Une histoire à découvrir
Au pays de Candy (5)
«Il y a des dizaines de ces photos. Sur de nombreux gros plans, je reconnais mes culottes de dentelle. Anne-Line a fait, en cachette, des dizaines de photos en macro de mes culottes et de mon sexe. Je suis furieuse.»
Perfidie!
Il est presque midi lorsque nous nous réveillons. Le soleil est déjà bien haut dans le ciel. Péniblement, je tente de sortir du lit. Mon corps tout entier me fait mal. Mon sexe me rappelle douloureusement la nuit passée. Je vais prendre une douche.
Anne-Line, qui a entendu l’eau couler, quitte à son tour la chambre. Elle me rejoint dans la douche, m’embrasse fougueusement et en profite pour me peloter les seins au passage. Elle empoigne le savon, s’en enduit les mains puis me lave le corps. Je ferme les yeux et savoure ses caresses. Quand elle me savonne le sexe, je crois défaillir. Mes jambes flageolent un peu.
— Et bien, ma chérie, constate Anne-Line, on dirait que la nuit passée a laissé des marques?
— En effet, je suis exténuée. J’ai mal partout.
— Tu veux que je te cajole un peu?
— Non merci. Pas ce matin… euh… ce midi, plutôt. Je crois que mon corps a bien besoin d’un peu de repos.
— D’accord. Mais la nuit a été superbe, non?
— Oh là. Bien plus que ça. Tu m’as tuée. Mais où diable as-tu appris toutes ce choses?
— Bah. La littérature pornographique, les films, etc, ce n’est pas fait pour les chiens, tu sais. Tu n’en as jamais lu?
— Non, jamais. Et puis tu sais, dans mon petit village, si j’avais acheté une telle revue, tout le village aurait été au courant dans la minute.
— Oh mais dans une grande ville, c’est différent. Tout le monde s’en fout.
Nous terminons de nous rincer et passons un vêtement léger.
— Quand nous serons rentrées à l’appartement, je t’en montrerai quelques-uns. Tu verras, c’est parfois surprenant.
Notre escapade se termine et nous rentrons à notre appartement, éreintées mais combien comblées. Anne-Line a réussi, pense-t-elle, à me séduire et à m’amener dans son lit. Cela fait presqu’une année qu’elle essayait. Elle doit être enchantée; quant à moi, j’ai ma part de bonheur aussi. J’ai retrouvé une complice lesbienne avec qui passer de bons moments perverts et de sexe et j’ai réussi ainsi à un peu oublier ma douleur d’avoir perdu Candy.
Nos études ont repris de plus belle et ce n’est pas notre nouvelle situation qui va me distraire de mon objectif de réussite scolaire. Anne-Line semble un peu déçue parce qu’il m’arrive parfois de refuser ses avances préférant mes études au sexe. Mais elle finit par me comprendre et accepter la situation.
Les examens de fin d’année viennent de se terminer et je suis certaine de les avoir réussi haut la main. Pour Anne-Line, c’est un peu moins brillant quoique sans échec. Pour fêter nos réussites, nous décidons de nous payer le restaurant puis une sortie en boîte de nuit avec à la clef une presque certaine partie de jambes en l’air du tonnerre.
Rentrées à l’appartement, Anne-Line tient absolument à me montrer quelque chose de spécial, comme elle dit. Puisque nous allons nous séparer bientôt pour les vacances, elle veut me laisser un petit souvenir de cette première année de colocation. Je suis intriguée par sa proposition. Elle allume son ordinateur et place un DVD dans le lecteur.
— Tu vas voir, dit-elle triomphante, j’ai pris quelques photos pendant l’année.
— Des photos de quoi? demandais-je curieuse.
— Des photos que j’ai prises à la piscine, à la salle de sport, dans les vestiaires.
— Comment ça, dans les vestiaires? questionnais-je inquiète.
— Ben oui. Quand je pars, j’ai toujours mon appareil photo digital avec moi, alors je prends des photos.
— Oui, mais dans les vestiaires ou à la piscine, je ne vois pas l’intérêt.
— Attends, tu vas voir.
Elle clique sur un dossier marqué «piscine». Il y a la dedans une quantité impressionnante de photos. Elle lance le diaporama. Quelle ne fut pas ma surprise de voir le genre de photo qu’elle prend. Ce ne sont pratiquement que des photos de filles nues en train de s’habiller ou de se déshabiller. Anne-Line passe son temps à photographier les filles, dans les vestiaires de la piscine. Parfois les photos sont prises d’en haut mais le plus souvent, elle plaçait son appareil près du sol.
— Mais c’est dégoûtant ce que tu fais là! lançais-je offusquée.
— Ben quoi. Je ne fais rien de mal, je ne les montre à personne. Alors je ne vois pas qui ça peut gêner.
— Tu me les montres à moi.
— Mais toi, c’est différent.
Elle fait défiler les photos toutes plus suggestives les unes que les autres. Il y en même de nombreuses où on voit la fille qui se masturbe toute seule dans la cabine. Je dois reconnaître que ce que je vois commence à m’émoustiller un tantinet. Voyant que mes réticences diminuent, Anne-Line se met à commenter les photos. Nous inspectons en détail les anatomies qui défilent. Nous comparons les filles, leur poitrine, leur sexe.
Nous passons à un autre dossier. Il porte ma mention «boutique». Là, ce sont des photos volées dans les cabines d’essayage des magasins. Elle n’a vraiment aucune limite dans sa perversité, cette fille. Il va falloir que je m’en méfie. Elle risque de m’occasionner des problèmes.
