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365 nuits d'adieux (25): L'enculeur du permissionnaire

Le lendemain de notre nuit de baise, pour passer le temps plus agréablement qu'en jouant au portrait chinois, le soldat m'a raconté ses démélés avec le sous-bite qui était son niqueur régulier :

Quand je suis arrivé à l'armée, j'ai tout de suite eu des problèmes. Le lendemain de mon incorpo, je me suis fait coincer dans les toilettes par un grand blond. J'étais puceau, j'ai cogné. Pas de cul, c'était un élève-officier ! Quand j'ai parlé de me plaindre à la hiérarchie, il m'a rendu mes coups de poings en me traitant de lopette. Après un séjour à l'hosto, on m'a même changé de compagnie. J'ai débarqué dans la nouvelle chambrée, mon sac sur l'épaule ; les mecs, des engagés, avaient tous des gueules de brutes. C'étaient tous des gros bras endurcis, des inconditionnels de la baston et de la canette de bière. Le responsable m'a salué avec un "Tiens, v'là le nouveau ramasse-merde !" Je me suis appuyé illico le nettoyage des dessus d'armoires et la corvée de chiottes. J'étais crevé, je me suis pieuté. En plein milieu de la nuit je suis réveillé en sursaut ; trois mecs m'avaient saisi à bras-le-corps, bâillonné, ligoté sur une chaise. Ils discutaient posément des modalités du bizutage :

— Si on lui faisait boire un verre de pisse ?

— Il va gerber...

— On lui chauffe le dos au ceinturon ?

— Pas de traces trop visibles !

— On l'encule ?

— On va pas se salir la bite...

Pourquoi, mais pourquoi est-ce que j'ai bandé ? Pourtant j'étais sûr que ma dernière heure était arrivée. Il paraît que les pendus triquent aussi quand on leur serre le cou. Bien sûr, ça n'a fait qu'enflammer leur imagination. Je crois qu'ils étaient surtout jaloux de constater que j'étais trois fois mieux monté que le mieux bâti de leur unité. Un premier m'a mis un doigt au cul, le pouce probablement à en juger par la brûlure soudaine, amis j'avais à peine pris conscience de la douleur qu'un autre, plus finaud, suggérait de me défoncer avec un manche à balai enduit de dentifrice.

Deux mecs m'ont écarté les fesses pour que je puisse pas serrer et le bout de bois s'est incrusté dans mon cul dans un déchirement insoutenable. Je chialais, j'allais tourner de l'œil. Ça ne les amusait déjà plus de regarder le balai calé sur le carreau me tirailler l'intestin. Je me suis dit qu'ils m'avaient perforé, que j'allais y passer. En poussant de toutes mes forces, je suis arrivé à chier le bout de bois.

— On va pas le laisser dans cet état, une grosse guiche comme ça, ça mérite une branlette à la paille de fer.

Un sadique m'a attrapé la queue avec un tampon à récurer et a commencé à me faire reluire. J'avais la pine rouge écrevisse, ça m'arrachait la peau. Ils ont trouvé marrant de me nettoyer au whisky. Je souffrais comme un damné, comme si des dizaines de guêpes me ponctionnaient la queue, j'arrivais ni à débander, ni à jouir. Après ils ont suspendu la chaise à l'horizontale entre deux lits. On m'a attaché les lacets de mes patos autour des bourses en menaçant :

— Tu dois savoir dans ta cambrousse comment on castre les étalons ? On leur enroule une corde autour du paquet jusqu'à ce que ça se dessèche.

Ils donnaient des coups de pieds dans la paire de grolles qui m'arrachait les couilles. Ils m'ont assis au milieu de la piaule et ont attendu que le chef de section, rameuté par le ramdam, déboule dans la turne. J'avais vraiment pas de bol, c'était le blond qui avait voulu me sauter un mois plus tôt dans les chiottes.

— Qui a foutu ce brin, nom de Dieu ! Tiens, tiens... Mais on se connait, l'enfoiré ?

Ses yeux se sont posés sur ma bite, il s'est étranglé et à changé de ton :

— Faber, un rapport là-dessus, et lui, dans mon bureau demain matin. Je suis pas là pour couvrir vos conneries !

