Une histoire à découvrir
365 nuits d'adieux (28): Un routier pas sympa
Je stoppais depuis midi au bord de l'autoroute à la sortie d'Orange, torse nu sous la grosse chaleur. Après quatre heures d'attente, un camion s'arrête à ma hauteur. J'étais trop pressé pour faire le dîfficile, et puis la nuit allait bientôt tomber. Au volant, une barraque, les bacchantes qui lui tombent sur le menton, demi-chauve, les bras tatoués, épais comme des troncs d'arbre, chemise hawaïenne ouverte sur une végétation tropicale qui lui dévore le cou. On discute agréablement un moment ; tout à coup la conversation dérive.
— C'qu'y a de dur dans c'métier, c'est les gonzesses. Ceinture tant qu'on est sur la route ! Ça doit être pareil pour toi à l'armée. (Regard lourd, inquisiteur, je me sens déjà mal) Tu veux voir ? J'ai plein de bouquins de cul.
J'ose pas trop refuser, on ne sait jamais comment ça va être pris. Il me colle sous le nez une revue que je feuillète vaguement.
— T'as pas vu la nana au milieu ? Comme elle s'ouvre la chatte, cette salope ? Bordel, c'que j'ai envie de tirer !
J'ai pas trouvé la réponse appropriée ; le ton est devenu menaçant :
— Il a pas l'air de t'exciter des masses mon canard ?
Lui, au contraire, rien que d'en parler, son short de foot doublait de volume :
— Tu préfères peut-être ça? qu'il dit en se serrant le barreau. Tu vas pas me refuser une petite douceur. J'adore ça, me faire pomper le dard en conduisant.
Il a écarté la satinette jaune et j'ai aperçu la boule ronde de ses burnes moulées dans un slip blanc crade aux coutures déformées. J'espérais encore qu'il me conduirait où je voulais. Et des turlutes, j'en avais fait d'autres... Je me suis penché sans discuter. Il puait le gas-oil. J'ai extirpé du bout des doigts son paf décalotté, en forme de bouchon de champagne, court mais avec un gland énorme, rouge et frangé de fromage. J'ai essuyé de la main.
— Fais pas de chichis, allez, suce petit...
J'ai gobé le truc avec difficulté, mes dents l'ont écorché, il a dit : "Fais gaffe, p'tit con !" en me l'enfonçant jusqu'à la glotte, si profond que j'ai failli gerber. Il a relâché la pression et j'ai agité la langue. Je lui ai fait une sucette à toute blinde pour qu'on en termine vite. Il avait l'air ravi, et pas pressé que ça s'arrête. Sa queue durcissait encore. J'avais le nez dans ses poils, je suffoquais dans l'odeur de sueur et d'essence. Le camion a ralenti ; en me relevant j'ai constaté qu'on était sur une aire de parking. Il souriait :
— On va pas en rester là, t'as un trop bon coup de langue.
Il a verrouillé les portes, fermé les poings. J'ai dit :
— OK, pas besoin de s'énerver.
Il a ouvert le rideau de la couchette avant d'enlever sa chemise. Des touffes de poils lui envahissaient le dos. Son ventre s'épanouissait en bourrelets. Il avait des boules comme des balles, de tennis. J'ai jugé plus prudent de me déshabiller moi-même, si je tenais à conserver des fringues en bon état. Ma petite queue flasque l'a fait rire. J'avais beau m'astiquer, impossible de triquer.
— Alors, tu te retournes ?
Il m'a serré les côtes à m'étouffer, foutu une claque au cul. J'ai crié :
— Non, pas à sec, pas à sec !
C'était trop tard, son énorme gland s'était calé dans le conduit, et comme j'étais crispé, j'avais mal à chialer. En s'accrochant à mes épaules pour me défoncer complètement, il a dit :
— Tout à l'heure, tu pleureras de bonheur, bébé, et tu me remercieras.
Dès qu'il a bougé, j'ai su que le plus dur était encore à venir. J'avais l'impression d'avoir une tête de môme coincée dans le fondement, qui n'en finissait pas d'enfler. Il a limé cinq bonnes minutes, et au moment où je commençais à me détendre, il est ressorti.
— Tu m'as sali, Ducon. Allez, nettoie... Non, pas avec les mains.
Là, je lui ai vraiment gerbé sur la queue et j'ai récolté trois grandes baffes dans la gueule qui m'ont complètement estourbi, le temps qu'il m'attache poignets, chevilles, et me passe la corde au cou. Lui aussi il avait fait l'armée, il savait comment immobiliser un bonhomme. Je pouvais plus faire le moindre mouvement sans m'étrangler. Il en a profité pour me replanter direct son poireau en pistonnant comme un dingue. Ses grosses couilles ne battaient le cul. À la fin, l'étranglement m'a fait bander pendant qu'il se vidait dans mes tripes.
— Je te préviens, si tu chies mon foutre, c'est mon poing que tu te prends.
Il a fait des appels de phares vers la route. Un autre camion s'est rangé à côté. Il a baissé la vitre.
— Salut collègue. J'ai un colis dans ma couchette qui s'en ferait bien remettre un coup entre les baguettes. C'est pas une fille mais ça s'utilise pareil, et je l'ai déjà graissé avec ma sauce.
Y en a trois comme ça qui me sont passés dessus, tous plus gros et moches les uns que les autres. J'ai presque pas senti le deuxième tellement il m'avait élargi. Ça l'excitait de voir les autres se servir de moi comme sac à foutre et après chaque enculade il m'en remettait un coup pour me rappeler que j'étais vernis de tomber que sur des petits calibres, et profiter du floc-floc de son piston dans le foutre des collègues.
Vers le milieu de la nuit il en a eu marre, m'a détaché, m'a jeté du camion avec mes fringues roulées en boule. Debout sur le marchepied, il a pissé dans ma direction. À cette heure-là, et avec l'odeur, j'avais aucune chance de retrouver un stop. J'ai marché, péniblement, jusqu'à la station-service pour me laver et avaler un café. J'ai zoné là toute la journée jusqu'à ce que vous vous arrêtiez.