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365 nuits d'adieux (31): Adieu aux armes

À Dijon, nous larguons l'aviateur. Il se plaint une dernière fois :

— J'ai le cul en compote.

— Ça te fera un souvenir, dit le soldat.

— Tu l'as cherché, mon pote.

Ce sont nos mots d'adieu. Nous le regardons s'éloigner dans son uniforme bleu nuit ; sa démarche est précautionneuse et arquée.

— Je vais en avoir à raconter à mon Lieutenant. Quand je fais le chauffeur et qu'on est seuls il me fait toujours conduire la pieuvre à l'air. Souvent il se branle à côté. Tiens, juste l'inverse de ce qu'on fait. C'est son idée de l'hygiène. Il dit que le bromure sert à rien ; les gars pensent qu'au cul et quand c'est comme ça, ils sont plus bons à rien d'autre. Alors pendant les manœuvres, après le premier rassemblement, il envoie les deux ou trois naïfs de son peloton préparer le matériel lourd et prend ses bonhommes entre quat-z'yeux : "Branlette générale : ça soulage et après vous êtes plus efficaces au jus. Le premier qui vient aura droit à la sieste, le dernier vingt pompes, et s'il est pas jouasse, cinquante la bouche pleine. Merde, vous êtes des hommes ou des lavettes ! À mon commandement, branlez !"

— Arrête, tu veux ma mort ou quoi ? J'ai les couilles vides et ma bite me fait mal.

— Tu vois, si je lui dis un truc comme ça, je passe la nuit accroupi au milieu du gymnase, les yeux bandés à me faire claquer le cul à coup de sangles de parachute par tous les gradés de la confrérie. Ils ont fondé un club et ils se refilent leurs esclaves, leur sous-merde en vocabulaire mili. Le protégé du médecin et moi, on est l'instrument du châtiment suprême. Y en a qui s'en souviennent de leur séjour au gnouf pieds et poings liés. Quelques uns se sont fait porter pâles après notre passage, l'anus fissuré.

J'ai encore dû m'arrêter d'urgence. On n'arriverait jamais à Paris entiers si ça continuait comme ça. Il jouait avec mon paf pour me faire craquer, me mordillait le prépuce, chatouillait le frein, enfonçait la pointe de sa langue dans le méat. J'ai bloqué sa nuque rasée pour qu'il m'avale complètement et l'orgasme est venu, incontrôlable, des torrents de jute. Il en bavait sur mon pantalon.

À la nuit tombée on est arrivé chez moi. Je l'ai invité à monter prendre un verre, c'est-à-dire à se faire bourrer le cul une dernière fois. Plus on baisait, plus on avait envie l'un de l'autre. Je l'ai débarrassé de sa tenue. Je lui léchais l'engin sous toutes les coutures, je roulais ses couilles dans ma bouche pendant qu'il me branlait le trou avec le pouce. Puis avec l'index, puis à trois doigts. Je savais exactement où il voulait en venir.

— Si ça te fait vraiment plaisir, on peut essayer quand même. Je vais pas avoir moins de cran que la petite bleusaille de vingt berges. Moi aussi j'en ai déroulé du câble.

Heureusement j'avais tout ce qu'il fallait à demeure, du poppers pour oublier, un gel anesthésiant pour m'enduire la rondelle, de la vaseline à profusion pour le monstre. En le regardant se graisser la colonne, je débandais tout de même un peu, rappelant à ma mémoire les images de l'aviateur embouti par deux fois pour me donner du courage. Espérant limiter les souffrances, je me suis assis sur lui avec précaution. Je tentais de m'ouvrir, mais rien à faire, ça bloquait, impossibilité physiologique. Pourtant au bout d'un moment son gland m'a forcé le cul. J'ai eu un sentiment d'impuissance horrible quand la base s'est insinuée en moi et que j'ai glissé le long du paf. Je l'ai supplié de ne pas bouger mis il sentait qu'il entrait et ne pouvait pas s'empêcher de m'envahir. Le tiers n'était pas passé quand j'ai joui.

Pour le retirer ça a été pire. Je voyais des lucioles transparentes sous le coup de l'émotion.

— Mets mes pompes et cogne-moi le fion, a ordonné le soldat.

— Je peux pas, j'ai pas envie, tu m'as tellement fait jouir.

— Je cracherai pas autrement, sois sympa. Fais comme le motard que je prenne mon pied.

J'ai chaussé ses rangeos, trop grandes. Je l'ai cogné timidement. Son air ravi quand j'ai heurté ses couilles m'a encouragé à forcer la dose. Son cul blanc a foncé. Il criait :

— Plus fort, plus fort mon Lieutenant, je bande comme un cerf.

Le bout de sa trique pointait de nouveau au-dessus de son nombril. Il s'est inondé le torse en rugissant... Il n'a pas voulu rester dormir. Il était déconseillé de lui écrire. On pouvait éventuellement téléphoner chez sa mère en demandant Manuel. Il m'a laissé son ceinturon et son béret.

— Je dirai que je les ai perdus. Je serai consigné une fois de plus. T'inquiètes pas, les punitions, j'ai l'habitude.