Une histoire à découvrir
365 nuits d'adieux (13): Rabattage
Les petits mecs, c'est comme les canards sauvages, ça vit en bande, ce qui facilite la chasse ; il y a toujours du gibier imprévu. Comme ils l'ont raide vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ils sont volontiers à l'affût de la bonne occase, fille ou garçon, peu importe, du moment que c'est du cul garanti, pas compliqué, sans les difficultés et les aléas de la drague. Manuel, le pote de Renaud, avait les cheveux noirs et les pattes qui lui descendaient presque jusqu'aux commissures des lèvres lui donnait un look de rocker démodé que rachetaient de grands yeux azur. Renaud me faisait l'article : son copain avait une queue "super-belle", et du poil jusque sur les épaules. C'était pas la peine, j'étais convaincu d'avance, je trouvais la bête bien taillée, grosses cuisses, cul d'ange, serpent et poignard tatoués sur le bras gauche, marques affirmées d'une virilité vacillante. Manuel m'a mis le marché en main :
— Tu te fais enculer ? Parce que moi, pas question !
J'ai dit oui, je dis toujours oui. Je sais que malgré leurs protestations, on finit toujours par les enfiler à l'usure ou par hasard. Effectivement, à en juger par la bosse de son jeans, Rocky en avait gros entre les jambes et je ne me suis pas fait prier longtemps avant de les emmener chez moi.
Chacun se déshabillait dans son coin. Ah, Manuel c'était quelque chose !
— C'est parce que je fais de la lutte, se plaisait-il à souligner.
Torse long, presque trop, muscles en boule emballés dans des flots de poils noirs, et dans le caleçon blanc, une anguille de vingt centimètres qui pendait, flasque encore, le long de sa cuisse velue. J'y ai collé ma bouche pour prendre la mesure en extension. Il retirait sa queue, me giflait avec, m'appuyait sur la nuque pour que j'accélère. C'était ni un tendre ni un douillet : on pouvait lui mordre et lui pincer le bout de gras. Renaud s'est approché et sa bite a rejoint celle de son copain dans ma gueule. Manuel, dont la queue s'allongeait toujours s'est saisi de la ceinture de son jeans et m'a donné de petits coups de lanière sur le dos. Surpris de son initiative et curieux de voir où ça nous mènerait, j'ai cédé au jeu. Je me suis retourné et j'ai présenté le cul. Il a continué à balancer ses coups, plus fort, visant la raie et l'anus quand je m'écartais les fesses. Dès que la boucle s'est écrasée dessus j'ai dit : "Assez!" et Manuel : "Alors, lequel j'encule ?" Renaud a crié :
— Pas moi, je l'ai jamais fait !
J'ai dit :
— Fais gaffe, tu sais ce qui leur arrive aux menteurs !
Et son pote a compris.
— Alors, tu t'es fait mettre ? C'est pour ça que tu pouvais pas t'entraîner jeudi dernier. Hein salaud ? T'avais trop mal au cul ? Tu fais la meuf avec lui, et moi qui suis ton pote depuis des années, macache... Tu vas me l'donner ton p'tit cul ! et plus vite que ça...
Je l'ai laissé plaquer Renaud sur le lit, un peu inquiet à l'aspect de la tige qui dépassait maintenant les vingt-cinq centimètres. Renaud se débattait :
— Pas toi, Manuel, avec ta pine de taureau, ça va me ressortir par la gorge !
J'ai exhibé le tube de vaseline et j'ai dit :
— Moi d'abord, vous réglerez vos comptes après...
J'ai sucé le trou de Renaud et quand il a été tout luisant de ma salive, j'ai plongé dedans ; à moi aussi l'entrée m'a fait un peu mal. Manuel se vaselinait la queue sur toute la longueur, sa pine graissée collait à mon dos. Renaud se retenait de crier en prévision de ce qui allait venir. J'en avais la souffle coupé, la longue queue m'avait pénétré, d'abord sans douleur mais ça n'en finissait plus de s'insinuer au fond de mes tripes. Je l'ai laissé s'énerver jusqu'à ce qu'il m'en rentre la moitié et je l'ai repoussé en quittant le cul de Renaud, qui attendait sagement à plat ventre l'inéluctable. Manuel s'est enfoncé dans le boyau détendu par mes soins au moment où je remplissais la bouche de sa victime. J'ai su que je ne me retiendrais pas longtemps en voyant ses yeux s'écarquiller sous la surprise. Renaud a avalé le premier jet en s'étouffant et Manuel a profité de sa toux pour glisser tout le sabre au fourreau. Après deux minutes de limage, Manuel s'est lassé, et Renaud, soulagé, a ravalé ses larmes. On avait beau sucer Rocky chacun notre tour, rien à faire pour qu'il crache. Renaud m'a montré la ceinture et fait signe de botter le cul à Manuel pendant qu'il continuait sa pipe.
Je lui ai caressé les côtes avec mon ceinturon, et dès que je suis passé aux fesses, il s'est mis à trembler. Renaud s'est jeté en arrière pour ne pas boire la tasse et le foutre du rocker a giclé sur ma moquette. Après s'être vidé les burettes, ils ont filé sans demander de rab. Fallait qu'ils soient à l'heure pour branler le pion de l'internat.