— Bon. Ça suffit. J’en ai vu assez. Je ne veux plus regarder ça. Ce n’est pas normal ce que tu fais là. Et en plus, ça peut t’attirer des ennuis si ça venait à se savoir.
— Bon. Bon. Ça va. Je ne te les montrerai plus.
Je suis mécontente et je décide d’aller prendre un peu l’air pour me changer les idées. Anne-Line m’accompagne un bout de chemin puis me propose d’aller boire un dernier verre avant de se mettre au lit. Je n’en ai pas envie et je décline l’offre. Elle me quitte et va, seule, boire ce dernier verre.
Je reviens à l’appartement, prends une douche et vais me coucher dans ma chambre. Je n’arrive pas à trouver le sommeil. Les heures passent. Anne-Line ne rentre toujours pas. Il est bientôt trois heures du matin et elle n’est toujours pas rentrée. C’est la première fois qu’elle fait ça et surtout qu’elle ne me prévient pas. Je m’inquiète et je décide de l’appeler sur son portable. Elle me rassure en s’excusant d’avoir tardé à m’appeler, mais elle n’a pas vu le temps passer. Elle a rencontré une ancienne amie avec qui elle passe la soirée. Elle a prévu de ne rentrer que très tôt demain matin.
Rassurée, je me recouche, mais d’autres idées me trottent dans la tête. Anne-Line m’a montré un DVD avec ses photos. Et s’il y en avait d’autres. Et s’ils tombaient en de mauvaises mains, quelle catastrophe pour moi. Je pourrais être taxée de complicité et poursuivie par la justice. Il faut que je sache. De toute façon, je m’arrangerai pour ne plus colouer avec elle, c’est bien trop dangereux. Je me lève et vais inspecter ses affaires. Comme je le craignais, je tombe sur une collection d’une dizaine de DVD cachés sous son matelas. Un d’eux attire plus mon attention. Il ne porte aucune mention alors que les autres portent des titres, probablement les noms des dossiers, des dates et des noms de lieux. Celui qui m’interpelle ne comporte qu’une seules annotation: «AALX». J’allume mon ordinateur et place le DVD dans le lecteur. Une série de dossiers y sont gravés avec comme noms de simples dates. J’ouvre le premier et lance le diaporama.
A ce moment, je suis complètement abasourdie par ce que je vois. Ce ne sont que des photos de moi, en petite tenue, allongée, endormie, sur mon lit, dans toutes les positions possibles. Il y a des dizaines de ces photos. Sur de nombreux gros plans, je reconnais mes culottes de dentelle. Anne-Line a fait des photos en vue rapprochée de mes culottes et de mon sexe. Je suis furieuse. Un autre dossier, même genre de photos. Un troisième, c’est elle qui s’est photographiée, nue, sous toutes les coutures. De près, de loin, en détail, de face, de dos. Il y a des dizaines de photos d’elle s’enfilant des tas de choses dans le sexe. Des centaines de gros plans de son sexe sont là. Un quatrième dossier montre si besoin en était encore à quel point la perversité maladive d’Anne-Line peut être dangereuse pour moi. Je m’y retrouve nue en train de prendre des douches. J’y apparais également, tantôt habillée, tantôt en petite tenue et souvent nue, dans les cabines de la piscine et dans les cabines d’essayage des boutiques que nous avons fréquentées.
Je fulmine. J’ai envie de la tuer. Le dernier dossier porte la date à laquelle nous sommes allées au chalet. Je crains le pire. Et j’ai bien raison de me méfier. Je ne sais comment, mais il y a là, des dizaines et des dizaines de photos de nous deux en train de faire l’amour. Mais ce qui me paralyse, c’est que ces photos ont été prises sous deux ou trois angles différents. Comment peut-elle avoir réussi cela alors que nous n’étions que nous deux. J’essaye de me remémorer la disposition des lieux. Je compare les angles de prises de vues et je me rends compte avec horreur que ces photos ont été prises depuis les fenêtres du chalet, depuis l’extérieur! Cette salope a profité de moi pour prendre de photos pornographiques de nous, à mon insu.
Je suis horrifiée. Je décide de faire mes bagages immédiatement et de quitter définitivement Anne-Line. Mes valises terminées, elles sont vite faites, j’empoche tous les DVD et j’appelle un taxi. En attendant qu’il arrive, j’allume le PC d’Anne-Line et lance le formatage complet de la machine. Je lui laisse un message laconique collé sur l’écran: «Tu m’as trahie! Adieu!»
Je m’en vais à la gare et prend un train pour rentrer chez moi pour les vacances. Je profite du voyage pour détruire consciencieusement les disques en réduisant en miettes et semant les particules le long de la voie. Je viens de me rendre compte que je suis partie au beau milieu de la nuit, que mes parents ne sont pas prévenus de mon arrivée et que je ne sais même pas quand a lieu la remise des bulletins. Mais bon, je suis certaine d’avoir fait le bon choix. Cette fille est trop dangereuse pour moi, pour mon avenir.
Arrivée chez moi, j’ai pris contact avec l’université et nous sommes allés, mes parents et moi, chercher mon bulletin. La fierté que je lisais dans leurs yeux devant ma réussite est la récompense à tous les efforts que nous avons consentis pendant l’année. Anne-Line n’est pas apparue lors de la remise des bulletins et c’est tant mieux.
Il faudra que je me mette à la recherche d’un autre appartement pour l’année prochaine. Mais l’idée d’une colocation me rebute un peu. Nous verrons bien, j’ai trois mois pour y penser.
Maintenant, les vacances, la détente, le repos!
À suivre...