Quand je me suis retrouvé en tête-à-tête avec le sous-off et qu'il a fallu donner ma version des faits, j'ai plus su quoi dire, la peur, la honte aussi... Il s'est approché, mielleux :

— Ils seront punis, et je veux bien t'arranger le coup ; on a besoin d'un gars pour classer des paperasses et faire le chauffeur. Mais ça dépend de toi, tu préfères peut-être rester avec eux et leur ramasser la savonnette aux douches ?

Et ses mains me caressaient les hanches. Après ce que j'avais subi, je me suis dit que ça pouvait pas être pire. Dans le réduit attenant il y avait un lit d'ordonnance avec ses couvertures en batterie :

— Allonge-toi, déculotte-toi : ça suffit... pas plus... remonte ton treillis sur tes cuisses, je veux pas voir tes burnes.

J'ai obéi. Je crois qu'au fond j'avais envie de lui et son désir visible me consolait un peu. Il a longtemps manié mon cul endolori avant de me cracher au trou. À genoux dans mon dos, il a rentré et ressorti plusieurs fois le bout de son gland, en douceur. Je me détendais, un mauvais moment à passer, je mordais le matelas pour pas faire trop de bruit. Il s'est enfoncé comme un pro. En fait c'était très supportable. En sentant sa chaleur m'irradier le cul, j'ai triqué.

Sa queue, pas plus grosse mais bien plus souple que le manche du balai allait et venait sans me faire mal. Au bout d'un temps j'ai tendu le cul involontairement et, pour la première fois de ma vie, j'ai pris mon pied à me faire passer dessus. Après, j'ai dû nettoyer le matelas taché... Tu vois, dans la vie, j'ai pas de cul, ou plutôt j'en ai un que pour qu'on me le casse. C'est vrai, merde, servi comme je suis, avec un bras d'enfant, je devrais pouvoir m'imposer. Eh ben non, le poulpe que j'ai entre les jambes, c'est mon drame, ça m'a jamais attiré que des emmerdes. Dès que je suis a poil les mecs ont envie de me traiter en pute, et je finis toujours en esclave consentant. Dès qu'ils parlent de me mettre, je tremble comme Bernadette en extase, je pense plus qu'à me faire bourrer et rougir le cul.

Parce que ce salopard de sous-off, il y avait peut-être été tout doux la première niquée, mais il a vite compris comment je fonctionnais et qu'il pouvait pousser le bouchon. Dès qu'il a une pause dans la journée, hop, en pleine nature comme dans le placard, il me force à lui tailler sa pipe pendant qu'il me claque la gueule. Quand il m'encule il y va de sa fessée à pleine paume : je voudrais résister mais ça me fait bander. Il aime se trimballer avec moi devant les gars ; il me fait porter des pantalons étroits pour repérer ceux qui s'intéressent visiblement à ma pieuvre. C'est pas pour autant que je suis exempté de corvée. Chaque fois que c'est mon tour de faire les chiottes je sais que je vais y avoir droit et que j'ai intérêt à m'habiller léger. Il dit "continue à passer la serpillère" en me tripotant le cul, sort sa bite et ses couilles, baisse mon fute de survêt et me prend à sec pendant que je nettoie la cuvette.

— Ça te dilate bien l'anus, ça te déchire ?

— Oui.

— Oui qui ?

— Oui mon lieutenant.

— T'as envie d'être fourré comme une truie ?

— Oui.

— Oui quoi?

— Oui, j'ai envie d'être fourré comme une truie, mon lieutenant.

Autant pour mon plaisir que pour le lui raconter et le rendre dingue, je me fais tous les mecs qui rôdent autour de la gare après le dernier train en quête de piou-pious égarés. Mais c'est comme toi, pas question de les enculer ; ils ont trop peur de rester disloqués après mon passage.

Son histoire me rendait fou, je savais plus ce que je faisais de mon volant. Il était mytho, ou il en rajoutait pour m'exciter. Mais, de Dieu ! ça marchait à fond, j'avais la queue en l'air depuis un bout de temps. Comme il restait du chemin à faire, j'y suis allé de mon anecdote.