Une histoire à découvrir
365 nuits d'adieux (27): L'infirmerie militaire
Pendant mon récit, le permissionnaire a extirpé sa queue du treillis. Elle est tellement longue qu'elle ne bande qu'à demi quand il se masturbe. Il crache dans ses mains, et, se branlant de plus belle, fait écho à ma confession médicale :
— Mon concurrent de la chambrée voisine, la plus grosse bite du régiment, s'est maqué avec le médecin recruteur. On fait centre incorpo aussi à la caserne. Son enculeur, l'étudiant en médecine, ne quitte jamais son fauteuil ; alors, c'est le seconde pompe qui décalotte les mecs, regarde si tout est normal. Tous les jours, il voit défiler des kilomètres de bite, ce salaud ! Quand ils tombent sur un innocent, tu penses si ça y va :
— Vous n'avez pas de relations sexuelles mais vous avez des érections tout de même ? Montrez ! Branle-toi quoi... Pour les maladies génétiques on fait des analyses de sperme...
Et si le mec s'est pas bien égoutté sur le bocal :
— Oh ! on dirait qu'il y a un écoulement. Faut prélever.
Et vas-y que je te lui mets un coton-tige dans le méat, bien profond pour s'amuser des tressautements du bonhomme :
— Ça te serait certainement moins désagréable si tu bandais un peu.
Ou encore :
— Les analyses d'urine révèlent un taux de sucre inquiétant. Ça sent le trafiqué. On va te poser une sonde pour être sûr...
C'est devenu le champion du toucher rectal, ses doigts sentent toujours le chaud.
— Vous avez des hémorroïdes, faut traiter ça. Je suis désolé mais je dois regarder si c'est pareil à l'intérieur. Un peu de discrétion, soldat, c'est jamais qu'un doigt dans le cul ! Qu'est-ce que ça va être quand je vais vous introduire l'endoscope !
L'innocence, ça a parfois du bon. Tiens, avant que je sois transféré à l'hosto, après m'être fait piler par le sous-bite, on m'avait envoyé à l'infirmerie du camp pour me plâtrer une méchante entorse qui les inquiétait plus que mes bleus sur la gueule et mes côtes fêlées. La salle où j'avais échoué était presque vide : sur douze lits, il n'y en avait que deux d'occupés, le mien compris. L'autre mec avait le poignet cassé et la main dans le plâtre...
Le soir venu, après la croûte (c'était un peu meilleur que l'ordinaire), je lui demande ce qu'il lit avec tant d'intérêt :
— Un bouquin de cul. Les copains m'apportent plus que ça maintenant que je peux plus me servir de mes paluches. Tiens, écoute (il lit) : "Chrystelle n'eut bientôt plus la force de se débattre. Elle sentit l'énorme gland écarter les lèvres de sa chatte et sa curiosité prit le dessus sur le dégoût et l'envie de mordre."
Ça faisait béquille sous le drap, il bandait comme un âne.
— Tu vois, c'est infernal, depuis une semaine. Tu veux pas être sympa ?
— Ça veut dire quoi, être sympa ?
— Me tailler une queue par exemple.
— Fais gaffe, Dugland, je suis pas une fiotte (j'étais pas sûr à l'époque, c'est pour ça justement que j'étais là)... Et ton autre main ?
À l'autre main, il s'était retourné deux doigts, ce con ! Les grosses attelles enrobées de gaze lui faisaient des poupées blanches.
— Je te filerai cent balles et mes clopes.
J'ai dit: "Tope-là !" quoiqu'il puisse pas toper. Je me suis traîné en boitant jusqu'à son lit. Il m'a montré la pochette de mouchoirs en papier des fois que j'aie peur de me salir les mains. J'ai soulevé le drap. Une grosse torpille à pompon rouge a jailli de la braguette de son pyjama, elle frétillait toute seule, déjà décalottée, violette comme une prune. J'ai pris un mouchoir en papier pour l'empoigner. Elle était si épaisse que je pouvais à peine fermer le poing autour. Il a émis une série de soupirs rauques et profonds ; je ne comprenais pas comment mes gestes timides pouvaient provoquer une telle émotion. L'abstinence sans doute... et vrai ! Je ne l'astiquais pas depuis trente secondes qu'il a éjaculé sans prévenir le demi-litre de foutre qu'il retenait depuis huit jours. Le premier jet, lancé comme un missile, s'est écrasé sur le col de ma veste de pyjama. Il a fallu aussi que je nettoie les dégâts sur son lit et que je lui torche le nœud en pressant sur le canal pour faire sortir les dernières gouttes. À mesure que sa bite mollissait, la mienne redressait le nez et j'ai eu toutes les peines du monde à le lui cacher en clopinant jusqu'à mon pieu... Dans cet état d'excitation, j'ai eu un peu de mal à trouver le sommeil :
— Tu dors ? Hé, tu dors ?
À force d'insister, il a fini par se réveiller.
— Ouais, qu'est-ce tu veux ?
— Je peux pas dormir.
La nuit était claire : en plus des veilleuses violettes, la lune dessinait un rectangle jaune sur le lino. Il était debout au milieu, le Jean-Bart droit comme un os, me souriant en manière d'excuse.
— Encore ! Tu me fileras un autre paquet de clopes, OK ?
— Ça marche.
Ce coup-là, j'ai pas eu à me lever, sa queue était juste à hauteur de mon matelas. Je l'ai empoignée. Ses petits gémissements et ma respiration haletante dans le silence de l'infirmerie m'ont mis la tête en feu, et pas que la tête. Il a repéré que mon drap se soulevait.
