Une histoire à découvrir
365 nuits d'adieux (30): Un motard conciliant
— Voilà vingt minutes que vous zigzaguez dangereusement.
— Je suis à jeun, je vous jure.
— Faudrait voir à contrôler votre véhicule...
— Soyez sympa, on est de la famille ; on remonte de perm, ça fait des économies de train quand on n'a pas de feuille de route, dit Topgun au Chip.
Derrière ses lunettes de soleil, le motard a l'air plus amusé qu'hostile. Il demande quand même à vérifier les papiers. Pendant qu'il fait le tour de la voiture, l'aviateur desselle. Le gendarme ouvre la portière arrière, jette un œil aux cartes du S.N. que lui tendent les militaires, et, de sa main gantée, soulève la couverture et les vêtements :
— J'ai bien peur de devoir vous fouiller, mais pas ici, on est trop en vue. Vous allez me suivre, on va sortir par une aire de service.
À peine deux kilomètres plus loin, le motard ouvre une porte grillagée et je m'engage dans le chemin de terre qui s'enfonce dans un petit bois. Il me fait descendre :
— Les deux culs-nu aussi, dehors... Maintenant c'est à vous de voir. Ou je vous coince pour exhib et infraction, ça vous retardera suffisamment pour que vous soyez de la baise à la prochaine perm, ou vous continuez ce que vous étiez en train de faire et on n'en parle plus... C'est pas souvent que j'ai l'occasion de rigoler.
On tend la couverture dans le chemin sous la lumière des projecteurs de la voiture. Assis sur sa moto à l'arrêt, le gendarme n'a quitté ni ses lunettes, ni son casque. Il regarde avec intérêt les troufions se mettre en condition, le nouveau graissage nécessaire, le positionnement du niqueur à genoux derrière son ouvrage, l'aviateur qui tente de se motiver de la main, gêné par le sourire du mateur.
Pour pas rester inactif, je suis tombé moi aussi à genoux et je lèche la botte du voyeur, tentant de balader mes mains sur le tissu élastique de son jodhpurs-fuseau. La pieuvre est rentrée dans son sac et le motard se lève pour observer de plus près le déroulement de la sodomie.
— Faut avoir vu un truc pareil une fois dans sa vie, siffle-t-il entre ses dents.
Il me laisse mordre sa queue à travers le tissu mais repousse toutes mes tentatives de la mettre à l'air. Sans doute qu'elle est trop petite pour supporter la comparaison avec ce qu'il a sous les yeux. Du bout de la botte gauche, il agace la bite de l'empafé. Dans le dos du trio, queue dressée, je fais signe au motard que quelques coups de pompe au cul seraient bien accueillis par le sauteur. Il lui tapote les couilles puis lui balance le plat de son pied dans les fesses. Le couple à genoux semble se répondre en chœur, poussant l'un après l'autre les exclamations variées que déterminent les coups de botte et de bite. Je murmure au motard :
— Ouais, casse-lui le cul aussi.
Avant que les milis aient fini d'en découdre, une tache humide s'élargit et fait foncer la braguette du gendarme qui a joui sans se branler.
En remontant en voiture, alors qu'il vient pourtant de chier le sperme au pied d'un arbre, l'aviateur maugrée :
— Putain j'en ai plein le cul.
Le motard nous ouvre la route jusqu'au péage suivant.