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Une histoire à découvrir

Avec un gode fiché dans le cul

Le seul problème avec la drague au minitel, c’est que ce n’est pas un visiophone. On ne sait pas du tout qui va débarquer chez vous. On ne sait pas si le mec à qui on a donné rendez-vous a été sincère, ou s’il a dix ans, une bedaine et une troisième couille en plus. Mais s’il n'y avait pas le frisson de la découverte, où serait le plaisir?

On a dialogué pendant dix minutes. Moi c’était "Adjudant”, parce que j’aime bien baiser en treillis et rangers, lui c’était “Mot-Hard”, ce qui m’a semblé suffisamment explicite pour me le brancher! Trente-cinq ans, cheveux courts, cuir, bien foutu, Honda 1100, tout pour me plaire. Et j’ai attendu, planqué derrière ma fenêtre au troisième, à guetter le zygoto. Putain, si c’est un gravos, je réponds pas à l’interphone! Plutôt jouer les salauds que de lui faire comprendre qu’il est pas mon genre. Tout est prêt: capotes, lubrifiant, accessoires divers et variés. Et j’ai enfilé mes treillis et mes rangeos. Une vraie pucelle le jour de son mariage!

Une moto s’est garée sur le trottoir d’en face. Un gros cube qui peut être une Honda, j’y connais que dalle. Mais ça ne peut être que lui. Il prend son temps, le con! Et sans retirer son casque intégral. Le corps et la tenue, ça me semble plutôt correct: épaules larges, combinaison en cuir moulante, bottes de trial. Mais la tronche, putain à quoi il ressemble? Je trépigne derrière ma vitre. Si ça se trouve, il a la gueule à Boris Karloff ou à Godzilla, allez savoir! Il a sorti un paquet d'une sacoche, il a verrouillé la bécane et s’est dirigé vers l'entrée de mon immeuble. Sans retirer le casque.

Sonnerie. Une belle voix de mâle. Et le coeur qui cogne. Au fait, est-ce que je vais lui plaire, moi? Sonnette de la porte. Un dernier coup d’oeil dans le miroir me renvoie l’image d'une lavandière qui partirait dans les tranchées. J’ouvre. Et c’est l’heureuse surprise: putain qu'il est beau, le même regard que Gregory Peck dans “La maison du Docteur Edwardes”. Du coup, j’ai l’impression d’être un crapaud! Il me demande: “Ça va, j’te plais?” Tétanisé comme je le suis, avec la braguette qui gonfle, c'est plutôt une question superflue. À peine entré, il lâche son casque et le sac qu’il tenait à la main, pour me plaquer contre le mur et me rouler une gamelle maison. “Je sens qu'on va s’entendre tous les deux!” me sussure-t-il à l’oreille.

Et de fait, on s’est bien entendus. Même mieux que ça. Dans son sac? Des godes, des cordes, des cagoules en cuir! On s’est roulés des patins baveux plein de salive en se malaxant les langues. On s’est dévoré les gourdins; putain, la matraque qu’il avait entre les cuisses! Pas trop longue, mais bien large, avec un gros gland cramoisi. Et le fumet! Miam miam! Je m'en suis avalé jusqu’après la glotte de son mandrin, le salaud. On s’est doigté le cul avant de s’enfiler chacun dans le cul un gros gode en latex gluant de lubrifiant. Il a pas arrêté de gémir et de sortir des conneries pour s’exciter encore plus. À un moment, il s’est retrouvé attaché les mains dans le dos au radiateur, avec une cagoule en cuir hermétique, les oeillères fermées, et un gode fiché dans le trou de balles, pendant que je lui travaillait les couilles sans tendresse particulière... À un autre, c’est moi qui me suis retrouvé allongé par terre, entièrement emberlificoté de liens avec la même cagoule me rendant aveugle, avec lui me marchant dessus avec ses bottes de trial. Si c’était bon? J’en ai redemandé! À force de se goder mutuellement, on avait le cul en feu. Et plus on avait le cul en feu, et plus on se godait vite et à fond. Ça faisait des floc-floc jouissifs parce que répugnants. Et pendant ce temps-là, on se suçait mutuellement la tige dans un même mouvement de va-et-vient. Et vas-y que je te rentre le manche à fond, dans le cul et dans la gueule, et vas-y que je te le ressorte en aspirant ou en serrant les miches, avant de rentrer encore plus à fond.

Je l’ai entendu soudain hululer d’une voix rauque: “Ça vient, putain, je jouis, je jouiiiiis!! Crache ta purée!” J’ai vu le foutre gicler à cinq reprises et me larder la tronche. J’en ai eu partout, dans les yeux, dans les cheveux. Moi aussi, le jus a monté comme de la lave. J’ai fixé le gode qui lui élargissait la pastille, comme un damné. Et je lui ai largué la sauce en hurlant de bonheur, sur les poils de la poitrine, sur le cuir, sur la moquette. Un super-pied de bordel de merde de nom de dieu, ce qu’on a pu jouir!

Il m’a laissé son téléphone. Deux jours après, je l’appelais. Une voix de conne enregistrée sur un disque m'a averti que ce numéro n’était plus en service. Je ne l’ai jamais revu, mon beau motard avec le même regard que Gregory Peck...