Une histoire à découvrir
365 nuits d'adieux (29): Allégorie patriotique
— Si t'as encore mal au derche, t'es p't'être pas des mieux tombés avec nous, insinue le soldat.
— Rien que les vibrations du moteur ça me remonte douloureusement à l'intérieur, j'ai l'impression d'avoir un radiateur entre les miches.
— C'est la chaleur qui te donne une petite émotion ? Ben rassure-toi, nous c'est pareil.
Je fais un écart quand l'aviateur tombe le slip :
— Merde, qu'est-ce que vous bouffez les jeunes pour avoir des queues pareilles. C'est le veau aux hormones ou quoi ?
— Stoppe voir dix secondes sur la bande d'arrêt d'urgence, je crois que je vais monter à l'arrière, fait l'artilleur.
Les mains de l'aviateur tremblent en défaisant la braguette. Le soldat tripote le blouson, les insignes, les petites ailes et le pin's de la préparation para. L'aviateur fouille l'entrejambe du troufion; sa bouche le happe. J'entends les bruits de déglutition. Le soldat, tête rejetée en arrière joue avec le calot, caresse les cheveux de son suceur. Moi, j'ai ramassé son slip et je hume l'odeur de transpiration et de pisse en conduisant d'une main. Entre deux goulées, le nouveau s'étonne :
— Bordel, j'ai jamais vu un calibre pareil. Et dire que je me croyais bien monté ! Si j'avais de la crème, comment je me la prendrais dans le cul.
— Non, vrai ? fait le soldat incrédule.
— Vous avez de la chance, j'ai encore de la graisse à traire (la crème à bronzer à la mode à l'époque) dans la boîte à gants...
À quatre pattes sur la banquette arrière, l'aviateur, reins creusés se laisse tartiner la pastille. Il dit que c'est frais, que ça fait du bien. Les doigts graissés du soldat le fouillent et les souvenirs brûlants de la nuit le font tortiller du cul.
— Vous pouvez salir, les mecs, c'est du skaï..
L'aviateur enduit lui-même avec respect la tête de la pieuvre pour prendre visuellement la mesure du bélier. Je le surprends dans le rétro à se lécher les babines et je me dis : pourvu qu'il ait pas les yeux plus grands que le ventre. À quatre pattes, en équilibre sur les avant-bras, il prend la position soumise d'ouverture maximale. Le troufion trique enfin à plein, bien plus raide et gros que quand je l'enculais. Je plains le mec qui ne se doute qu'à moitié de ce qui l'attend. Tirant sur la peau de sa hampe pour présenter le bout décalotté, le soldat en bon soudard donne un coup de reins et se cale avec adresse dans l'ouverture. Le cri du volontaire est aussi déchirant que la sensation doit être vive.
— Tu vois bien que ça rentrera pas, tu te contractes déjà... se désole la partie active.
— Patience ! Dans l'armée de l'air, même les rampants ont l'habitude du manche... Travaille autour avec tes doigts.
Second hurlement, mais pas de rejet, l'aviateur se laisse empafer :
— Oh, t'as pris le gland, mais qu'est-ce que t'es étroit, tu me squeezes la bite, faut que je me pousse, commente le soldat qui manque d'habitude dans cet exercice.
Couvert aussi par le bruit du moteur, l'aviateur gueule sans retenue l'intensité de son calvaire. Je l'encourage :
— Allez, tu l'auras ta récompense !
Il chante :
— La vache, oh la vache ! c'est pas une bite c'est une barre de fer. Rassure-moi, t'as tout mis ?
D'un mouvement de bassin le soldat lui enfonce le dernier tiers. La tête calottée de l'aviateur cogne contre la vitre de la portière. Il reste estourbi par le choc : le soldat en profite pour tenter de limer mais la souffrance ramène son partenaire à la pleine conscience dans des protestations véhémentes :
— Stop, par pitié, bouge plus. Attends, je vais m'assoir sur toi ; en contrôlant un peu, ça sera moins pénible.
Le soldat se retire. Toujours au garde-à-vous, il attend que son coéquipier, s'ouvrant le cul, descende gentiment sur le bâton. Dès qu'il est en position je donne quelques coups de freins intempestifs et l'aviateur s'empale malgré lui sur le tronc rigide. Le voilà assis sur les genoux du soldat, cuisse contre cuisse, une belle image allégorique dans mon rétro, l'armée de terre enculant l'armée de l'air. L'aviateur penché en avant pour permettre la navette a posé sa joue contre mon appui-tête et me souffle directement dans l'oreille ses soupirs désespérés.
Tout-à-coup une sirène attire mon attention. Je vois un motard dans mon rétro extérieur. Il me fait signe de me ranger. Je remonte ma braguette, non sans me coincer la peau du zob dans la fermeture. Les deux militaires à l'arrière, toujours assis l'un sur l'autre n'ont que le temps de couvrir leurs jambes nues avec une couverture et des paquets de vêtements.