parents sont terrifiés. Je ne mange plus, je dors à peine. Je ne pèse plus que quarante-deux kilos.
Mes parents appellent ceux de Candy qui lui raccrochent au nez, sans dire un mot. Ils sont médusés. Ils ne comprennent pas. Ils m’interrogent sur ce qu’il a bien pu se passer entre nous pour qu’ils réagissent de la sorte. Je n’ai aucune réponse à leur donner. Les derniers congés se sont passés sans aucun problème. Moi non plus je ne comprends pas.
Nous n’aurons plus de nouvelle jusqu’à la fin de l’année scolaire. À ce moment, je viens de prendre conscience du mal que je me suis fait ainsi qu’à mes parents. Je leur promets, à leur plus grande joie, de reprendre mes études, à l’université, comme prévu.
La vie, ah la vie! Comme elle est curieuse. Elle unit puis détruit les gens avant de les guérir, parfois. Je crois que je suis enfin guérie de mon chagrin d’amour. Enfin je retrouve mes marques même si jamais au grand jamais je n’oublierai mon premier et si violent amour de ma vie.
À suivre...