Une histoire à découvrir
365 nuits d'adieux (14): Les verrous sautent
Le samedi suivant Renaud est venu d'office chercher son quatre heures. Plus besoin d'acheter des clopes pour faire la sortie des lycées ! Il tirait un peu la gueule :
— On dirait que t'es pas heureux de me voir ? J'ai pas que de toi à m'occuper. Y en a des dizaines de petits gars qui font la queue pour me sucer la mienne... (Ne jamais sous-estimer les vertus de l'émulation !)
— Trois jours que j'ai mal au cul, se plaint Renaud. Et puis Manuel qui a repiqué au truc, jeudi et vendredi, deux fois par nuit encore. Je peux plus chier sans me tordre.
— Montre ça au bon docteur.
Il délace son baggy, baisse son slip violet, bande à moitié en se plaçant à plat-ventre sur mes genoux pour me montrer de près le siège du problème. Tout de suite l'odeur de beurre m'agace les narines :
— J'avais rien d'autre sous la main. Il me semblait que ça calmerait l'irritation.
Effectivement, plus rien à voir avec la rosette plissée et étroite piquée de trois poils follets, c'est un anneau qui a servi dans les douze dernières heures, et sans ménagement, aux lèvres chaudes et rebondies après de multiples graissages. Au contact du doigt le muscle s'ouvre spasmodiquement, comme affolé, puis se contracte, pareil à une bouche qui respire. Sa queue cogne contre ma cuisse.
— Il t'a fait sauter le loquet le Manuel, et maintenant ton cul en redemande. C'est trop bon quand c'est dedans. Pousse, fais sortir le muscle, comme si tu allais en chier une grosse. Accepte, c'est pas dans ton cul que ça rentre pas, c'est dans ta tête. Et les filles, qui ont même pas de plaisir par derrière, elles se font enculer sans broncher maintenant. Tu voudrais tout de même pas avoir moins de cran qu'une des gonzesses de ton pote ?
À ces mots le décoincement magique s'opère. Il n'a qu'à m'enjamber pour s'asseoir sur mon gland encapuchonné, et, me tournant le dos, il laisse son poids commander la descente. Mes mains passées sous ses fesses aident à l'empaler en douceur, tandis qu'il décolle les pieds du sol et s'installe confortablement sur moi, son fauteuil. Je ramène mes mains sur ses hanches tout en lui coulant dans l'oreille des mots suaves :
— Là, tout doux, j'aurais toujours une tige bien raide à t'offrir. Tu vois, le mal a disparu maintenant que t'es emmanché. Tu peux serrer les fesses autour de ma bite. C'est ça, dis-lui comme elle est bonne, dis-lui que tu l'aimes.
Il est rodé. Son cul me pompe le nœud. Toute l'après-midi. Parfois, emmanché, il débande, mais même flasque, il jouit, comme en continu. Comme parler de son copain entretient le feu, je demande :
— Dis-donc, comment tu savais que ça allait faire venir Manuel de lui tanner le cul avec sa ceinture ?
— La ceinture, c'est un cadeau que je lui ai fait.
Étendu sur le canapé, à plat ventre, Renaud me rejoue la scène pendant que je lui mets du baume au cul en léchant sa rosette endolorie :
— "On partage la chambre, Manuel et moi à l'internat du sport-étude. Je passe les week-ends chez ma mère, mais Manu ne peut pas rentrer chaque semaine dans sa famille. Un lundi, je retrouve tout en bordel, un souk pas possible, des capotes par terre et des mouchoirs gluant jusque sur mon lit. Apparemment, il avait fait venir des copines. J'ai gueulé un coup, il a rangé sa merde. Il avait encore l’œil allumé quand il m'a demandé si je lui taillerais quand même sa pipe du soir. Avant de te connaître, on se branlait ensemble, pas plus. J'avais une réputation à tenir au bahut. Je lui réponds qu'il en est pas question, que ça lui apprendra à respecter mes affaires quand il grimpe aux rideaux avec ses suceuses. Il a insisté : "T'as qu'à me punir ! Après on sera quitte, et tu pourras me pomper le dard sans arrière-pensée." Je comprenais rien à ce qu'il me racontait."
"Pendant ce temps-là il avait de nouveau balancé son sweat et son pantalon en boule sur mon pieu. En dessous, il avait gardé son maillot de lutte comme sous-vêtement. En chaussettes, il s'est accroupi entre les lits et il a dit : "Une bonne fessée, comme pour les méchants garçons." Ça m'a fait rigoler, même si ça commençait à me plaire qu'il me présente son gros cul moulé par le lycra rouge. J'ai donné quelques tapes sans conviction, pour voir. "En profite pas pour me caresser les fesses. Faut frapper, mec. On fait ça avec l'équipe à l'entraînement quand on travaille la résistance au mal. Et puis ça empêche que le sang monte à la tête."
"Là j'ai compris qu'il était prêt à tous les bobards pour que je lui file une trempe. Alors j'y suis allé de bon cœur, de trop bon cœur même, parce que j'ai rapidement eu mal aux mains. "Je sens rien, qu'il disait, mécontent. Putain, fais un effort, je connais des nanas qui tapent plus fort que ça." Et comme je lui montrais mes paumes rouges, il m'a demandé de prendre une serviette mouillée et de frapper ni sur les cuisses, ni sur dos, juste en pleine lune. Il a relevé les jambes du maillot pour présenter ses fesses poilues et mis une main pour protéger ses couilles. J'ai commencé la tournée et les "Oh ouais !" se sont enchaînés avec les claquements du tissu. Puis tout à coup après quelques gémissements en sourdine, il a dit : "Faut que je me mette à l'air. Je transpire du cul, je vais salir." Il avait une gaule terrible, je l'avais jamais vu comme ça. Moi aussi je commençais à être bien en train."
"Il a mordu dans la paire de chaussette qu'il venait de retirer pour pas faire trop de bruit : les cloisons sont minces. Après une nouvelle volée, un tremblement plus violent l'a secoué et il a largué sa jute sans toucher à sa bite. Maintenant la pipe était superflue : c'était toujours ça de gagné !"
"Depuis, deux fois par semaine, et surtout avant ses rencards avec une meuf, Mister macho se mettait à quatre pattes pour une correction express. C'était un jeu entre nous, chaque fin de semaine je lui ramenais un truc, et son tiroir s'est vite rempli des instruments les plus variés : raquette de ping-pong, de tennis, planchette à découper, tapette à mouches, brosse à cirer, ceinture en cuir. Seulement tout ça on s'en n'est plus servi depuis qu'il m'a enculé et il raconte à qui veut que c'est moi qui ait le feu aux fesses, alors que je l'ai jamais humilié en caftant ses petites manies."
— Ah! (je soupire) Tomber sur un artiste pareil et pas connaître le mode d'emploi. Allez Renaud viens te remettre à califourchon sur ma trique.
À peine l'esquisse d'une grimace et le rôti est au four. Renaud s'assoit en maugréant :
— Je sais pas comment je vais me tirer de ce foutoir, vous prenez tous de sales habitudes.