— Je peux être gentil aussi avec toi.
— Eh là ! Moi je peux faire ça tout seul. T'as retrouvé l'usage de tes dix doigts ?
— Y'a pas que les doigts...
— Tu vas tout de même pas ?
Mais déjà sa tête repoussait ma couverture et une bouche chaude collée à mon entrejambe m'avait happée d'un coup jusqu'au couilles. Il avait du mérite et la gorge profonde. C'était dix fois mieux que toutes les godiches de ma cambrousse qui faisaient les dégoûtées et m'agaçaient le champignon comme si c'était un bonbon à la menthe. Mon gland qui butait contre son palais, les bruits de succion quand il creusait les joues, sa langue qui s'enroulait en me titillant le frein, me faisaient crisper les jambes ; j'en avais de nouveau mal à la cheville. Je m'agrippais de toutes mes forces au sommier de fer pour m'empêcher d'appuyer sur sa nuque rasée. Comme s'il l'avait compris, son rythme s'est accéléré et la salive est devenue plus abondante. Je me retenais pour pas gueuler ma joie. Il m'a amené au bord de l'orgasme et s'est relevé, toujours souriant :
— Tu me finis avant que je te fasse cracher ?
Il appuyait sa queue contre mon oreiller, un peu haut pour mes mains. J'ai hésité, reniflé, donné un coup de langue timide. Il s'est poussé dans ma bouche. J'ai serré les dents, ça ne l'a pas empêché de s'enfoncer encore. Ça ne sentait pas mauvais, c'était chaud, mieux qu'un sein à téter. J'essayais de faire comme lui, je l'écorchais dans ma maladresse. Au bout d'un moment, j'ai eu peur qu'il jouisse sans s'annoncer et je l'ai repris en main. J'avais toujours la queue raide. Il s'est remis à me pomper à bride abattue. J'ai senti le jus monter du plus profond de mes burnes.
— Je vais jouir, retire-toi.
Mais au contraire il m'a aspiré jusqu'à la racine. J'ai tenté de me débattre un peu mais je lui ai éclaté dans la gorge et il a continué à pomper toute la moelle. J'avais mal au pied et à la queue mais je n'en revenais pas de le voir bouffer mon foutre. Sa pomme d'Adam remontait à chaque lampée. Il n'a pas quitté mon paf jusqu'à ce que je débande. Je ne savais plus quoi dire. Le temps que j'y réfléchisse, il ronflait comme un moulin à café.
— Justement, tiens, je te paye un café au prochain restoroute. Rhabille-toi.
La véritable aire de détente, c'est les chiottes de la station-service. Quand le soldat entre, sa tenue kaki chasse les plus flippés, tandis que deux conducteurs pleins d'espoir lui emboîtent le pas. Je rengaine le matos, je le laisse profiter pleinement de son effet. Il me rejoint dix minutes plus tard devant les distributeurs automatiques. Accoudé à la table haute, il raconte en sourdine :
— Ça y va les yeux baladeurs! Je me suis fait draguer, dis donc. Le gars, vingt ans, me montrait carrément sa bite, et visiblement il avait pas envie de pisser. Je l'ai laissé admirer un moment mon égouttage, le temps qu'il revienne de sa surprise. Après, je vais me laver les mains. Il se colle au lavabo d'à côté, et, sans se préoccuper du défilé des pisseurs, pose ses couilles et sa queue sur le rebord en porcelaine pour se la laver sous le robinet. Forcément, je louche vers le truc. "On est quasi frères d'armes," qu'il fait pour engager la conversation. Je suis aviateur, je remonte vers ma base à Dijon. Je cherche un stop..." Il avait l'air déçu quand je lui ai dit que j'étais accompagné et que j'avais pas de caisse.
Les mecs et leurs femmes matent en passant le cul proéminent du conscrit. Il faut que je le remette vite au chaud avant qu'on me le pique. On remonte dans la voiture et on s'achemine vers la sortie :
— Tiens, c'est lui le volant, sur le bas-côté, avec sa pancarte Dijon et son jeans du dimanche.
— Il l'a mis au chausse-pied son fute.
— Putain, j'te jure, Il en a une sacrément grosse aussi.
— Tu veux qu'on le prenne ?
— Si seulement je pouvais le prendre, répond le soldat rêveur.
Le gars se confond en remerciements en installant son sac sur la banquette arrière. Ça devient un vrai transport de troupe, mon véhicule. L'émotion me retend douloureusement le nœud. Tout à coup dans un blanc de la conversation, le nouveau avoue, comme s'il se parlait à lui-même :
— Je croyais qu'en mettant ce pantalon-là ça faciliterait le contact, mais ça me scie les burnes, j'en ai mal aux glawis !
— Mets-toi à l'aise, dit l'artilleur.
— Il fait chaud, le pantalon est pas des plus nécessaires, mais tu peux peut-être passer ta vareuse que ça me fasse une belle image dans le rétro.
Avec difficulté, il se déchausse de son jeans. L'éclair blanc de son slip lourdement chargé me tire l’œil. Il fouille son sac, sort son calot et son blouson, qu'il enfile. Il se masse les couilles avec une grimace.
— T'as qu'à laisser pendre si t'as mal. Mon pote est cool, il fera pas d'histoire, le rassure le soldat.
— Malheureusement, j'ai pas mal qu'aux couilles, fait l'aviateur. Après la nuit que j'ai passée, c'est réconfortant de tomber sur des mecs compréhensifs. Je vous jure, je l'ai payé le voyage ! Quand on part en perm sans ordre de mission, les économies de transport, on les sent passer...